Le contrôle des naissances est un sujet complexe, aux multiples facettes, influencé par des facteurs historiques, sociaux, économiques et religieux. Il est essentiel de comprendre sa définition, son évolution et les enjeux qu'il soulève.
Définition du Contrôle des Naissances
Le contrôle des naissances, ou "Demographic control" en anglais, se définit comme l'ensemble des moyens utilisés par les couples pour déterminer le nombre d'enfants qu'ils souhaitent avoir. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la contraception comme « l'utilisation d’agents, de dispositifs, de méthodes ou de procédures pour diminuer la probabilité de conception ou l’éviter ». La contraception désigne uniquement les procédés temporaires et réversibles, contrairement à la stérilisation (castration, vasectomie ou ligature des trompes). L'étymologie du mot "contraception" vient du latin "contra" (contre) et "conceptio" (conception), signifiant littéralement "contre la conception".
Aperçu Historique du Contrôle des Naissances
Des Pratiques Ancestrales à la Révolution Contraceptive
Si, depuis l’Antiquité, les hommes et les femmes essaient de contrôler les naissances, comme en témoigne l’ouvrage grec Maladies de femmes de Soranos d’Éphèse (IIe siècle avant J.-C.), cette pratique ne se généralise qu’à partir du XVIIIe siècle en France et du XIXe siècle dans le reste de l’Europe, pour être alors perçue comme un choix légitime. La baisse de la natalité qui survient au XIXe siècle n’est ainsi pas due au développement du célibat et à la hausse de l’âge moyen au mariage, comme ce fut le cas dans le passé, mais à la limitation des naissances pratiquée au sein des couples mariés.
Le contexte dans lequel elle se produit est pourtant plutôt hostile puisque l’Église, les médecins et les responsables politiques s’opposent alors à toute forme de limitation des naissances. Dès 1803, l’avortement est condamné en Grande-Bretagne dans le Lord Ellenborough’s Act, un exemple suivi par de nombreux autres pays d’Europe : en France dans l’article 317 du Code pénal de 1810 et dans l’Empire allemand en 1871 (Strafgesetzbuch, paragraphes 218, 219, 220). Cette position des états européens peut surprendre, car l’économiste anglais Thomas Malthus (1766-1824) avait au contraire mis en avant, dans son Essai sur le principe de population paru en 1798, la menace que la croissance démographique représentait à ses yeux pour la prospérité économique.
Mais le fort essor démographique de la deuxième moitié du XIXe siècle s’accompagne d’une baisse de la fécondité et d’une émigration massive, qui font craindre un affaiblissement politique, économique, et plus encore militaire. Comment alors expliquer la généralisation des pratiques de limitation des naissances ? La diffusion de moyens de contraception mécanique, comme le préservatif, ne joue qu’un rôle mineur, ceux-ci étant réservés à une petite élite, en raison de leur coût. On estime ainsi à 16 % seulement la proportion de couples anglais mariés utilisant des moyens de contraception mécaniques avant 1910.
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Si la limitation du nombre de naissances survient au XIXe siècle le plus souvent dans le contexte de l’industrialisation, elle apparaît avant tout comme un facteur d’ascension sociale : elle permet d’améliorer le niveau de vie du ménage et les chances de la nouvelle génération. S’impose ainsi progressivement l’idée que c’est aux parents de travailler pour leurs enfants et non l’inverse. En d’autres termes, l’apport des enfants n’est plus d’ordre économique, mais émotionnel. En d’autres termes, la maîtrise des naissances s’explique notamment par l’évolution des mentalités.
Les idées néo-malthusiennes gagnent en audience, portées par des représentants peu nombreux mais efficaces dans la diffusion de leurs idées, comme Annie Besant (1847-1933) et George Bradlaugh (1833-1891) en Grande-Bretagne. L’économiste suédois Knut Wicksell (1851-1926) estime ainsi qu’un ménage devrait avoir un nombre d’enfants correspondant à ses moyens financiers. Pour autant, la plupart des pays d’Europe maintiennent la pénalisation de l’avortement et l’étendent aux méthodes contraceptives, une approche qui se renforce à l’issue de la Première Guerre mondiale en raison des importantes pertes humaines subies. La loi du 31 juillet 1920 condamne ainsi, en France, la vente et la diffusion d’informations sur les méthodes anticonceptionnelles. Ce durcissement n’empêche pas l’avortement de se développer, en particulier dans les pays touchés par la crise de 1929. On estime ainsi à un million le nombre d’avortements par an en Allemagne entre 1930 et 1932, soit autant que de naissances. C’est la raison pour laquelle les politiques s’assouplissent dans de nombreux pays d’Europe, dans un souci de santé publique, l’accent étant mis sur la protection de la maternité et de l’enfance. Cela se traduit par des réformes, comme l’abrogation en Suède en 1938 de la loi anti-contraceptive de 1910, ou par une application moins stricte des législations, comme en Allemagne sous la République de Weimar.
Le baby-boom, qui se généralise en Europe après la Seconde Guerre mondiale, relègue au second plan la crainte d’une dépopulation. L’Union soviétique libéralise alors de nouveau l’avortement en 1955, un exemple repris progressivement par l’ensemble du bloc de l’Est, mais qui s’achève avec la fin du baby-boom. Dans l’Ouest de l’Europe, l’avortement reste longtemps illégal, mais la pilule fait son apparition dans les années 1960, provoquant une véritable révolution contraceptive. L’Allemagne est le premier pays d’Europe à la légaliser, dès 1961. La France suit en 1967, avec la loi Neuwirth (décrets d’application, en 1971), suscitant de vives critiques de la part de l’Église catholique. Dans l’encyclique Humanae Vitae, publiée le 25 juillet 1968, le pape Paul VI condamne explicitement la contraception. L’essor de la pilule renforce le débat sur les moyens accessibles en cas d’échec, notamment l’avortement, suscitant une nouvelle opposition entre les gouvernements et les comportements dans la population - le taux de recours à l’IVG restant élevé.
Avec le développement des mouvements féministes dans les années 1960 et 1970, plusieurs pays reconnaissent le droit à l’avortement, comme la Grande-Bretagne avec l’Abortion Act de 1967. En France, avec le manifeste paru en France le 5 avril 1971 de 343 femmes reconnaissant avoir avorté, les femmes expriment le souhait de pouvoir disposer librement de leur corps et de choisir le moment d’avoir un enfant. En 1974, la loi Veil autorise enfin l’interruption volontaire de grossesse en France. Ces différences d’un pays à l’autre se retrouvent également dans les pratiques contraceptives. S’il était et reste toujours pour beaucoup un moyen pour limiter le risque de déclassement social, le contrôle des naissances devient pour les femmes un moyen de liberté et d’indépendance. De fait, une fois le processus engagé, on constate qu’aucun pays d’Europe n’est revenu en arrière.
Politiques de Contrôle des Naissances à Travers le Monde
La politique de contrôle des naissances mise en œuvre dans divers pays a suivi différentes finalités et différents moyens. Elle a ainsi pu aller de pair avec l'eugénisme (notamment sous le nazisme) ou avec des méthodes de stérilisation contraintes (Japon, États-Unis, Suède, Allemagne nazie, Pérou sous Fujimori dans les années 1990, etc.). D'autres fois, elle a plutôt incité à des comportements permettant une baisse du taux de fécondité, notamment via le droit ou l'économie. D'autres pays ont au contraire mis en place une politique nataliste, visant à l'augmentation de la fécondité (notamment la France sous la Troisième République, ainsi que l'Italie fasciste ou l'Allemagne nazie).
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Après la Seconde Guerre mondiale, les méthodes contraignantes (en particulier les programmes de stérilisations contraintes) ont perdu de leur légitimité en même temps que l'eugénisme, bien que certains programmes aient été continués (aux États-Unis jusqu'aux années 1960, au Pérou dans les années 1990). Les États ont eu alors tendance à procéder via des incitatifs non contraignants, sous le nom de planning familial, à l'exception notable de l'Inde et de la Chine.
L'aspect contraignant des méthodes de contrôle des naissances a été dénoncé en particulier dans les années 1980, certains auteurs soulignant la continuité entre les méthodes mises en œuvre par des régimes démocratiques et celles utilisées par des régimes totalitaires. La promotion de la maîtrise des populations (en partie soutenue par des organisations internationales comme l'OMS) a mené à déployer la contraception dans des pays à économie fragile et à population en forte croissance après la révolution agricole (augmentation de la capacité à nourrir les populations) et la révolution médicale (déploiement international de médicaments, de règles d'hygiène et de pratiques réduisant sensiblement la mortalité).
Ces politiques ont été initiées dès les années 1950 par l'Inde et le Pakistan, et continueront, de manière brutale en Chine et en Inde, lors des années 1980. Ces deux pays, les plus peuplés du XXe siècle, ont en effet eu massivement recours à la contraception, à l'avortement et à la stérilisation afin de limiter la croissance de leur population. Ainsi, dans le canton chinois de Linyi (province de Shandong), une campagne de stérilisations et d'avortements forcés a affecté 7000 femmes en 2005 . Les fonctionnaires du planning familial ont voulu rectifier de force les mauvais chiffres de la natalité dans cette région. Le sommet est atteint en 1983, avec plus de 50 millions de personnes concernées, par des moyens très divers (16 millions de femmes stérilisées et 4 millions d'hommes; 14 millions d’avortements; 18 millions d’insertions de dispositifs intra-utérins).
La scolarisation, l'accès aux soins, l'augmentation de la durée du célibat des femmes et l'urbanisation réduisent la natalité. Dans de telles conditions, la plupart des populations adoptent un taux de natalité proche du taux occidental. En général, les politiques de contrôle des naissances auraient cependant eu un effet modéré, malgré les fonds engagés dans les années 1970. Au Brésil, la baisse du taux de fécondité a ainsi eu lieu en l'absence de programme de planning familial, occasionné par la hausse du niveau d'éducation des femmes.
Méthodes de Contrôle des Naissances
De nombreuses méthodes de contraception sont utilisées par les humains depuis la nuit des temps. Elles peuvent être classées en différentes catégories :
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- Méthodes barrières : préservatif masculin, préservatif féminin, spermicides, diaphragme et cape cervicale.
- Contraception hormonale féminine : pilule (combinée ou progestative), implant hormonal, progestatifs injectables, "patch" ou timbre contraceptif, anneau vaginal, stérilet aux hormones (SIU).
- Contraception hormonale masculine (en cours d'expérimentation) : association d'une pilule progestative ou d'un implant hormonal à de la testostérone.
- DIU (Dispositif Intra-Utérin) ou stérilets : DIU "classique" au cuivre, DIU hormonal (SIU).
- Méthodes de stérilisation chirurgicales : ligature des trompes, vasectomie (y compris la méthode Essure, non chirurgicale).
- Méthodes naturelles : coït interrompu ou "retrait", douche vaginale (peu efficace), méthodes observant le cycle menstruel féminin (méthode des températures, observation de la glaire ou méthode Billings, méthode symptothermique, méthode Ogino), allaitement à la demande.
Il est important de noter que les méthodes dites naturelles ne sont parfois pas considérées comme des moyens de contraception. Jusqu'aux années 1960, la contraception était pratiquement exclusivement mécanique.
Le Planning Familial
La 1ère Conférence mondiale sur la population a lieu à Rome en 1954. En 1965, l'expression « planification familiale » est utilisée pour la première fois lors de la 2e Conférence mondiale sur la population. L'O.N.U. s'engage alors, par l'intermédiaire de l'O.M.S., dans une politique de développement d'activités de planification familiale. Des centres de planification familiale, publics ou privés, sont mis en place dans beaucoup de pays à travers le monde. Un centre de planning familial en Malaisie.
Dans les pays occidentaux, la contraception et l'avortement sont considérés comme des sujets tabous avant 1965. Les gouvernements redoutent les conflits moraux et politiques que la légalisation de tels actes pourrait engendrer, malgré l'attitude plutôt favorable de l'opinion publique. Aujourd'hui, les préservatifs sont en vente libre, tandis que les ventes de pilules et de stérilets sont soumises à une prescription médicale. La stérilisation est autorisée dans de nombreux pays après consentement éclairé et délai de réflexion. Les lois sur l’avortement varient selon les pays : celui-ci est interdit ou légalisé et, dans ce dernier cas, la durée de gestation où l’I.V.G.
Situation Actuelle en France
Les données les plus récentes sur la structure et l’évolution de la population en France sont présentées sous forme de tableaux, réalisés à partir des publications régulières de l’Insee et des estimations et calculs de l’Ined. Les données peuvent aussi être téléchargées sous forme de séries remontant plus loin dans le passé. «Evolution de la population» propose des chiffres sur la « France entière» incluant les DOM. Les autres rubriques concernent la France métropolitaine, pour laquelle les données disponibles sont plus complètes et homogènes sur de longues périodes.Evolution de la populationLes tableaux pour la « France entière » regroupent les données sur la France métropolitaine et les quatre départements d’outre-mer (DOM). Ces chiffres n’incluent pas Mayotte, devenue le cinquième département d’outre-mer depuis le 31 mars 2011, ni les autres territoires et collectivités d’outre-mer : Nouvelle Calédonie, Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis et Futuna. mouvements de la population. l’état civil. on les rapporte souvent à la population moyenne de l’année. rendent possible la maîtrise de la fécondité. par l’Ined auprès de l’ensemble des femmes depuis 1978. des statistiques hospitalières. mesurer les variations de la mortalité. âge permettent de calculer des tables de mortalité. mortalité observées au cours de l’année. nombre d’habitants qui ne sont pas nés sur le territoire. les Français par acquisition. encore étrangers au recensement ou être devenus Français.
Ayant une population moindre que l'Allemagne, son ennemi traditionnel, la France applique une politique nataliste au début du XXe siècle. Elle interdit ainsi, le 31 juillet 1920, la propagande anticonceptionnelle. Cette politique sera poursuivie tout au long de la Troisième République, puis sous Vichy. L'année 1961 connaîtra, en mars, la condamnation de « tout procédé contraceptif ou moyen stérilisant qui a pour but d'entraver la venue au monde des enfants », par l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France.
Seules 5 % des françaises âgées de 18 à 45 ans n’utilisent aucune méthode contraceptive, et plus des deux tiers des grossesses non-désirées interviennent chez des femmes qui déclarent utiliser un moyen contraceptif. Alors que l'âge du premier rapport sexuel ne bouge pas depuis 20 ans (17 ans en moyenne), l'âge moyen d'une mère à la naissance de son premier enfant augmente sans cesse (26,5 ans en 1977 à près de 30 ans en 2004).
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