La crèche de Noël, une tradition séculaire, continue de fasciner et d'évoluer à travers le monde. De la reconstitution vivante initiée par Saint-François d'Assise à Greccio en 1223 aux crèches provençales foisonnantes de santons, cette coutume a traversé les âges, s'adaptant aux cultures et aux contextes locaux.

Origines et Évolution de la Crèche

En 1223, Saint-François d’Assise organisa une crèche vivante à Greccio, en Italie, avant de célébrer la messe. Les personnages étaient interprétés par les villageois. Cette coutume se répandra par la suite dans toute l’Europe. Peu à peu les crèches vivantes sont remplacées par des figurines, étant en verre filé de Nevers, en porcelaine, en cire, en bois sculpté voire en mie de pain. À partir du XIXe siècle, la crèche provençale avec ses santons devient très populaire. Les santons représentent les personnages de la nativité mais aussi tous les métiers de l’époque en costume local.

La Crèche Vivante : Une Tradition Toujours Vivace

Malgré l'évolution vers des crèches statiques, la tradition de la crèche vivante perdure. À Cholet, par exemple, la crèche vivante de Noël attire des centaines de spectateurs chaque année. Mis en scène par Michel Duchemin et Gaëlle Hausermann, ce spectacle qui évoque la Nativité rassemble une cinquantaine de bénévoles endossant les costumes de Romains et d’Hébreux. Au sortir de la crise Covid, le spectacle a été repensé il y a trois ans. La crèche vivante a déménagé de quelques mètres, sur la place Rougé, et les décors ont laissé place à des créations graphiques projetées sur un mur.

Variations Culturelles : L'Exemple Mexicain

Les traditions de Noël varient considérablement d'un pays à l'autre. Au Mexique, les festivités sont fortement liées à la religion. Les rues des villes et villages sont décorées pendant le mois de décembre avec les traditionnelles fleurs de poinsettia, mais aussi des lumières de Noël parfois en forme de pinata. Le 12 décembre, les Mexicains célèbrent alors la fête de la Vierge. Cette fête est célébrée en l'honneur de la quatrième apparition de la Vierge de Guadalupe à Juan Diego. Ce dernier, un Indien pieux, est le premier chrétien Amérindien qui fut déclaré saint par l’Église catholique.

C'est la tradition au Mexique qui annonce le début des festivités est les “Posadas”! Les enfants comme les adultes partagent cette tradition religieuse et les familles et amis se réunissent chacune des neuf nuits précédant Noël dans une maison différente, comme l’ont fait Marie et Joseph dans les auberges durant leur voyage. Les enfants ont pour tradition de se rendre chez leurs voisins, bougie ou statue de saint à la main, afin de demander l’hospitalité, un logement. Posadas signifient “logements” en français. Les décorations religieuses dans les maisons et notamment les crèches sont un élément central des festivités de Noël et la tradition veut que chaque maison ait sa crèche. Cette dernière est la preuve que les habitants de la maison ont bien donnée l’hospitalité à Joseph, Marie et Jésus.

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Au programme de cette fête ? D'origine chinoise, la pinata fait référence à la fête de Noël. Au Mexique, la forme de la pinata est une boule imposante ornée de sept picots colorés. Premièrement, la boule à picots a pour but de séduire l’homme dans le but qu’il pèche. Afin de résister à la tentation, il faudra que l’homme lutte contre le diable. Raison pour laquelle on lui bande les yeux. Il devra donc avancer, à l’aveugle, guidé par la foi jusqu’à la piñata et il tentera de la briser pour vaincre le diable. S’il réussit, il délivre bonbons et autres gourmandises et partagera avec ses proches en guise de récompense et d’espoir.

En lien avec la dernière soirée des 9 posadas, la Nochebuena permet d’assister à la messe de minuit et de partager un repas traditionnel. Au menu du 24 décembre : dinde farcie aux légumes et aux raisins secs accompagnée de guélites, mais aussi des plats typiques à partager comme les tamales (des papillotes enveloppées dans une peau de banane ou de maïs), l’atole (une boisson chaude à base de cannelle, de vanille, de sucre de canne), les buñuelos (beignets croustillants), et le ponche aux fruits épicés.

On l’aura compris, les traditions de Noël au Mexique sont fortement liées à la religion raison pour laquelle vous ne verrez pas de Père Noël au Mexique durant la période de Noël. Les fêtes s'étendent jusqu'en janvier et il y a aussi une deuxième période de cadeaux, le 6 janvier, lors de la journée de la Día de los Reyes. Les enfants déposent alors leurs chaussures au pied du sapin avec l’espoir de recevoir cadeaux ou argent. La tradition est née de l’arrivée des rois mages, le jour de l’épiphanie, mettant à l’honneur Jésus. El dia de los Santos Innocentes est à l'origine le jour où le roi Hérode, voulant empêcher l'arrivée du Christ, ordonna le meurtre des nouveaux nés à Bethléem. En effet, les Mexicains ont pour coutume de manger rapidement 12 raisins à minuit. Les fêtes et traditions mexicaines en fin d'année sont largement tournées vers la religion, la foi et la naissance de Jésus. Les coutumes et traditions sont très différentes d’un pays à un autre.

La Crèche dans le Désert : Une Adaptation Symbolique

Face aux réalités du monde, certaines crèches évoluent pour refléter des contextes spécifiques. Les bénévoles de la paroisse de Lochrist ont, comme chaque année, installé leur crèche de Noël dans l’église. Une tradition qu’ils ont décidé de bousculer un peu cette année. Pour faire écho à ce qui se passe au Moyen-Orient, nous avons choisi de changer un peu l’histoire de notre crèche, elle s’est transformée en campement dans le désert », expliquent les bénévoles. Une tente de berger berbère à remplacer l’étable, le sable la neige, des plantes grasses les sapins et des dromadaires ont fait leur apparition. Cette adaptation symbolique transporte la scène de la Nativité dans un environnement désertique, évoquant les défis et les réalités du Moyen-Orient.

La Passion de la Crèche : Un Art Familial

Dans beaucoup de familles, la tradition de la crèche, c’est sacré. Mais il arrive que la passion débordante ne se limite pas aux éléments de base : enfant Jésus, Marie, Joseph, âne et bœuf. Passionnée de crèche provençale, Christiane ne cesse d’embellir son œuvre au fil des ans et des bonnes pioches dénichées dans les salons du sud de la France. Après une semaine d’installation, le résultat est spectaculaire. Outre la nativité, cette crèche de plus de 360 santons décline plusieurs places de village, les métiers de l’olive, du vin, de la truffe, la transhumance, le campement des gitans, le cimetière et son église, la partie de pétanque, les pêcheurs… Et même un clin d’œil à la copine de la mercerie Chez Marcelline. "Au départ, ce n’était que quelques bâtiments et santons. Désormais, on va dans les détails", explique le couple.

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Robert Olive n’est pas tombé dans la potion magique de la crèche quand il était petit. Mais c’est tout comme ! Rien n’est laissé au hasard dans l’appartement de la rue Pierre-Sémard. Quant aux santons, ils sont principalement de chez Jouve - Robert Olive a la ligne directe du patron ! Chez Corinne et Philippe, à Frontignan, le salon est condamné de fin novembre à février. Au départ, était une rencontre entre Corinne et Philippe. Et une passion commune. Bâtiments en argile puis en bois faits maison, 300 santons, montagne en mousse expansive… : le salon est de facto condamné de fin novembre à début février. Dernière attraction, depuis 2022 : le bassin avec des bateaux ‘‘pop-pop’’ tournoyant dans le bassin.

L’histoire d’une crèche, ça part parfois de loin. Pour Alain Méranda, elle débute en même temps qu’un mariage : "Cela fait maintenant 30 ans. Quand on s’est marié, on a commencé par acheter un santon par mois, faute de moyens…" Et puis tous les membres de la famille ont contribué, offrant au Sétois une maison ou des santons, qui pour un anniversaire, qui pour Noël. Aujourd’hui, la jolie crèche de 2,5m de long, longtemps restée au domicile du quai Rhin-et-Danube, a rejoint la biscuiterie Pouget, Grand Rue Mario-Rostan, que le fils a repris il y a 2 ans.

La Crèche : Un Art de Détail et de Mise en Scène

Trois ans qu’elle s’y est mise. Et trois ans que la passion ne cesse de grandir. Et la Sétoise ne laisse rien au hasard : ni ses nombreuses propres créations (cabane du pêcheur à l’argile, collines, barques, arbres et éléments végétaux provenant de la nature ou du jardin…), ni les santons provençaux, méticuleusement dénichés dans les salons de la région. À voir si vous êtes dans le secteur : la crèche de Christophe, un passionné qui se décrit lui‑même comme un « fada », est une réalisation artisanale et vivante installée chaque année dans le salon de sa maison à Vénasque. Depuis près de vingt ans il imagine et construit des décors détaillés qui racontent la Nativité tout en faisant voyager le visiteur du désert à la Provence.

Christophe présente plusieurs mises en scène thématisées : l'Orient (berceau de la Nativité), la crèche provençale, une crèche méditerranéenne et une crèche d'Italie. Chaque tableau combine des santons de différents formats - des petits « format puce » en arrière-plan et des figurines plus grandes (environ 8 cm) au premier plan - pour créer des perspectives soignées et réalistes. Il valorise particulièrement le végétal : souches, mousses, lichens, pierres et bois collectés tout au long de l'année servent de décors. Ces éléments naturels donnent l'impression d'un paysage vivant et renforcent l'authenticité des scènes. Outre la Nativité, cette crèche représente le parcours du désert du Sahara à la Provence. Magnifique réalisation et de belles explications du créateur.

La visite déroule plusieurs espaces, du hall d'entrée au salon, avec des décors de plus en plus monumentaux. La crèche propose de nombreuses niches à explorer, des illuminations à la tombée de la nuit et même quelques « intrus » à retrouver pour les visiteurs attentifs. L'ensemble est conçu pour immerger le public et mettre en valeur l'histoire de la Nativité tout en rendant hommage aux traditions provençales. Pour mettre en valeur les pièces, tout est soigné : souci du détail, mise en scène et renouvellement annuel des décors.

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La Crèche : Un Symbole Universel

C’est à Greccio, en Italie, que saint François a mis en scène la première crèche de Noël en 1223. Depuis, la tradition s’est développée et perdure. À l’église Saint-Germain, dans le centre-ville de la capitale bretonne, « impossible de louper » la crèche installée par Bernard Guyomard, 76 ans et les bénévoles qui lui prêtent main-forte. « J’ai toujours été attaché à la présence de crèches dans les églises. Elles expriment le sens de la fête de Noël et nous rappellent le message d’amour de Dieu pour nous, souligne-t-il. L’an passé, le désert était figuré avec du sable. Il y avait une tente bédouine. C’était compliqué à mettre en place. On a simplifié. L’estrade, sur deux niveaux, est constituée de branchages, de mousse des bois et des incontournables personnages datés pour certains du XIXe siècle. Devant les personnages, un présentoir invite à plonger la main dans une « corbeille à versets », à consulter la Bible ou à « écrire un merci » dans le recueil d’actions de grâce. La crèche de Noël, « c’est avant tout une tradition populaire », souligne le père Philippe Hebert, curé de la paroisse Saint-Germain.

L’enfant Jésus n’y sera déposé que la nuit de Noël, du 24 au 25 décembre. Une référence à la Bible « mais pas seulement. Les biographes de saint François rapportent en effet qu’une personne ayant participé à la reconstitution, à Greccio, a vu le petit Jésus apparaître dans la mangeoire. La tradition s’est répandue. Les figurines en bois ont remplacé les figurants et la Nativité est entrée dans les foyers à la Révolution française. C’est parce que les églises étaient fermées que les crèches miniatures ont fait leur place pour la prière domestique. La tradition perdure. Selon une étude réalisée par l’Ifop pour La Vie, quatre Français sur dix (41 %) déclarent installer encore une crèche à domicile à l’approche de Noël. Sans surprise, cette tradition perdure chez 76 % des catholiques pratiquants, mais également sous le toit de 53 % de non pratiquants.

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