Introduction
L'histoire de Saint-Aubin, un saint du VIe siècle connu pour sa dévotion et son service aux autres, croise de manière inattendue l'histoire plus récente de Gif-sur-Yvette, une commune française marquée par un passé industriel lié au radium. Cet article explore ces deux aspects, en commençant par la vie de Saint-Aubin, puis en retraçant l'évolution de Saint-Aubin en tant que paroisse et commune, et enfin en abordant les défis posés par la contamination radioactive héritée de l'ancienne usine de radium.
Saint-Aubin: Un modèle de vertu et de charité
Saint-Aubin, né au VIe siècle, est vénéré pour sa piété et son dévouement envers les autres. Comprenant très jeune les dangers du monde, Saint-Aubin s’arracha aux douceurs de la vie de famille pour se retirer dans le monastère de Cincillac, nommé plus tard Cincillant, aux environs d’Angers où il édifia tous les religieux par son humilité, son obéissance et ses autres vertus. À 50 ans, malgré sa résistance, il fut élevé sur le siège épiscopal d’Angers. Il s’acquitta de ses fonctions, difficiles en ces temps-là, avec un zèle exemplaire. Il prêchait sans relâche, en ayant pour maxime que l’âme a, comme le corps, besoin d’une nourriture fréquente. Il prenait un soin particulier des pauvres ; il visitait les malades, consolait les affligés, rachetait les captifs, les esclaves, protégeait et secourait les veuves, principalement celles qui étaient chargées d’enfants. Il profita de son crédit auprès du roi Childebert pour obtenir la réforme de divers abus et la réunion de plusieurs conciles, dont la plupart se tinrent à Orléans. Saint Aubin mourut des fatigues d’un voyage à Arles, qu’il fit pour consulter Saint Césaire, à près de 80 ans, vers le milieu du 6ème siècle. Son exemple de charité et de service continue d'inspirer.
L'évolution historique de Saint-Aubin à Gif-sur-Yvette
La paroisse de Saint-Aubin apparaît au XIIIe siècle sur un territoire occupé depuis le Néolithique. La ferme de Saint-Aubin appartenait aux templiers de l’Ordre de Malte et dépendait de la Commanderie de Bellè, membre elle-même de la Commanderie du Louvre. C’est en 556, d’après les récits de l’Abbé Leboeuf, que l’église et le village ont été baptisés du nom de Saint-Aubin. Pendant longtemps la paroisse de Saint-Aubin fut liée à celle de Gif-sur-Yvette et au XV° siècle c’était le chanoine de Notre Dame de Paris, nommé « Hugues » qui possédait le domaine de Saint-Aubin. Au XV° siècle la paroisse souffre des guerres. Pour attirer un laboureur, les bénédictines baillent leur ferme pour 99 ans à Cassot-Roze. Au XVII° siècle, les seigneurs sont des bourgeois qui s’approprient les terres. En 1721 le sieur Dumas, Chevallier et seigneur de Corbeville racheta la ferme dépendante de la seigneurie de Saint-Aubin à Dame Suzanne, Antoinette de Rancurel de Saint-Aubin. Une rigole alimentant l’étang de Saclay d’où part l’aqueduc des Mineurs, élément du réseau hydraulique destiné à fournir l’eau des fontaines de Versailles est aménagée.
Pendant la Révolution, le 27 pluviôse an 5, la commune prit le nom de Mesnil-Marat et l’église et le cimetière de Saint-Aubin furent vendus. Ce n’est qu’au cours du XX° siècle que la commune se mit à l’élevage. Dès lors, la commune vécut essentiellement, grâce à ses deux fermes, d’élevage et de cultures variées. La population était essentiellement composée d’agriculteurs et d’ouvriers agricoles. Éloigné du chemin de fer, sans attrait touristique, le village est électrifié dans les années 1920 et est à peine agrandi d’une partie du lotissement Belle Image. Après la deuxième guerre mondiale, le CEA s’installe sur une partie du territoire de la commune. Dans les années 80, les quartiers du « vieux village », « du golf », « du manège » voient le jour les uns après les autres, et dernièrement le quartier du Héron est venu compléter ces extensions.
La Société Nouvelle du Radium et son héritage à Gif-sur-Yvette
Au début du XXe siècle, une usine de radium, la Société Nouvelle du Radium, s'installe à Gif-sur-Yvette. Fondée par Jacques Danne, mort en 1919, l'usine extrait et vend du radium, un minerai naturellement radioactif, utilisé à l'époque pour ses prétendues propriétés miraculeuses. Le minerai de pechblende provenait de Cornouailles. Le radium était utilisé dans la fabrication d'aiguilles lumineuses pour pendules, boussoles et montres.
Lire aussi: Tout savoir sur la micro-crèche de Souppes-sur-Loing
Mme Danne, ancienne collaboratrice de Mme Joliot Curie, joua un rôle important dans l'entreprise. Cependant, les protections de travail n'étaient pas fameuses à l'époque, se limitant à quelques hottes aspirantes et des briques de plomb. Après la fermeture de l'usine, les installations restent à l'abandon, avec des produits chimiques et de la verrerie laissés sur place. Des objets et du matériel ont disparu, certains s'étant emparés du plomb de protection et d'aiguilles de radium.
La découverte de la contamination radioactive
En 1969, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) s'implante dans la région. C'est à cette époque que des préoccupations concernant la radioactivité résiduelle de l'ancienne usine commencent à émerger. Un ingénieur du CEA, se souvient d'avoir mesuré la radioactivité au moyen d'un compteur emprunté à son bureau et d'avoir constaté que le niveau moyen était largement supérieur à la normale.
Des mesures effectuées par le Service de Protection contre les Radiations (SPR) révèlent des niveaux de radioactivité supérieurs au maximum légal, tant sur le site de l'usine que chez un voisin, M. Morvan. Malgré ces découvertes, des informations lénifiantes sont diffusées, minimisant les risques pour la population.
Les luttes pour la reconnaissance et la décontamination
Les habitants de Gif-sur-Yvette, notamment ceux vivant à proximité de l'ancienne usine, ont dû lutter pour faire reconnaître la contamination et obtenir des mesures de décontamination. M. Garcia, un habitant touché, a relancé l'affaire en 1998, après avoir découvert par hasard la contamination devant sa maison.
De nombreuses démarches ont été entreprises auprès des autorités, notamment le S.C.P.R.I. et le C.E.A., pour obtenir des informations et des mesures de protection. Cependant, la communication a souvent été difficile, et des informations importantes ont été cachées à la population.
Lire aussi: Regard approfondi : Crèche des Sablons
Le Fonds Radium et les indemnisations
Un Fonds Radium a été créé pour indemniser les victimes de la contamination et financer les travaux de décontamination. Cependant, le processus d'indemnisation est complexe et lent, et de nombreux habitants estiment que les montants proposés sont insuffisants pour compenser les préjudices subis.
Le Fonds Radium statue au cas par cas, et les indemnisations sont à la charge des propriétaires. Des actions en justice ont été intentées pour obtenir une juste réparation.
Les défis persistants de la décontamination
La décontamination des terrains et des habitations contaminées est un défi majeur. Des travaux ont été réalisés par le SPR, mais des doutes subsistent quant à leur efficacité et à l'étendue de la contamination.
Des déchets radioactifs ont été évacués vers le CEN-S et vers le centre de La Hague. Cependant, des sources radioactives restent sur place, et le risque de contamination des terrains avoisinants demeure.
Il est essentiel de renforcer le pouvoir d'action du S.C.P.R.I. et de garantir la transparence des informations pour assurer la protection de la population.
Lire aussi: Livre d'activités : l'outil idéal pour les crèches
Gometz-la-Ville : Un bref aperçu historique
Implantée dans une région depuis longtemps défrichée et habitée, Gometz-la-Ville n’apparaît dans les textes qu’au 11ème siècle avec un acte de 1068 où il est fait mention d’un Guillaume de Gometz et avec la donation par l’Evêque de Paris en 1070 de l’Eglise de Gometz-la-Ville à l’Abbaye Saint-Florent de Saumur. Cette église a été dédiée à Saint Germain, évêque de Paris au 6ème siècle, fondateur de Saint-Germain-des-Prés. Deux institutions ont servi de cadre à la vie de Gometz pendant plusieurs siècles : la Seigneurie et la Paroisse. La Paroisse de Gometz-la-Ville restera désormais rattachée au Prieuré de Saint-Clair, dépendance de l’Abbaye Saint-Florent. Jusqu’à la Révolution, le Prieur en choisira le curé. A l’époque féodale, notre village fait partie de la Chastellenie de Gometz-le-Châtel où le relief a favorisé la construction d’un château fort. Isolés au milieu de la plaine, sans défense naturelle, les habitants de Gometz-la-Ville souffrent des guerres continuelles. Les parties anciennes de l’église, la tour du clocher datent du 13ème siècle.
Pendant, la guerre de Cent Ans, c’est l’extermination : en 1389 « la place de Gometz-la-Ville » est dite « déserte par un effet des guerres et des mortalités » (la peste noire). Au 15ème siècle, la Chastellenie dite aussi Baronnie de Saint-Clair fut morcelée en de nombreux fiefs de taille modeste : une ferme et quelques maisons. Son appartenance au domaine royal vaut à Gometz-la-Ville, le premier plan connu, dressé en 1666 à l’occasion du bornage des Bois du Roi (les bornes existent toujours). D’autres bornes marquées de la Croix de Lorraine rappellent que la dernière Comtesse de Limours, Madame de Brionne était Princesse de Lorraine.
Au Moment de la Révolution, Gometz-la-Ville compte environ 250 habitants, une population dont on peut suivre l’évolution grâce à l’état civil tenu par les curés depuis 1594. Depuis le début du 18ème siècle, la paroisse a son maître d’école. Les fiefs, dont les seigneurs sont des bourgeois de Paris, conseillers du Roi, gens de justice et de finance, subsistent. En 1770, l’un deux, Pierre Gallois commence la construction du château de Belleville. Son gendre, le président Devin de Belleville y a sans doute accueilli sa belle-fille : la célèbre Thérésa Cabarrus, Marquise de Fontenay, surnommée « Notre-Dame-de-Thermidor » car elle a mis fin aux outrances de la Terreur et qui par la suite deviendra Madame Tallien. La Révolution, si elle n’a pas bouleversé le pays, a modifié profondément le cadre de vie. Les vestiges de la féodalité ont disparu : plus de seigneurs, plus de privilèges. Mais il est resté des châtelains… Gometz-la-Ville est désormais une commune du canton de Limours dans le département de Seine-et-Oise et le diocèse de Versailles. Elle est administrée par une municipalité élue, présidée par le Maire ; le premier est un artisan, le bourrelier Jean Breton. Une maison commune est bâtie au centre du village en 1794. Quatre fermes qui appartenaient au clergé, les terres de la Fabrique (biens de la communauté paroissiale) et le presbytère sont vendus. Le curé et l’instituteur quittent le pays. Au 19ème siècle, Gometz-la-Ville se retrouvera sans école et sans prêtre. A la fin de l’Empire, la commune connaît en 1814 et en 1815 les rigueurs de l’occupation ennemie et le poids des réquisitions. D’autres suivront hélas en 1870 puis en 1940.
Le 19ème siècle apporte peu de changements dans la vie d’une population essentiellement agricole. L’administration municipale s’affirme sous la direction de maires nommés ou élus. Aux artisans, ont succédé les grands propriétaires terriens sous l’Empire et la Restauration. A cette même époque, le château de Ragonant et le hameau de Hauterive disparaissent. Le grand événement est la construction de la mairie-école et d’un presbytère en 1860. La Grande Guerre a éprouvé durement la commune. La liste des noms inscrits sur le Monument aux Morts en témoigne.
Pendant les années 20, la commune s’équipe ; des travaux d’électrification et d’adduction d’eau potable sont entrepris. Puis au cours des années 60, le paysage agricole se modifie sous l’effet de la mécanisation de l’agriculture et de l’urbanisation de la Région Parisienne. Gometz-la-Ville cède une partie de son territoire, la plaine de Belleville, pour la réalisation de Chevry II, rattaché en 1975 à la commune de Gif-sur-Yvette. Cette cession donne au finage de notre commune un contour compliqué, incluant au nord-ouest les fermes du Grand Ragonant et de la Folie Rigault, les hameaux de la Guépinerie et de la Gruerie avec le bois et le vallon de Vaugondran, juste au-dessus de la vallée de l’Yvette.
Par ailleurs, fin des années 60, Gometz-la-Ville fut le théâtre d’une aventure technologique avant-gardiste : L’AEROTRAIN, inventé par l’ingénieur Jean Bertin qui expérimenta le déplacement de véhicules guidés à coussin d’air pour le transport au sol à haute vitesse. Trois prototypes expérimentaux fonctionnèrent entre 1965 et 1973. Le prototype 2 atteignit la vitesse de 422km/heure le 22 janvier 1969. Mais en 1974, les autorités politiques de l’époque préférant la technologie du TGV à celle de l’aérotrain, lâchèrent Jean Bertin qui mit fin à cette fabuleuse innovation.
tags: #creche #belle #image #gif #sur #yvette
