Le stridor, un bruit respiratoire aigu souvent comparé à un chant du coq, est un motif fréquent de consultation en pédiatrie. Il suscite une inquiétude légitime chez les parents, en raison de la crainte d'une détresse respiratoire aiguë. Cet article vise à informer les parents et les professionnels de santé sur les causes, le diagnostic et la prise en charge du stridor chez le nourrisson.

Qu'est-ce que le Stridor ?

Le stridor se définit comme un bruit inspiratoire de tonalité aiguë, provoqué par un flux d’air rapide et turbulent dans les voies respiratoires hautes rétrécies, notamment au niveau du larynx et du pharynx. Il est souvent plus prononcé lors de l'inspiration et peut varier en intensité selon la position de l'enfant et son niveau d'activité. Parfois, ce stridor est intermittent, puis revient. Il est d’intensité variable selon les positions, car les parois pharyngées se collabent moins facilement lorsque la tête est en hyperextension. L’intensité du stridor varie aussi en fonction du débit respiratoire : cette intensité augmente lorsque l’enfant boit et lorsqu’il pleure.

Causes du Stridor chez le Nourrisson

La laryngomalacie est la cause la plus fréquente de stridor chez le nourrisson, représentant 80 à 90 % des cas. Il s'agit d'un collapsus dynamique des structures supraglottiques du larynx (situées au-dessus des cordes vocales) lors de l'inspiration. D'autres causes, bien que moins fréquentes, doivent être envisagées, en particulier en présence de signes de mauvaise tolérance respiratoire ou de manifestations atypiques.

Laryngomalacie

La laryngomalacie est due à un défaut de rigidité du larynx, entraînant un basculement de l'épiglotte ou des aryténoïdes lors de l'inspiration, créant ainsi un mécanisme de sifflement. Le diagnostic de laryngomalacie est endoscopique : bascule de tout le larynx dans la lumière glottique à l’inspiration. Bien que souvent bénigne, elle peut nécessiter une intervention en cas de signes de gravité tels que des difficultés respiratoires, une hypercapnie, des difficultés d'alimentation ou une prise de poids insuffisante. L’évolution naturelle du stridor liée à la laryngomalacie suit généralement une aggravation progressive au cours des premiers mois de vie, atteignant un pic de sévérité vers le 4e mois. Par la suite, une phase de stabilisation précède une régression progressive des symptômes, habituellement après l’âge de 1 an.

Autres Causes

Outre la laryngomalacie, d'autres conditions peuvent provoquer un stridor chez le nourrisson :

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  • Infections: La laryngite striduleuse, une inflammation de la sous-glotte d'origine virale, est une cause fréquente de dyspnée laryngée chez le nourrisson et l'enfant, touchant principalement les enfants de 6 mois à 3 ans. Les signes respiratoires s’installent de manière rapidement progressive, souvent précédés de prodromes ORL, avec un début nocturne fréquent : toux aboyante, voix rauque, cornage, plus ou moins tirage sus-sternal et sus-claviculaire avec bradypnée inspiratoire.
  • Anomalies congénitales: D'autres anomalies laryngées congénitales peuvent provoquer un stridor, mais elles sont moins fréquentes que la laryngomalacie.
  • Paralysie des cordes vocales: Une paralysie totale ou partielle des cordes vocales peut également entraîner un stridor.
  • Corps étranger: L'inhalation d'un corps étranger peut provoquer une dyspnée laryngée brutale et un stridor. Un syndrome de pénétration, autrement appelé syndrome d’inhalation, est à rechercher systématiquement : accès de suffocation brutale avec toux et cyanose.
  • Kyste de la vallécule: Plus rarement, un petit kyste de la vallécule peut être à l'origine du stridor, apparaissant généralement quelques semaines après la naissance et augmentant avec le temps.
  • Angiome sous-glottique: Il est à évoquer impérativement devant une dyspnée laryngée évoluant par poussées, améliorées par les corticoïdes, chez un nourrisson de 1 à 6 mois. Un angiome cutané peut être associé.
  • Épiglottite: Liée à un œdème ou un abcès de l’épiglotte au cours d’une infection à Haemophilus influenzae de type b, elle est devenue exceptionnelle depuis la généralisation de la vaccination contre ce germe. Néanmoins, sa gravité mérite que les symptômes en soient connus : urgence vitale ! Elle est à évoquer chez un enfant de 3 à 5 ans présentant une dyspnée laryngée majeure, silencieuse (voix étouffée) en contexte de fièvre à 39-40 °C et d’altération de l’état général. Elle est associée à une dysphagie avec hypersialorrhée. L’attitude de l’enfant penché en avant, demi-assis, bouche ouverte, langue sortie et refusant de s’allonger est caractéristique.

Diagnostic du Stridor

Le diagnostic du stridor repose sur un examen clinique approfondi et, dans certains cas, sur des examens complémentaires.

Examen Clinique

L'examen clinique permet d'évaluer la fréquence, l'intensité et le caractère du stridor, ainsi que la présence de signes de détresse respiratoire tels que le tirage sus-sternal et sus-claviculaire, le balancement thoraco-abdominal et la cyanose. Le médecin recherchera également d'autres signes associés tels qu'une toux, une voix rauque, une fièvre ou des difficultés d'alimentation.

Examens Complémentaires

En fonction des résultats de l'examen clinique, le médecin peut prescrire des examens complémentaires tels que :

  • Nasofibroscopie: Cet examen consiste à introduire un fibroscope souple par le nez pour visualiser le larynx et les voies respiratoires supérieures. Il permet de diagnostiquer la laryngomalacie et d'autres anomalies laryngées. Cet examen, très facile à réaliser en consultation, est indolore. Il permet d'affirmer le diagnostic de laryngomalacie et permet de voir s'il y a des signes de reflux gastro-œsophagien.
  • Radiographie du thorax: Elle peut être utile pour exclure la présence d'un corps étranger ou d'une autre anomalie pulmonaire.
  • Échographie: Une échographie par un radiologue expert peut être réalisée dans certains cas.

Prise en Charge du Stridor

La prise en charge du stridor dépend de sa cause et de sa sévérité.

Laryngomalacie

Dans la majorité des cas de laryngomalacie, l'abstention thérapeutique est la règle, avec une simple surveillance de l'enfant sur les plans staturo-pondéral et respiratoire. Le stridor disparaît spontanément entre 12 et 18 mois. Cependant, en cas de signes de gravité, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.

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Traitement Médical

Un reflux gastro-oesophagien peut aggraver l’intensité du stridor. Le traitement du reflux gastro-œsophagien peut donc contribuer à améliorer les symptômes.

Traitement Chirurgical

Dans les cas de laryngomalacie sévère, une résection endoscopique au laser (supraglottoplastie) peut être réalisée pour élargir les voies respiratoires supérieures. Son taux de succès est bon avec peu de risques de récidives ou de complications.

Autres Causes

La prise en charge des autres causes de stridor dépend de la pathologie sous-jacente. Les infections sont traitées par des antibiotiques ou des antiviraux, tandis que les corps étrangers doivent être retirés par endoscopie. En cas de paralysie des cordes vocales, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour améliorer la respiration.

Conseils aux Parents

En attendant la résolution du stridor, voici quelques conseils pour les parents :

  • Surveillez attentivement la respiration de votre enfant. Soyez attentif aux signes de détresse respiratoire tels que le tirage, le balancement thoraco-abdominal et la cyanose.
  • Maintenez une bonne hygiène nasale. Le lavage nasal permet de parfaitement nettoyer le nez de bébé.
  • Évitez l'exposition à la fumée de tabac et aux allergènes.
  • Consultez rapidement un médecin en cas d'aggravation des symptômes ou d'apparition de nouveaux signes.

Pleurs du Nourrisson : Comprendre et Apaiser

Les pleurs sont le principal moyen de communication du nourrisson. Bien que souvent déroutants pour les parents, ils expriment un besoin, un inconfort ou une émotion. Il est essentiel de distinguer les pleurs normaux des pleurs excessifs ou anormaux.

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Pleurs Normaux

Les pleurs normaux ont tendance à augmenter à partir de la deuxième semaine de vie jusqu'à la sixième semaine, avec un pic allant jusqu'à 3 heures par jour. Par la suite, ils diminuent et se stabilisent vers l'âge de 4 mois, se limitant alors à une heure par jour en moyenne. Ces pleurs peuvent être liés à la faim, à la fatigue, au besoin de succion ou de câlins, ou à un simple inconfort.

Pleurs Excessifs ou Inexpliqués

Les pleurs inexpliqués, présents chez 10 à 30 % des nourrissons de moins de 3 mois, se caractérisent par leur durée (de 35 minutes à deux heures), leur intensité et leur survenue souvent imprévisible. L’enfant semble souffrir et être inconsolable. Ils prédominent généralement en fin d’après-midi et en début de soirée. Bien que souvent étiquetés à tort comme "coliques", ils ne sont pas nécessairement liés à une pathologie sous-jacente.

Que Faire Face aux Pleurs Inexpliqués ?

  • Écarter une cause médicale: Consultez votre médecin pour exclure une pathologie évolutive (infection, hernie, etc.).
  • Rechercher les inconforts: Vérifiez si votre bébé a faim, soif, froid, chaud, ou si sa couche est sale.
  • Apaiser votre bébé: Portez-le, parlez-lui, bercez-le, proposez-lui le sein ou une tétine, donnez-lui un bain tiède, frottez-lui doucement le ventre, maintenez une ambiance apaisante et préservez son sommeil.
  • Ne vous affolez pas: Comprenez que cette période difficile n'aura qu'une durée limitée.
  • Demandez de l'aide: Si vous êtes épuisé(e), confiez votre enfant à une personne de confiance quelques heures afin de pouvoir vous détendre et retrouver une certaine sérénité.

Approches à Éviter

  • Ne pas arrêter l'allaitement: Sauf conseil médical, ne pas arrêter l'allaitement maternel ou artificiel et ne jamais le remplacer par des "laits" à base de plantes.
  • Éviter les médicaments inutiles: Il n'existe pas de médicament pour traiter les pleurs inexpliqués du nourrisson. Les probiotiques sont sans intérêt et ont de potentiels effets indésirables.

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