Introduction
Cet article explore l'histoire et la géographie de la région où se trouve la crèche Mille Pattes à Granges-Paccot, en s'appuyant sur des données géologiques, historiques et toponymiques.
Géographie de la région
Le Piémont des Dranses du Chablais
La région de Granges-Paccot est située au sein du Piémont des Dranses du Chablais. Ce massif est constitué de terrains jurassiques inférieurs et liasiques, formant un plan synclinal. Il constitue la partie nord-est d'un plateau recouvert d'alluvions glaciaires.
Altitude et Climat
L'altitude de la région est de 686 mètres. Bien que favorable aux arbres fruitiers, aux noyers et aux châtaigniers, le climat est marqué par des gels brutaux et une neige qui persiste plusieurs semaines. La partie supérieure est dédiée aux alpages. Cette zone représente la limite nord pour certains types de végétation.
Les Glaciers des Mémises
Les glaciers des Mémises, exposés au nord et abrités par une falaise, ont connu des périodes de recul alternant avec des périodes de stationnement. Leur retrait s'est effectué du nord au sud, de Thollon vers les cirques de la montagne.
Moraines et Vestiges Glaciaires
Au confluent des glaciers, sur le plateau de Thollon, d'amples moraines frontales ont été édifiées. De puissantes moraines s'élèvent sur la pente douce du plateau. Un glacier venu du Mont-César a laissé une moraine basse et arquée près de Chez les Vesins, percée d'une doline périglaciaire au sud. Une seconde moraine, longue et large, supporte l'église de Thollon. De l'autre côté de la route de Lajoux, des moraines épaisses, probablement plus élevées en raison d'un bombement structural, cheminent. Une première voûte raide s'élève au-dessus du cimetière, du sud-ouest vers le nord-est. Entre ce vallum et Leucel s'allonge une moraine aplatie du sud au nord. Au nord-est de Leucel, un vallum trapu longe la dépression du Maravent d'est en ouest. De l'autre côté du ruisseau, une autre moraine orientée nord-ouest/sud-est porte de nombreuses dolines périglaciaires. Elle est parallèle au vallum de Chez les Aires, qui traverse la route de Lajoux jusqu'aux Mouilles. Sur la pente homogène des Mémises, les courants glaciaires, après s'être divisés, ont reculé de manière synchronique, laissant des bourrelets peu saillants et discontinus, situés à la même altitude (1000, 1100, 1200 et 1500 m). Ces bourrelets sont dissymétriques, avec un côté sud-est court et en faible pente, et un versant faisant face au lac en pente longue et raide. Le retrait des glaces de Thollon s'est donc déroulé en plusieurs étapes.
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Histoire de l'Occupation Humaine
Occupation Préhistorique
Le peuplement de ce plateau est ancien, datant probablement du Néolithique, il y a environ 4500 ans. La grande originalité de cette époque réside dans l'implantation des hommes sur les rivages du Léman. Les archéologues ont découvert sur le site du Genevray la plus vaste nécropole du Néolithique moyen connue en France.
Période Romaine
L'étendue du défrichement à l'époque romaine reste incertaine, car de nombreuses terres productives ont été abandonnées et redevenues incultes entre la fin du IVe siècle et l'arrivée des Burgondes au milieu du Ve siècle. Une villa secondaire pourrait être rattachée à Saint-Paul, bien qu'elle s'étende entre les territoires de Lugrin et de Meillerie. Lugrin comprend Lain, un village d'origine peut-être antique, au nord-est du mont Benant et sur le chemin du col de Creusaz. Une découverte archéologique datée de la préhistoire a été faite aux Etrevets (près de Lajoux) : un four en dalles avec de la chaux.
Du Moyen Âge à la Révolution
Les alpages du sud-est étaient utilisés au XIIIe siècle, probablement même avant. La mise en valeur du massif est antérieure à l'arrivée des moines. La toponymie des alpages, riche en termes ligures, celtiques et gallo-romains, suggère une première occupation du Chablais à partir de l'étage alpin, qui ne nécessitait pas de défrichements et constituait une zone d'habitat permanent. Les Burgondes pourraient avoir introduit des pratiques pastorales.
Voies de Communication Historiques
Le chemin ordinaire reliant Genève au Valais, et permettant le franchissement des Alpes via le Saint-Bernard, traversait une partie du Chablais par Douvaine, Thonon et Évian. Au-delà d'Évian, le lac n'étant plus praticable et en l'absence de chemin intérieur, il fallait traverser le lac jusqu'à Vevey, puis Villeneuve et Bex pour atteindre Saint-Maurice (l'ancienne Agaunum). La question se pose de savoir où trouver des navires pour transporter plusieurs milliers d'hommes et de chevaux. Une autre hypothèse suggère que des explorateurs romains seraient remontés à Thollon, puis seraient allés à Bernex, bloqués à l'est par la Dent d'Oche. Le Mont César porterait le nom du chef de cette expédition. L'existence d'une voie romaine entre le Pont de Drance et le Valais est attestée. Cette voie longeait la base du coteau de Publier jusqu'au lac, puis suivait le rivage du Léman sur quatorze kilomètres jusqu'à Meillerie, après avoir traversé Évian. À la limite de Lugrin et de Meillerie, commençait le Mauvais Pas. Ce passage étroit et dangereux soulève des questions quant à la possibilité qu'une grande route antique ait pu l'emprunter. Cependant, il est probable qu'une voie romaine pavée, large de trois à quatre mètres, ait succédé au chemin allobroge mentionné par César. Au-delà, la voie longeait les monts par Port Vallais et Vouvry, rejoignant vers Saint-Maurice la voie militaire d'Octodurun (Martigny) à Vibiscum (Vevey).
Période Mérovingienne et Carolingienne
Après avoir été une province romaine et une partie du royaume burgonde, la Savoie dépend des Mérovingiens jusqu'en 751, puis des Carolingiens jusqu'en 888. De petits États se forment : le Chablais et le Faucigny au nord, le Genevois à l'ouest, la Savoie propre autour de Chambéry, et la Maurienne et la Tarentaise au sud. Dans ces deux dernières régions, le pouvoir est principalement détenu par les évêques de Moûtiers et de St-Jean-de-Maurienne, tandis qu'au nord, des familles puissantes émergent : les comtes de Genève, les sires de Faucigny alliés aux dauphins viennois, et surtout les comtes de Savoie, dont le premier du nom est Humbert aux Blanches Mains.
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Organisation Religieuse et Paroissiale
La géographie des paroisses rurales s'instaure en Occident à partir du VIe siècle et est étroitement liée à l'évangélisation. Une paroisse est définie comme une église où les habitants d'une contrée limitée sont tenus de s'assembler les dimanches et fêtes pour la messe, l'office divin et l'instruction religieuse. Une église ne peut être considérée comme une paroisse que si elle possède un territoire circonscrit et délimité, sur lequel s'exerce l'autorité spirituelle du prêtre. Dès le haut Moyen Âge, la paroisse est la cellule fondamentale de la vie religieuse des chrétiens. Jusqu'à la Révolution, la majorité de la population vivait en milieu rural, et le village constituait le cadre habituel de la vie quotidienne. Dans les régions d'habitat groupé, village et paroisse s'identifient. Dans les régions d'habitat dispersé, des hameaux forment des communautés villageoises particulières, et la paroisse "coiffe" ces communautés. La paroisse sert également de subdivision administrative civile, notamment pour la levée des impôts. La dualité de Thollon est un point fondamental de son organisation jusqu'à sa séparation en 1860.
Le Chablais et la Maison de Savoie
Le vieux Chablais s'étendait de Martigny au sud, jusqu'à Évian à l'ouest et à la Veyveyse au nord. Au XIe siècle, il devient une possession de la Maison de Savoie. Cette région fut attribuée à l'Abbaye de Saint-Maurice d'Agaune lors de sa restauration par Sigismond, roi de Bourgogne, en 517. L'abbaye entretenait des relations étroites avec les autres communautés canoniales de la région, notamment les Abbayes d'Abondance et de Sixt. Thollon figure dans une donation à l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune aux IXe et Xe siècles. Au XIe siècle, l'abbé de St-Maurice était comte du Vieux Chablais, et sa juridiction s'étendait sur la partie du Chablais moderne appelée Pays de Gavot. Le roi Sigismond avait doté l'abbaye de tout le quartier alpestre, s'étendant de Martigny au lac Léman. Si l'abbaye a perdu ses domaines les plus lointains, elle continue d'exercer l'autorité temporelle sur les seigneuries plus proches, en Chablais, en Valais et dans le Pays de Vaud.
Noblesse Locale
D'autres puissances sont très locales, parfois des « seigneurs de village » : Évian, Thonon, Larringes, Neuvecelle, Champanges, Sussinges, Maringes, Muruel, de Crest, de Grésy, de Collumelle, souvent alliés ou parents. Les Larringes, par exemple, possédaient une maison forte et des droits dans la paroisse du même nom. Certains de ces nobles se mettent au service de l'administration princière pour compléter leurs revenus.
Thollon et l'Église
Thollon est mentionné dans une bulle du pape Eugène III en 1153 : ecclésia de Thollono sancti Michelo, partie du diocèse de Genève et dépendance de l'abbaye bénédictine de Saint-Martin d'Ainay, à Lyon.
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