L'univers des couches pour bébés est un sujet de préoccupation constant pour les parents, soucieux du bien-être et de la santé de leurs enfants. Entre les promesses marketing, les compositions complexes et les études parfois alarmantes, il est difficile de s'y retrouver. Cet article vise à faire la lumière sur les couches pour bébés, en s'appuyant sur des enquêtes de magazines de consommateurs tels que 60 Millions de Consommateurs et UFC-Que Choisir, ainsi que sur les actions des autorités publiques et des fabricants.
L'affaire des substances chimiques dans les couches : un rappel
Fin août 2018, le magazine 60 Millions de Consommateurs a publié les résultats d'une enquête sur la composition et la performance des couches pour bébés, menée pour la deuxième année consécutive. Cette publication a fait couler beaucoup d'encre, incriminant plusieurs marques. Les marques incriminées avaient bien sûr tenté de rassurer leurs clients, les parents soucieux du bien-être de leur enfant, en précisant que ces conclusions devaient être à nuancer en raison de la faiblesse des traces de résidus chimiques détectées dans les produits et donc sans risque pour la santé du Bébé et l'absence de certains résultats.
UFC-Que Choisir : une enquête comparative
Face à ces inquiétudes, le magazine UFC-Que Choisir a également mené sa propre enquête sur 12 marques de couches présentes sur le marché. Dans son édition d'Octobre (UFC-Que choisir n°573), il a présenté une étude des performances de 12 couches de taille 4 grâce à un mannequin articulé. Ils ont mesuré le taux d'humidité de 7 zones de la couche et l'efficacité des attaches. Le magazine le précise, "question performances, notre test révèle des résultats tout à fait honorables quelle que soit la marque. Lors du test en famille, aucune couche n'a été infaillible, elles ont toutes fui au moins une fois. Pas de souci côté attaches, elles sont toutes solides, sans risque de se détacher".
Résultats de l'enquête UFC-Que Choisir
L'enquête d'UFC-Que Choisir a permis d'établir un classement des couches les plus performantes. C'est donc Lotus Baby Touch (qui, rappelons-le, obtenait une note de 9,5/20 au test de 60 Millions de Consommateurs), qui l'emporte haut la main avec une appréciation globale de 17,4/20. En 2ème position, nous retrouvons les couches Pommette d'Intermarché suivies des Lupilu, les couches de Lidl.
Engagements des marques et transparence
Conscientes des préoccupations des consommateurs, certaines marques se sont engagées à améliorer la composition de leurs couches et à adopter une démarche plus respectueuse de l'environnement. Certaines marques se sont d'ores-et-déjà engagées à réduire l'usage de la pétrochimie afin d'adopter une démarche de développement durable (Love&Green, Pampers avec ses couches Harmonie, Lotus Baby avec sa gamme Lotus Baby Natural Touch, etc). Beaucoup ont également laissé de côté le gaz chloré, destiné à blanchir la matière première de la couche au profit d'une méthode plus naturelle utilisant de l'eau oxygénée et de l'ozone. La marque Lotus Baby a également rajouté la liste des composants de ses couches sur ses nouveaux packagings. Enfin, Que Choisir conseille de privilégier la cellulose issue de forêts gérées durablement (certification FSC ou PEFC).
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Cependant, un manque de transparence persiste. Les deux magazines s'accordent sur un point : le manque de repères. "On ne sait pas forcément quelles substances rechercher ! Il existe en effet une grande variété de types de polyéthylène et polypropylène, comme de catalyseurs. Les fabricants de couches ne précisent pas lesquels ils utilisent, ni tous les traitements chimiques pratiqués sur le plastique", expliquait à Que-Choisir le Pr Bernard Sillion, ancien directeur de recherche honoraire du Centre National de la recherche scientifique et ancien expert auprès de l'Anses. En effet, la composition des couches n'est pas explicitement révélée sur les produits puisque la législation n'oblige en rien les industriels à réaliser des tests particuliers de détection de résidus, ni à les communiquer aux consommateurs et aux autorités publiques. "La liste des résidus qu'ils recherchent demeure de leur libre appréciation, même si tous effectuent de plus en plus d'analyses pour traquer les contaminants", précise le magazine.
L'initiative des Petits Culottés
Face à ce manque de transparence, certaines marques font preuve d'une plus grande ouverture. L’info en plus en partenariat avec Les Petits CulottésDepuis l’enquête du magazine UFC Que Choisir datant d’octobre 2018, un certains nombres de marques se sont engagées à mettre sur le marché des couches sans perturbateurs endocriniens ni substances nocives pour la santé de bébé. Mais le manque de transparence quant à la composition complète des couches reste un vrai problème pour les jeunes parents. Aussi, la marque française éco-responsable Les Petits Culottés est la seule à publier plusieurs fois par an sur son site internet des analyses toxicologiques. Les parents peuvent ainsi consulter ces rapports réalisés par des laboratoires indépendants garantissant l’absence de composants toxiques dans la composition des couches.
Suivi des autorités publiques : la DGCCRF
Les autorités publiques sont également attentives à la question de la sécurité des couches pour bébés. Dans une enquête complémentaire menée fin 2020, la DGCCRF confirme "l'absence de dépassement des seuils sanitaires" et "l'amélioration de la qualité de 9 références" de couches jetables pour bébés. [Mise à jour du 25 février à 12h56]. "Après l'enquête de grande ampleur réalisée en 2019 et début 2020 sur 32 références de couches pour bébés, une enquête complémentaire menée à la fin de l'année 2020 a permis de confirmer l'absence de dépassement des seuils sanitaires et la poursuite de l'amélioration de la qualité des 9 références prélevées qui devaient faire l'objet d'un suivi particulier au regard des résultats précédents" précise la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans un communiqué du 23 février 2021.
Résultats de l'enquête de la DGCCRF
Dans les 9 références prélevées, aucun allergène ni aucun HAP n'a été détecté. En ce qui concerne le formaldéhyde, la situation continue de s'améliorer : les contaminations mises en évidence précédemment ont diminué. "Même si cette substance a été détectée voire quantifiée dans toutes les références prélevées, seules quatre des neuf références présentent des quantités dépassant ou susceptibles de dépasser 10% du seuil sanitaire (la teneur la plus élevée étant de l'ordre de 35% de ce seuil)", précise la DGCCRF. Leur résultat est inférieur à 10% des seuils sanitaires calculés par l'Anses : la substance n'a pas été détectée ou a été détectée en faible quantité. La DGCCRF note "un résultat pour lequel il n'est pas possible d'exclure un dépassement de la valeur correspondant à 10% des seuils sanitaires calculés par l'Anses, du fait que la substance ait été détectée, mais à une concentration insuffisante pour être quantifiée ou d'une variabilité des résultats ne permettant pas de conclure. Le résultat est compris entre 10% et 25% des seuils sanitaires calculés par l'Anses. Le résultat est compris entre 25% et 50% des seuils sanitaires calculés par l'Anses.
En juillet 2020, la DGCCRF avait analysé la composition de 32 modèles de couches vendus en France. Les résultats étaient déjà encourageants : la composition des couches est bien meilleure qu'avant depuis la mise en garde du gouvernement à destination des fabricants de couches en janvier 2019. Aucune couche ne présente de substances toxiques (pesticides, allergènes, phtalates, dioxines, hydrocarbures, furanes…) au-delà des seuils recommandés par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).
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Proposition de l'Anses pour une réglementation européenne
L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) joue un rôle clé dans l'évaluation des risques liés aux substances chimiques présentes dans les couches pour bébés. Dans un avis publié ce 22 décembre 2020, l'Anses propose, dans le cadre de la réglementation européenne des produits chimiques REACH, de restreindre à toute l'Union européenne les substances chimiques des couches jetables destinées aux bébés de 0 à 3 ans. Cette proposition "consiste à limiter au maximum la présence dans ces articles de près de 200 substances dont les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dioxines, furanes, PCB et formaldéhyde", précise l'Anses. Elle fixe par conséquent des concentrations de seuils à ne pas dépasser et propose d'appliquer "une méthode d'analyse des couches qui devra être harmonisée au niveau européen pour rechercher ces substances". Enfin, pour limiter les contaminations des couches, l'Anses propose de renforcer le contrôle des matières premières et des processus de fabrication.
Pour rappel, en janvier 2020, soit un an après son rapport pointant des risques sanitaires liés à la présence de substances chimiques dans les couches pour bébés et pour mieux protéger la santé des nourrissons, l'Anses proposait déjà une restriction des substances chimiques présentes dans les couches jetables. L'objectif : interdire ou limiter la présence d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), de dioxines, furanes, PCB et de formaldéhyde dans les couches.
Classements et marques recommandées
Plusieurs magazines de consommateurs publient régulièrement des classements des meilleures couches pour bébés, en fonction de leur performance, de leur composition et de leur impact environnemental. Dans son numéro d'octobre 2020, 60 Millions de consommateurs publiait un classement des couches pour bébé. L'association de consommateurs incluait les marques Pampers Harmonie, la Marque Repère Mots d'enfants de E.Leclerc Nature, et Love&Green. Love & Green et Lillydoo ainsi que Mots d'Enfants sont parmi le top 3 des couches les mieux notées tant pour leur performance que leur composition. Dans son précédent classement des meilleures couches pour bébé, 60 millions de consommateurs avait défini que les marques Joone Protection Premium étaient les plus sûres pour les fesses de bébé. En effet, elles ne contiennent aucune trace de résidus toxiques. En revanche, leur prix est relativement élevé : 64,90 euros les 162 couches.
Substances indésirables et polémiques
La présence de substances indésirables dans les couches pour bébés a suscité de nombreuses polémiques. L'UFC-Que Choisir avait déjà évalué la quantité de substances indésirables - parmi elles le glyphosate, les hydrocarbures HAP (dérivés du pétroôle) et 26 allergènes listés par l'Union européenne - dans une sélection de 12 couches pour bébé. Voici les modèles qui en contiennent le moins. Au total, 23 références de couches pour bébé en vente sur le marché français ont été analysées entre 2016 et 2018. "Ces analyses ont mis en évidence la présence de différentes substances chimiques dangereuses dans les couches jetables qui peuvent notamment migrer dans l'urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés. Certaines de ces substances sont ajoutées intentionnellement, telles que des substances parfumantes qui peuvent entraîner des allergies cutanées.
Pour rappel, l'Agence nationale de la sécurité sanitaire avait noté des dépassements de seuils sanitaires pour plusieurs substances chimiques. "Il s'agit de substances parfumantes (butylphényl méthyle propional ou lilial®, hydroxyisohexyl 3-cyclohexène carboxaldéhyde ou lyral®), certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le PCB-126, la somme des PCB-DL et la somme des dioxines, furanes et PCB-DL ", précisait le rapport. Près de cinq mois après cette polémique, des familles et une association ont saisi le Conseil d'Etat afin de connaître le nom de ces 23 marques en question. "Les ministères de l'Économie, de la Santé et de la Transition écologique n'ont pas répondu à notre lettre envoyée il y a deux mois, ce qui équivaut à un refus", explique au journal Le Parisien Quentin Guillemain, l'un des parents. "On porte donc l'affaire en justice pour demander la liste des marques mais également le retrait des couches dangereuses ainsi qu'une meilleure information auprès des parents. Il y a une urgence sanitaire", a-t-il déclaré.
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Deux semaines après la publication du rapport de l'Anses révélant la présence de substances toxiques dans les 23 marques de couches (testées de façons anonymes), les fabricants ont été reçus le 8 février 2019 par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF).
Évolution positive et efforts des marques
Globalement, les résultats des enquêtes menées par 60 Millions de consommateurs et l'UFC-Que Choisir sont encourageants : "le nombre de couches ne contenant aucune trace est plus important qu'en 2017", précisait 60 Millions de consommateurs dans son numéro de septembre 2018. Et de souligner les efforts de certaines marques de couches : réduction de la pétrochimie, démarche de développement durable, plus de transparence sur les étiquettes… Dans son numéro d'octobre 2018, l'UFC-Que Choisir tient également à rassurer les parents : "dans toutes les analyses sur les couches ayant été publiées, les résidus ont été retrouvés à l'état de traces, donc sans risque toxique à court terme pour le bébé et avec des probabilités de risque, a priori assez faibles à plus long terme".
Il est important de noter que les marques de couches pour bébé qui se disent "écologiques" ne sont pas forcément dépourvues de substances toxiques, s'accordent à dire les deux magazines.
TVA sur les couches écologiques
Trois fabricants de couches pour bébé, appartenant au groupe Naturopera, lancent une pétition pour demander au gouvernement une réduction de la TVA à 5,5% sur les couches écolos. En effet, les marques bio Tidoo, Libellys, et Carryboo, vendues dans les réseaux de distribution bio, en pharmacie ou en grande surface, rappellent qu'il s'agit d'un produit "de première nécessité", et souhaitent que ces couches soient accessibles au plus grand nombre de parents. Geoffroy Blondel de Joigny, l'un des deux fondateurs des marques de couches bio, rappelle au Parisien que la TVA des protection hygiéniques est bien passée à 5,5% en 2016.
Cosmétiques et ingrédients indésirables
Grâce à vos contributions, notre liste des produits cosmétiques renfermant un ou plusieurs ingrédients indésirables s’est enrichie de jour en jour pour atteindre aujourd’hui plusieurs dizaines milliers de produits.Retrouvez-les dans nos tableaux désormais classés par 8 grands univers : les déodorants et parfums, le maquillage, les produits solaires, les soins du corps, les produits d’hygiène dentaire, les produits pour bébés et enfants, les soins des cheveux et les soins du visage.Chaque segment regroupe les produits cosmétiques dans lesquels nous avons repéré une ou plusieurs substances à risque. Irritants, allergènes, perturbateurs endocriniens… ils ne sont pas rares dans les produits d’hygiène et de beauté, qu’il s’agisse de gels douche, dentifrices, shampooings, déodorants, crèmes visage, hydratants corporels ou crèmes solaires.
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