Introduction

Adrienne Bolland (1895-1975) fut une figure emblématique de l'aviation française. Son audace et son esprit pionnier l'ont propulsée au rang de légende, bien que son nom soit aujourd'hui moins connu du grand public. Cet article explore sa vie, ses exploits et l'héritage qu'elle a laissé, notamment à travers des établissements portant son nom, comme le multi-accueil Adrienne Bolland à Toulouse.

Une Enfance Turbulente

Née en 1895 à Arcueil-Cachan, Adrienne était la benjamine d'une famille de sept enfants. Son père, Henri, d'origine belge, travaillait dans la presse et rédigeait des guides de voyage pour les éditions Hachette, ce qui l'amenait à beaucoup voyager. Adrienne était une enfant agitée et casse-cou, peu intéressée par les activités scolaires, ce qui lui valut d'être renvoyée de plusieurs écoles et pensionnats. Dotée d'un caractère joyeux et insouciant, elle s'était donné le surnom de "Zizi". Un événement tragique marqua sa jeunesse : à l'âge de quatorze ans, elle perdit brutalement son père. Cette perte plongea la famille dans de grandes difficultés financières. Son frère aîné, Benoît, travaillant dans la marine marchande et ayant participé à l'expédition polaire de Charcot, accepta un poste de pilote du port de Singapour et soutint financièrement sa mère et ses frères et sœurs.

La Naissance d'une Aviatrice

Malgré son insouciance apparente, Adrienne se lança un défi ambitieux : apprendre à piloter et s'émanciper financièrement. Elle rencontra par hasard les frères Caudron, constructeurs d'avions qui avaient ouvert une école de pilotage au Crotoy, dans la Somme. Malgré des difficultés financières, elle obtint son brevet de pilote en 1920, devenant ainsi la quinzième femme au monde à obtenir cette distinction depuis les débuts de l'aviation. Elle commença à piloter pour le compte de la société Caudron, participant à des meetings aériens qui firent connaître les appareils de la marque. Adrienne fut la première femme à exécuter des loopings avec un Caudron G.3.

La Traversée des Andes : Un Exploit Historique

Adrienne Bolland ne se contenta pas de voler en France. Elle harcela René Caudron pour qu'il l'envoie en Amérique latine afin de tenter la traversée de la cordillère des Andes, un défi périlleux qui avait déjà coûté la vie à plusieurs pilotes. Les vents violents et les turbulences rendaient le vol extrêmement dangereux. Après de nombreuses difficultés d'organisation et de financement, Adrienne se lança dans cette aventure. La veille de son départ, une Amérindienne lui donna un conseil précieux : "Quand vous verrez un lac et l'apparence d'une voie d'accès facile, n'y allez pas, obliquez sur votre gauche." Elle suivit ce conseil et réussit l'exploit en avril 1921, survolant les Andes de Mendoza (Argentine) à Santiago du Chili en 4 heures et 20 minutes à une altitude de 4000 mètres. L'appareil, d'une envergure de 13,40 m et d'un poids de 708 kg, était équipé d'un moteur en étoile rotatif Le Rhône de 80 CV. Son atterrissage au Chili fut salué par un triomphe, relayé par la presse latino-américaine.

Une Vie d'Acrobaties et de Défis

De retour en France, Adrienne continua sa carrière d'aviatrice. En 1924, à Orly, elle battit un record en réalisant 222 loopings en 72 minutes. Elle mena une vie de "nomade", enchaînant les démonstrations pour Caudron et proposant des baptêmes de l'air pour son propre compte. La même année, avec le soutien de son mécanicien René Duperrier, elle participa au Concours d'avions de tourisme, un parcours de 2120 km en 18 étapes et 11 jours à travers la France, à bord d'un Caudron de 80 CV. Seule femme pilote en compétition, elle termina cinquième au classement général. Malgré ses succès, sa vie d'aviatrice indépendante restait précaire.

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Sabotages et Engagement Politique

En avril 1930, Adrienne échappa de justesse à un accident grave : son avion avait été saboté et s'écrasa sur le toit d'un hangar militaire. Des fils métalliques d'un câble de commande avaient été cisaillés. La presse se fit l'écho de cette affaire, révélant également qu'une goupille de soupape en excellent état avait été remplacée par une pièce neuve, mais de mauvaise dimension. L'intervention d'Ernest Vinchon, son compagnon, permit d'éviter le pire. Adrienne fut victime de plusieurs autres sabotages, dont les auteurs ne furent jamais identifiés. Elle rencontra Louise Weiss, journaliste et fondatrice de la revue "La femme nouvelle", qui l'invita à participer à des meetings en faveur du droit de vote des femmes, aux côtés de Maryse Bastié et Hélène Boucher. Adrienne s'engagea activement dans cette cause.

Résistance et Reconnaissance Tardive

En 1936, le Front populaire arriva au pouvoir, mais la guerre civile espagnole divisa l'opinion. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, Adrienne et son mari, Ernest Vinchon, rejoignirent le réseau CND (Confrérie Notre-Dame) - Castille du département du Loiret. Ernest était agent P1 à Paris, tandis qu'Adrienne était agent P2 à Donnery, où sa famille maternelle possédait une maison. Elle devint opératrice radio, chargée de repérer les terrains susceptibles de servir aux atterrissages et parachutages clandestins de la Résistance. En 1943, elle participa également aux liaisons du grand réseau "Marco Polo". En 1944, Ernest fut arrêté par la Gestapo et emprisonné à Fresnes. Bien qu'Adrienne fut soupçonnée, elle réussit à échapper à la Gestapo d'Orléans. Après la guerre, le couple réintégra Paris et Adrienne entreprit de nombreuses démarches pour faire reconnaître ses droits à la retraite en tant que membre de l'aviation, avec le soutien de Pierre Mendès-France. En 1961, elle participa au voyage de commémoration des quarante ans de la traversée des Andes. En 1971, Air France célébra la première traversée d'un vol direct Paris-Santiago du Chili, et le cinquantenaire de son passage des Andes fut largement médiatisé en Amérique du Sud.

Décès et Héritage

Adrienne Bolland décéda en mars 1975 et fut inhumée à Donnery. Elle légua ses biens personnels à la Fondation de la Vocation. En 2021, un siècle après son exploit de la traversée des Andes, des hommages officiels furent rendus à sa mémoire. Sa vie a inspiré des livres et des documentaires, dont un projet de Coline Béry visant à faire revivre la mémoire de cette aviatrice d'exception.

Le Multi-Accueil Adrienne Bolland à Toulouse

L'héritage d'Adrienne Bolland se perpétue également à travers des établissements portant son nom, comme le multi-accueil Adrienne Bolland à Toulouse. Cet établissement, immatriculé sous le siret 213 105 554 03581, est une structure d'accueil de jeunes enfants, créée le 1er janvier 2023. Il s'agit d'un établissement secondaire de l'administration COMMUNE DE TOULOUSE. Son domaine d'activité est l'accueil de jeunes enfants (88.91a). D'autres structures portent également son nom, témoignant de la reconnaissance de son parcours et de son engagement.

Le multi-accueil Adrienne Bolland à Toulouse s'inscrit dans un réseau de structures d'accueil de la petite enfance, qui jouent un rôle essentiel dans le développement et l'épanouissement des jeunes enfants. Ces établissements offrent un environnement stimulant et sécurisant, où les enfants peuvent apprendre, jouer et socialiser.

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L'inauguration du multi-accueil Adrienne Bolland sur le plateau de la Mayenne a été un événement important pour la communauté locale. Ce nouvel équipement, d'une superficie de 420 m2 et doté d'un jardin de 180 m2, offre trente places pour des enfants de 10 semaines jusqu'à leur entrée à l'école. Il propose un accueil régulier, à temps complet ou partiel, ainsi qu'un accueil occasionnel. L'ouverture de ce multi-accueil a permis de libérer les locaux de la crèche familiale de l'Adézière, qui seront désormais utilisés pour un Relais Assistantes Maternelles (RAM).

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