Le cycle menstruel, une fonction biologique cyclique essentielle chez les femmes, est un processus complexe régulé par une interaction délicate d'hormones et d'organes. Ce cycle, qui dure en moyenne 28,5 jours, bien que variable entre 21 et 35 jours, est orchestré par une horloge interne influencée par des facteurs externes tels que la durée du jour et potentiellement le cycle lunaire. Comprendre les mécanismes de régulation du cycle menstruel est crucial pour la santé reproductive des femmes et pour le traitement des troubles de la fertilité.

L'horloge interne et les cycles menstruels

Notre horloge interne régule de nombreuses fonctions de l’organisme et notamment, chez les femmes, les cycles menstruels. Elle est sous l’influence de facteurs extérieurs, comme la durée du jour. Le cycle menstruel a une apparence de régularité, mais finalement pas tant que ça, quand on l’observe en détail ! Il existe des mécanismes de resynchronisation permettant de rétablir un rythme optimal.

Une équipe de recherche internationale associant l’Inserm, le CNRS et l’Université Claude Bernard Lyon 1, a comparé un grand nombre de données de cycles, récoltées dans des études européennes et nord-américaines. Ses résultats montrent que le cycle menstruel serait finement régulé par une horloge interne, elle-même influencée de manière occasionnelle par le cycle lunaire.

Lorsque l’horloge circadienne est perturbée - comme dans le cas du jet-lag par exemple -, elle met quelques jours à se recaler sur son rythme habituel en se resynchronisant au nouveau cycle jour-nuit. Dans le cas des cycles menstruels, l’implication d’une horloge interne pourrait se manifester de façon similaire : la durée du cycle serait habituellement hautement stable chez une même personne et, en cas de perturbation, des mécanismes d’adaptation par synchronisation avec des conditions externes entreraient en jeu pour rétablir le rythme optimal.

Rôle des hormones, du cerveau et des ovaires

De la puberté à la ménopause, une femme vit environ 450 cycles menstruels au cours de sa vie ! Ces cycles sont sous le contrôle de plusieurs organes et hormones : le cerveau contrôle l’activité de l’hypophyse, qui sécrète deux hormones - la FSH (folliculostimulante) et la LH (lutéinisante). Elles agissent sur l’activité des ovaires. À leur tour, les ovaires, en sécrétant des oestrogènes et de la progestérone, agissent sur le cerveau, l’hypophyse ainsi que la paroi interne de l’utérus appelée « endomètre ».

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Les ovaires sécrètent des hormones, la progestérone et les oestrogènes. Ceux-ci, libérés à partir du cinquième jour, permettent à la muqueuse utérine de s’épaissir. Les cellules de la thèque interne, sous l’action de la LH, synthétisent des androgènes (stéroïdes à 19 atomes de carbone).

Les phases du cycle menstruel et leur régulation

Un cycle ovulatoire classique, ou cycle menstruel, chez l’humain dure en moyenne 29,3 jours, avec des variations de durée d’une personne menstruée à l’autre et d’un cycle à l’autre chez une même personne. Il commence au premier jour des menstruations et est constitué de trois phases, chacune dédiée à la réalisation d’un processus spécifique en lien avec l’ovulation qui survient autour du 14e jour de cycle.

Certains travaux ont suggéré que chacune de ces trois phases pourraient se dérouler sous l’influence d’une horloge interne dont la perturbation du rythme serait associée à des irrégularités dans le cycle menstruel. Chez l’humain, l’horloge interne la plus connue est l’horloge circadienne, très proche de 24h, qui maintient le cycle veille-sommeil et l’ensemble des rythmes physiologiques. Elle est en phase avec le cycle jour-nuit sous l’influence de la lumière.

Influence du cycle lunaire

Une équipe de recherche internationale menée par Claude Gronfier, chercheur Inserm au sein du Centre de recherche en Neurosciences de Lyon (Inserm/CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1), s’est intéressée à l’existence potentielle d’une horloge biologique interne qui régulerait le cycle menstruel et qui pourrait être synchronisée avec le cycle lunaire.

Elle a ainsi pu observer une association, occasionnelle mais significative, entre le cycle menstruel et le cycle lunaire, avec cependant - et sans que ces travaux ne permettent de statuer sur la cause -, une différence majeure entre les cohortes européennes et la cohorte nord-américaine : chez les européennes, le cycle commençait le plus souvent lors de la phase croissante de la lune tandis qu’il commençait plus souvent à la pleine lune dans la cohorte d’Amérique du Nord.

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Ces résultats plaident donc en faveur d’un système d’horloge interne avec un rythme quasi-mensuel, faiblement synchronisé par le cycle lunaire.

Perturbations du cycle menstruel : causes et conséquences

Un cycle menstruel perturbé, irrégulier… Depuis ces dernières années, nous sommes nombreuses à observer que notre cycle est perturbé. Pour certaines, les règles s'arrêtent subitement quelques mois, pour reprendre de plus belles, avec parfois un flux inhabituel. A l’inverse, d’autres témoignent d’un cycle plus court qu’avant ou de spottings qui arrivent sans prévenir de façon anarchique. On considère d’ailleurs que la durée d’un cycle équilibré se situe entre 23 et 35 jours. »Alors quand peut-on parler de cycle perturbé ? Seulement si, d’un cycle à l’autre, il y a plus de sept jours de différence.

Néanmoins, changement de contraception, retour de couches après une grossesse, périodes de grand stress ou maladie sont autant de facteurs qui peuvent « perturber » notre cycle.

Les règles irrégulières peuvent être causées par de nombreux facteurs, internes comme externes. Les niveaux d’hormones instables produites par l’organisme jouent sur la régularité des règles. Lors des périodes importantes de la vie d’une femme comme la puberté, à l’arrivée des règles, ou à lors de la ménopause, c’est-à-dire la fin des règles, les hormones ne sont pas toujours stables. Cela peut provoquer des règles irrégulières. Même si le cycle menstruel est principalement régulé par des processus internes, certains facteurs externes peuvent perturber cette régularité puisqu’ils viennent provoquer des changements dans les niveaux d’hormones. Il s’agit entre autres :

  • Du stress : une période de stress intense ou un stress chronique peut influencer les niveaux d’hormones, ce qui peut perturber la régularité des règles.
  • De la perte de poids : la perte de poids rapide et radicale peut impacter la régularité des règles. En effet, une variation de plus de 10 % du poids corporel peut impacter les hormones et donc, provoquer une irrégularité, voire un arrêt des règles.
  • Des voyages : une modification soudaine des habitudes de vie comme un voyage et des changements d’horaires de sommeil peuvent considérablement perturber le cycle menstruel.
  • Des chocs psychologiques : les chocs psychologiques peuvent provoquer un stress physique. En réaction psychosomatique, les règles peuvent devenir irrégulières ou cesser.
  • Des médicaments : certains médicaments tels que les neuroleptiques peuvent favoriser l’irrégularité des règles. Par ailleurs, la prise de la pilule contraceptive peut provoquer une irrégularité des règles en début de traitement, le temps que les hormones se stabilisent.
  • De certaines conditions médicales : certaines conditions médicales favorisent l’irrégularité des règles. C’est notamment le cas des troubles impliquant les organes qui gèrent les hormones comme la thyroïde, mais aussi les maladies inflammatoires pelviennes (les troubles de la thyroïde, l’endométriose, la maladie inflammatoire pelvienne , le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), les fibromes utérins.

Qui dit cycle long dit moins de périodes d’ovulation. Statistiquement vous avez donc moins de chances de tomber enceinte qu’une femme qui a un cycle court et qui ovule plus souvent. Toutefois, une étude catalane parue dans l’European journal of obstetrics & gynecology, suggère que les ovocytes des femmes ayant des cycles longs sont de meilleure qualité que ceux des femmes avec un cycle court. Vous ovulez donc moins souvent mais « mieux ». C’est pourquoi le taux de fécondité n’est pas plus bas chez les femmes possédant un cycle mensuel long.

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Quand consulter et quelles solutions ?

En cas de cycle menstruel long ou de changement brusque de votre cycle menstruel, il est important d’en parler avec un médecin (généraliste, gynécologue, endocrinologue) ou une sage-femme. Grâce à différents examens (échographie, bilan hormonal), ils pourront déterminer l’origine de votre retard d’ovulation et comprendre si elle est pathologique ou naturelle. Il est important de consulter un professionnel de la santé car un trouble du cycle menstruel peut être le symptôme de maladies plus graves comme des kystes aux ovaires, des dérèglements hormonaux, ou encore un cancer de l’utérus (retrouvez tous nos conseils pour prendre soin de vos ovaires). Parfois, un traitement à base d’hormones est nécessaire pour réguler les taux d’oestrogènes, de progestérone et de testostérone et ainsi raccourcir la durée du cycle. Le fait de changer de contraception ou de l’arrêter peut aussi avoir un impact sur la durée de votre cycle.

Un diagnostic est indispensable pour connaître les causes précises d’une irrégularité des menstruations. Il est recommandé de consulter un professionnel de santé pour un diagnostic précis en cas de règles irrégulières, surtout si ces irrégularités persistent ou s'accompagnent d'autres symptômes. Le professionnel de santé doit donc savoir si l’irrégularité des règles est provoquée par un facteur externe, une condition médicale, ou autre. Si le médecin ne parvient pas à déterminer la cause exacte, il peut prescrire d’autres examens médicaux tels que :

  • Une échographie pelvienne.
  • Une analyse des dosages hormonaux sanguins.

Les hormones peuvent être utilisées en option thérapeutique dans certains cas :

  • pour les troubles hormonaux tels que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), les contraceptifs oraux combinés contenant des œstrogènes et de la progestérone peuvent être prescrits pour réguler les cycles menstruels et réduire les symptômes associés comme l'acné et l'hirsutisme ;
  • pour les troubles thyroïdiens, tels que l'hypothyroïdie ou l'hyperthyroïdie, le traitement hormonal substitutif avec des hormones thyroïdiennes peut être nécessaire pour rétablir l'équilibre hormonal et améliorer la régularité des règles.

Pour la maladie inflammatoire pelvienne (MIP), qui est une infection des organes reproducteurs chez les femmes, des antibiotiques sont prescrits pour traiter l'infection et réduire l'inflammation. Le traitement précoce de la MIP peut aider à prévenir les complications et à restaurer la santé reproductive.

L’utilisation de contraceptifs hormonaux (comme la pilule, le patch, l’anneau vaginal ou l’implant) peut être proposée par un professionnel de santé pour réguler les cycles menstruels et atténuer certains symptômes tels que les saignements abondants, les douleurs ou les fluctuations hormonales. Cette prise en charge est adaptée au cas de chaque patiente, après évaluation médicale. Des mesures d'auto-soins comme l'application de chaleur sur l'abdomen pour soulager les crampes menstruelles, l'utilisation de médicaments en vente libre pour la douleur comme l'ibuprofène ou le paracétamol, et la pratique de techniques de gestion du stress telles que la méditation ou le yoga peuvent également aider à atténuer les symptômes.

Impact de l'activité physique et de l'alimentation

Une activité régulière peut aider à soutenir les fonctions hormonales du corps et aider l’organisme à la régulation des cycles menstruels. Le mouvement contribue à atténuer les symptômes liés aux menstruations. Toutefois, pendant les règles, l’envie de repos et de douceur peut se faire ressentir, c’est la raison pour laquelle, il sera nécessaire d’écouter son corps et d’adapter son activité physique. Une activité physique hebdomadaire peut soutenir les fonctions du corps, notamment la régulation des cycles hormonaux. Elle peut aider à atténuer les symptômes, à réguler le taux de stress, à réduire les tensions, à contrôler les changements d’humeur et parfois à favoriser l’ovulation. Cependant, durant les règles, la pratique physique peut être perturbée, un besoin accru de douceur et de calme se fait souvent sentir. C’est aussi le moment de prendre soin de soi, d’être à l’écoute de son corps et de le préserver des douleurs liées aux menstruations. Pour certaines femmes, cela peut contribuer à l’amélioration de troubles gynécologiques plus importants. Une pratique plus douce sera alors privilégiée. Dans un premier temps, l’exercice physique favorise une bonne hygiène de vie et développe un état de bien-être psychologique. Mais ce n’est pas tout, l’exercice physique a un impact significatif sur le système hormonal qui régule différentes fonctions du corps. En fonction de la phase de votre cycle menstruel, il est préférable d’adapter son programme d’exercice physique. Pendant la phase lutéale, au moment de l’ovulation et des règles, il serait judicieux de privilégier des exercices plus doux comme le yoga ou la marche. Par exemple, la méthode Aviva, aussi appelée danse hormonale ou encore gym endocrine, permet de mieux appréhender les symptômes plus ou moins intenses liés au cycle. Elle se compose de mouvements physiques effectués au rythme de la musique pour solliciter la zone pelvienne, le flux sanguin et l’oxygénation dans cette partie du corps. Cette méthode douce pourrait aussi soulager les symptômes liés au SPOK (syndrome des ovaires polykystiques), à l’endométriose, l’hypothyroïdie, l’hyperthyroïdie, l’aménorrhée et les menstruations irrégulières. Bien que l’exercice physique soit bénéfique pour la santé hormonale, il est essentiel de faire attention aux effets potentiellement négatifs. Un entraînement excessif peut provoquer une surproduction de cortisol, l’hormone du stress, ce qui perturbera l’équilibre hormonal. L’exercice pourrait être adapté en fonction des déséquilibres hormonaux personnels et du rythme des cycles de chaque femme.

Adopter une alimentation équilibrée riche en fruits, légumes, grains entiers, protéines maigres et graisses saines. Assurez-vous d'inclure suffisamment de nutriments essentiels tels que le fer, le calcium, les vitamines et les minéraux dans votre alimentation pour soutenir la santé hormonale et menstruelle.

Conseils pratiques pour un cycle menstruel sain

Adopter un mode de vie sain, comprenant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et une gestion efficace du stress, est essentiel pour maintenir la régularité des cycles menstruels. Voici quelques conseils pratiques :

  • Alimentation équilibrée : Consommez une alimentation variée, riche en nutriments essentiels, pour soutenir la santé hormonale.
  • Activité physique régulière : Pratiquez une activité physique modérée pour réduire le stress et améliorer la circulation sanguine.
  • Gestion du stress : Utilisez des techniques de relaxation telles que la méditation ou le yoga pour réduire les niveaux de stress.
  • Poids corporel équilibré : Maintenez un poids corporel sain pour éviter les perturbations hormonales.
  • Sommeil suffisant : Assurez-vous de dormir suffisamment chaque nuit pour favoriser une régulation hormonale saine.
  • Limitation des substances nocives : Réduisez votre consommation d'alcool, de caféine et de tabac, car ces substances peuvent perturber les cycles menstruels.

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