Le liquide amniotique est essentiel au développement fœtal. Il agit comme protecteur et milieu d'échanges. Des perturbations telles que l'hydramnios et l'oligoamnios peuvent survenir, affectant la santé de la mère et du fœtus. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète du liquide amniotique, son rôle, les anomalies associées, et les interventions médicales possibles.
Rôle et Composition du Liquide Amniotique
Le liquide amniotique est celui dans lequel un bébé baigne dans le ventre de sa mère. Ce liquide stérile lui offre le confort et la protection d’un véritable cocon, mais son rôle ne s’arrête pas là. Dès le 7ème jour suivant la fécondation, la cavité amniotique commence à se former. Au bout de 3 semaines, cette cavité située au-dessus de l'embryon ne mesure pas plus de 2 mm. En se développant, elle va former la poche de liquide dans laquelle se développera le fœtus.
Fonctions Clés
Le liquide amniotique assure différentes fonctions tout au long de la grossesse :
- Protection : Il fait office de barrière, protégeant le fœtus des chocs et des bruits.
- Environnement stable : Il assure un environnement adapté à son bon développement, en lui offrant une température stable de 37,5°C et en lui permettant de se mouvoir suffisamment pour assurer son bon développement moteur et musculaire.
- Rôle antibactérien : Il assure surtout un rôle antibactérien capital pour protéger la santé du bébé.
Composition
Le liquide amniotique se compose principalement d'eau : 96%. Le liquide amniotique contient également des acides aminés, des minéraux et des oligo-éléments (sodium, potassium, calcium, etc.), mais aussi du glucose (1g/L) et du dioxygène (3mg/L).
Production et Renouvellement
Au cours des premières semaines, le liquide est sécrété par l'embryon grâce à l'extravasation, un phénomène d'expansion cellulaire. Au cours de la 20ème semaine d'aménorrhée, le fœtus débute sa kératinisation : la peau devient imperméable et ne laisse plus passer le liquide. Le liquide amniotique est constamment renouvelé grâce à un phénomène de réabsorption. Le bébé déglutit le liquide, qui circule ainsi à travers son système digestif et son système respiratoire. Une partie du liquide est alors transformé en urine ; l'autre partie est absorbée et transmise à sa mère grâce au placenta : ce sont finalement les reins de la future maman qui achèveront de le filtrer. La quantité de liquide amniotique est un indicateur de bon fonctionnement de la perfusion rénale, de la circulation fœtale et des échanges materno-fœtaux.
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Volume
Le volume de liquide amniotique augmente progressivement au cours de la grossesse, au fur et à mesure de la croissance de bébé. Il passe ainsi de 20 à 200 ml au cours des 16 premières semaines d'aménorrhées. Entre 20 SA et 34 SA, il se stabilise autour de 980 ml.
Anomalies du Liquide Amniotique
La quantité de liquide amniotique est un indicateur de bon fonctionnent de la perfusion rénale, de la circulation fœtale et des échanges materno-fœtaux. C'est donc l'un des éléments surveillés tout au long de la grossesse. Cette estimation visuelle reste subjective, bien que des signes puissent orienter le diagnostic.
Oligoamnios
Dans le cas d'une quantité trop faible de liquide amniotique, on parle d'oligoamnios. Oligoamnios et anamnios sont des termes utilisés pour évoquer un manque de liquide amniotique durant la grossesse. C’est l’anamnios, l’absence totale de liquide amniotique, qui donne le pronostic de grossesse le plus défavorable.
Causes de l'oligoamnios
Le fœtus a besoin du liquide amniotique pour évoluer et grandir correctement in utero, et l’absence de ce liquide indique potentiellement des malformations fœtales, puisque l’embryon est censé produire lui-même ce liquide.
- Malformations fœtales : Puisque l'embryon est censé produire lui-même ce liquide.
- Anomalies de l'appareil urinaire :
- Insuffisance placentaire :
- Prise de certains médicaments : Ces substances entraînent des anuries fœtales transitoires (insuffisance rénale fonctionnelle) et en cas d'exposition prolongée, l'anurie peut devenir définitive (insuffisance rénale définitive). Utilisés comme antihypertenseurs.
- Autres causes rares : Obstruction de la jonction urétéro-vésicale bilatérale, VACTERL (vertebral, anal, cardiac, tracheo-esophageal, renal, limb) association, malformations thoraciques (les poumons normaux participent partiellement à production du liquide amniotique) : l'atrésie trachéale et les obstructions totales de la voie respiratoire supérieure (atrésie du larynx et de la glotte) sont des rares étiologies de l'oligoamnios.
Risques associés à l'oligoamnios
Tout comme l'hydramnios, cette anomalie est susceptible d'entrainer des troubles pour le fœtus, trop comprimé, notamment une malformation de membres ou des poumons. Cela complique souvent l'accouchement, car le recours à la césarienne est fréquent. Les risques sont plus importants si l'oligoamnios apparaît tôt durant la grossesse.
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- Retard de croissance : Le fœtus peut présenter un retard de croissance.
- Hypoplasie pulmonaire : Caractérisée par une circonférence thoracique diminuée ; la première cause de mortalité liée à l'oligoamnios.
- Complications lors de l'accouchement : Le recours à la césarienne est fréquent.
- Infections fœtomaternelles : En cas de rupture des membranes.
- Morbidité élevée : Si présence d'un oligoamnios. Un score = 0 est de haute signification pathologique.
Définition
Oligoamnios (oligohydramnios) : l'oligoamnios sévère quand la plus grande citerne visible est inférieure à 2 cm (sur le plan vertical, mais pour certains auteur : < 2 cm sur les plans vertical et horizontal) ou l'index amniotique inférieur à 5 cm.
Diagnostic
Tout d’abord, le médecin gynécologue ou la sage-femme qui assure le suivi de grossesse mesure la hauteur utérine à l’aide d’un mètre de couturière, ainsi que le périmètre ombilical. Certains signes d'anomalies apparaissent à l'échographie.
Hydramnios
Lorsqu'une jeune maman présente un volume trop important de liquide amniotique, on parle d'hydramnios.
Symptômes de l'hydramnios
En cas d'hydramnios aigu, la future maman est souvent victime de douleurs utérines, car l'utérus est distendu par le poids du liquide. Elle peut également souffrir d'oedèmes ainsi que d'une gêne respiratoire grave.
Risques associés à l'hydramnios
Les conséquences de l'hydramnios aigu peuvent être graves, aussi bien pour elle que pour son enfant : accouchement prématuré, rupture prématurée des membranes, décollement placentaire… Si cette anomalie peut se révéler mortelle pour le fœtus, il est à noter qu'elle demeure rare : 1/6000 grossesses environ.
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Diagnostic
En cas d'hydramnios, l'échographie révèle une surdistention utérine.
Surveillance et Traitement des Anomalies du Liquide Amniotique
En cas d'anomalie du liquide amniotique, le suivi de grossesse est plus strict. Les échographies sont plus fréquentes, à la fois pour surveiller le bon développement du fœtus et pour observer l'évolution du niveau de liquide amniotique.
Surveillance
La médecin et chercheuse Zeineb Jemni, exerçant à l’hôpital Sahloul de Sousse, en Tunisie, a étudié avec son équipe les potentiels liens entre la détection d’un oligoamnios pendant la grossesse et la présence d’une hydronéphrose à la naissance. L’hydronéphrose anténatale est la malformation congénitale la plus fréquente. Zeineb Jemni et son équipe ont suivi 84 nouveau-nés souffrant d’hydronéphrose et ont relevé qu’un oligoamnios avait été détecté pendant la grossesse pour 21 d’entre eux.
Traitement
En cas de diabète ou d'infection, le médecin prescrit un traitement adapté. Dans certains cas, il peut également procéder à un drainage du liquide amniotique.
- Déclenchement de l'accouchement : En cas de rupture prématurée des membranes, le déclenchement de l’accouchement peut, par exemple, être une option à envisager, si le terme de la grossesse est suffisamment proche.
- Interruption médicale de grossesse (IMG) : Dans les cas où l’oligoamnios est diagnostiqué précocement et/ou qu’il s’accompagne d’une malformation fœtale ou d’une anomalie chromosomique, une interruption médicale de grossesse (IMG) est proposée.
- Autres options : Dans de très rares cas, une autre option peut être envisagée.
Rupture des Membranes
Le liquide amniotique est contenu par la cavité utérine, constituée de deux membranes : l'amnios et le chorion. Lorsque ces membranes se rompent, elles provoquent un écoulement de liquide.
Rupture à Terme
La rupture des membranes à terme est un processus normal (voir notre article sur le déclenchement de l'accouchement). L'écoulement du liquide amniotique joue alors un rôle de lubrifiant afin de faciliter l'accouchement, qui est imminent.
Rupture Prématurée
La rupture des membranes prématurée se produit avant terme. Dans ces cas-là, la future maman est hospitalisée afin de retarder l'accouchement si possible jusqu'à la 37ème semaine d'aménorrhée. Elle est soumise à une surveillance étroite ainsi qu'à un traitement antibiotique afin de protéger le bébé des infections virales. Une rupture prématurée survenant avant 22 semaines d'aménorrhées est très risquée. Environ 2 % des amniocentèses se compliquent d'un écoulement de liquide amniotique qui est souvent temporaire (durant d'environ une semaine) et qui s'arrête d'elle-même.
Pré-éclampsie et Liquide Amniotique
La pré-éclampsie se trouve dans de nombreuses affaires de responsabilité médicale du gynécologue-obstétricien car il s’agit d’une pathologie de la grossesse relativement fréquente. La pré-éclampsie est liée à une atteinte de la couche interne des vaisseaux sanguins maternels limitant l’adaptation vasculaire du placenta au cours de la grossesse. Quel que soit le niveau de gravité, une hospitalisation est indiquée.
Surveillance de la Pré-éclampsie
La surveillance clinique doit être quotidienne avec une surveillance du pouls et de la tension artérielle toutes les huit heures avec éventuellement la mise sous scope pour un meilleur suivi des paramètres vitaux. Outre la recherche d’un œdème des membres inférieurs, il faut faire un bilan des entrées et des sorties dont la diurèse sur 24 heures. La surveillance biologique est à adapter à la sévérité de la pré-éclampsie avec recherche de protéines dans les urines sur 24 heures avec aussi rapport protéinurie/créatininurie.
La hauteur utérine doit être suivie outre la présence des mouvements actifs fœtaux. Il faut également suivre le rythme cardiaque fœtal et, en cas de retard de croissance fœtale, la variabilité à court terme. Il faut aussi effectuer des échographies de croissance et du liquide amniotique outre doppler ombilical et doppler cérébral.
Traitement de la Pré-éclampsie
La pré-éclampsie nécessite une hospitalisation même en l’absence de critère de gravité. En cas de critères de gravité, une hospitalisation ou un transfert en réanimation ou unité de surveillance continue s’impose. Les traitements à utiliser en première intention sont la nicardipine ou le labétalol. La tension artérielle systolique doit être maintenue à un niveau inférieur à 160 mmHg.
En cas de pré-éclampsie qui n’est pas sévère et si l’état maternofœtal le permet, l’attente est indiquée jusqu’à 37 SA. En cas de pré-éclampsie sévère, la conduite à tenir dépend de l’âge gestationnel. Après 34 SA, il est recommandé de provoquer la naissance par déclenchement ou césarienne selon le score de Bishop et l’urgence. Par contre, entre 24 et 34 SA, le plus souvent la poursuite de la grossesse est justifiée sous surveillance médicale pendant 36 à 48 heures afin de permettre la maturation pulmonaire fœtale par corticothérapie, le but étant d’atteindre le terme de 34 SA. En cas d’urgence majeure, il faut effectuer une extraction fœtale sans délai mais seulement après stabilisation de la patiente.
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