Introduction

La petite enfance représente une période cruciale dans le développement d'un individu. Les premières années, notamment avant l'âge de 6 ans, sont déterminantes pour l'acquisition de compétences sociales, cognitives et affectives. Dans ce contexte, les crèches communales jouent un rôle essentiel en offrant un environnement stimulant et sécurisant pour les enfants. Cet article se penche sur la question de l'inscription dans les crèches communales à Anderlecht, en abordant les défis et les enjeux liés à la petite enfance dans cette commune bruxelloise.

L'importance de la petite enfance

Un enjeu de société

Dès la fin du 19e siècle, la protection de l’enfance et l’obligation d’instruction scolaire ont fait de l’enfance une question publique. La loi de 1914 sur l’instruction primaire obligatoire et gratuite jusqu’à 14 ans a marqué un tournant en reconnaissant l’enfant comme sujet de droits et bénéficiaire de politiques sociales publiques. La Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) de 1989 a renforcé cette perspective en promulguant le droit à la survie, à la santé et au développement des enfants.

Un investissement pour l'avenir

Les circonstances inégales de vie des enfants ont des effets à court, moyen ou long terme qui s’accumulent tout au long de la vie et qui définissent des parcours différenciés. Un niveau inadéquat de ressources économiques, cognitives et de santé à un moment-clé risque d’infléchir les conditions d’accès à l’étape suivante, et ainsi de faire croître progressivement le désavantage social au cours de la vie. Les périodes autour de la naissance et de la petite enfance sont identifiées comme deux de ces moments-clé. Il est donc essentiel de s’intéresser aux enfants, ici et maintenant, en favorisant des interactions complexes, continues et réciproques au sein de leur milieu familial et social, des services qu’ils fréquentent, de leur environnement immédiat et du quartier.

Les défis de la petite enfance à Bruxelles et à Anderlecht

Un contexte démographique en évolution

La Région bruxelloise fait face à un défi à multiples facettes pour ses habitants les plus jeunes. Comment constituer un environnement équitablement favorable au bien-être, alors que, dans un contexte marqué par la globalisation, le nombre d’enfants augmente, la diversité socioculturelle s’intensifie, et les inégalités socioéconomiques croissent ?

La population bruxelloise rajeunit et une croissance démographique s’observe depuis la fin des années 1990. La Région accueille les migrations de jeunes adultes issus des deux autres régions belges, et, plus durablement et majoritairement, de pays étrangers. La jeune pyramide des âges combinée à la fertilité légèrement supérieure des migrants adultes ont déterminé une natalité élevée et croissante depuis 1996, surtout dans certaines communes. Par exemple Anderlecht, Evere ou Jette ont enregistré plus de 50 % de naissances supplémentaires entre 2000 et 2010, alors que Watermael-Boitsfort, Woluwé-Saint-Pierre, Saint-Josse-ten-Noode et Uccle n’ont pas connu d’augmentation au cours de la période.

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Le groupe des moins de 6 ans représentait 9,0 % de la population de la Région en 2012, mais cette proportion varie du simple au double entre les communes, avec une valeur minimale de 6,2 % dans la commune de Watermael-Boitsfort, et une valeur maximale de 11,7 % à Molenbeek-Saint-Jean. Le nombre croissant d’enfants d’âge préscolaire a un impact sur les institutions relatives à la petite enfance. Ainsi, l’équivalent de 69 classes maternelles de 21 enfants a été accueilli en plus entre les années scolaires 1995‑96 et 2007‑08 à Anderlecht, de 87 à Bruxelles-ville, de 44 à Molenbeek et de 49 à Schaerbeek.

Diversité socioculturelle et linguistique

La Région est le siège de migrations socialement contrastées, les unes liées aux institutions européennes, les autres résultant de facteurs socioéconomiques et politiques internationaux. Ces migrations donnent à la Région un caractère international et plurilingue marqué. Un tiers de la population résidente a une nationalité étrangère. La part de population étrangère installée depuis moins de 3 ans a presque doublé entre 2000 et 2010 pour atteindre 10 % de la population bruxelloise. Cette dernière est surtout composée de jeunes actifs en âge d’avoir des enfants, 58 % sont de nationalités appartenant à l’Union européenne (UE) et 70 % sont issus de pays non francophones.

En 2012, 71,1 % des enfants âgés de moins de 5 ans sont de nationalité belge, mais cette proportion varie fortement selon les communes et les quartiers. Le phénomène migratoire est plus aisément identifiable chez les enfants sur base de la nationalité des parents. La proportion de mères de nationalité étrangère est très importante, qu’il s’agisse de la nationalité d’origine ou au moment de l’accouchement. Pour l’ensemble des naissances entre 2008 et 2011, c’était le cas respectivement de 72,5 % et de 48,5 % des accouchées.

Ce caractère international crée un espace multilingue. La troisième vague de l’enquête Taalbarometer, menée en 2012 auprès d’un échantillon représentatif d’adultes âgés de 18 à 70 ans, révèle qu’un tiers de la population ne parle ni le français ni le néerlandais à la maison. Parmi les principales langues parlées, 88,0 % de la population enquêtée connaissent et parlent le français, 29,7 % l’anglais, 23,1 % le néerlandais et 17,9 % l’arabe. Parmi les jeunes âgés de 18 à 25 ans, nés et élevés à Bruxelles, la moitié parle deux langues à la maison (49,3 %) et 3,9 % plus de deux.

Inégalités socioéconomiques et pauvreté

L’activité économique fait de la RBC une région riche en termes de produit intérieur brut. Mais cet indicateur favorable ne reflète pas le revenu de tous les ménages qui y résident. En plus de s’appauvrir globalement, la Région bruxelloise se caractérise par des inégalités sociales de revenus très prononcées. L’indice de richesse de la Région de Bruxelles-Capitale étant de 80, cela signifie que le revenu moyen par habitant de Bruxelles est 20 % inférieur à celui du Royaume.

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Par-delà les inégalités socioéconomiques, la question de la pauvreté est également préoccupante. Différents types d’indicateurs concordent pour estimer la prévalence de la pauvreté à au moins un tiers de la population. Pour les revenus de 2011, dans la population bruxelloise, le taux de risque de pauvreté vaut plus du double (32,5 %) de la moyenne belge (15,0 %). L’indicateur AROPE (At Risk of Poverty or Social Exclusion) estime le taux à 41,2 % pour la même année.

Santé et bien-être des enfants

Les circonstances de vie déterminent largement le niveau de santé. Certains facteurs sont producteurs et protecteurs de santé (« salutogènes ») alors que d’autres sont des « facteurs de risque » de maladies. Les premiers sont plus fréquents dans les groupes sociaux les plus favorisés, alors que les seconds se retrouvent majoritairement au sein des groupes moins favorisés, engendrant ainsi des inégalités sociales. Elles s’observent de façon généralisée chez les jeunes enfants et portent sur la morbidité ainsi que sur le développement physique et moteur, social et affectif, cognitif et langagier du jeune enfant dès la période prénatale.

Les leviers de prévention et de promotion de la santé peuvent avoir un effet salutogène, réducteur des inégalités sociales. Selon l’enquête PROVAC de 2012, l’allaitement maternel exclusif à la sortie de maternité concerne 80,9 % des mères, avec une durée moyenne (exclusif ou non) de 6 mois à Bruxelles. Le schéma complet de vaccination (Hexavalent, RRO, méningocoque et pneumocoque) est effectif pour 83,5 % des enfants. À Bruxelles, les couvertures par maladie ont atteint leurs seuils d’immunité collective au-delà duquel un potentiel épidémique disparaît, mais elles se situent parfois au niveau des limites inférieures, sauf pour l’Haemophilus influenzae type b.

Sur le plan des facteurs de risque pour le développement du jeune enfant, les données collectées de manière régulière concernent principalement la période périnatale. Les grossesses à risques identifiées représentaient en 2010 35,1 % des accouchements contre 21,7 % pour le pays. Dans la population bruxelloise, les proportions des naissances prématurées (avant 37 semaines) et d’enfants de petit poids (moins de 2,5 kg) fluctuent corrélativement depuis une décennie entre 6 % et 7 % des naissances vivantes, avec une stabilité des proportions autour de 1 % de grands prématurés de moins de 32 semaines et d’enfants de moins de 1,5 kg.

L'inscription dans les crèches communales à Anderlecht

Un système complexe

Les politiques et les institutions relatives à l’enfance fonctionnent dans un cadre institutionnel complexe, multiscalaire et traversé à Bruxelles, dans le cadre d’une matière largement personnalisable, par les logiques communautaires. Il n’y a, en effet, dans aucun des domaines répertoriés ici, un-e ministre univoquement responsable pour une matière sur le territoire de la Région. Cette complexité se retrouve au niveau des administrations qui doivent dépenser beaucoup de temps et d’énergie pour pouvoir coordonner leurs modes de fonctionnement.

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Une demande croissante

Le nombre croissant d’enfants d’âge préscolaire à Anderlecht exerce une pression sur les crèches communales. L’équivalent de 69 classes maternelles de 21 enfants a été accueilli en plus entre les années scolaires 1995‑96 et 2007‑08 à Anderlecht. Cette augmentation de la demande rend l’inscription dans les crèches communales de plus en plus difficile pour les parents.

Des critères d'admission

Les crèches communales à Anderlecht appliquent des critères d’admission spécifiques pour gérer la demande. Ces critères peuvent prendre en compte des facteurs tels que le lieu de résidence, la situation socioéconomique des parents, le statut professionnel des parents et la présence d’autres enfants dans la famille. Il est important de se renseigner auprès de la commune d’Anderlecht pour connaître les critères d’admission en vigueur et les modalités d’inscription.

Les communautés d'énergie et les crèches communales

Il est intéressant de noter qu'il existe des communautés d'énergie composées de particuliers et d'une crèche communale. Ces initiatives locales visent à promouvoir la production et le partage d'énergie renouvelable, contribuant ainsi à la transition énergétique et à la réduction de l'empreinte environnementale.

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