Peut-on imaginer un Noël sans crèche, avec ses santons d'argile peints, le petit Jésus en cire, les bergers et les Rois mages ? Cette tradition, profondément ancrée dans de nombreuses cultures à travers le monde, offre une représentation tangible de la naissance de Jésus-Christ. Mais quelle est l'histoire de cette tradition, et comment a-t-elle évolué au fil des siècles ?

Origines et Évolution de la Crèche

Les origines de la crèche remontent à des temps anciens. Le choix par l'Église catholique du 25 décembre comme date officielle de la naissance du Christ en 354 favorise les représentations de la Nativité. L'image de l'Enfant Roi rétablit ainsi un équilibre positif à celle du Christ souffrant sur la Croix. Le second concile de Nicée, en 787, encourage à son tour la vénération de l'Enfant Jésus en réaction à l'iconoclasme ambiant, qui considère les images religieuses comme des supports à l'idolâtrie. Au XIIe siècle, La Légende dorée, du dominicain italien Jacques de Voragine, fixe enfin la représentation iconographique de la Nativité, qui donne lieu dans un premier temps à des « crèches vivantes », où l'on fait entrer un âne et un bœuf véritables dans l'église.

Cependant, c'est au XIIIe siècle que la tradition de la crèche prend un tournant décisif. La légende attribue à saint François d’Assise la création de la première crèche vivante, en 1223. Il se pourrait même qu’il ait hérité cette pratique de sa mère, Pia de Bourlémont, originaire de Tarascon, auquel cas la crèche italienne serait elle-même l’héritage d’une tradition provençale. Saint François d'Assise organisa la première représentation vivante de la nativité dans le village italien de Greccio. Ce geste avait pour but de rapprocher les fidèles de l'histoire de la naissance de Jésus et de refléter la simplicité et l'humilité de cet événement. Il fit représenter une crèche dans la nuit du 24 décembre 1223, non de façon réaliste, mais pour renouer avec sa représentation symbolique, dans la tradition d’Origène, d’Augustin et d’Ambroise. Il renoua, par une volonté d’identification et de participation, avec la tradition primitive. Cette commémoration symbolique se déroula trois ans avant sa mort.

L'Expansion de la Tradition

Mais c'est la Contre-Réforme, en Italie, qui va instaurer la tradition de cette « Bible des pauvres » qu'est la crèche. Au XVIIe siècle, la crèche napolitaine, qualifiée également de « paradis des enfants » par les pères jésuites, essaime à Rome, à Gênes, en Sicile, en Espagne et au Portugal avant de gagner la Provence puis le monde entier, qu'il s'agisse de l'Europe de l'Est, de l'Amérique latine, de l'Asie ou de l'Afrique noire. Apparue aux XVe et XVIe siècles, la crèche napolitaine se développe au XVIIe siècle avec le mouvement de la Contre-Réforme. Elle devient un élément de prestige des demeures royales et aristocratiques. Elles seront exportées dans toute l’Europe jusque vers 1840, où le goût s’en perd. On peut en voir de superbes collections à Munich, à Naples, et une au MOMA, au musée de Cluny et au musée de Chaumont.

Au fil du temps, la tradition italienne de la crèche a défini plusieurs personnages à qui s’identifier : l’Émerveillement, l’Adoration, l’Offrande, l’Indifférence. Certainement, les représentations contemporaines ressemblent plus à une exposition de petits métiers les plus variés qu’à une Nativité, avec une prédilection pour le monde rural. On peut à coup sûr y déceler une idéalisation du passé, le retour à un temps à dimension humaine, où tout semblait beau et fraternel, à un passé idyllique plus généreux que le présent. La variété des types humains et des attitudes exprime le désir de n’exclure personne, de faire en sorte que chacun trouve un modèle à qui s’identifier. La crèche montre que la naissance de l’Enfant est de tous les lieux et de tous les temps. Il arrive que la scène de la crèche intègre maintenant lieux de travail, usines, hôpitaux, camps de réfugiés, immigrés, vieillards, enfants, marginaux de tout type : en cela elle est fidèle au message des rois mages. Le message est toujours le même : quel personnage suis-je ?

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La Crèche Provençale : Une Tradition Vivace

En Provence, les traditions calendales, qui précèdent Noël, sont une institution. Du blé de la Sainte Barbe, le 4 décembre, à la Chandeleur en février, Noël est attendu et fêté comme il se doit. Une des pratiques les plus vives en Provence est la tradition des crèches. On en trouve une dans chaque village, dans chaque église, dans chaque maison, mais quelle est l'origine de la crèche ? C’est au début du XIXe siècle que le sculpteur marseillais Jean-Louis Lagnel crée les premiers santons de Provence. Les personnages sont alors réalisés en argile, façonnés dans un moule de plâtre puis séchés au soleil. Ils sont ensuite peints à la main par l’atelier du santonnier. Cette standardisation permet de populariser la pratique de la crèche, jusqu’ici réservée aux milieux les plus aisés. La première foire aux santons a lieu en 1803 à Marseille et lance la longue tradition des marchés aux santons, dont les plus fameux sont ceux d’Aubagne, d’Apt, dans le Lubéron, d’Aix et de Marseille. Elle apparaît dans le grand public au début du XIXe siècle, connaît une nette croissance puis un déclin de 1870 au début du XXe siècle. Elle connaît un regain de faveur vers 1910 grâce au poète Elzéard Rougier et au peintre David Dellepiane, vers 1920. Elle connaît une exaltation sous le pétainisme, puis une diffusion européenne depuis les années 50.

La crèche commémore le soir de Noël. Dans chaque crèche, on donc retrouve la Sainte Famille, abritée dans un décor d’étable : l’Enfant Jésus est entouré de Saint Joseph et de la Vierge Marie. Ce sont les santons essentiels de la crèche, vers lesquels convergent tous les autres. Une grande procession s’organise dans le village pour rejoindre l’étable. On y retrouve des personnages traditionnels : les bergers et leur troupeau, l’aveugle et son fils, les boumians ou bohémiens, le vieux et la vieille, le ravi, et différents personnages représentant des métiers provençaux. Ils sont guidés par le santon de l’ange Boufarèu, qui souffle dans sa trompette pour alerter le village de la naissance de l’enfant. A l’opposé de la crèche, la caravane des Rois Mages s’avance vers l’étable qui accueille l’Enfant Jésus. Les crèches n’existeraient pas si la tradition n’était pas transmise par des santonniers de talent. Depuis deux siècles, de Marseille à Aix en passant par Aubagne, des artisans proposent chaque année de nouvelles créations, personnages et décors, pour embellir toutes les crèches de Provence.

La crèche provençale la plus attendue chaque hiver est sans doute celle d’Avignon, d’abord accueillie par la place de la mairie, puis déplacée dans une église de la ville il y a quelques années. Une autre crèche notable est celle de Grignan, la plus grande du monde, qui représente une vraie source d’attraction pour le tourisme de la ville. Au Rocher Mistral, vous pouvez cette année admirer la magnifique crèche réalisée par l’association Li Balaire Dóu Rèi Reinié, un groupe folklorique qui perpétue la tradition et l’histoire de la crèche provençale.

La Crèche : Un Symbole Universel

De tous les messages évangéliques, c’est la scène de Noël qui s’est répandue dans le monde entier et qui a été acceptée dans toutes les cultures. Le travail, les formes de l’habitat, les costumes, les coutumes, l’offrande d’un produit local expriment l’identité culturelle de chaque peuple. Les Péruviens offrent le condor, leur oiseau sacré, les Zaïrois se présentent avec leurs masques tribaux, les peuples des Andes remplacent l’âne et le bœuf par le lama, les crèches du Pérou portent le bonnet caractéristique, la Pologne fabrique des nativités en papier coloré, à Bamberg les personnages évoluent dans des maisons typiques de la Franconie, Taïwan fabrique des personnages en bambou ou en paille de riz. En Écosse, la représentation de la crèche, victime de la Réforme protestante pendant quatre siècles, interdite par une loi du Parlement en 1640, a été réintroduite en 1958. Selon une tendance opposée, certaines crèches contemporaines se veulent fidèles à la réalité historique de l’époque. La tente dans le désert évoque les pérégrinations du peuple d’Israël, les vêtements sont exécutés à partir d’une recherche approfondie. Le costume syro-palestinien est composé d’une tunique, d’un manteau, d’une ceinture. Les chaussures sont des sandales lacées sur le mollet. Pour les hommes, la tunique s’arrête sous le genou. Elle est rouge, jaune, noire ou rayée.

La crèche dans le monde offre un aperçu fascinant de la manière dont différentes cultures interprètent et célèbrent la naissance de Jésus-Christ. Voici quelques exemples :

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  • En Italie, la crèche, ou 'presepe', est une tradition riche et variée. La crèche napolitaine, en particulier, est célèbre pour sa grande échelle et ses figurines détaillées, représentant non seulement la scène biblique mais aussi la vie quotidienne napolitaine du XVIIIe siècle.
  • En Espagne, la 'belen' est un élément central des célébrations de Noël. Les crèches espagnoles se distinguent par leur attention aux détails et leur représentation souvent grandiose de la nativité. En Catalogne, la tradition unique du 'caganer', une figurine représentant un paysan en train de se soulager, ajoute une touche d'humour et de terre-à-terre à la scène.
  • En France, les 'santons' de Provence sont une tradition artisanale chérie. Ces petites figurines peintes à la main représentent non seulement les personnages bibliques mais aussi des scènes villageoises typiques de Provence, incorporant des métiers traditionnels et des scènes de la vie rurale.
  • Au Portugal, la tradition de la 'lapinha' combine des éléments religieux et naturels. Les crèches portugaises intègrent souvent des paysages miniatures, avec des roches, des plantes, et de l'eau, créant un décor réaliste pour la scène de la nativité.
  • Dans les pays nordiques, la crèche est souvent caractérisée par sa simplicité et son minimalisme. Les matériaux naturels comme le bois et la laine sont couramment utilisés, et la conception se concentre sur la capture de l'essence de la nativité avec une élégance sobre.
  • En Afrique, les crèches reflètent la diversité culturelle et artistique du continent. Elles sont souvent réalisées avec des matériaux locaux comme le bois, la pierre, et le tissu, et représentent la nativité dans un contexte africain.
  • En Amérique latine, les crèches, ou 'nacimientos', sont profondément ancrées dans les traditions culturelles et religieuses. Au Mexique, elles sont souvent grandioses et colorées, incorporant des éléments de la flore et de la faune locales.
  • Aux Philippines, la crèche est un élément central des célébrations de Noël, souvent accompagnée de lanternes traditionnelles, ou 'parols'.

Les Personnages et Objets de la Nativité

Quand sont représentés seulement l’enfant, Marie et Joseph, on parle de figuration de la Sainte Famille. Dès que l’on adjoint les animaux, on parle de Nativité, puis de crèche. La crèche rappelle qu’il y a 2000 ans, Dieu s’est fait homme. Les personnages placés autour de Jésus nous invitent, nous chrétiens, à participer à ce mystère de l’Incarnation. Marie est d’ailleurs souvent représentée agenouillée, dans une attitude d’adoration ; elle nous encourage ainsi à l’imiter. La crèche est habituellement installée pendant la période de l’Avent, c'est-à-dire dans les quatre semaines qui précèdent Noël. Elle invite, petits et grands, à préparer Noël. Chaque famille détient sa propre tradition et on peut la trouver sous le sapin ou à proximité. En invitant cette tradition au sein de nos foyers, la crèche devient l’occasion, pour les enfants, d’apprendre la prière et de comprendre, par l’imaginaire, les mystères de l’Évangile.

  • L’enfant Jésus: Dans la crèche, l’enfant Jésus apparait couché dans une mangeoire remplie de paille. Celle-ci est vide jusqu’à minuit le soir de Noël où l’on y place la figurine du bébé. Selon la tradition, il doit être placé entre Marie et Joseph au centre de l’étable à minuit. Toujours dans le respect des traditions, la figurine de l’enfant est installée dans un berceau qui a été garni de paille.
  • Marie: Marie est souvent représentée à genoux devant la mangeoire. Traditionnellement, elle porte une robe bleue et un foulard blanc. Dans la tradition, Marie porte un foulard blanc noué sur sa tête ainsi qu’une robe bleu ciel. Elle est représentée agenouillée à côté de son fils.
  • Joseph: Joseph se tient debout, un peu en retrait, de l’autre côté de la mangeoire. Le père adoptif de Jésus tient un bâton et porte la barbe. Joseph, quant à lui reste debout, un bâton à la main. Tous les deux offrent un regard doux, aimant et bienveillant sur l’enfant qui vient de naître.
  • Le bœuf et l’âne: Posés à l’intérieur de l’étable, les deux animaux encadrent la Sainte Famille. D’après la tradition catholique, l’âne est celui qui aurait transporté Marie de Nazareth à Bethléhem. Quant au bœuf, il aurait réchauffé le nourrisson de son souffle. Il ne faut en aucun cas oublier l’âne et le bœuf qui sont incontournables dans la représentation de la crèche. L’âne a transporté Marie tout le long du voyage jusqu’à l’étable. Le bœuf quant à lui est là pour offrir de la chaleur au nouveau-né grâce à son souffle.
  • Les bergers: En qualité des premiers témoins de la Nativité, les bergers viennent à l’étable adorer Jésus. Ce sont les pauvres qui sont avertis par les anges de la naissance de Jésus et non les riches et les puissants. Les bergers se rendent à l’étable. Quand les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent l’un à l’autre : Allons donc jusqu’à Bethléhem pour voir ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils se dépêchèrent donc d’y aller et trouvèrent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une mangeoire. Quand ils le virent, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant. Tous ceux qui entendirent le récit des bergers en furent très étonnés. Marie, elle, conservait le souvenir de toutes ces paroles et y repensait souvent. Les bergers s’en retournèrent, louant et glorifiant Dieu au sujet de tout ce qu’ils avaient vu et entendu : c’était bien ce que l’ange leur avait annoncé.
  • Les anges: Vêtus de blanc, les anges proclament la naissance de Jésus aux bergers. Certains sont représentés avec leurs ailes repliées ou dépliées, d’autres sonnant de la trompette…
  • Les rois mages: Les trois rois mages sont traditionnellement placés dans la crèche le 6 janvier, jour de l’Épiphanie. Gaspard, Melchior et Balthazar apportent l’or, l’encens et la myrrhe à l’Enfant Jésus. Ces tout-premiers cadeaux de Noël symbolisent dans l’ordre la royauté, la divinité et l’humanité. Les rois mages sont guidés par l’étoile du berger.
  • L’Étoile du Berger: Même s’il ne s’agit pas d’une figurine au sens propre, le placement de l’étoile du berger a une grande symbolique. C’est elle qui guide les rois mages vers l’étable. Elle peut également symboliser la présence de l’Esprit-Saint dans la crèche.

La Crèche dans l'Art

La Nativité, représentation de la naissance de Jésus-Christ, est l’un des sujets les plus iconiques et universels de l’histoire de l’art. Depuis les premiers siècles du christianisme, ce thème a inspiré des générations d’artistes, donnant lieu à une variété de styles, de symbolismes et de techniques reflétant les contextes culturels, religieux et politiques de chaque époque.

  • La Nativité dans l’art paléochrétien (IIIe-VIe siècle): Les premières représentations de la Nativité apparaissent dans les catacombes de Rome, notamment dans celles de Priscille et de Saint-Sébastien. Ces œuvres, souvent des fresques ou des reliefs, sont caractérisées par leur simplicité et leur symbolisme. Les premières images de la Nativité sont souvent allégoriques. La crèche et l’étoile sont parfois suggérées de manière symbolique plutôt que figurative. Les représentations de Jésus comme enfant dans une mangeoire s’inspirent parfois des traditions artistiques gréco-romaines, où les dieux sont représentés comme des enfants. Dès cette époque, la figure de Marie commence à occuper une place centrale, témoignant de la montée en puissance de son culte.
  • L’âge d’or byzantin (VIe-XVe siècle): L’art byzantin marque une étape importante dans la représentation de la Nativité. Les artistes de cette époque créent des icônes riches en symbolisme théologique et en détails narratifs. Les représentations de la Nativité byzantine sont souvent réalisées sur des panneaux de bois dorés, conçus pour être vénérés dans les églises ou les monastères. La composition byzantine est hiérarchique. Jésus est souvent représenté dans une grotte sombre (symbolisant l’ombre de la mort) avec Marie en position centrale. Les bergers, les anges et les rois mages entourent la scène. Des éléments comme le bœuf et l’âne apparaissent régulièrement, symbolisant la reconnaissance divine par la création. L’étoile de Bethléem est souvent représentée comme une lumière divine perçant les ténèbres.
  • Le Moyen Âge occidental (XIe-XVe siècle): Le Moyen Âge occidental voit un développement plus narratif et émotionnel de la Nativité, en particulier grâce à l’influence de l’art gothique. Les livres liturgiques comme les Évangiles ou les Livres d’heures contiennent des miniatures magnifiquement détaillées de la Nativité, souvent accompagnées de scènes de l’Adoration des Mages ou de l’Annonce aux Bergers. Les scènes de la Nativité apparaissent sur les tympans des églises gothiques et les retables, invitant les fidèles à méditer sur le mystère de l’Incarnation. Avec l’art gothique, l’accent est mis sur l’émotion et la tendresse. Marie est souvent représentée comme une mère aimante, tenant Jésus dans ses bras avec douceur.
  • La Renaissance (XVe-XVIe siècle): La Renaissance marque un tournant dans la manière dont la Nativité est représentée. Les artistes de cette période adoptent des techniques nouvelles et s’inspirent des idéaux humanistes. Les artistes comme Giotto, Botticelli, et Léonard de Vinci intègrent la perspective linéaire pour donner de la profondeur à leurs œuvres. Les personnages gagnent en réalisme et en individualité. La Renaissance redécouvre la nature. Les décors deviennent plus élaborés, avec des paysages et des éléments architecturaux précis. À cette époque, la Nativité devient un sujet fréquent des retables commandés par des mécènes riches pour des chapelles familiales.
  • Le Baroque et le Rococo (XVIIe-XVIIIe siècle): Le Baroque et le Rococo transforment la Nativité en une scène dramatique, pleine de mouvement et d’émotion. Les artistes baroques comme Caravage utilisent des contrastes marqués entre lumière et obscurité (clair-obscur) pour souligner le caractère divin de l’Enfant Jésus. Les compositions baroques sont dynamiques et dramatiques, mettant l’accent sur l’intensité émotionnelle de la scène.

La Crèche et les Différentes Églises Chrétiennes

Les crèches napolitaines ou les santons de Provence sont particulièrement répandus chez les catholiques. Dans la tradition de l'Église romaine, la crèche de Noël est un incontournable pour célébrer la naissance de Jésus. Installée au début de l'Avent dans les foyers et les églises, elle constitue une véritable catéchèse. D'abord spectacle vivant, elle est devenue une installation de statuettes. Cette tradition est aujourd'hui encore particulièrement populaire. L'Église catholique considère la crèche de Noël comme une véritable catéchèse. Il ne s’agit pas de vénérer la crèche mais de prier devant elle en famille durant la période de l'Avent.

Si donc les premières crèches vivantes datent du XIIIe siècle, la tradition des crèches de Noël existait en Europe avant la naissance du protestantisme. Mais les protestants l'ont-ils gardée ? Les artisans de la Réforme avaient pour principe "sola scriptura", c’est-à-dire "l’Écriture seule". Cependant, la crèche de Noël fait partie des "représentations que les protestants acceptent, selon le journal Réforme. "Et c'est un bel outil pédagogique pour les enfants. Mais ça n'a pas la même force symbolique que chez les catholiques. On ne prie pas devant par exemple.

Les différentes Églises orthodoxes, dont la plupart ne fêtent d'ailleurs pas Noël le 25 décembre mais dans la nuit du 6 au 7 janvier - selon le calendrier julien, n’ont pas la tradition de la crèche de Noël. La crèche n’est en tout cas pas l'objet d’une dévotion. Les petites figurines ont plutôt un rôle décoratif, précise-t-on au monastère orthodoxe russe d’Épinay-sous-Sénart. Ce qui est vénéré en revanche, ce sont les icônes. Le soir de Noël, les fidèles s’inclinent devant celle de la Nativité. Il existe chez les chrétiens orthodoxes un rituel très ancien lié à Noël : celui de brûler des branches de chêne, de formuler des vœux et réciter des prières.

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Les Églises orientales primitives ayant toutes créé leur branche catholique, dépendante de l’Église latine de Rome, la tradition de la crèche s’est relativement répandue en Orient. Ainsi, on peut considérer d’une certaine façon que "cette tradition que l’on a beaucoup développée en Europe est une tradition qui nous vient de l’Orient".

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