L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet de débat constant à l'échelle internationale, et les législations varient considérablement d'un pays à l'autre. Chaque année, la Journée internationale du droit à l'avortement, célébrée le 28 septembre, offre une tribune pour réévaluer les progrès et les reculs en matière de droits reproductifs des femmes. Cet article examine la situation en Corée du Nord dans le contexte mondial de l'IVG, un droit fondamental sans cesse remis en question et inégalitaire dans ses conditions d’accès.

Législation Nord-Coréenne sur l'IVG : Un Aperçu

En matière de droit à l'IVG, la Corée présente un contraste frappant entre le Nord et le Sud. La République populaire démocratique de Corée (RPDC), ou Corée du Nord, adopte une approche plus libérale que sa voisine du Sud. L'avortement est légal en Corée du Nord. Les motifs pour appliquer le droit à l'IVG sont interprétés de manière large, et la pratique de l'IVG serait socialement acceptée et répandue. Il est autorisé sur simple demande de la femme, sans condition de délai.

Contexte Mondial de l'IVG : Tendances et Défis

Dans le monde, seuls une cinquantaine de pays autorisent l’avortement, sans condition à remplir (hormis les délais légaux). L'accès à l'IVG reste un enjeu majeur, avec des législations variant considérablement d'un pays à l'autre. Alors qu’une grossesse sur quatre se termine par un avortement chaque année, dans le monde, plus de 40 % des femmes en âge de concevoir vivent dans des Etats aux lois restrictives.

Amérique Latine : Des Avancées Significatives

Fort de ce constat, les États ont eu tendance à libéraliser leurs législations au cours des 30 dernières années. En Amérique latine par exemple, l’avortement est légalisé en Argentine en 2020, dépénalisé en Colombie en 2022, et dans 24 des 32 États du Mexique à ce jour.

Europe : Des Droits Acquis et Menacés

La situation semble plus favorable pour les Européennes. Ainsi les Irlandaises ont désormais le droit d’avorter (suite au référendum de 2018 qui a vu le « oui » l’emporter aux deux tiers) de même que les Chypriotes. Néanmoins, l’avortement est toujours interdit à Malte, Monaco et en Andorre.En Europe, l’interdiction totale est une exception. L’avortement est totalement illégal à Malte - où en cas d’infraction la peine encourue va de 18 mois à trois ans de prison - ainsi que dans les trois micro-Etats d’Andorre, du Vatican et de Saint-Marin.

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Asie : Un Paysage Contrasté

En Asie, le tableau est un peu plus contrasté. Retournement de situation en Corée du Sud qui interdisait depuis 1953 l’avortement sauf en cas de viol ou d’inceste. La Cour constitutionnelle sud-coréenne a invalidé en avril dernier la loi pénalisant les interruptions volontaires de grossesse en vigueur depuis plus de 65 ans. En Asie, la Corée du Sud juge son interdiction contraire à la Constitution en 2021, et la même année, la Thaïlande l’autorise sans conditions jusqu’à 12 semaines, sur demande jusqu’à 20 semaines, et à tout moment dans certains cas, comme un risque pour la santé physique ou mentale de la personne enceinte par exemple.

Afrique : Des Législations Restrictives

En Afrique, les législations peuvent aussi être très différentes d’un pays à l’autre, mais avec une majorité d’États interdisant totalement ou partiellement l’avortement. De sévères réserves sont maintenues en Afrique, à l’instar du Sénégal et de Madagascar.

États-Unis : Un Retour en Arrière

Depuis le début de l’année, aux États-Unis, ce ne sont pas moins de 300 lois qui ont été votées par les États. Parmi les plus marquantes, on peut citer l’Alabama (où les médecins ayant pratiqué un avortement risquent jusqu’à 99 ans de prison, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou « d’anomalie létale » du fœtus) ou encore la Géorgie qui interdit désormais aux femmes d’avorter au-delà de la sixième semaine de grossesse.

Les Enjeux et les Défis Persistants

Malgré les avancées dans certains pays, de nombreux défis subsistent. Même dans des contextes favorables, de nombreuses barrières sociales, économiques et culturelles subsistent. En France par exemple, les évolutions législatives récentes ont simplifié, facilité et amélioré la prise en charge des patientes. Cependant, la disponibilité des professionnel·les et structures de santé demeure très disparate sur le territoire avec de longs délais d’attente. Les femmes immigrées ou vivant en milieu rural rencontrent des difficultés majeures dans leurs parcours de soins. De plus, la stigmatisation et la coercition persistent : 1 femme française sur 3 a ressenti des pressions lors de l’avortement.

L'Influence des Mouvements Anti-IVG

Cette opposition émane principalement des mouvements anti-IVG, souvent d’inspiration religieuse, proches de la droite traditionnelle et de l’extrême droite. La Manif pour tous, la Fondation Jérôme Lejeune, le Centre européen pour le droit et la justice, le Congrès mondial des familles… Partout dans le monde, les acteurs anti-genre se professionnalisent, se transnationalisent, sont plus organisés, structurés et financés, sans compter leur influence croissante, y compris au sein des instances multilatérales.

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Les Conséquences des Restrictions sur l'IVG

Les obstacles engendrent non pas une baisse mais une hausse des avortements à risque, c’est-à-dire dans des conditions dangereuses, un environnement inadapté et avec du personnel insuffisamment compétent. Près de la moitié des IVG dans le monde sont pratiquées dans de telles circonstances. 7 millions de femmes sont ainsi hospitalisées chaque année et 39 000 en décèdent tragiquement. Les femmes précaires et marginalisées avec des ressources limitées sont parmi les plus affectées.

Exemples de Pays avec des Restrictions Sévères

  • Le Salvador : Le Salvador a adopté dans les années 1990 une législation draconienne qui interdit l’interruption de grossesse en toutes circonstances, même en cas de risque pour la vie de la femme. L’avortement est théoriquement passible de deux à huit ans de prison mais, dans les faits, les juges considèrent toute perte du bébé comme un « homicide aggravé », puni de 30 à 50 ans de réclusion.
  • Pologne : En Pologne, le Tribunal constitutionnel a restreint par une décision du 22 octobre 2020 le droit à l’IVG, interdisant les avortements en cas de malformation du fœtus. L’avortement n’y est permis qu’en cas de viol, d’inceste ou lorsque la vie de la mère est en danger.

Initiatives et Actions de Soutien

Oxfam a soutenu la campagne « Ma voix, mon choix » jusqu’à la victoire de cette initiative citoyenne européenne avec plus d’un million de signatures. Dans le but de garantir l’accès à l’IVG en Europe, elle vise à soutenir les femmes ne pouvant en bénéficier par la prise en charge des frais de déplacement et de santé.

L'IVG en Corée du Sud : Un Changement Historique

En République de Corée (Corée du Sud), le droit à l'IVG a été strictement limité, entre 1953 et 2020, à des motifs liés à la santé de la mère, le viol, l'inceste et la transmission de maladies héréditaires et infectieuses. Les personnels médicaux pratiquant l'avortement s'exposaient à l'application d'une peine de deux ans de prison. Le 11 avril 2019, la Cour constitutionnelle a déclaré anticonstitutionnelle l'interdiction de l'avortement, laissant au Gouvernement jusqu'à fin 2020 pour modifier la loi.

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