La composition des couches pour bébés, notamment celles de la marque Pampers, suscite régulièrement des interrogations et des inquiétudes chez les parents. Entre substances potentiellement dangereuses et manque de transparence, il est parfois difficile de s'y retrouver. Cet article vise à faire le point sur la question, en s'appuyant sur les données disponibles et les études menées sur le sujet.
Inquiétudes concernant la composition des couches
Plusieurs études ont mis en évidence la présence de substances potentiellement dangereuses dans les couches pour bébés, notamment des pesticides, des perturbateurs endocriniens, des dioxines, des PCB, des furanes chlorés, du glyphosate et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). En 2019, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a révélé la présence de produits cancérigènes dans les couches pour enfants, pouvant migrer dans l'urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés.
Face à ces révélations, des parents de l'association pour la santé des enfants (APS-enfants) ont traîné l'État en justice pour commercialisation de couches toxiques. Bien que ces produits chimiques soient interdits en Europe depuis plusieurs années, aucune réglementation sur la composition des couches jetables n'est aujourd'hui en vigueur.
Évolution de la situation
Une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a montré que les taux de ces substances chimiques auraient diminué depuis le début de la polémique. Loïc Tanguy, directeur de la répression des fraudes, a assuré qu'il n'y avait plus de «risque réel» pour le consommateur souhaitant aujourd'hui se procurer des couches pour son enfant, le niveau d'alerte n'étant «pas le même qu'en 2019».
Cependant, Quentin Guillemain, président de l'association pour la santé des enfants, estime que ce n'est pas l'environnement mais bien la fabrication qui crée ces substances. Il souligne qu'il existe d'autres méthodes de fabrication, comme éviter de blanchir les couches, un procédé qui produit ces substances.
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Le cas de Pampers
Des analyses de couches Pampers ont révélé des traces de composants dérivés du pétrole, potentiellement toxiques pour les plus petits, tels que le benzo anthracène et le chrysène, considérés comme cancérogènes par l'Union européenne. Ludivine Ferrer, directrice de l'Asef, considère ces résultats particulièrement alarmants, car les composants sont "en contact avec les parties intimes de nos enfants 23h30 sur 24 heures" jusqu’à leurs 2-3 ans.
Sur son site internet, Pampers indique que ses couches sont fabriquées avec des ingrédients sûrs et de qualité, et qu'elles ne contiennent ni formaldéhyde ni générateur de formaldéhyde. Antoine Giuntini, directeur de BabyCare chez Pampers, soutient que «les traces ne viennent pas de nos couches mais de l'extérieur».
La marque met en avant les différents composants de ses couches, tels que le voile supérieur doux, la barrière anti-fuites, le voile extérieur respirant, le système d'attache, le cœur super-absorbant et l'indicateur d'humidité. Elle précise que chaque matériau a une utilité précise et qu'ils sont testés de manière rigoureuse pour garantir leur sécurité et leur efficacité.
Pampers affirme également que ses couches sont testées dermatologiquement, certifiées OEKO-TEX STANDARD 100, recommandées par des dermatologues de la Skin Health Alliance, fabriquées en Europe dans le respect de normes de qualité strictes, sans blanchiment au chlore élémentaire, sans caoutchouc naturel, sans colorants dispersés et sans allergènes de parfum.
Transparence et composition
Aucun paquet de couche ne présente la composition exacte. Il est écrit qu'on peut la consulter sur leur site Internet. Sur le site internet de Pampers, on constate un schéma sommaire, suivi du détail de la composition de chaque partie, mais sans description exacte. L'utilisation de chaque composant est simplement justifiée par un témoignage de «professeur», ou par des exemples d'utilisation dans d'autres produits.
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L'absence de réglementation sur la composition des couches jetables signifie qu'il n'y a aucune obligation pour les entreprises d'intégrer la composition exacte sur le produit en question.
Substances à éviter
Pampers assure ne pas inclure d'ingrédients nocifs pour les bébés dans ses produits, tels que le bisphénol A (BPA), les dioxines, les colorants dispersés, le chlore élémentaire, l'éthanol/alcool, le latex (caoutchouc naturel), le plomb et le mercure dans les encres imprimées, les organostanniques, les parabènes, les résidus de pesticides, le phénol, le polychlorure de vinyle (PVC) et les conservateurs spécifiques.
Alternatives et solutions
Face aux inquiétudes concernant la composition des couches jetables, de plus en plus de marques de couches engagées proposent des alternatives avec une composition ultra safe et une transparence accrue. C'est le cas notamment de la marque française éco-responsable Les Petits Culottés, qui affiche sur son site internet des rapports toxicologiques plusieurs fois par an pour les couches afin d’écarter la présence de composants toxiques, substances nocives et perturbateurs endocriniens.
Il existe également des couches lavables, une alternative écologique et économique aux couches jetables.
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