La crèche vivante de Boulogne-sur-Mer est un événement traditionnel et apprécié, se déroulant au cœur de la ville fortifiée. Cet événement, souvent associé au marché de Noël, offre une représentation de la naissance de Jésus dans la cathédrale Notre-Dame.

Un Rendez-vous Incontournable des Fêtes de Fin d’Année

Le marché de Noël de Boulogne-sur-Mer, un rendez-vous incontournable des fêtes de fin d’année, investit la ville fortifiée le temps d’un week-end. Près de 70 exposants se rassemblent dans le parking de l’enclos de l’Évêché, au pied de la Basilique Notre-Dame. Fanfares déambulatoires, gospel, spectacles et le chalet du Père Noël transforment la ville fortifiée en un véritable village de Noël. Les ruelles pavées, les lumières sourdes, la majestueuse basilique, les illuminations et la ferveur du marché de Noël contribuent à la magie des lieux. Le rendez-vous avec le Père Noël se tient généralement le samedi et le dimanche après-midi.

En parallèle, le cloître des Annonciades accueille l'Arty Christmas.

La Crèche Vivante : Une Tradition Chaleureuse

La crèche vivante est un spectacle chaleureux et très attendu du public. Elle conte l’histoire de la Nativité au gré de tableaux délicats et colorés. Pâtres et bergères, petits métiers d’antan, angelots et rois mages chargés d’offrandes viennent, en un joyeux défilé, honorer la Sainte Famille. C'est un prélude enchanté pour attendre Noël.

La crèche vivante existe depuis de nombreuses années et son succès ne cesse de croître. Elle attire les familles qui souhaitent voir leurs enfants participer sur scène, grimés en angelots ou en paysans. Pour répondre à cet engouement, plusieurs représentations sont souvent programmées. Pour faire partie du casting, il suffit généralement de se présenter à la répétition. Les enfants se voient attribuer un rôle et un costume. Chaque année, la magie opère sur un public ravi de se voir conter cette histoire deux fois millénaire. Les spectateurs sont ensuite invités à découvrir la scène classique de la crèche, avec l’enfant Jésus qui arrivera le 25 décembre.

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Organisation et Participation

L’organisation de la crèche vivante implique souvent de nombreux paroissiens du Boulonnais. Les participants, toujours plus nombreux, se présentent aux répétitions pour se voir attribuer un rôle et un costume. L'abbé Poitdevin, curé de la paroisse, souligne l'importance d'harmoniser ce petit monde, en adaptant la bande-son pour rallonger le spectacle.

Les Guénels : Une Autre Tradition Boulonnaise

Parallèlement à la crèche vivante, une autre tradition typiquement boulonnaise est le concours de guénels. Un guénel est une figure creusée et sculptée dans une betterave sucrière. La tradition veut que les enfants fabriquent et défilent avec leurs guénels, illuminés par une lanterne. Les guénels sont ensuite exposés en centre-ville, et les lauréats sont distingués lors d'une parade nocturne.

Autres Festivités de Noël à Boulogne-sur-Mer

Outre la crèche vivante et le concours de guénels, d'autres animations viennent enrichir les festivités de Noël à Boulogne-sur-Mer :

  • Le Chalet du Père Noël : Installé devant l’Hôtel de Ville, il permet aux enfants de déposer leur lettre et de rencontrer le Père Noël en personne.
  • Spectacles de Marionnettes : L'Hôtel de Ville accueille des spectacles de marionnettes pour divertir les plus jeunes.
  • Ascension Commentée du Beffroi : Les visiteurs peuvent suivre un guide pour une ascension commentée du beffroi, un monument inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Boulogne-sur-Mer Pendant la Seconde Guerre Mondiale : Un Aperçu Historique

Bien que distincte des festivités de Noël, il est utile de noter un bref aperçu de l'histoire de Boulogne-sur-Mer pendant la Seconde Guerre mondiale, car cela façonne l'identité de la ville et son patrimoine.

Dès le 23 août 1939, un détachement mobilisateur prend ses quartiers à Boulogne, précédant la mobilisation partielle qui commence le 27. Au soir du 29, des réservistes du 310e RI se déploient autour des batteries de la marine de la Crèche et du Mont de Couppes, modernisées à la fin des années 1930, et du poste de commandement du fort de la Tour d’Odre. Avec la mobilisation générale le 2 septembre 1939, puis la déclaration de guerre le lendemain, la ville entre dans « la drôle de guerre ».

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Sous les ordres du capitaine de vaisseau Duftoy de Mont de Benque, la Marine nationale doit assurer la défense du port et du front de mer. Son état-major est installé au château, dont les caves médiévales abritent un central téléphonique ultramoderne. L’aéronautique navale occupe l’aérodrome d’Alprech et constitue une « hydrobase » près du casino. Un bataillon du 11e régiment régional, également caserné au château, assure les services de la place. La prise de conscience de l’état de guerre s’accroît lors de l’arrivée des premiers éléments de la force expéditionnaire britannique le 12 septembre.

Le 10 mai 1940 marque le début de l’attaque allemande. À l’aube, la Luftwaffe bombarde le terrain d’Alprech. Les premiers réfugiés belges arrivent le soir même, bientôt suivis par des Néerlandais et des habitants du Nord, que les Boulonnais s’efforcent d’accueillir au mieux. Les bombardements se multiplient à partir du 14 mai, tandis que des soldats en déroute gagnent la ville. Au bout d’une semaine, les Boulonnais commencent à partir, à pied, en voiture, en train - mais la voie ferrée est coupée vers le sud -, ou, pour un millier d’entre eux, en bateau de pêche.

Les événements militaires se précipitent. Le 20 mai, la menace allemande se rapproche après que le port a été mitraillé la veille. Dans la nuit, le commandant Duftoy fait détruire matériels et armement, puis rembarquer les troupes. Seuls les canonniers de marine et les aviateurs décident de se défendre. L’amiral Platon, commandant le secteur, ordonne de tenir Boulogne, et fait mettre aux arrêts Duftoy, remplacé par le commandant de Lestrange, venu de Cherbourg. L’arrivée de renforts, notamment d’éléments de la 21e DI qui battent en retraite depuis la Belgique, permet de réorganiser la défense de Boulogne. Des Britanniques arrivent le 22, mais rembarquent sous le feu le 23. La ville haute, derrière ses remparts, tient jusqu’au matin du 25, ce qui vaudra à sa garnison d’obtenir les honneurs militaires après sa reddition. Les Allemands font 10 000 prisonniers, dont les généraux Lanquetot et Hémelot.

Boulogne est rattachée administrativement à l’Oberfeldkommandantur 670 de Lille et dépend du commandement militaire allemand de Bruxelles, comme tout le Nord et le Pas-de-Calais, en zone interdite. Dès l’été 1940, la ville est gérée par une délégation spéciale, désignée par Vichy et remaniée le 29 octobre 1942.

Les soldats de l’armée de terre (Heer) et les marins de la Kriegsmarine transforment Boulogne en port de guerre pour préparer l’invasion de la Grande-Bretagne (opération Seelöwe). Le 1er juillet 1940, ils détruisent le monument Britannia, symbole de l’alliance franco-britannique. Hitler leur rend visite dans la nuit du 24 au 25 décembre 1940. L’opération Seelöwe est abandonnée quelques semaines plus tôt, mais, face à l’Angleterre, Boulogne conserve une importante garnison allemande durant toute la guerre. Cette présence massive de la Wehrmacht explique les nombreux bombardements subis par la ville.

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Du 12 juin 1940 au 21 septembre 1944, 126 bombardements ont tué des centaines de Boulonnais, mais ce sont au total près de 500 raids aériens qui ont touché la ville, devenue un objectif stratégique. Durant l’été 1940, la Royal Air Force cherche à détruire la flotte allemande rassemblée en vue de l’opération Seelöwe. Puis à partir de 1941-1942, bientôt appuyée par l’US Air Force, elle adopte une stratégie plus offensive, s’attaquant au potentiel militaire allemand, la base de vedettes rapides sur le port, les stations radars et les centres de transmissions, les infrastructures de transport et les postes d’alimentation électrique. En bombardant le Boulonnais en 1943 et 1944, les alliés veulent faire croire à leur futur débarquement dans le Pas-de-Calais.

Les bombardements les plus terribles sont celui du 14 août 1941, qui fait 120 morts et 126 blessés, et celui du 15 juin 1944, qui tue 150 personnes.

La pêche continue pendant la guerre, mais elle est possible que le long de la côte française, dans les lieux autorisés par les bureaux de surveillance des pêches maritimes. Dès le 19 novembre 1940, les pêcheurs boulonnais manifestent leur intention de reprendre la mer. Quelques jours plus tard, 12 bateaux, dont 6 à rames et à voile, sont autorisés à pêcher du lever au coucher du soleil, à moins de 3 milles de la côte. Les campagnes au hareng reprennent la même année. Elles débutent avec de petites unités en bois armées à cette fin et basées à Gravelines, à l’initiative d’un armateur boulonnais qui donnera sa pleine mesure après la guerre, Jean Delpierre, qui passe de deux à treize bateaux en un an. Au printemps 1942, le poisson réapparaît véritablement à Boulogne. Durant l’hiver 1943, 80 navires boulonnais, gravelinois et belges prennent part à la campagne du hareng et débarquent quelque 13 000 tonnes de poisson, après les 7 000 de l’année précédente. Cela permet à la population d’améliorer un peu le ravitaillement et aux jeunes marins d’éviter le travail obligatoire en Allemagne.

En même temps, la pêche est réorganisée. Le 22 décembre 1940, un bureau national de répartition du poisson est constitué, avec le Boulonnais Jacques Altazin comme président, pour commercialiser les produits de la pêche. En novembre 1942 sont créés un comité corporatif, associant armateurs, mareyeurs, saleurs et conserveurs, puis un comptoir du Poisson, dirigé par Jean Coppin, secrétaire de l’union de leurs syndicats. C’est le comptoir du Poisson de Gravelines qui organise et surveille la commercialisation du hareng.

L’exercice du métier est plus périlleux que jamais car les autorisations de sortie étant quelquefois rares, les marins affrontent la mer par tous les temps. L’activité le long de la côte boulonnaise ne permet aucun contact avec l’Angleterre pourtant très proche, car les vedettes rapides allemandes et les avions de surveillance harcèlent le Détroit, tandis que des voitures « gonio » sillonnent le littoral : l’occupant est persuadé que des chalutiers envoient des renseignements à Londres par des émissions de TSF à faible distance.

Les rapports des médecins boulonnais sont formels : la population est sous-alimentée. Cependant, des efforts ont été entrepris dès janvier 1941. Le 29 janvier 1941 a été constitué un comité d’entraide boulonnaise qui, sous l’égide des docteurs Baron et Houzel, a organisé des soupes populaires puis, à partir du mois suivant, des distributions de poisson. Le 20 janvier 1943, la municipalité ouvre le « Restaurant boulonnais », qui aura bientôt deux annexes à Bréquerecque et Capécure : plus de 750 000 repas seront servis jusqu’à la fin mars 1947, c’est-à-dire bien après le conflit.

« Le marché gris », aussi appelé « marché noir », bat son plein. Les agents du contrôle économique ne manquent pas de besogne. Ce marché illicite s’explique par les insuffisances du ravitaillement : collecte insuffisante d’un lait de qualité souvent discutable, cartes non honorées même pour les « travailleurs lourds », espérances d’amélioration déçues chaque mois.

Les 15 et 16 février 1944, 10 000 Boulonnais sont évacués vers la Marne et la Nièvre. Le 19 mai, le centre de la ville est écrasé. Le 22, une bombe détruit la cave de l’ancien Arsenal, en haute ville, où des civils s’étaient abrités : 45 tués, 52 blessés. La population vit ensuite au ralenti. Le 26 août 1944, Le Télégramme paraît pour la dernière fois.

L’occupation allemande se manifeste par une politique répressive. De 1940 à 1944, près d’un millier d’otages ont été pris, répondant de leur vie d’actes de sabotage - certains sont même exposés sur les convois ferroviaires. Quelque 189 personnes ont été emprisonnées au moins pendant un mois pour des motifs politiques. 41 résistants ont également été arrêtés. C’est aussi le cas de six francs-maçons boulonnais, le 9 octobre 1941.

Comme dans toute l’Europe, les juifs sont persécutés. La communauté de Boulogne comptait à la veille de la guerre 235 personnes. Le 16 décembre 1940, 54 juifs sont arrêtés à Boulogne, détenus à l’enclos de l’évêché puis déportés vers un centre de transit à Troyes, d’où la moitié parvient à s’évader avant avril 1941. En tout cas, leurs biens ont été « aryanisés », c’est-à-dire spoliés. Par ailleurs, à partir de 1942, des juifs non boulonnais travaillant sur le mur de l’Atlantique sont enfermés dans des conditions éprouvantes au lycée Mariette.

La résistance apparaît rapidement et de manière spontanée. Dès août 1940, une femme d’humble condition, âgée de 52 ans, Blanche Paugham-Lefebvre, sectionne des fils téléphoniques allemands. Arrêtée, elle est condamnée à mort, puis sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité, mais elle mourra d’épuisement en avril 1945 à Bergen-Belsen. Une autre forme de résistance spontanée consiste à venir en aide à des soldats anglais qui n’ont pu se replier lors de la campagne de France - de tels gestes reflètent peut-être une anglophilie remontant à la Grande Guerre. Dans un deuxième temps apparaissent de petits groupes de résistants.

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