L'interruption médicale de grossesse (IMG), également appelée avortement thérapeutique, est une décision difficile, souvent prise suite à la découverte d'anomalies fœtales graves, telles que la trisomie 21. Cet article explore en détail la procédure de curetage après un diagnostic de trisomie 21, les aspects émotionnels liés à cette expérience et l'importance de l'accompagnement médical et psychologique.

Qu'est-ce que l'interruption médicale de grossesse (IMG) ?

L'interruption médicalisée de grossesse (IMG) est une interruption de grossesse pratiquée pour des raisons médicales concernant le fœtus ou la mère, sans restriction de délai. Elle est envisagée lorsque la poursuite de la grossesse met gravement en péril la santé de la femme ou lorsqu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.

L'IMG peut être réalisée à tout moment de la grossesse, à la demande du couple ou de la femme enceinte, mais une autorisation doit être délivrée par une équipe pluridisciplinaire. La décision revient aux parents ou à la femme enceinte seule et doit être appuyée par une attestation médicale.

Le processus de décision

La décision de recourir à une IMG est complexe et personnelle. Elle est généralement prise après une série d'examens et de consultations avec des professionnels de santé.

Diagnostic prénatal

Le diagnostic prénatal permet de détecter d'éventuelles anomalies chez le fœtus. Parmi les examens proposés, on retrouve :

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  • Le tri-test : Il permet de détecter les risques de trisomie. Un résultat indiquant un risque élevé nécessite des examens complémentaires. Anaïs a fait le tri-test pour détecter les risques de trisomie et les résultats sont revenus assez mauvais. Elle a alors le choix pour pousser le diagnostic : Amniocentèse ou DPNI (Dépistage prénatal non invasif). Suite à la prise de sang pour la Trisomie 21, sa gynéco annonce qu’elle a reçu les résultats : 1/83. Son enfant a une « chance » sur 83 d’être atteint par la trisomie 21.
  • L'amniocentèse : Cet examen consiste à prélever du liquide amniotique pour analyser les chromosomes du fœtus.
  • Le DPNI (Dépistage Prénatal Non Invasif) : Il s'agit d'un test sanguin réalisé chez la mère pour détecter certaines anomalies chromosomiques fœtales.

Consultation dans un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN)

Si une anomalie est détectée, la patiente est adressée à un CPDPN. Une équipe pluridisciplinaire, composée de médecins qualifiés en gynécologie-obstétrique, de praticiens spécialistes de l'affection diagnostiquée, de psychologues et d'autres professionnels de santé, examine la demande de la femme ou du couple.

L'équipe médicale est tenue d'informer préalablement les parents des conséquences de la pathologie sur le bébé et des alternatives à l'IMG de façon qu'ils puissent prendre leur décision de façon éclairée. La femme enceinte peut demander à un médecin ou à une sage-femme de son choix d'y être associé.

Délai de réflexion et consentement

Hors urgence médicale, un délai de huit jours est théoriquement prévu entre le moment de l'annonce du diagnostic et celui de l'IMG, avec un entretien entre les deux où tout le protocole leur est expliqué. Dans tous les cas, la femme enceinte concernée doit bénéficier d'une information complète (par exemple, sur les durées de l'hospitalisation et de l'intervention) et donner son accord. Elle (seule ou en couple) peut demander à être entendue préalablement à cette concertation par l'équipe ou par certains de ses membres.

La procédure de curetage après IMG

Le curetage est une technique chirurgicale qui consiste à vider l'utérus. Il est généralement réalisé sous anesthésie générale.

Préparation

Quelques heures avant l'intervention, la patiente reçoit des cachets pour dilater le col de l'utérus. Elle doit être à jeun.

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Déroulement

L'intervention se déroule sous anesthésie générale, donc sans aucune douleur pour la patiente. Le médecin procède à l'aspiration du contenu utérin. C’est assez rapide (environ 30 minutes, ou moins).

Suivi post-opératoire

La patiente peut généralement repartir le jour même. Les seules douleurs ressenties sont de légères contractions utérines car l’utérus reprend sa taille initiale. Des saignements peuvent survenir pendant une dizaine de jours.

Une consultation post-IMG a lieu préférentiellement avec le médecin ayant réalisé l’intervention.

Aspects émotionnels et psychologiques

L'IMG est une expérience traumatisante qui peut avoir des conséquences importantes sur la santé mentale des parents.

Deuil périnatal

L'IMG est une parentalité terrible que de décider d’interrompre la vie de son enfant. Le travail de deuil s’installe petit à petit : intenses au début, la douleur, la culpabilité, les pertes d’appétit et de sommeil, les angoisses, s’émoussent au fur et à mesure que les parents se déplacent vers d’autres investissements, d’autres projets.

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Pour l’entourage, le plus difficile est peut-être d’oser en parler avec les parents. Mais esquiver le sujet, comme s’il était tabou, peut aussi très maladroit. Une chose est sûre, il y a un avant et un après IMG.

Soutien psychologique

Il est essentiel que les parents bénéficient d'un soutien psychologique adapté pour les aider à traverser cette épreuve. Les CPDPN proposent généralement un accompagnement psychologique. Ce dont les parents ont surtout besoin, c’est d’un soutien fort de la part de leurs proches.

Droit au secret pour les mineures

Une mineure non émancipée peut demander une IMG. Toutefois, le consentement de l'un de ses parents ou de son représentant légal est recueilli avant la réalisation de l'intervention. Si la mineure non émancipée souhaite garder le secret, le médecin s'efforce d'obtenir son accord pour que l'un de ses parents ou le représentant légal soient consultés. Sinon, il vérifie que la mineure a entamé cette démarche. Dans le cas où cette démarche n'a pas été effectuée ou si le consentement n'est pas obtenu, l'intéressée peut demander à ce que l'intervention soit pratiquée. La mineure se fait alors accompagner dans sa démarche par une personne majeure de son choix.

Arrêt de travail et indemnisation

En cas de constat d'une incapacité de travail faisant suite à une IMG, une femme bénéficie d’une indemnisation pendant son arrêt de travail, sans délai de carence, à la différence d’un arrêt maladie « classique ».

Prise en charge de l'enfant

Pour les enfants nés après 22 semaines d’aménorrhée ou pesant plus de 500 g, une déclaration à l’état civil est obligatoire suivie d’une inhumation ou d’une crémation. Si l’interruption médicale de grossesse a lieu avant 22 semaines d’aménorrhée, le médecin peut établir un arrêt de travail.

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