L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental des femmes, encadré par des protocoles médicaux précis. Il est crucial de distinguer l'IVG, qui répond à une grossesse non désirée, de l'interruption médicale de grossesse (IMG), envisagée en cas de pathologies graves mettant en danger la santé de l'enfant et/ou de la mère. Cet article se concentre sur l'utilisation du Cytotec dans le cadre de l'IVG, en particulier le protocole et l'importance du jeûne.
Interruption Médicale de Grossesse (IMG) : Définition
L'interruption médicale de grossesse (IMG), également appelée « avortement thérapeutique », est pratiquée lorsqu'un diagnostic prénatal révèle une anomalie grave. La décision d'arrêter la grossesse peut être prise suite à la détection de ce type d'anomalie. Contrairement à la fausse couche tardive ou à la mort fœtale in utero, où il n'existe pas de solution médicale, la découverte d'une anomalie grave confronte l'équipe soignante et les parents à la question difficile de poursuivre ou non la grossesse. Le contexte de l'IMG varie en fonction du terme de la grossesse, de l'indication médicale, de la maladie détectée et de l'histoire personnelle de la mère et du couple.
Il est indispensable que chaque femme et chaque couple aient un obstétricien ou une sage-femme comme interlocuteur, garant de la qualité du conseil et du suivi médical. Toutes les informations médicales doivent être fournies de manière objective à la mère ou au couple. L'équipe médicale ne peut en aucun cas prendre une décision à la place de la mère, ni même l'influencer.
Étapes Indispensables Précédant l'IMG
Le processus d'une interruption médicale de grossesse doit suivre une succession d'étapes précises :
- Bilan de la pathologie : Effectué avec le médecin référent, comprenant une échographie morphologique, des examens complémentaires (amniocentèse, sérologies, IRM fœtale, etc.) et, si besoin, un avis complémentaire (généticien, psychiatre, pédiatre référent).
- Demande d'IMG : Formulée par la patiente ou par le couple uniquement.
- Discussion du dossier : En réunion du centre multidisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN). Le protocole doit être signé par au moins deux médecins du centre et figurer dans le dossier avant l'interruption.
- Entretiens : Un ou plusieurs entretiens avec le médecin et la sage-femme sont réalisés pour répondre aux questions de la patiente et du couple.
Protocole de l'Interruption Médicale de Grossesse
Les protocoles d'IMG varient avec le terme de la grossesse et les antécédents de la patiente.
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Lorsque le Terme est Inférieur ou Égal à 14 Semaines
Si l'examen fœtopathologique n'est pas nécessaire : Une IMG chirurgicale sous anesthésie est proposée, réalisée par aspiration, aidée au besoin par la pince aux germes et sous contrôle échographique. La préparation du col de l'utérus est faite par misoprostol (Cytotec) la veille au soir ou le matin de l'intervention (par voie vaginale). La patiente est hospitalisée le matin à jeun et ressort le soir même, accompagnée de préférence par un membre de sa famille.
Si un examen fœtopathologique est nécessaire : On pratique une IMG par méthode d'expulsion provoquée, c'est-à-dire une IMG médicamenteuse.
Après 14 Semaines de Grossesse
La préparation du col de l'utérus s'effectue par usage de mifépristone (3 capsules en une prise 48 heures avant l'IMG). L'hospitalisation a lieu le matin de l'intervention et la patiente doit être à jeun. L'anesthésie péridurale est mise en place et son efficacité est vérifiée avant le début de la procédure ou du déclenchement du travail.
À Partir de 22 Semaines de Grossesse
On procède à une anesthésie fœtale par injection intracordonale - ou intracardiaque si le cordon est difficile d'accès - d'1 mg de Midazolam. L'anesthésie fœtale est suivie d'une injection intracordonale de KCL ou lidocaïne à 1 %. Le déclenchement est réalisé par misoprostol (Cytotec appliqué au niveau vaginal) ; la rupture des membranes doit être effectuée le plus tôt possible, dès que le col utérin est perméable. Si les contractions sont inefficaces après 7 applications de Cytotec, on perfuse du Sulprostone. En cas d'utérus cicatriciel : le protocole est le même (avant 32 semaines). Le déclenchement est provoqué par gel de PGE2 et poursuivi par ocytocine.
Aspects Légaux de l'IMG
L'interruption médicale de grossesse est légalement très encadrée : l'équipe médicale doit respecter des règles très précises.
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Présentation du Corps
En salle de travail, la sage-femme ou le médecin obstétricien propose à la mère ou au couple de voir le corps du fœtus nettoyé et habillé. En général, cette étape est discutée en amont lors des entretiens entre les parents et l'équipe médicale. Le corps reste au minimum 2 heures en salle de travail et est ensuite rapidement acheminé vers la chambre mortuaire avec la fiche de liaison et la demande d'autopsie (lorsqu'elle est accordée par les parents).
Déclaration à l'État Civil
Si l'IMG a lieu avant les 22 semaines d'aménorrhée : La maternité remet aux parents un certificat d'accouchement, qui précise que l'enfant est né suite à une IMG. À la mairie, ce certificat d'accouchement permet d'obtenir un acte d'enfant né sans vie. L'enfant peut alors être inscrit dans le livret de famille, mais uniquement dans la partie décès. Il n'est pas obligatoire d'attribuer un prénom à l'enfant décédé.
Si l'IMG a lieu après 22 semaines d'aménorrhée : Les parents doivent déclarer leur enfant auprès de l'état civil et obtiennent un acte d'enfant né sans vie. Là encore, l'enfant est inscrit dans le livret de famille, mais uniquement dans la partie décès. Il n'est pas obligatoire d'attribuer un prénom à l'enfant décédé.
Les Droits Sociaux
Les droits sociaux attribués dépendent du moment où a été effectuée l'IMG :
Pour une IMG avant 22 semaines d'aménorrhée, il n'y a pas de congé maternité attribué. Cependant, la patiente peut recevoir un arrêt de travail dont la durée est à fixer par la sage-femme ou le médecin en charge.
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Les patientes ayant avorté médicalement après 22 semaines ont droit à un congé maternité dans sa totalité, à la prime de naissance et à 4 mois de versements de l'allocation de base. De même, le père peut bénéficier de son congé paternité.
La Prise en Charge du Corps
L'autopsie est systématiquement proposée au couple mais n'est pas obligatoire. Quoi qu'il en soit, des photos sont prises en chambre mortuaire et restent à la disposition des parents. Dans le cas d'un fœtus mort-né de plus de 22 semaines, la prise en charge du corps est réglementée et des obsèques peuvent être organisées par les parents. Le couple peut confier le corps à l'hôpital : une crémation est effectuée au moins 10 jours après l'accouchement pour laisser au couple un délai de réflexion sur le devenir du corps de l'enfant. Si le fœtus est âgé de moins de 22 semaines, la déclaration sur le registre des embryons de la mairie permet l'autorisation de fermeture du cercueil. Cette demande est exceptionnelle.
Interruption Médicale de Grossesse : Et Après ?
La durée de l'hospitalisation après IMG est souvent brève et laissée à l'appréciation de la mère. En revanche, un soutien psychologique est systématiquement proposé. Le couple est revu en consultation post-natale 6 à 8 semaines après l'IMG. Cette consultation permet d'aborder un éventuel projet de grossesse et de mettre en place un traitement préventif. Le compte rendu de l'examen fœtopathologique (l'autopsie) est expliqué et remis aux parents qui le souhaitent.
L’Avortement Instrumental (13 - 22 Semaines)
Si une femme est enceinte de 13 semaines ou plus et souhaite avorter, il s’agit d’une « interruption de grossesse du deuxième trimestre ». L’avortement est alors réalisé à l’aide de quelques instruments médicaux. En principe, l’intervention se déroule sous sédation (profonde), sauf si la santé de la patiente ne le permet pas pour cause de maladie ou de surpoids important (IMC trop élevé).
La Préparation
Une heure avant l’intervention, un médicament (le misoprostol) est administré pour ramollir le col de l’utérus afin de le préparer à l’avortement. Ce médicament peut causer des nausées, des frissons et des contractions.
L’Anesthésie
Dans la salle d’intervention, un somnifère à courte durée d’action est administré par perfusion. La patiente s’endort en l’espace de 30 secondes et dort tout le temps de l’intervention.
À Jeun
Pour une sédation profonde, l’estomac doit être complètement vide (être à jeun). C’est la raison pour laquelle il ne faut rien manger pendant les 3 heures qui précèdent l’intervention. Il est possible de boire de l’eau jusqu’au rendez-vous. Durant les 24 heures qui suivent une sédation profonde, il ne faut pas faire de vélo, ni conduire une voiture, un scooter ou un deux-roues motorisé, ni prendre de décisions importantes.
L’Intervention
Pendant l’intervention, la patiente est assise dans un fauteuil gynécologique. Un médecin orthogéniste (spécialiste en IVG) procède à l’avortement, assisté d’au moins un membre infirmier. À l’aide d’un spéculum (instrument en forme de bec de canard), le médecin va rendre visible le col de l’utérus. Le fœtus sera ensuite retiré, puis l’utérus vidé, à l’aide d’instruments chirurgicaux. Si la patiente est enceinte de moins de 15 semaines, elle pourra, à la suite de cette intervention, se faire poser un stérilet ou un implant.
Après l’IVG
Après l’intervention, la patiente se repose pendant une heure, sous surveillance. Des antibiotiques sont administrés pour prévenir les infections. Des maux de ventre et des saignements peuvent survenir et persister quelques jours ou quelques semaines. Les symptômes de la grossesse vont aller en diminuant dès la fin de la semaine qui suit l’intervention. Si les désagréments ne s’atténuent pas, en cas de température ou de malaise, il faut en informer le centre médical. La durée de l’hospitalisation est de 4 à 5 heures.
L’Avortement Instrumental (18 - 22 Semaines)
Cette méthode d’intervention est pratiquée exclusivement à la clinique Bloemenhove Haarlem. La durée de l’hospitalisation est de 6 à 8 heures, en moyenne. Si la patiente est enceinte de 18 à 22 semaines, l’intervention se déroulera toujours sous sédation (profonde). Deux à trois heures avant l’intervention, un médicament (le misoprostol) est administré pour ramollir le col de l’utérus et assurer une certaine dilatation. Lorsque la patiente est prête pour l’intervention, elle est endormie. L’intervention se déroule pratiquement de la même façon que pour une IVG entre 13 et 17 semaines. La durée de l’intervention est de 15 à 25 minutes ; elle varie selon le stade de la grossesse. Le réveil est immédiat.
IVG Médicamenteuse : Protocole et Déroulement
L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines après le 1er jour des dernières règles). Cette méthode peut être proposée par un médecin ou une sage-femme, exerçant en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet libéral, en centre de santé sexuelle (ex-centre de planification familiale) ou en centre de santé. Après la réalisation des étapes d’information et recueil du consentement, l’IVG peut être réalisée. La méthode médicamenteuse consiste en la prise de deux médicaments à 24-48 heures d’intervalle qui vont permettre à l’œuf de se détacher de l’utérus et d’être expulsé. Ces médicaments sont remis par le médecin ou la sage-femme lors du recueil du consentement ou délivrés en pharmacie si une téléconsultation a été effectuée (dans ce cas la prescription est transmise directement à la pharmacie). La prise des médicaments peut se faire en présence du médecin ou de la sage-femme ou à domicile.
Première Étape : La Prise du Premier Médicament, la Mifépristone
Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Dès cette première étape, il peut survenir des saignements et des douleurs plus ou moins importants mais la plupart du temps les symptômes commencent après la prise du 2d médicament.
Deuxième Étape : La Prise du Second Médicament, le Misoprostol, Entre 24 h et 48 h Plus Tard
Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’interruption de la grossesse. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes) et qui peuvent être réduites grâce à des anti-douleurs (prescrits par le professionnel de santé). Les saignements, souvent assez abondants et accompagnés de caillots, qui accompagnent l’évacuation de la grossesse peuvent se produire très vite après la prise du misoprostol, mais parfois plus tardivement. Il est possible de voir l’œuf lors de son expulsion. Dans 60 % des cas, l’évacuation de l’œuf intervient dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol et dans 40 % des cas dans les 24 à 72 heures. Les saignements durent généralement une quinzaine de jours mais peuvent persister jusqu’à 3 semaines. En l’absence de saignements dans les 72h qui suivent la prise des médicaments, il est important de contacter le professionnel de santé qui suit pour faire le point car il est possible que la méthode n’ait pas fonctionné. Toutefois, les saignements ne sont pas non plus le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc toujours indispensable de réaliser une visite de suivi 14 à 21 jours après la prise du premier médicament.
Consultation de Suivi
Après une IVG médicamenteuse, une consultation de suivi avec le médecin ou la sage-femme est nécessaire afin de s’assurer que la méthode a fonctionné et qu’il n’y a pas de complications. Le taux de succès de la méthode médicamenteuse est d’environ 95 %. Cette méthode ne nécessite ni anesthésie ni intervention chirurgicale en cas de succès.
Dans le cas où la patiente choisit de prendre les médicaments à domicile, un guide mémo est remis, contenant toutes les informations nécessaires pour la réalisation de la procédure d’IVG médicamenteuse à domicile. Il est recommandé de ne pas être seule et d'être entourée de personnes en mesure de soutenir.
En accord avec le professionnel de santé, les différentes étapes de l’IVG médicamenteuse peuvent être réalisées (totalement ou en partie) en téléconsultation. C’est le médecin ou la sage-femme qui transmet directement la prescription à la pharmacie de choix après avoir préalablement vérifié auprès de cette dernière les stocks disponibles.
Possibles Effets Indésirables ou Complications d'une IVG Médicamenteuse
Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Les complications sont très rares.
Le Misoprostol : Détails et Indications
Le misoprostol est un médicament couramment utilisé dans le cadre de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse. Son délai d’action et ses effets soulèvent de nombreuses questions. Le misoprostol appartient à la classe des prostaglandines. Il est principalement utilisé dans le cadre de l’IVG médicamenteuse, suite à un test de grossesse positif, en association avec la mifépristone. La prise de nourriture simultanément peut ralentir l’action du misoprostol.
Le temps d’action du misoprostol peut varier d’une femme à l’autre. Des études ont permis d’établir des délais moyens pour l’apparition des effets. Les saignements, qui accompagnent systématiquement l’expulsion, surviennent généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise du misoprostol.
L’utilisation du misoprostol dans le cadre d’une IVG médicamenteuse suit un protocole précis. Un suivi médical est essentiel pour s’assurer de l’efficacité du traitement et détecter d’éventuelles complications. Une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours après la prise du premier médicament. L’IVG médicamenteuse n’est possible que jusqu’au 49ème jour d’aménorrhée. Au-delà de cette période, d’autres options doivent être envisagées.
Bien que le misoprostol soit généralement bien toléré, il peut provoquer certains effets secondaires. Les femmes doivent être informées de ces potentiels désagréments pour mieux les appréhender. Ces effets sont généralement temporaires et disparaissent dans les jours qui suivent la prise du médicament. Il est recommandé de prévoir du repos et de l’aide dans les jours suivant la prise du misoprostol. Dans de rares cas, l’IVG médicamenteuse peut échouer ou être incomplète. Un suivi gynécologique régulier est important, y compris après une IVG.
Finalement, le misoprostol joue un rôle crucial dans l’IVG médicamenteuse, avec un délai d’action relativement rapide dans la majorité des cas. Une bonne compréhension de son fonctionnement et un suivi médical adéquat sont essentiels pour garantir la sécurité et l’efficacité de la procédure.
Indications et Utilisation du Misoprostol
Aujourd'hui, le misoprostol n'est utilisé comme médicament qu'en gynécologie (fausses couches, IVG, déclenchement du travail). Le misoprostol est indiqué chez la femme adulte dans les interruptions médicales de grossesse intra-utérines, après une prise de mifépristone (molécule bloquant l'action de la progestérone) jusqu'au 49ème jour d'aménorrhée ou depuis 2022 dans le cadre d'une IVG médicamenteuse jusqu'à maximum 7 semaines de grossesse (ou 9 semaines d'aménorrhée). Le misoprostol est également utilisé dans le cadre de la préparation du col de l'utérus avant une interruption chirurgicale de grossesse au cours du 1er trimestre. Enfin, le misoprostol peut être indiqué dans le déclenchement du travail lors de l'accouchement.
Lors de l'accouchement pendant le travail, les prostaglandines ont pour rôle d'assouplir le col de l'utérus et d'entraîner le début des contractions. Ceci facilite le passage du bébé par le vagin et l'aide à sortir plus rapidement de l'utérus. En cas de prise de misoprostol en vue de déclencher le travail, son action sur les fibres musculaires de l'utérus a pour but de faciliter et d'accélérer l'expulsion du bébé.
Absorption et Métabolisme du Misoprostol
Le misoprostol est rapidement absorbé après son ingestion. Il est généralement métabolisé en 30 minutes et entraîne des contractions utérines qui augmentent progressivement pendant environ 1 heure, avant de se stabiliser ensuite.
Disponibilité et Délivrance du Misoprostol
Le misoprostol, médicament de la liste 1 des substances vénéneuses, n'est disponible que sur ordonnance établie par un professionnel de santé habilité. Dans le cadre d'une IVG, la délivrance de Gymiso® et de Misoone® par les pharmacies d'officine est strictement encadrée et, sauf dérogations relatives au contexte sanitaire lié au Covid 19 et aux cas de téléconsultations, ce médicament est remis directement au professionnel de santé encadrant l'interruption volontaire de grossesse et non à la patiente directement.
Effets Indésirables et Contre-Indications du Misoprostol
Les effets indésirables les plus fréquents du misoprostol sont des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales), des maux de tête, des malaises (et plus rarement des frissons), des contractions utérines et des saignements vaginaux parfois abondants. Plus rarement, des cas de rupture utérine lors de la préparation du col utérin avant l'interruption chirurgicale de grossesse ont été observés. Des effets graves pouvant être mortels peuvent également survenir, tels que des malformations fœtales (en cas de poursuite de la grossesse), des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux et de l'hypersensibilité (rash, prurit, gonflement réactions anaphylactiques). De très rares cas de chocs toxiques et d'infections graves voire fatales ont été rapportées suite à l'introduction de comprimés oraux de misoprostol dans le vagin, alors que cette utilisation n'est pas autorisée.
Les contre-indications du misoprostol sont les suivantes : une hypersensibilité au misoprostol ou à l'un des excipients du médicament, des antécédents d'allergie aux prostaglandines, une grossesse non confirmée par un examen biologique ou par échographie et une suspicion de grossesse extra-utérine.
IVG Chirurgicale (ou Instrumentale) : Détails et Déroulement
L’IVG chirurgicale appelée aussi IVG instrumentale peut être pratiquée au début d’une grossesse et jusqu’à la fin de la 14 ème semaine de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles (Semaines Aménorrhées).
L’IVG chirurgicale (ou instrumentale) consiste en la dilatation du col de l’utérus et l’évacuation du contenu utérin par aspiration. Le terme curetage ne correspond plus aux pratiques actuelles. L’IVG chirurgicale est faite par un ou une médecin ou un· sage-femme, sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale (seulement en centre hospitalier) et nécessite dans la plupart des cas une hospitalisation inférieure ou égale à 12 heures.
L’aspiration peut être précédée par une préparation cervicale qui consiste en la prise de prostaglandine ou de mifépristone la veille au soir ou le matin de l’aspiration. Elle est recommandée pour les nullipares (femmes n’ayant jamais eu d’enfant) et pour les aspirations à partir de 10 semaines d’aménorrhée. Il est important d’informer les femmes qu’elle peut donc occasionner des saignements et douleurs (voir IVG médicamenteuses) et qu’il est possible de demander des antalgiques. Exceptionnellement, une dilatation mécanique du col par laminaires (Dilapan) est utilisée.
Anesthésie Locale ou Générale
Le choix de l’anesthésie locale ou générale pour une interruption de grossesse, en l’absence de contre-indications médicales, devrait être fait par la femme. Il est possible de réaliser une ivg chirurgicale sous anesthésie locale du col de l’utérus (injection de xylocaïne). Cette anesthésie peut alors être accompagnée du MEOPA, c’est-à-dire d’une inhalation de gaz qui produit une détente. Il sera parfois donné également un médicament à la patiente pour compléter la détente. Une consultation préalable est obligatoire pour une anesthésie générale. L’accompagnement à la sortie de l’établissement est demandé mais si vous souhaitez sortir seule vous pouvez signer une décharge. Pour rappel pour une anesthésie générale, il faut être totalement à jeun (nourriture solide et liquide) et ne pas avoir fumé. L’anesthésie, (injection d’analgésique), dure une vingtaine de minutes avec une surveillance de 1h à 2h après l’IVG en salle post interventionnelle (avec d’autres personnes opérées). Sauf exception, le temps d’hospitalisation est d’une demi-journée.
Consultation de Contrôle
Une consultation de contrôle a lieu entre le 14ème et le 21ème jour après l’intervention d’interruption de grossesse. Elle permet de s’assurer qu’il n’existe pas de complication, d’informer et de prescrire une méthode de contraception et, si la personne le souhaite, d’avoir un entretien psycho-social post IVG.
Démarches et Soutien Psychologique
Prendre la décision d’interrompre une grossesse n’est jamais anodin ni facile. C’est toujours un grand bouleversement psychique avant et après l’avortement, souvent une expérience douloureuse mais pas systématiquement. Chaque femme est unique et différente, chacune va donc le vivre à sa façon plus ou moins consciemment et plus ou moins fortement. Dans tous les cas, les émotions sont toujours au rendez-vous. Ces réactions ne sont pas systématiques. Souvent la charge psychique la plus forte se situe avant l’IVG car après, dans de très nombreux cas, c’est surtout un grand soulagement qui s’opère.
Dans certains cas, l’IVG donnera lieu à un sentiment d’échec, de perte, de deuil, de souffrance et dans d’autres cas, ce sera, au contraire, un sentiment de liberté et de croissance qui émergera. Que ce soit avant l’IVG ou après et pour toutes ces raisons, il serait important que chaque femme puisse trouver un espace de parole et d’écoute pour se faire accompagner et exprimer son ressenti.
Il est important de parler de cette démarche à un nombre limité de personnes de confiance, d'être accompagnée pendant tous les rendez-vous et pendant toutes les étapes, si possible par le conjoint. Agir rapidement et ne pas lire tous les débats anti-IVG peut aider à traverser cette étape difficile.
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