L'art populaire russe rencontre l'imagerie religieuse et les jeux d'enfants dans un fascinant croisement de traditions. Des crèches de Noël aux matriochkas, ces symboles culturels incarnent l'histoire, l'artisanat et la transmission intergénérationnelle. Cet article explore l'histoire de ces objets emblématiques, leurs méthodes de fabrication et la manière dont ils s'entrelacent dans l'imaginaire collectif.

La Crèche : Un Symbole de Noël Universel

La tradition de la crèche remonte au XIIIe siècle, lorsque Saint François d'Assise organisa une crèche vivante à Greccio, en Ombrie. Cette représentation de la Nativité a donné son nom au mot français « crèche ». Aujourd'hui, la crèche est un élément incontournable des célébrations de Noël dans le monde entier.

En Italie, chaque région, voire chaque ville, possède sa propre histoire de fabrication locale de santons. À Naples, les crèches sont immenses et colorées, tandis que dans les montagnes du Trentino-Alto Adige, les santons sont en bois naturel ou légèrement coloré. Ces santons, souvent fabriqués à la main par des familles qui perpétuent la tradition artisanale, représentent des personnages, des animaux et des anges.

Dans les régions montagneuses, il était d'usage pendant l'Avent de visiter les crèches de chaque famille du village. Cette tradition perdure aujourd'hui grâce aux marchés de Noël et aux foires aux santons.

Un concours de crèches se tient chaque année à Cracovie depuis 1937. La plus grande crèche se trouve dans l'église Saint François d'Assise, tandis que la plus petite tient dans une coquille de noix. Toutes les crèches sont exposées au musée historique de Cracovie jusqu'en février.

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La crèche évoque souvent des souvenirs d'enfance, comme la recherche de mousse dans la forêt avec son père. Au-delà de l'aspect religieux, c'est une tradition transmise aux enfants, même à l'étranger. Les santons permettent de raconter des histoires et de créer ensemble la crèche.

Même si une crèche peut paraître typiquement provençale pour un Français, elle peut être perçue comme originale aux États-Unis, où les crèches sont souvent en plastique. Certains ajoutent des personnages en papier provenant de magazines pour enfants, créant ainsi un mélange de traditions et de souvenirs personnels.

Visiter les crèches est une expérience intemporelle de paix et de recueillement, qui permet de découvrir des merveilles et de tisser des liens d'amitié à travers le monde.

La Matriochka : Un Emblème de l'Art Russe

La matriochka, ou poupée russe, est un autre symbole culturel fort, représentant la maternité, la famille et la tradition. Ces poupées en bois, peintes à la main, sont creuses et contiennent une série de poupées de tailles décroissantes, emboîtées les unes dans les autres.

L'origine exacte de la matriochka est incertaine, mais on pense qu'elle est inspirée des poupées japonaises Kokeshi. La première matriochka russe a été créée à la fin du XIXe siècle dans l'atelier « Éducation d'enfants » à Moscou. Elle représentait une paysanne russe en costume traditionnel, et contenait une série de poupées représentant ses enfants.

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La matriochka est rapidement devenue populaire en Russie et à l'étranger, symbolisant l'âme russe et l'artisanat traditionnel. Aujourd'hui, les matriochkas sont fabriquées dans différentes régions de Russie, avec des styles et des motifs variés.

Fabrication Artisanale des Matriochkas

La fabrication d'une matriochka est un processus complexe qui nécessite un savoir-faire artisanal. Le bois utilisé est généralement du tilleul, du bouleau ou du tremble, qui sont coupés au printemps et séchés pendant plusieurs années.

Le tourneur sur bois façonne ensuite les différentes parties de la poupée, en commençant par la plus petite. Chaque poupée est ensuite poncée et apprêtée avant d'être peinte à la main.

Les motifs et les couleurs utilisés varient en fonction de la région et du style de l'artiste. Les matriochkas traditionnelles représentent des paysannes russes en costume traditionnel, mais on trouve aussi des matriochkas représentant des personnages historiques, des animaux, des contes de fées, etc.

La peinture est généralement réalisée à l'aide de gouache, d'aquarelle ou de peinture à l'huile. Une fois la peinture terminée, la poupée est vernie pour la protéger et lui donner un aspect brillant.

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La Peinture Propre au Cellophane : Une Technique Créative pour les Enfants

Une technique de peinture amusante et facile à réaliser avec les enfants est la peinture propre au cellophane. Cette technique permet de créer des effets de texture intéressants tout en gardant les mains propres.

Pour réaliser cette activité, il faut :

  • Des feuilles blanches cartonnées
  • De la peinture de différentes couleurs
  • Du cellophane
  • Des sets de table pour protéger la table

La première étape consiste à remplir les feuilles blanches de lignes de peinture de différentes couleurs. On peut aussi découper des formes de poupées russes et les peindre directement.

Ensuite, on pose du cellophane directement sur les feuilles pleines de peinture. Il faut étaler la peinture en appuyant dessus avec les doigts, en essayant de combler le blanc au maximum.

Cette technique est appelée « peinture propre » car l'artiste garde les mains propres. Elle procure une sensation apaisante et permet de créer des effets en relief grâce aux mouvements du film étirable.

On peut enlever le cellophane tout de suite, mais on risque de perdre les effets en relief. Il est préférable de laisser sécher la peinture avec le papier dessus afin de garder les stries.

Une fois la peinture sèche, on peut découper des formes de poupées russes dans les parties rescapées.

Jouets Gigognes : Un Essentiel pour le Développement des Bébés

Les jouets gigognes, comme les matriochkas, font partie des essentiels pour les bébés. Ils sont évolutifs au gré des étapes du développement psychomoteur.

Le plus courant des jouets gigognes est une série de gobelets qui s'empilent du plus gros au plus petit. Ils peuvent aussi servir de contenants pour jouer à l'eau ou au sable. Une autre présentation est celle du cube composé de cinq faces pleines sur lesquelles sont imprimées des images, des chiffres, des lettres ou autre.

Ce jouet est incontournable dans l'environnement ludique d'un enfant à partir de 4 mois, lorsque s'installe la préhension volontaire. Jusqu'à plus ou moins 3 ans, les éléments gigognes sont le support tantôt d'un jeu de manipulation, de construction ou de langage. Ils constituent un tout premier pas dans la pensée logique grâce aux activités d'observation, de manipulation et de classement, en commençant par différencier les notions de petit et grand.

Les premiers jouets gigognes à privilégier sont ceux qui sont arrondies car plus faciles à saisir. Le bébé est attiré par les couleurs vives et sa vision guide la main. Dès quatre mois, il soumet d'autant mieux le gobelet à son exploration qu'il est léger : mettre la main dedans, le porter à la bouche, le faire rouler, le taper, le lancer, etc.

La manière de jouer dépend aussi du style de présentation : soit les éléments en un seul bloc car emboités les uns dans les autres, soit séparés et disposés au sol ou sur une table.

Commencer à faire une tour est une activité qui témoigne des progrès sensori-moteurs et cognitifs. La progressivité des cubes gigognes rajoute une difficulté supplémentaire par rapport à des cubes au format unique. De ce fait, chaque cube (ou toute autre forme) a une place et une seule, que ce soit pour former un seul bloc compact ou pour faire une tour du plus grand au plus petit. Cet assemblage sollicite l'attention visuelle, la dextérité, la capacité de concentration et s'accompagne d'opérations mentales en vue de classer, comparer, évaluer les différences, trouver une solution.

La présence d'un motif en relief sur un gobelet ou d'images sur les faces d'un cube sollicite indirectement le langage. Pendant qu'il manipule, l'enfant à un moment ou un autre pointe le doigt sur des éléments qu'il reconnaît : un animal, une couleur, une forme, un personnage…

Les éléments gigognes, selon l'âge et la personnalité de l'enfant, au gré des circonstances, sont le support de jeux orientés plus vers l'exploration sensori-motrice ou plus vers l'activité mentale. Ils sont utilisés seul, entre pairs ou avec un adulte.

L'Art et la Transmission Intergénérationnelle

L'installation de Nicolas Henry, avec ses photos de grands-parents du monde entier construisant des cabanes de leur enfance, met en valeur l'importance de la transmission intergénérationnelle. Les analogies avec la crèche sont fortes : Noël est une fête de famille universelle, qui célèbre les anciens et leurs savoirs.

L'artiste parcourt le monde en allant au devant des « anciens » des villes et villages traversés. Ensemble, ils bâtissent une cabane, reflet de leur imaginaire. Les grands-parents sont les artistes de leurs propres installations.

La série de photographies « Les cabanes de nos grands-parents » nous entraîne à la rencontre des anciens à travers le monde, de l'Irlande au Vanuatu en passant par l'Inde, le Brésil, le Maroc, ou encore la Nouvelle Zélande et la Suède.

Aujourd'hui, se pose la question de l'image et de la place des personnes âgées dans notre société. La transmission de la langue, des histoires et des traditions, ainsi que la connaissance de la nature et de la biodiversité, sont supplantées par les médias et les systèmes d'éducation. Le « savoir-vivre » local est remplacé par un modèle global.

Loin d'un regard dénonciateur, cynique, ou désabusé, « les cabanes de nos grands parents » expriment les changements d'un monde à l'autre à travers les outils du rire et de la poésie. Il s'agit de réunir le village, de créer un espace pour la parole et la créativité.

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