Introduction

Le secteur de la petite enfance, et en particulier les crèches, est un sujet de préoccupation croissante pour les parents. Les crèches Babilou, présentes sur le territoire français, font l'objet d'une attention particulière en raison de leur taille et de leur implantation. Cet article se penche sur les avis concernant les crèches Babilou, notamment en Dordogne, en s'appuyant sur des témoignages et des informations disponibles.

Contexte Général : Défis et Enjeux des Crèches en France

Taux d'Encadrement Inadapté et Conditions Salariales

Un problème national de prise en charge dans la petite enfance est souligné. Le taux d'encadrement dans les crèches est jugé inadapté, avec un adulte pour cinq enfants qui ne marchent pas et un adulte pour huit enfants qui marchent. Ces professionnelles de la petite enfance dénoncent aussi un problème inhérent à cette crèche privée de Lavaur. "Il y a une logique de rentabilité dans ces structures privées. Nos locaux ne sont plus adaptés. Nous avons quinze bébés de moins d'un an qui sont dans un espace trop petit. Et trente enfants de 1 à 3 ans qui se retrouvent ensemble dans une immense salle. Donc ça peut vite dégénérer, les conditions de travail sont difficiles, ce qui explique aussi les incidents qu'on a pu connaître et qu'on regrette.

Les conditions salariales sont également pointées du doigt, avec des salaires souvent au SMIC malgré d'énormes responsabilités. Les jours de carence en cas de maladie entraînent des pertes de salaire importantes, incitant le personnel à ne pas s'arrêter, même en étant malade.

Turn-Over du Personnel et Burn-Out

À la crèche "Les Cauquinous", il y a en effet eu des burn-out. Du coup, il y a du turn-over dans le personnel, il y a aussi eu beaucoup de démissions, au moins une dizaine en deux ans.

Le turn-over important du personnel, lié aux burn-out et aux démissions, est un autre problème majeur. Ce phénomène peut entraîner une instabilité dans la prise en charge des enfants et une perte de qualité de l'accueil.

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Logique de Rentabilité et Locaux Inadaptés

Les professionnelles de la petite enfance dénoncent une logique de rentabilité dans ces structures privées. "Nos locaux ne sont plus adaptés. Nous avons quinze bébés de moins d'un an qui sont dans un espace trop petit. Et trente enfants de 1 à 3 ans qui se retrouvent ensemble dans une immense salle. Donc ça peut vite dégénérer, les conditions de travail sont difficiles, ce qui explique aussi les incidents qu'on a pu connaître et qu'on regrette.

Cas Spécifique de la Crèche "Les Cauquinous" à Lavaur

Incidents Graves en 2022

La crèche "Les Cauquinous" de Lavaur dans le Tarn serait-elle à nouveau dans la tourmente ? Après de graves incidents relevés en 2022, des parents ont adressé une lettre ouverte pour signaler de nouveaux dysfonctionnements. Ils dénoncent une mauvaise gestion de la structure. La structure privée a été en proie à de graves dysfonctionnements en 2022 et avait retrouvé une forme d'apaisement. En 2022, un enfant avait échappé à la surveillance des agents. Il s'était retrouvé seul sur un parking non loin d'une route nationale. Un autre avait été oublié, par erreur, pendant deux heures dans une buanderie.

Ces incidents ont conduit à des mesures drastiques, notamment le licenciement de l'ensemble de la direction de la crèche. Un process de remontée d’information a été mis en place pour éviter que de tels événements ne se reproduisent.

Nouveaux Dysfonctionnements et Signalements

Mais ces dernières semaines, salariés et parents tirent de nouveau la sonnette d'alarme. "En début d'année, mon fils d'un an et demi est revenu à plusieurs reprises de la crèche avec des morsures aux jambes, sur les mollets. Ce n'est pas normal, nous explique un papa qui préfère rester anonyme. La nouvelle directrice de la structure nommée l'an passé a même remis sa démission pour alerter sur la situation. Par téléphone, l'une des salariées de cette crèche et deux ex-salariées qui ont démissionné ne sont pas surprises de ces incidents. Hélas, nous ne sommes pas surpris par cette lettre ouverte des parents. Nous leur avons apporté notre soutien. C'est normal qu'ils dénoncent des manquements. Enfants qui se blessent, chutes, de nouveaux incidents se seraient bien produits ces derniers mois dans cette crèche de Lavaur.

Réponse de la Direction et Mesures Prises

Une réunion a été organisée avec les salariés des Cauquinous, le mardi 23 avril, pour tenter d'améliorer cette situation. On va renforcer l'équipe, une nouvelle directrice et une sous directrice sont en cours de recrutement notamment. Une psychomotricienne devrait aussi venir renforcer les effectifs. C'est vrai que les métiers de la petite enfance sont en tension. Il nous manque du personnel.

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Le Rôle de la PMI (Protection Maternelle et Infantile)

Contrôles et Accompagnement

Emmanuelle Mostermans, médecin et directrice adjointe de la direction de la promotion de la santé, en charge du service de Protection maternelle et infantile (PMI) en Gironde et sa collègue Anne-Dominique Marq, médecin coordinatrice, expliquent comment les services accompagnent à la fois les gérants de crèches, mais aussi les salariés et les familles. Les services départementaux de la PMI interviennent d’abord au moment de la création des structures, en accompagnant les porteurs de projet tout au long du processus et en impulsant des réunions interinstitutionnelles. L’accompagnement se fait au niveau de l’élaboration du dossier réglementaire, mais aussi dans la rédaction du projet d’établissement et du règlement de fonctionnement et dans la composition de l’équipe.

La PMI joue un rôle crucial dans le contrôle et l'accompagnement des crèches. Les services départementaux de la PMI interviennent d’abord au moment de la création des structures, en accompagnant les porteurs de projet tout au long du processus et en impulsant des réunions interinstitutionnelles. L’accompagnement se fait au niveau de l’élaboration du dossier réglementaire, mais aussi dans la rédaction du projet d’établissement et du règlement de fonctionnement et dans la composition de l’équipe. Celle-ci doit être constituée a minima de 40 % de professionnels diplômés (puéricultrices, éducatrices, infirmières) et jusqu’à 60 % de personnels non diplômés et qualifiés (CAP petite enfance, BEP, etc.) et quelquefois non qualifiés.

Évolution du Cadre Légal et Pénurie de Personnel

En effet, la réforme de 2021 a assoupli le cadre légal dans un contexte de pénurie de personnel : on assiste à une désaffection de ce secteur d’activité, difficile, pas assez valorisant. Il faut des encadrants vraiment solides pour accompagner ces équipes de moins en moins qualifiées.

La réforme de 2021 a assoupli le cadre légal dans un contexte de pénurie de personnel : on assiste à une désaffection de ce secteur d’activité, difficile, pas assez valorisant. Il faut des encadrants vraiment solides pour accompagner ces équipes de moins en moins qualifiées.

Signalements et Fatigue des Équipes

Oui, et de plus en plus. D’abord par les parents, inquiets du turnover des équipes, de leur fatigue et, donc, d’une prise en charge affaiblie. Ces derniers temps, on sent les équipes qui se fatiguent parce qu’il y a des problèmes d’encadrement, des vacances de référents techniques ou de directrices. Je pense que les livres et les enquêtes sur les maltraitances dans les crèches n’ont pas aidé les directeurs, qui essayent de faire du mieux qu’ils peuvent. Mais les signalements sont de plus en plus souvent effectués par les employés eux-mêmes : les langues sont déliées. Résultat, les professionnels des crèches commencent à parler, à signaler des situations qui vont à l’encontre de leurs valeurs. Et de nos valeurs.

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Les signalements sont de plus en plus souvent effectués par les employés eux-mêmes : les langues sont déliées. Résultat, les professionnels des crèches commencent à parler, à signaler des situations qui vont à l’encontre de leurs valeurs. Et de nos valeurs.

Problèmes Rencontrés dans les Crèches Privées

Il y a eu une situation de crise il y a deux ans et une autre un peu plus récente, au printemps, oui. En revanche, nous n’avons pas entendu parler de l’histoire de l’enfant qui se serait enfui…Nous avons très vite échangé avec les dirigeants de Babilou au sujet de leur plan d’action. Concernant la panne de chauffage et les problèmes de locaux, ça arrive oui. Et c’est arrivé dans plusieurs crèches : il y a beaucoup de soucis d’humidité, de moisissures dans des bâtiments anciens qui nécessiteraient une rénovation. Nous avons d’ailleurs été amenées à fermer des structures.

Les problèmes de locaux, tels que l'humidité et les moisissures, sont également évoqués. Ces problèmes peuvent nécessiter la fermeture de structures.

Enquêtes et Révélations sur les Maltraitances dans les Crèches Privées

Le Livre-Enquête "Les Ogres" de Victor Castanet

Comment notre société traite-t-elle les plus vulnérables ? En 2022, Victor Castanet a créé un séisme avec son livre-enquête Les Fossoyeurs (Fayard) qui exposait les maltraitances dans les Ehpad du groupe Orpea, témoignages à l’appui. Avec Les Ogres (Flammarion), il met un coup de projecteur sur les dysfonctionnements des crèches privées. Coups, griffures, punitions, humiliations… Le journaliste revient ce mercredi avec une nouvelle enquête choc sur la dynamique de low-cost qui a entraîné une dégradation continue de la qualité d’accueil des enfants dans les crèches privées, en particulier celle du groupe People & Baby. On fait le point sur les principales révélations de cet ouvrage.

Victor Castanet, après son enquête sur les EHPAD, a publié un livre-enquête intitulé "Les Ogres" qui met en lumière les dysfonctionnements des crèches privées. L'enquête révèle des cas de maltraitances, des pratiques d'optimisation des coûts et une gestion des ressources humaines qui favorise les accidents.

Cas de Maltraitances

Les Ogres prend l’exemple de neuf enfants qui ont été victimes de maltraitances dans une crèche People & Baby de Villeneuve-d’Ascq (Nord). « Les enfants sont punis dans le noir pendant plusieurs heures sans tétine, sans doudou, décrit-il ce mardi sur France Inter. Quand les enfants ne sont pas propres, certains professionnels les humilient devant les autres, ce qui crée des traumatismes. Il s’agit aussi de faits de privation de nourriture et de coups, de griffures, qui se retrouvent sur le corps de certains enfants ». Il donne l’exemple de Zohra (dont le nom a été changé). Elle est médecin. Elle a vu l’état de son fils se dégrader au fil des mois sans pouvoir immédiatement faire le lien avec la crèche de son enfant. « Au départ, il fait des cauchemars, puis la courbe de poids se casse, c’est ce qu’on retrouve dans d’autres cas, poursuit-il. Progressivement, les crises sont de plus en plus fortes ». Zohra retrouve des traces de coups sur le corps de son fils. Elle les fait constater par un médecin et décide de porter plainte, suivie par d’autres familles et certains professionnels de la crèche.

Des cas de maltraitances sont décrits, tels que des punitions dans le noir, des humiliations, des privations de nourriture, des coups et des griffures.

Économie Low-Cost et Optimisation des Coûts

« Les ogres, ce sont ceux qui mangent les enfants dans les contes. Mais c’est aussi la voracité, l’obsession des groupes à grossir toujours plus », pointe Victor Castanet dans un entretien à l’AFP. Dans son enquête, il expose les pratiques d’optimisation des coûts, une dynamique du low-cost, qui ont des incidences néfastes sur l’ensemble du secteur, où vont être privilégiés les indicateurs financiers, les taux d’occupation, à la qualité. Il met également en cause les pouvoirs publics. « Certains groupes ont cassé les prix en promettant qu’ils feraient aussi bien et ce mouvement a été accompagné par un certain nombre de mairies, de collectivités et de ministères qui, entre deux offres, ont quasiment toujours choisi la moins chère et la moins-disante », pointe le journaliste auprès de l’AFP.

L'enquête met en évidence une économie low-cost, où les indicateurs financiers sont privilégiés au détriment de la qualité de l'accueil.

Gestion des Ressources Humaines et Risques

L’enquête montre comment certaines pratiques du groupe ont maximisé les risques, revenant sur le cas du bébé de 11 mois mort après avoir été empoisonné par une professionnelle dans une crèche People & Baby à Lyon. « Excédée par les pleurs de l’enfant, elle l’a aspergée, puis lui a fait ingérer un produit caustique », en l’occurrence du Destop pour WC, avait indiqué le parquet de Lyon en 2022. Selon l’enquête, quelques mois avant le drame, « l’autrice de l’homicide [avait] été embauchée par l’un des concurrents de People & Baby, Babilou. Ce groupe lui a fait signer un CDD le 21 février, avant de mettre fin à sa période d’essai… au bout de cinq jours seulement », peut-on lire dans les bonnes feuilles publiées par Le Monde ce lundi. Selon Victor Castanet sur France inter, chez Babilou, une personne novice ne se retrouve jamais seule avec les enfants, elle est accompagnée par une personne ayant au moins deux ans d’expérience, ce qui réduit le risque d’accidents. Ce n’est pas le cas chez People & Baby. Il expose les dérives de certains acteurs du privé sur l’optimisation des coûts : des couches moins souvent changées, des rationnements alimentaires en dessous des recommandations. Le groupe fait passer le message aux directrices d’attendre une heure de plus pour changer la couche s’il s’agit d’un « petit pipi ».

L'enquête révèle des pratiques de gestion des ressources humaines qui maximisent les risques, comme le manque de personnel expérimenté et la réduction des coûts sur des éléments essentiels comme les couches et la nourriture.

Manque d'Effectifs et Situations Critiques

Premier constat : le manque récurrent d’effectifs et, a contrario, des établissements « surbookés » avec, au bout, des situations critiques à gérer. « Quand on est deux pour s’occuper de 12 bébés, il n’est pas rare de se retrouver seules. Impossible, alors, d’aller coucher un enfant épuisé au dortoir. Alors, tant pis, il dort au milieu du bruit. » Une envie pressante ? Caroline se souvient avoir dû « se débrouiller » dans les toilettes des enfants, au milieu de la section…Et ce n’est rien encore par rapport à d’autres scènes. Comme à Mériadeck, où Marianne découvre que sa collègue fait manger les douze petits assis par terre en rang d’oignons contre le mur. Plus rapide. Forcément, ce manque de bras et l’épuisement ne sont pas sans répercussions sur les enfants. « Difficile, à deux, d’avoir des yeux partout pour gérer les 15 ‘‘moyens’’, de 1 à 2 ans, qui, ne sachant pas parler, ont tendance à s’exprimer par le geste. » Résultat, ils se tapent dessus toute la journée. Pis, Marianne révèle qu’un des enfants « potentiellement atteint de troubles du comportement a été retrouvé par un parent sur les boulevards : à 2 ans et demi, il s’était enfui de la crèche ».

Le manque d'effectifs entraîne des situations critiques, où les enfants sont laissés sans surveillance adéquate.

Conséquences sur les Enfants et le Personnel

« Des enfants cloisonnés toute l’année entre quatre murs, sans jamais voir la lumière du jour » Heures supplémentaires (non payées) Sans aller jusqu’à ces cas extrêmes, au quotidien, ce sont des « bébés en détresse qu’on laisse pleurer au sol, faute de bras, alors même que les neurosciences ont prouvé que l’absence de réponse et de soins abîmait le cerveau. C’est un crève-cœur », dit Caroline. Ce sont aussi des salariées malheureuses qui travaillent « à l’inverse de leurs valeurs », et craquent le soir. « C’est de la maltraitance douce, mais ça ne devrait pas exister », souffle Céline. Alors, pour pallier ce sous-effectif, les filles enchaînent les heures supplémentaires (non payées) et viennent travailler même malades, par solidarité et pour s’épargner les jours de carence : « Sur des salaires de 1 300 euros, avec un arrêt maladie, on tombe à moins de 1 000 euros », souligne Marianne.

Le manque d'effectifs et l'épuisement du personnel ont des conséquences graves sur les enfants, qui sont laissés pleurer sans soins, et sur le personnel, qui travaille à l'encontre de ses valeurs.

Conditions de Travail et Hygiène

« La PMI est venue nous rendre visite mais le contrôle était annoncé alors l’analyse est forcément biaisée » Fourmis, rat, humidité Les ex-salariées de Babilou dénoncent aussi « des invasions de fourmis », de l’humidité, la présence de « rats », et l’absence d’extérieur - avec « des enfants cloisonnés toute l’année entre quatre murs, sans jamais voir la lumière du jour ». Pas assez nombreuses pour organiser des sorties en extérieur, pas non plus de matériel ludique, ni de budget pour s’équiper. « Nous avions trois chauffages d’appoint comme celui-ci qui faisaient un bruit monstre. Évidemment, elles ont tiré la sonnette d’alarme. Alerté leurs directions. « La PMI [Protection maternelle et infantile, NDLR] est venue nous rendre visite, mais le contrôle était annoncé alors l’analyse est forcément biaisée », regrettent-elles. Et rien ne s’améliore. Elles finissent même par faire grève, obligeant la crèche Albert-Ier à fermer une semaine. Les parents ont alors commencé à comprendre la situation, constitué un collectif et alerté leurs entreprises, puisque les berceaux dépendent d’une convention d’entreprise. « La mairie nous a proposé une place dans une autre crèche, confie Jules, un père de famille, soulagé. Les filles, elles, ont démissionné. Elles ne travaillent plus en crèche. Dégoûtées. « Je ne conseillerais à aucun de mes amis de mettre leurs enfants en crèche, conclut Caroline.

Les conditions de travail et d'hygiène sont parfois déplorables, avec des invasions de fourmis, de l'humidité, la présence de rats et l'absence d'extérieur.

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