L'interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse est une méthode d'avortement qui consiste à provoquer une fausse couche à l'aide de médicaments. En France, elle est autorisée jusqu'à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Cette méthode est de plus en plus pratiquée, représentant 76 % des IVG réalisées, mais elle ne convient pas à toutes les situations. Cet article vise à informer sur le déroulement de l'IVG médicamenteuse, en particulier avec l'utilisation du misoprostol (anciennement Cytotec), ses aspects, ses risques et les considérations importantes.
Déroulement de l'IVG médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse se déroule en plusieurs étapes, impliquant la prise de deux médicaments différents : la mifépristone et le misoprostol.
1. La mifépristone (MYFEGINE)
- Action : La mifépristone est une antiprogestérone qui interrompt le développement de la grossesse. Elle bloque l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse, favorise les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin.
- Prise : Le premier comprimé, la mifépristone, est pris par voie orale lors d'une consultation avec un médecin ou une sage-femme, ou à domicile.
- Effets secondaires possibles : Dès cette première étape, des saignements et des douleurs plus ou moins importants peuvent survenir, mais la plupart du temps, ils commencent après la prise du deuxième médicament. Il est important de noter que les saignements ne sont pas le signe que la grossesse est arrêtée, il est donc indispensable de prendre le deuxième médicament.
2. Le misoprostol (GYMISO)
- Action : Le misoprostol est une prostaglandine qui augmente les contractions de l'utérus et provoque l'expulsion de l'embryon.
- Prise : Le misoprostol est pris 24 à 48 heures après la mifépristone, par voie orale. La dose recommandée est généralement de 400 microgrammes. Il est conseillé de prendre le misoprostol à domicile, mais cela peut également se faire lors d'une consultation ou d'une courte hospitalisation.
- Effets secondaires possibles : La prise de misoprostol provoque des contractions utérines, qui peuvent entraîner des douleurs ressemblant à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes). Des anti-douleurs, de préférence des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) associés à des antalgiques de niveau 2, sont prescrits systématiquement et doivent être pris en prévention de la douleur, environ 30 minutes avant la prise du misoprostol. D'autres effets secondaires peuvent survenir, tels que nausées, vomissements, diarrhées, maux de tête et vertiges.
- Expulsion : L'expulsion de l'œuf se produit généralement dans les 2 à 4 heures suivant la prise du misoprostol, mais cela peut parfois prendre plus de temps (jusqu'à 24 à 72 heures). Elle se manifeste par des saignements, des caillots et des douleurs variables. Les saignements peuvent durer de 10 à 20 jours et sont souvent plus abondants que les règles, avec des caillots provenant de la muqueuse utérine.
Important : Si aucun saignement ne se déclenche dans les 24 heures suivant la prise de misoprostol, il est impératif de reconsulter le médecin ou la sage-femme sans attendre.
Le Cytotec : un cas particulier
Le Cytotec (misoprostol) était autrefois utilisé pour les IVG médicamenteuses, mais il a été retiré du marché en mars 2018 car il ne disposait pas d'autorisation de mise sur le marché dans cette indication et occasionnait des risques graves pour la santé des femmes. Bien qu'il soit efficace et peu coûteux, son utilisation détournée pour déclencher le travail lors de l'accouchement a causé des conséquences dramatiques, telles que des contractions excessives, des hémorragies et des souffrances fœtales. De plus, son utilisation dans le cadre d'IVG a été associée à des douleurs intenses, des vomissements et des hémorragies importantes, conduisant parfois à des curetages d'urgence.
Suivi et contrôle
Une visite de contrôle est obligatoire 14 à 21 jours après la prise de la mifépristone pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications. Ce contrôle peut se faire par un examen clinique, une échographie ou une prise de sang pour doser l'hormone β-hCG. Un dosage de β-hCG inférieur à 2000 mUI/ml deux semaines après l'IVG indique que l'avortement a fonctionné. Si le taux est supérieur au taux initial, cela signifie que la grossesse est évolutive et que l'IVG médicamenteuse a échoué.
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Efficacité et échec
L'IVG médicamenteuse est efficace dans environ 95 % des cas. Le risque d'échec, bien que faible (2 à 5 %), rend la visite de contrôle obligatoire. En cas d'échec de l'IVG médicamenteuse, une autre procédure, généralement une aspiration chirurgicale, est nécessaire.
Risques et complications
Bien que l'IVG médicamenteuse soit généralement sûre, des complications peuvent survenir dans certains cas :
- Hémorragie : Le risque principal est l'hémorragie, qui peut nécessiter une intervention médicale.
- Infection : Une infection peut survenir après l'IVG, se manifestant par de la fièvre, des douleurs et des pertes inhabituelles. Dans de très rares cas, des infections graves ou fatales ont été rapportées suite à une administration vaginale non autorisée de comprimés de misoprostol.
- Rupture utérine : Bien que très rare au cours du premier trimestre, une rupture utérine est possible, en particulier en cas de fragilité utérine (multiparité importante, lésion utérine).
- Grossesse extra-utérine (GEU) : La GEU est une contre-indication à l'IVG médicamenteuse et doit être exclue avant de procéder à l'IVG.
- Échec de l'IVG : Dans les rares cas d'échec de l'IVG, une autre procédure est nécessaire. L'échec de l'interruption de grossesse a été associé à un risque accru de malformations graves chez l'enfant en cas de grossesse évolutive exposée à la mifépristone et au misoprostol.
Contre-indications
L'IVG médicamenteuse est contre-indiquée dans les cas suivants :
- Grossesse extra-utérine (GEU)
- Allergie à la mifépristone ou au misoprostol
- Insuffisance surrénale chronique
- Troubles de la coagulation
- Porphyrie
- Corticothérapie à long terme
Aspects psychologiques
L'IVG est une expérience personnelle et chaque femme la vit de manière singulière. Il est important de se faire accompagner par une personne de confiance et de ne pas hésiter à demander un soutien psychologique si nécessaire. Contrairement à certaines idées reçues, l'IVG médicamenteuse n'entraîne pas de troubles psychologiques systématiques post-IVG ni de conséquences sur la fertilité.
Information et consentement
Avant de procéder à une IVG médicamenteuse, il est essentiel de recevoir une information complète sur la méthode, ses risques et ses alternatives. Un entretien psychosocial est obligatoire pour les mineures. Le consentement doit être libre et éclairé, confirmé par un écrit.
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