La tradition des crèches vivantes, une représentation théâtrale de la Nativité, est profondément ancrée dans l'histoire et la culture de nombreuses régions. En Ille-et-Vilaine, cette coutume prend des formes variées, allant de spectacles élaborés à des célébrations plus intimistes, marquant ainsi la période de l'Avent et de Noël.

Origines et Histoire des Crèches Vivantes

L'origine des crèches vivantes remonte à 1223, lorsque Saint François d'Assise organisa une représentation de la Nativité dans son église de Greccio, en Italie. Cette initiative visait à rendre l'histoire de la naissance de Jésus plus accessible et concrète pour les fidèles. Les personnages étaient interprétés par les habitants du village, et de véritables animaux étaient présents.

Cette première crèche vivante a donné naissance à une tradition qui s'est perpétuée à travers les siècles. Si les personnages en bois, en cire, en carton-pâte ou en faïence ont largement remplacé les acteurs dans de nombreuses crèches, la tradition des crèches vivantes a perduré, notamment en France.

Au XVIe siècle, les crèches font leur apparition dans les églises. Les jésuites en réalisent notamment à Prague en 1562, qui figurent parmi les plus anciennes connues. L'histoire de la crèche de Noël s'est poursuivie avec l'apparition des crèches dans les familles, particulièrement à Naples, au XVIIIe siècle, dans les demeures aristocratiques. Elles reproduisent la vie quotidienne de Naples.

En France, pendant la Révolution, les représentations publiques étant interdites, la crèche de Noël s'installe donc dans les maisons. C'est alors l'origine de la crèche provençale qui s'inspire de la vie locale.

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La Crèche Vivante de Saint-Hilaire-du-Harcouët

Pendant près d'un quart de siècle, la Crèche vivante de Saint-Hilaire-du-Harcouët a attiré l'attention des médias et des télévisions. L'édition de la crèche vivante de Saint-Hilaire-du-Harcouët s'était hissée au rang des plus belles crèches vivantes de France.

La crèche vivante est née en 1983, un jour d'hiver quand Saint-Hilaire se cherchait une idée d'animation. L'idée était bonne et elle a fédéré nombre de Saint-Hilairiens, sur scène ou en coulisses, et drainé des dizaines de milliers de spectateurs.

Tous les ans, depuis 30 ans, à Saint-Hilaire-du-Harcouët, la période de Noël draine des milliers de personnes venues voir et revoir, entendre et réentendre la belle histoire de la Nativité.

Cependant, après 30 ans d'existence, la Crèche vivante de Saint-Hilaire-du-Harcouët a connu un arrêt en raison du départ de Patrice Deniau, le metteur en scène et pilier de cette aventure. Il n'y a pas eu d'édition en 2013.

En 2012, Saint-Hilaire-du-Harcouët craignait que cette crèche-là ne fût la dernière. Ils ont été beaucoup à croire ou à espérer que quelqu'un reprendrait le flambeau. Aucun candidat ne s'étant présenté, Saint-Hilaire renonce à sa crèche.

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La crèche vivante a beaucoup fait, tout fait, pour la renommée de Saint-Hilaire, y compris sur le plan national.

La Crèche Vivante d'Epiniac

À Epiniac, la crèche vivante se déroule à l’intérieur de l’église. Pour une édition, le conte L’Étoile de Jonathan était au cœur de l’histoire de la nativité. Comme chaque année, ce sont des enfants et des adultes de la commune qui sont les acteurs de cette crèche vivante.

Chaque année, la plupart des acteurs reviennent. La coutume est respectée, un jeune couple d’Epiniac et leur bébé auront les rôles de Marie, Joseph et de l’enfant Jésus. Élizabeth, Zacharie et Jean le Baptiste, les protagonistes du conte, sont aussi de la commune. Musiciens et animaux vivants sont présents pour ce spectacle.

Il est très important de donner du sens à cette fête, pour cette représentation, nous accueillons tout le monde. Dans cette optique nous ouvrons les portes de l’église. La coutume veut aussi qu’après la représentation des boissons (vins chauds et chocolats chauds) soient offertes.

La Crèche Vivante de Saint Suliac

Depuis plus de vingt ans, la commune de Saint Suliac a pour tradition de présenter une crèche vivante jouée, dans son enclos paroissial, par une trentaine d'habitants, auxquels s'ajoute une dizaine de bénévoles pour la technique.

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« Le scénario est puisé directement dans les Évangiles, notamment le texte de saint Luc », commente Suliac Lefeuvre, qui coordonne l'événement depuis ses débuts. « Nous demandons aux parents du dernier enfant né dans l'année et vivant dans la commune de jouer le rôle de Joseph et Marie, avec leur enfant. Une année, un couple avait refusé pour une question de confession ». Depuis,l'équipe s'est penchée sur la question : « Nous avons fait apparaître Zaccharie. Ce que nous faisons valoir, c'est le respect de la vie et de l'être humain et non le côté religieux ».

Les Suliaçais ont pour coutume de célébrer le solstice d'hiver en situant la Nativité dans un contexte symbolique de renouveau de la lumière. C'est le dernier enfant de la commune qui occupe le coeur de la crèche avec ses parents.

« L'arbre est omniprésent pour donner une vision au-delà des confessions religieuses », indique encore Suliac. Au début, l'arbre calciné de la Saint Jean traverse l'enclos paroissial et est planté à gauche de la crèche. D'autres symboles sont présents, comme l'arrivée de deux femmes allant chercher l'eau au puits : « C'est un symbole riche et libre, que chacun peut interpréter à sa façon : le puits de Jacob, la Samaritaine ou l'eau source de vie.

Aspects Légaux et Controverses

L'installation de crèches vivantes dans l'espace public peut parfois susciter des débats et des controverses, notamment en raison de la loi de 1905 relative à la séparation des Églises et de l'État. Cette loi encadre les manifestations religieuses dans l'espace public, mais des exceptions peuvent être accordées dans le cadre d'expositions culturelles, artistiques et festives.

Une municipalité peut-elle soutenir l'installation d'une crèche vivante, qui fait du prosélytisme sur une place publique ? La manifestation n'a duré que quelques heures ce samedi 14 décembre, mais elle n'est pas passée inaperçue. L'association catholique "Vivre Noël autrement", a organisé une crèche vivante en plein cœur du centre-ville. Le problème, c'est que les organisateurs semblaient loin d'une simple démarche culturelle, à l'occasion des fêtes.

"Le souci, c'est que cette association n'a sûrement pas précisé l'action de prosélytisme lorsqu'elle a demandé l'autorisation à la municipalité", explique Régis Godec. "Et pourtant, elle assume son caractère religieux. Je pense que la mairie de Toulouse a été tout simplement abusée. Du côté de la municipalité, on balaye ces arguments d'un revers de la main, texte de loi à l'appui : "Il est possible d'installer une crèche sur un emplacement public à la différence d'un bâtiment public", affirme sur X Pierre Esplugas-Labatut, en charge des manifestations culturelles.

Pour les crèches entre action culturelles et cultuelles, le législateur reste flou, laissant aux collectivités une liberté d'action que beaucoup dénoncent. Lire aussi : Toulouse. Cette même association, "Vivre Noël autrement", qui plante sa crèche de Noël depuis 2014 dans la ville rose avait déjà fait des remous.

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