La coqueluche est une infection respiratoire très contagieuse causée par la bactérie Bordetella pertussis. Bien que la vaccination ait considérablement réduit le nombre de cas, la coqueluche reste une menace, en particulier pour les nourrissons de moins de 6 mois. En effet, plus de 90 % des décès liés à la coqueluche surviennent chez les bébés de moins de six mois. Cet article aborde les symptômes de la coqueluche chez les bébés de 6 mois, les options de traitement et les stratégies de prévention, notamment la vaccination.
Qu'est-ce que la coqueluche?
La coqueluche est une infection respiratoire causée par la bactérie Bordetella pertussis. La coqueluche est extrêmement contagieuse et se transmet par les gouttelettes respiratoires lorsqu'une personne infectée tousse ou éternue. Une personne atteinte de coqueluche peut contaminer en moyenne 15 à 17 personnes. La contagiosité est maximale durant la première semaine de toux.
Bien que la coqueluche puisse être contractée plusieurs fois dans la vie, elle est particulièrement dangereuse pour les personnes fragiles, notamment les nourrissons. Chez les nourrissons, la coqueluche peut entraîner des complications graves, voire mortelles, telles que la pneumonie, les convulsions, l'encéphalite, la détresse respiratoire et l'insuffisance cardiaque. La coqueluche reste en France la première cause de décès par infection bactérienne entre l’âge de dix jours et celui de deux mois.
Symptômes de la coqueluche chez le bébé de 6 mois
La coqueluche se manifeste par une toux sans fièvre. Chez les nourrissons ou les personnes non immunisées, la toux est assez caractéristique avec généralement des quintes typiques insomniantes et émétisantes avec une reprise bruyante de l'inspiration, appelée le chant du coq. Chez les personnes immunisées, elle prend parfois, la forme d’une toux banale de plus de 7 jours sans cause évidente retrouvée.
La coqueluche démarre par une phase d’incubation qui peut s’étendre sur une à trois semaines. La première semaine, le malade ne présente absolument aucun symptôme. Puis survient un écoulement nasal qui peut durer une à deux semaines, généralement sans fièvre. Au cours de cette phase, les sécrétions respiratoires sont riches en bactéries et le malade est donc déjà très contagieux.
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Ces premiers symptômes laissent ensuite place à une toux qui évolue rapidement en quintes fréquentes, prolongées, plus intenses la nuit et souvent suivies de vomissements, sans aucune fièvre : c’est la phase paroxystique. En fin de quinte, le malade reprend son souffle par une longue inspiration au son aigu : le fameux « chant du coq ».
Chez les bébés, la maladie se traduit par une toux quinteuse prolongée, parfois asphyxiante. Il est essentiel de consulter un médecin dès l'apparition de ces symptômes, car un diagnostic et un traitement précoces peuvent réduire le risque de complications.
Diagnostic de la coqueluche
Pour diagnostiquer la coqueluche, le médecin se fonde d’abord sur les symptômes du malade. Il se renseigne aussi sur l’éventuelle existence de cas de coqueluche dans l’entourage du patient. Mais l’intensité des symptômes peut fortement varier d’un patient à l’autre, en fonction du degré d’immunité déjà acquise.
Pour confirmer qu'il s'agit bien de la coqueluche, une analyse PCR (sur prélèvement naso-pharyngé) doit être réalisée dès la suspicion clinique et au plus tard jusqu'à 21 jours après le début de la toux (examen remboursé selon certains critères). La PCR (Polymerase Chain Reaction) en temps réel est une technique très sensible, rapide, utilisable en routine qui permet de détecter l’agent pathogène jusqu’à 3 semaine après le début de la toux (la sensibilité décroit avec la durée de la toux).
Elle est recommandée dans les situations suivantes :
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- Nouveau nés et nourrissons de moins de 6 mois ou de plus de 6 mois non ou incomplètement vaccinés avec une toux quinteuse ou associée à des apnées.
- Enfants, adolescents et adultes vaccinés présentant une toux supérieure à 7 jours sans cause évidente (y compris si le rappel vaccinal date de moins de 5 ans).
La culture (sur prélèvement naso-pharyngé), réalisée uniquement par certains laboratoires hospitaliers et le Centre national de référence (CNR), sert à surveiller l'évolution des souches et l’apparition de souches résistantes aux macrolides. Cet examen est possible jusqu'au 14e jour de toux (examen remboursé).
Il est à noter que la sérologie, sans apport pour le diagnostic n'est plus remboursée par l'Assurance maladie.
Traitement de la coqueluche chez le bébé de 6 mois
Pour soigner la coqueluche, une antibiothérapie est indispensable. Les antibiotiques de la famille des macrolides permettent d’éliminer rapidement les bactéries dans les sécrétions respiratoires des patients atteints de coqueluche. Ils réduisent efficacement les risques de transmission de la maladie lorsqu’ils sont donnés au tout début de l’infection. En règle générale, ce traitement autorise un retour en collectivité sous trois à cinq jours.
Afin d'éviter toute transmission, il est préconisé d'instaurer, avant le 21e jour de toux :
- une antibiothérapie curative : en première intention les macrolides et en 2e intention le Cotrimoxazole. A noter que cette antibiothérapie a une action sur la contagiosité mais peu sur la symptomatologie
- une éviction de toute collectivité (y compris dans l’attente du résultat du test) pendant 3 à 5 jours selon l’antibiotique prescrit (et 3 semaines en cas d'absence de traitement).
Les antibiotiques recommandés pour traiter une coqueluche sont :
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- Azithromycine
- Clarithromycine
- Cotrimoxazole (sulfaméthoxazole + triméthoprime)
Il n’existe pas de remède miracle pour se débarrasser de la toux causée par la coqueluche. La prise assidue des antibiotiques est impératif. Vous pouvez également adopter quelques bons réflexes pour vous soulager ou soulager l’enfant infecté :
- Humidifiez l’air du logement, afin de favoriser l’évacuation du mucus.
- Buvez régulièrement de l’eau en petites quantités.
La période de convalescence de la coqueluche peut durer plusieurs semaines.
Prévention de la coqueluche
La meilleure prévention contre la coqueluche est la vaccination. La vaccination contre la coqueluche repose sur trois stratégies :
- La vaccination précoce et obligatoire des nourrissons : la vaccination contre la coqueluche est obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018. Pour un schéma vaccinal complet, il faut 3 doses : une première injection à 2 mois, une autre à 4 mois, puis à 11 mois.
- La vaccination des femmes enceintes dès le 2nd trimestre de grossesse : cette vaccination doit être réalisée à chaque grossesse. La HAS rappelle que la vaccination de la femme enceinte constitue le moyen le plus efficace de protéger le nouveau-né et le nourrisson avant qu'ils ne puissent l'être par leur propre vaccination. Afin d’optimiser cette protection, il est recommandé de vacciner les femmes à partir du deuxième trimestre de grossesse, en privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée (entre le 5e et le 8e mois de grossesse).
- En l’absence de vaccination de la mère en cours de grossesse, la vaccination est recommandée aux personnes susceptibles d’être en contact étroit avec le nourrisson durant les six premiers mois de sa vie (stratégie de cocooning) : parents, grands-parents, assistante maternelle, etc. (hors période de recrudescence de circulation de la maladie).
En complément de la vaccination, deux mesures permettent de réduire le risque de transmission de la maladie :
- L’isolement du malade et le port du masque pendant trois à cinq jours après le début du traitement antibiotique, ou durant toute la phase de contagion s’il n’est pas traité.
- Parallèlement, des antibiotiques peuvent aussi être prescrits aux personnes de l’entourage direct du malade qui n’ont été pas vaccinées, ou chez lesquelles la dernière injection du vaccin est perçue comme trop lointaine pour les protéger : c’est l’antibiothérapie prophylactique. Concrètement, ce traitement préventif est recommandé aux enfants et aux adultes dont la dernière vaccination contre la coqueluche date de plus de 5 ans (sauf en cas de coqueluche avérée depuis moins de 10 ans) ET qui sont en contact avec des nourrissons ou des personnes fragiles.
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