L'annonce d'une grossesse et la décision qui en découle, qu'il s'agisse de poursuivre ou d'interrompre la grossesse, représentent une épreuve significative pour un couple. Le soutien du partenaire est crucial durant cette période, mais son absence peut entraîner des complications émotionnelles et relationnelles. Cet article explore les raisons de ce manque de soutien et propose des pistes pour y faire face.
L'IVG : une épreuve pour le couple
Une interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision complexe qui peut avoir des répercussions importantes sur la relation de couple. Si le choix d’avorter appartient aux femmes, certains hommes essaient d’épauler leurs partenaires dans cet événement. Un accompagnement parfois empreint de maladresse et d’impuissance, souvent synonyme d’épreuve pour le couple. L'IVG peut être vécue différemment par chacun des partenaires, créant un décalage émotionnel. Les femmes peuvent ressentir de la culpabilité, de la tristesse ou un sentiment de perte, tandis que les hommes peuvent se sentir impuissants, confus ou dépassés.
Le vécu de la femme
Pour la femme, l'IVG est une expérience physique et émotionnelle intense. Comme le souligne Claire, une femme ayant vécu une IVG, « comme ça se passe dans ton corps, si l’autre dit ‘non’ et que toi tu ne veux pas avorter, tu te retrouves à assumer un peu seule la décision, de peut-être mettre à mal ton couple, de peut-être élever seule ton enfant, etc. ». Elle peut se sentir seule face à la décision et à ses conséquences. Le manque de soutien du partenaire peut exacerber ce sentiment de solitude et de détresse.
Dans certains cas, la femme peut avoir l'impression que son partenaire minimise son expérience ou ne comprend pas sa souffrance. Elle peut également ressentir de la colère ou du ressentiment envers lui, surtout si elle a l'impression qu'il l'a poussée à prendre une décision qu'elle ne souhaitait pas.
Le vécu de l'homme
Les hommes aussi peuvent souffrir d'une IVG, même s'ils ne vivent pas l'expérience physique. Ils peuvent se sentir coupables, tristes ou impuissants. Certains hommes ont du mal à exprimer leurs émotions et préfèrent rester silencieux, ce qui peut être interprété comme un manque de soutien par leur partenaire.
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Comme le souligne Natalène Séjourné, chercheuse, « Physiquement, ils ne sont pas impactés, mais sur le plan émotionnel, c'est autre chose ». Les hommes peuvent également se sentir mis de côté, comme s'ils n'étaient que des acteurs secondaires de ce drame familial. Or, leur chagrin, lorsqu'ils sont confrontés à de tels événements, n'est pas négligeable.
Les raisons du manque de soutien
Plusieurs facteurs peuvent expliquer le manque de soutien du partenaire après une IVG :
- Le décalage émotionnel : Les hommes et les femmes ne vivent pas l'IVG de la même manière et n'expriment pas leurs émotions de la même façon. Ce décalage peut entraîner une incompréhension mutuelle et un manque de soutien.
- La culpabilité : Les hommes peuvent se sentir coupables d'avoir mis leur partenaire dans cette situation ou de ne pas avoir été en mesure de la protéger. Cette culpabilité peut les empêcher d'offrir le soutien dont elle a besoin.
- La peur : Les hommes peuvent avoir peur de ne pas savoir comment réagir ou quoi dire pour aider leur partenaire. Ils peuvent également craindre de raviver sa douleur en abordant le sujet.
- Le manque d'information : Certains hommes ne sont pas conscients de l'impact émotionnel d'une IVG sur leur partenaire et ne savent pas comment l'aider.
- Les problèmes de couple préexistants : Une IVG peut révéler ou aggraver des problèmes de communication ou de confiance au sein du couple.
Que faire face au manque de soutien ?
Si vous vous sentez seule et incomprise par votre partenaire après une IVG, voici quelques pistes à explorer :
- Communiquer ouvertement : Il est essentiel d'exprimer vos sentiments et vos besoins à votre partenaire. Expliquez-lui ce que vous ressentez et ce dont vous avez besoin pour vous sentir soutenue. Utilisez un langage clair et direct, en évitant les reproches et les accusations.
- Encourager le dialogue : Incitez votre partenaire à exprimer ses propres émotions et à partager son vécu de l'IVG. Écoutez-le attentivement, sans le juger ni l'interrompre. Essayez de comprendre son point de vue, même si vous ne le partagez pas.
- Reconnaître les différences : Acceptez que votre partenaire et vous puissiez avoir des réactions différentes face à l'IVG. Ne vous attendez pas à ce qu'il ressente exactement la même chose que vous.
- Être patient : Le processus de guérison émotionnelle après une IVG peut prendre du temps. Soyez patiente avec vous-même et avec votre partenaire. Ne vous découragez pas si vous ne voyez pas d'amélioration immédiate.
- Solliciter de l'aide extérieure : Si la communication avec votre partenaire est difficile ou si vous avez du mal à surmonter votre souffrance, n'hésitez pas à demander de l'aide à un professionnel. Un thérapeute de couple ou un psychologue spécialisé dans les questions liées à l'IVG peut vous apporter un soutien précieux.
- S'appuyer sur son entourage : Parlez de votre expérience à des amis, à votre famille ou à des groupes de soutien. Le fait de partager vos sentiments avec d'autres personnes qui ont vécu des situations similaires peut vous aider à vous sentir moins seule et à mieux gérer votre deuil.
- Prendre soin de soi : Accordez-vous du temps pour vous détendre, vous ressourcer et faire des activités que vous aimez. Prenez soin de votre corps et de votre esprit.
L'importance de la communication
Comme le souligne Caroline Van Assche, thérapeute de couple, « Il faut pouvoir entendre les ressentis de l’autre, ses arguments, ses peurs, et oser exprimer ses propres ressentis. Et ça, on ne peut le faire que quand on a suffisamment ce sentiment de sécurité dans le lien à l’autre. » La communication est la clé pour surmonter les difficultés et renforcer le lien au sein du couple.
Consulter un thérapeute de couple
Consulter un.e thérapeute de couple, se rendre ensemble aux rendez-vous médicaux, peuvent être de bonnes solutions pour dialoguer. “Une personne tierce va permettre de faciliter la compréhension de l’un et de l’autre.
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