Le vaginisme, un trouble sexuel féminin méconnu mais répandu, se manifeste par des contractions involontaires des muscles du plancher pelvien lors de tentatives de pénétration vaginale. Cet article explore en détail ce trouble, ses différentes formes, son diagnostic, et les solutions disponibles pour aider les femmes à retrouver une vie sexuelle épanouie.

Définition du Vaginisme

Le vaginisme est un dysfonctionnement sexuel caractérisé par une contraction involontaire et réflexe des muscles du plancher pelvien entourant le vagin. Cette contraction se produit en anticipation ou lors d'une tentative de pénétration vaginale, que ce soit par un pénis, un doigt, un tampon ou un spéculum. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) définissent le vaginisme comme une contraction involontaire, répétée et persistante des muscles périnéaux entourant le tiers externe du vagin lors d'une tentative de pénétration.

Il est important de noter que, par définition, les organes génitaux des femmes atteintes de vaginisme sont normaux et exempts de toute pathologie. Cependant, à chaque tentative de pénétration, l'orifice vaginal se referme involontairement en raison de spasmes musculaires que la femme ne peut contrôler. Cette réaction peut être comparée à un clignement de l'œil face à une menace.

La contracture musculaire en elle-même n'est généralement pas douloureuse. La douleur peut survenir lors d'une tentative de pénétration alors que le vagin est fermé, créant ainsi un cercle vicieux : l'appréhension de la douleur déclenche la contracture, qui provoque à son tour la douleur, augmentant ainsi l'appréhension. Il est crucial de comprendre que cette douleur est réelle et non pas uniquement psychologique.

Le vaginisme peut s'inscrire dans un contexte plus large de refus, de phobies sexuelles, d'aversion sexuelle et de troubles du désir ou de l'excitation. Cependant, il n'empêche souvent pas la réponse sexuelle normale, l'excitation, la lubrification et l'orgasme obtenus par la stimulation clitoridienne.

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Types de Vaginisme

On distingue principalement deux types de vaginisme en fonction de leur apparition :

  • Vaginisme primaire : La pénétration s'est avérée impossible ou difficile depuis le début de la vie sexuelle de la femme. C'est la forme la plus fréquente de vaginisme, apparaissant souvent au début de la vie sexuelle, et la femme est souvent vierge.
  • Vaginisme secondaire : Il apparaît après une période de vie sexuelle satisfaisante et sans problème particulier.

On peut également distinguer les vaginismes selon leur étendue :

  • Vaginisme global : Il se produit dans toutes les situations et avec tout objet, quel que soit le partenaire ou la tentative de pénétration (examen gynécologique, tampon, rapport sexuel, etc.).
  • Vaginisme situationnel : Il ne se produit que dans certaines situations, par exemple avec un partenaire mais pas d'autres, ou lors de rapports sexuels mais pas avec des tampons ou lors d'examens pelviens, ou vice versa. Le vaginisme ne rend donc pas toujours toute pénétration impossible.

Diagnostic du Vaginisme

Un médecin devrait être en mesure de poser un diagnostic après avoir posé quelques questions et procédé à un examen. L'examen gynécologique est essentiel pour exclure toute cause physique à l'impossibilité de pénétration, comme une vestibulodynie ou une autre vulvodynie. Dans certains cas, un hymen trop résistant peut être la cause, mais il faut se garder de considérer l'hyménotomie (incision chirurgicale de l'hymen) comme une solution garantie, car l'impossibilité de pénétration est le plus souvent due au vaginisme, causé par la contraction des muscles pelviens, indépendamment de la présence ou non de l'hymen.

Lors d'une tentative de pénétration, la femme peut ressentir une douleur décrite comme une brûlure ou un déchirement, avec des sensations telles que "C'est comme s'il frappait un mur" ou "C'est comme s'il était trop gros pour moi". Dans certains cas, la pénétration est impossible mais pas douloureuse. La douleur peut s'atténuer ou être moins aiguë pendant les rapports sexuels.

Témoignages

Voici quelques témoignages de femmes vivant avec le vaginisme :

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  • Marie, 25 ans : "Au début, je m'obstinais à tenter la pénétration malgré la douleur, car je ne voulais pas admettre que j'avais un problème. J'ai vite compris que c'était une erreur, car cela n'a fait qu'inciter mon corps à développer encore plus son réflexe de défense, augmentant encore la douleur. La peur s'est installée durablement, j'appréhendais de plus en plus les câlins, jusqu'à les éviter. Puis j'ai réagi, dit 'stop' et ai commencé un travail sur moi. Aujourd'hui, je fais des exercices avec mon homme, et nous tentons de temps à autre la pénétration. La douleur est toujours là, mais plus supportable."
  • Sonia, 22 ans : "Ça bloquait comme s'il y avait un mur, mais ça ne faisait pas mal tant que je ne forçais pas à fond. Dès que ça va rentrer, là : contraction des cuisses, des abdos, et surtout des muscles périvaginaux, sans parler du cœur qui bat et du visage crispé, et parfois une ou deux larmes qui coulent !"
  • Audrey, 30 ans : "J'étais contractée 24 h/24 au début, avec une douleur quand je ressentais du désir car je me contractais encore plus. Pendant des années, impossible d'introduire quoi que ce soit dans ce vagin. Ensuite, quand j'ai décidé de regarder le problème en face et de faire des exercices, ça s'est peu à peu arrangé, jusqu'à ce que je rencontre mon chéri. On n'a pas insisté là-dessus, on a fait des câlins autrement et ça m'a aidé à reprendre confiance en moi et à retrouver du désir et du plaisir. Et puis petit à petit, avec les exercices, on a pu faire des essais qui se passaient moins mal, jusqu'à ce que ça marche pour de bon."

Solutions et Traitements

Le vaginisme est un trouble qui se soigne, et il est important de briser les tabous et d'encourager les femmes à chercher de l'aide. Il est plus facile de traiter le vaginisme lorsqu'il se manifeste depuis quelques mois plutôt que depuis plusieurs années.

Voici quelques approches thérapeutiques :

  • Thérapie sexuelle : Consulter un médecin sexologue ou un sexothérapeute, seule ou en couple, peut aider à résoudre le problème.
  • Psychothérapie : Une psychothérapie, seule ou en couple, peut également s'avérer nécessaire pour explorer les causes psychologiques du vaginisme.
  • Exercices de Kegel : Apprendre à contrôler les muscles autour du vagin à l'aide d'exercices peut aider à désapprendre le réflexe musculaire involontaire.
  • Dilatateurs vaginaux : L'utilisation de dispositifs médicaux appelés dilatateurs vaginaux ou bougies peut aider à progressivement détendre les muscles vaginaux.
  • Injections de toxine botulique : Dans certains cas, l'injection de toxine botulique au niveau du vagin peut entraîner une relaxation des muscles du plancher pelvien et rendre la pénétration possible et sans douleur.

Quel que soit le traitement choisi, le soutien du partenaire est essentiel.

L'Orgasme Féminin : Au-Delà de la Pénétration

Il est important de souligner que le vaginisme n'empêche pas le plaisir sexuel. Les femmes qui en souffrent peuvent éprouver du désir, aimer faire l'amour avec leur partenaire et même atteindre l'orgasme grâce à la stimulation clitoridienne.

L'orgasme féminin est une expérience complexe et subjective, souvent difficile à décrire. Il se caractérise par une sensation de plaisir intense, un état de conscience modifié, des contractions des muscles pelviens et vaginaux, et une décharge hormonale qui procure une sensation de bien-être.

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L'orgasme peut être atteint par différentes formes de stimulation, notamment :

  • Stimulation externe du clitoris : Le clitoris, riche en récepteurs nerveux, est une zone érogène clé pour l'orgasme féminin.
  • Stimulation interne par le vagin : La stimulation vaginale, résultant de la contraction des muscles vaginaux lors d'activités sexuelles avec pénétration, peut également conduire à l'orgasme.
  • Autres formes de stimulation : La stimulation d'autres zones érogènes, comme les seins, l'anus, les pieds ou les oreilles, peut également contribuer à l'excitation sexuelle et à l'orgasme.

Il est essentiel de se rappeler que la satisfaction sexuelle ne doit pas reposer uniquement sur l'orgasme. Ce qui compte réellement, c'est l'expérience sexuelle dans son ensemble.

Dysorgasmie : Quand l'Orgasme Devient Difficile ou Douloureux

La dysorgasmie est un trouble orgasmique qui se manifeste par la difficulté à atteindre l'orgasme ou par la douleur ressentie au moment de l'orgasme ou juste après. Ce trouble peut avoir un impact négatif sur la vie sexuelle et l'estime de soi.

Les causes de la dysorgasmie peuvent être variées, et la prise en charge dépend de chaque situation. Il est important d'en parler avec son partenaire et de consulter un professionnel de la santé.

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