La mise bas chez la chèvre est une étape cruciale qui requiert une préparation minutieuse et une surveillance attentive. Bien que la plupart des naissances se déroulent sans complications, il est essentiel de connaître les signes annonciateurs, le déroulement normal du travail, ainsi que les problèmes potentiels pouvant survenir. Cet article explore les causes des contractions faibles chez la chèvre, les solutions possibles et les mesures préventives à mettre en place pour assurer une mise bas réussie et la santé de la mère et des chevreaux.

I. Préparation à la Mise Bas

Une préparation minutieuse est essentielle pour une mise bas sans encombre. La naissance d'un chevreau est un moment crucial. Commencez par identifier la date de mise bas approximative, en tenant compte de la date de saillie.

A. Aménagement de l'Espace de Mise Bas

Créez un espace dédié à la chèvre, une case propre, spacieuse, bien aérée et isolée des courants d’air. Il est important de bien préparer l'espace de mise bas pour assurer le bien-être de la chèvre et de ses chevreaux. Choisissez un endroit propre, sec, bien ventilé et isolé des courants d'air, à l'abri des prédateurs et des regards indiscrets. L'idéal est une zone spacieuse, facile à nettoyer et à désinfecter, avec un sol absorbant et confortable pour la mère. Une litière épaisse de paille propre et sèche est recommandée, offrant à la fois chaleur et absorption des liquides. Éloignez tout objet susceptible de blesser la chèvre ou les chevreaux, tels que des outils, des fils électriques ou des objets tranchants. Assurez-vous que la température ambiante est adéquate, évitant à la fois le froid et la surchauffe. Une température comprise entre 15 et 20°C est généralement idéale. Prévoyez un endroit où la chèvre pourra s'isoler du troupeau, sans pour autant être trop loin (ce qui pourrait la stresser).

B. Hygiène et Matériel Nécessaire

Le sol doit être confortable, recouvert de paille propre et sèche, régulièrement changée. Assurez-vous d’avoir à disposition une réserve suffisante de foin de bonne qualité, de l’eau fraîche et propre, et un supplément minéral adapté aux besoins de la chèvre gestante. L'hygiène est primordiale : désinfectez la zone avant la mise bas. Préparez du foin propre, de l'eau fraîche et une couverture chaude. Ayez à portée de main un thermomètre rectal pour contrôler la température de la chèvre et un flacon de désinfectant approprié. En cas de doute, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire pour une consultation préventive, afin d'évaluer l'état de la chèvre et de discuter de la meilleure approche pour la période de mise bas. Portez des gants et des vêtements propres pendant le nettoyage afin d'éviter toute contamination. Assurez-vous que l'espace est bien drainé pour prévenir l'accumulation d'humidité, facteur de risque d'infection. Après la mise bas, nettoyez et désinfectez régulièrement l'espace pour maintenir un environnement hygiénique optimal.

C. Surveillance de la Chèvre Gestante

Il est crucial de surveiller régulièrement le poids et l'état de santé de la chèvre durant la gestation. Des signes de faiblesse, d'anorexie ou de comportement inhabituel doivent alerter. La tranquillité de la chèvre est primordiale; évitez tout stress excessif dans les jours précédant la mise bas. Une préparation adéquate est cruciale. Assurez-vous que la chèvre est en bonne santé, avec un poids idéal et une alimentation riche en nutriments. Contactez votre vétérinaire pour un examen prénatal et planifiez une visite post-partum. Durant le tarissement, attention à la ration qui doit être équilibrée afin d’éviter les excès. Certains aliments, comme l’ensilage d’herbe et les légumineuses (trèfle violet et luzerne principalement) le dernier mois de gestation semble également être des aliments prédisposants.

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II. Signes Annonciateurs de la Mise Bas

Plusieurs signes permettent d'anticiper la mise bas. L'observation attentive de votre chèvre est essentielle. Il est important de les reconnaître pour être préparé à assister la chèvre le moment venu.

A. Changements de Comportement

Quelques jours avant l'accouchement, vous pourrez remarquer un changement de comportement. La chèvre peut devenir plus agitée, moins intéressée par la nourriture, et passer plus de temps couchée. Elle peut se montrer inquiète et s'isoler du troupeau. Elle peut se coucher et se relever fréquemment, manifester de légers tremblements musculaires ou une respiration plus rapide et plus superficielle.

B. Signes Physiques

Un autre signe précurseur est la formation d'un « nid ». La chèvre prépare son espace de mise bas en rassemblant de la paille ou d'autres matériaux pour créer un endroit confortable. Vous observerez également un relâchement du ligament sous-abdominal. Ce ligament, situé sous le ventre de la chèvre, devient plus souple et moins tendu à mesure que le terme approche. De plus, une sécrétion de mucus vaginal blanchâtre peut apparaître, indiquant que l'accouchement est imminent. La vulve peut également être gonflée et légèrement enflée. L’apparition de contractions abdominales légères et régulières est un signe certain que le travail a commencé. Parmi les signes les plus courants, on retrouve une augmentation significative de la taille de la mamelle, accompagnée d'une production de colostrum, un liquide jaunâtre riche en anticorps. L'apparition d'une légère sécrétion blanchâtre ou légèrement rosée du vagin est un autre indice. Observez attentivement le comportement de votre chèvre et notez toute modification significative dans son activité. Le ventre s'arrondit essentiellement au dernier mois de gestation. Les derniers jours à dernières heures avant la mise bas, vous pourrez observer un pis (mamelles) gonflé de lait avec parfois quelques gouttes perlant des trayons. Le ventre, qui était rond comme un ballon, changera de forme et s'affaissera vers le bas (si l'on regarde depuis l'avant ou l'arrière, il prendra une forme de poire).

C. Durée de la Gestation

Il est important de noter que la durée de la gestation varie légèrement d'une chèvre à l'autre, entre 145 et 155 jours. La surveillance régulière de la chèvre durant les dernières semaines de gestation, et plus particulièrement les derniers jours, vous permettra de repérer plus facilement ces signes précurseurs.

III. Assistance à la Naissance: Le Déroulement Normal

Dans la plupart des cas, la chèvre donne naissance à ses chevreaux sans intervention humaine. Cependant, une surveillance discrète est recommandée. Votre rôle est principalement d'observer. Une chèvre saine met généralement bas sans assistance.

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A. Les Étapes du Travail

Le travail se déroule généralement en plusieurs étapes. La première phase est caractérisée par des contractions utérines régulières, de plus en plus intenses et rapprochées. La chèvre peut paraître agitée, se coucher et se relever fréquemment. Cette phase peut durer plusieurs heures. La deuxième phase est la phase d'expulsion. La chèvre commence à pousser avec force. La poche des eaux se rompt, et le premier chevreau apparaît progressivement. Il est essentiel de ne pas intervenir à ce stade à moins que la chèvre ne rencontre des difficultés évidentes. Quelques heures à quelques minutes avant la mise bas, la chèvre recherchera un coin tranquille et s'isolera du troupeau. Les contractions seront alors de plus en plus fortes. S'en suivra rapidement l'arrivée de la poche amniotique contenant un liquide jaune sombre, avec le chevreau positionné tel un plongeur avec ses pattes-avant semi-tendues sur lesquelles est posée sa tête. Le passage de la tête et des épaules sont les étapes les plus difficiles pour la chèvre, particulièrement si elle n'est pas parfaitement dilatée. Le reste du corps du chevreau sortira plus facilement et rapidement avec le reste des eaux contenues dans les poches. L'expulsion du ou des chevreaux suivants sera plus rapide que le premier. Tout cela devra se dérouler rapidement, en 5 ou 10 minutes en moyenne par chevreau.

B. Soins Immédiats

Une fois le chevreau né, la chèvre va généralement le lécher pour le nettoyer et l'aider à respirer. Le cordon ombilical se rompt naturellement, ou peut être coupé proprement et désinfecté par la suite. Le placenta est expulsé peu après la naissance du ou des chevreaux. L’observation du placenta permet de s’assurer de son expulsion complète. Immédiatement après la naissance, séchez soigneusement les chevreaux avec des serviettes propres et chaudes. Assurez-vous qu'ils respirent normalement et qu'ils sont capables de se tenir debout. Stimulez-les délicatement pour qu'ils tètent dès que possible afin qu'ils reçoivent le colostrum, essentiel pour leur immunité. La mère se lèvera rapidement pour lécher son bébé, cela permettra de le nettoyer, le sécher et le stimuler. Elle lui "parlera" avec de petits bêlements répétés auquel il répondra, ce sera alors un moment primordial pour développer le lien mère/chevreau (les 3 premiers jours sont cruciaux pour cela et il est parfois nécessaire d'isoler momentanément la petite famille du troupeau pour l'établissement de ce lien) et chacun sera alors capable de se reconnaître par l'odeur et la voix. Ces léchouilles, bêlements, petits coups de nez et de pattes sont de forts stimuli pour inciter le chevreau à se lever et à aller téter.

C. Surveillance Post-Partum

Dans le cas d’une naissance normale et sans complications, il est essentiel de laisser la chèvre et son chevreau tranquilles afin qu’ils puissent établir un lien immédiat et que la chèvre puisse s’occuper de son petit. Si la chèvre a mis bas plusieurs chevreaux, l’intervalle entre chaque naissance est généralement court. Une fois la mise bas terminée, il est important de vérifier que la chèvre a bien expulsé le placenta. Un placenta retenu peut causer des complications. La surveillance des chevreaux est également importante, en vérifiant qu'ils tètent correctement et qu'ils sont réchauffés. Surveillez attentivement leur température corporelle et leur état général. Surveillez attentivement la chèvre pendant le travail et après la mise bas. La fréquence de la surveillance dépendra de l'évolution du travail et de l'état de la chèvre. Après la mise bas, la surveillance continue est essentielle. Assurez-vous que la chèvre expulse le placenta dans les quelques heures suivant la naissance des chevreaux. Un placenta retenu peut entraîner des complications. Surveillez attentivement l'état général de la chèvre : est-elle capable de se lever et de marcher ? Présente-t-elle des signes d'hémorragie ? Présente-t-elle des signes d'infection, comme une fièvre élevée ou des écoulements anormaux ? Observez également l'interaction entre la chèvre et ses chevreaux : la chèvre accepte-t-elle ses chevreaux ? Les chevreaux tètent-ils correctement ?

IV. Problèmes Courants Lors de la Mise Bas

Malgré une préparation optimale, des complications peuvent survenir lors de la mise bas. Il est important de rester calme et d'observer attentivement sans intervenir inutilement.

A. Dystocie

Parmi les problèmes courants, on retrouve la dystocie, qui correspond à des difficultés lors de l'expulsion du fœtus. Cela peut être dû à une présentation anormale du chevreau (présentation postérieure, transversale…), à une taille excessive du fœtus par rapport au bassin de la mère, ou à une faiblesse de la chèvre. Si la mise bas dure trop longtemps (au-delà d'une heure ?), alors que la chèvre est prête, c'est-à-dire qu'elle a fait les eaux, qu'elle est correctement dilatée… alors il est probable que la mise bas se déroule mal. Il n'est pas toujours évident de détecter qu'une mise bas se déroule mal. Lorsque la chèvre sent que la mise bas se déroule mal et que le chevreau n'arrive pas à naître, elle tente de bloquer les contractions.

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B. Autres Complications

Une autre complication fréquente est la rupture prématurée des membranes. Si les membranes se rompent trop tôt, cela peut entraîner une infection ou une détresse respiratoire chez le chevreau. Des hémorragies post-partum peuvent également survenir chez la chèvre. Dans ce cas, il est essentiel d'agir rapidement et de contacter un vétérinaire. Par ailleurs, une mauvaise présentation du placenta ou une rétention placentaire peuvent engendrer des infections. L’inertie utérine, c’est-à-dire l'absence ou l'insuffisance de contractions utérines, peut empêcher l'expulsion du chevreau. De même, un chevreau mort-né peut être cause de complications pour la chèvre. La présence de chevreaux multiples peut aussi augmenter le risque de complications, notamment si la chèvre a du mal à expulser tous les fœtus. Des difficultés respiratoires chez le nouveau-né peuvent également survenir, nécessitant une intervention rapide.

C. Intervention Vétérinaire

Dans tous ces cas, une intervention rapide et adaptée est nécessaire pour sauver la chèvre et son ou ses chevreaux. L’identification précoce des signes de détresse et le recours rapide à un vétérinaire sont essentiels pour minimiser les risques et améliorer les chances de survie. Contactez votre vétérinaire immédiatement si vous constatez des difficultés. Il est impératif de contacter un vétérinaire dès les premiers signes de difficulté. Le vétérinaire pourra effectuer un examen clinique complet de la chèvre, évaluant son état général, la fréquence et l'intensité des contractions, et la position du fœtus. N'essayez pas de manipuler vous-même le fœtus sans l'assistance d'un professionnel qualifié. Une intervention maladroite peut causer des blessures graves à la chèvre et à ses chevreaux. Si vous ne pouvez pas résoudre le problème, appelez immédiatement votre vétérinaire qui pratiquera une césarienne. Dans tous les cas, il est très difficile de pouvoir intervenir sur des chèvres naines et toys à cause de leur petite taille, et le plus souvent, la césarienne est la seule solution possible.

V. Dystocie: Causes et Solutions

La dystocie, difficulté à la mise bas, représente une urgence vétérinaire. Plusieurs facteurs peuvent la causer.

A. Présentation Anormale du Fœtus

Une présentation anormale du fœtus est fréquente: le chevreau peut se présenter en siège (postérieur), en travers (transversal), ou les membres antérieurs repliés. Ces positions empêchent une expulsion naturelle. Au lieu de se présenter tête en avant et membres antérieurs tendus, le chevreau peut adopter des positions défavorables à l'expulsion. La présentation en siège (postérieure), où le chevreau se présente par les postérieurs, est l'une des anomalies les plus courantes; Dans cette position, les membres postérieurs peuvent obstruer le passage du chevreau, rendant l'expulsion extrêmement difficile, voire impossible. Une autre présentation anormale est la présentation transversale, où le chevreau est positionné perpendiculairement au canal pelvien. Enfin, les membres antérieurs peuvent être repliés, empêchant le chevreau de progresser dans le canal pelvien. Ces présentations anormales nécessitent souvent une intervention manuelle ou une césarienne.

B. Facteurs Maternels

La taille du fœtus est un autre facteur déterminant. Un chevreau trop gros par rapport au bassin de la mère peut bloquer le passage. Des anomalies congénitales chez le fœtus peuvent également causer une dystocie. La faiblesse maternelle, due à une mauvaise alimentation, à une maladie ou à une fatigue excessive, peut également compromettre le travail. Une mauvaise conformation du bassin de la chèvre peut aussi rendre l'accouchement difficile. La faiblesse maternelle est un facteur important contribuant à la dystocie. Une chèvre affaiblie peut manquer de force pour expulser son chevreau, même si la présentation du fœtus est normale. Une mauvaise alimentation pendant la gestation est un facteur majeur. Un manque de nutriments essentiels, notamment de calcium et d'énergie, affaiblit la chèvre et diminue sa capacité à faire face à l'effort de la mise bas. Des maladies chroniques ou aiguës, telles que des infections ou des parasitoses, peuvent également affaiblir la chèvre et compromettre sa capacité à accoucher normalement. Un état de fatigue extrême, dû à un stress important ou à un manque de repos, peut également jouer un rôle dans la faiblesse maternelle. Une déshydratation sévère peut également diminuer la force de la chèvre et sa capacité à pousser efficacement.

C. Solutions et Interventions

Les solutions varient en fonction de la cause et de la gravité. Une assistance manuelle peut être envisagée pour repositionner le fœtus dans une position favorable à l'expulsion, mais elle doit être réalisée par une personne expérimentée pour éviter de blesser la mère ou le chevreau. L’administration d’ocytocine, un médicament qui stimule les contractions utérines, peut être nécessaire dans certains cas. Cependant, l'utilisation de l'ocytocine doit être encadrée par un vétérinaire. Dans les cas les plus graves, une césarienne peut être indispensable pour sauver la chèvre et son chevreau. Le pronostic dépend de la cause de la dystocie, de la rapidité de l'intervention et de la condition générale de la mère et du fœtus. Une surveillance régulière et une intervention rapide sont cruciales pour améliorer le pronostic et éviter des complications plus graves. Face à une faiblesse maternelle, plusieurs solutions peuvent être envisagées. L’administration intraveineuse de fluides permet de corriger une déshydratation et de rétablir l’équilibre électrolytique. Dans le cas d’une hypocalcémie, une injection de calcium est nécessaire pour restaurer les niveaux de calcium sanguin et améliorer la force musculaire. Un soutien nutritionnel, avec des aliments riches en énergie et en nutriments, peut être nécessaire pour renforcer la chèvre. Dans certains cas, l'administration d'ocytocine, sous contrôle vétérinaire, peut stimuler les contractions utérines pour faciliter l'expulsion du chevreau. Cependant, l’utilisation de l’ocytocine doit être prudente et encadrée par un professionnel. En cas de faiblesse maternelle sévère, une césarienne peut être indispensable pour sauver à la fois la mère et le chevreau.

VI. Soins aux Chevreaux Nouveau-nés

Immédiatement après la naissance, séchez soigneusement les chevreaux avec des serviettes propres et chaudes. Assurez-vous qu'ils respirent normalement et qu'ils sont capables de se tenir debout. Stimulez-les délicatement pour qu'ils tètent dès que possible afin qu'ils reçoivent le colostrum, essentiel pour leur immunité.

A. Séchage et Nettoyage

Le séchage et le nettoyage des chevreaux nouveau-nés sont des étapes cruciales pour assurer leur survie et leur bien-être. Dès leur naissance, les chevreaux sont recouverts de liquide amniotique et de mucus, qui peuvent obstruer leurs voies respiratoires et leur causer de l'hypothermie. Il est donc essentiel de les sécher rapidement et efficacement. Utilisez des serviettes propres, chaudes et absorbantes pour éponger délicatement le liquide amniotique et le mucus sur tout le corps du chevreau, en commençant par la tête et en veillant à bien sécher le museau pour qu'il puisse respirer librement. N'utilisez pas de produits chimiques ou de savons agressifs, car ils pourraient irriter la peau fragile du chevreau. Un simple séchage à l'aide de serviettes propres et douces suffit amplement. Le séchage doit être effectué rapidement et avec soin, afin d'éviter que le chevreau ne refroidisse. Une fois sec, observez attentivement le chevreau pour vous assurer qu'il respire normalement et qu'il n'y a pas d'obstruction des voies respiratoires. Stimulez légèrement le chevreau en le frottant doucement pour l'encourager à respirer profondément et à évacuer tout liquide restant dans ses poumons. Pendant le séchage, inspectez le cordon ombilical. Il doit être correctement attaché et ne doit pas saigner abondamment.

B. Allaitement et Colostrum

L'allaitement est crucial pour la survie et le développement des chevreaux nouveau-nés. Le colostrum, le premier lait produit par la chèvre après la mise bas, est particulièrement important car il est riche en anticorps qui protègent les chevreaux contre les infections. Il est essentiel que les chevreaux tètent le colostrum dans les premières heures suivant leur naissance, idéalement dans l'heure qui suit. Si le chevreau ne tète pas spontanément, vous devrez peut-être l'aider en le plaçant près des mamelles de la chèvre et en lui stimulant le réflexe de succion. Vous pouvez également exprimer une petite quantité de colostrum et le donner au chevreau à l'aide d'une seringue sans aiguille ou d'une pipette. Assurez-vous que le chevreau tète efficacement et qu'il avale le colostrum. La quantité de colostrum ingérée par le chevreau est essentielle pour son immunité. Il est recommandé que les chevreaux reçoivent au moins 10% de leur poids de naissance en colostrum dans les premières 24 heures. Après les premières 24 heures, le lait de la chèvre deviendra progressivement moins riche en anticorps, mais il restera essentiel pour la croissance et le développement du chevreau. Un allaitement régulier et efficace est crucial pour assurer la croissance et la santé du chevreau.

VII. Complications Post-Partum et Solutions Naturelles

Outre les dystocies, d'autres complications peuvent survenir après la mise bas, nécessitant une attention particulière.

A. Rétention Placentaire et Métrite

On considère qu’il y a une rétention placentaire (ou non-délivrance) quand le placenta n’est pas sorti dans les 12 heures post-partum. Les structures fœtales (ou annexes) et maternelles (la muqueuse de l’utérus) sont étroitement imbriquées, mais uniquement au niveau de 60 à 120 cotylédons. Ces « points d’attaches » peuvent facilement entrainer une déchirure au niveau du placenta. Un morceau de placenta va alors rester dans la cavité utérine et provoquer des infections. La métrite est une infection de l’utérus qui suit le plus souvent une mise-bas difficile. Sa gravité peut aller d’une infection subclinique à l’altération de l’état général de l’animal.

B. Hypocalcémie Puerpérale (Fièvre de Lait)

La fièvre de lait (aussi appelée fièvre vitulaire ou hypocalcémie puerpérale) est due à une forte augmentation de la demande en calcium suite au démarrage de la lactation. Elle touche principalement les animaux laitiers fortement producteurs et se rencontre peu chez les primipares ou en élevage allaitant. Les premiers symptômes apparaissent dans les 48 h après la mise-bas et sont dus principalement à la diminution du taux de calcium dans le sang. Celui-ci étant essentiel à la contraction des fibres musculaires, l’hypocalcémie provoque une paralysie à l’origine des différents signes observés : une diminution de l’appétit et de prise de boisson, un arrêt de la rumination ainsi que des troubles locomoteurs tels que piétinements, tremblements ou démarche raide. La « fièvre de lait » est un terme un peu impropre car la température reste normale. Par la suite, l'animal présente des difficultés à tenir debout ou à se relever.

C. Solutions Naturelles et Compléments

Il existe des solutions naturelles pour soutenir la chèvre après la mise bas. Voici quelques produits mentionnés :

  • B18TE: Solution à base de chlorure de magnésium, de sarriette et d’armoise. En cas de métrite ou de mauvaise délivrance, le produit permet de favoriser les contractions utérines.
  • B09MB2: Chlorure de magnésium.
  • B02TE: Drainant à action rapide.
  • B03TE: Crème végétale cicatrisante à base de lavandin et de girofle. Fonctionne très bien sur une plaie après une césarienne.
  • B30TE: Résine à base de pin, de cèdre, de lavandin et de girofle. Cicatrisant à appliquer au pinceau une plaie (comme une césarienne) en couche épaisse.

VIII. Prévention de l'Entérotoxémie

L’entérotoxémie se définit comme des intoxinations « à point de départ intestinal », conséquence de la prolifération anormale de bactéries dans l’intestin. Ce sont en général des Clostridium perfringens qui sont incriminés. Cette maladie aiguë à suraiguë est due à la résorption dans la circulation sanguine de toxines bactériennes produites dans l’intestin. Les bactéries du genre Clostridium sont des germes anaérobies strictes, présents naturellement dans le tube digestif en faible quantité. Les périodes critiques sont donc la mise au pâturage sur une herbe riche ou un apport brusque de protéines ou de céréales. Lors de forme suraiguë, on retrouve en général l’animal mort sans l’avoir vu malade. Parfois, on observe un animal en choc avec douleur abdominale et forte fièvre.

A. Mesures Préventives

La prévention de l’entérotoxémie passe d’abord par un respect de la transition alimentaire. La digestion des aliments commence par une phase de fermentation dans la panse des ruminants. La flore microbienne responsable de ces fermentations se spécialise en fonction de la nature des aliments consommés (flore cellulolytique ou amylolytique). Un changement brusque d’alimentation se solde par des variations de pH dans la panse et un déséquilibre de la flore. La meilleure transition s’effectue par une mise à l’herbe progressive tout en laissant à disposition les aliments de la ration hivernale. La mise à disposition de foin ou de paille est à envisager, et ce, même si les animaux en mangent peu.

B. Vaccination

La vaccination systématique contre l’entérotoxémie est recommandée, même si on observe en ce moment des difficultés d’approvisionnement. Ce vaccin est le moins cher du marché et permet de sauver des animaux. La couverture vaccinale ne sera pas totale compte-tenu du grand nombre de clostridies impliquées mais c’est une protection supplémentaire. La primovaccination (première vaccination dans la vie d’un animal) peut se faire dès la deuxième semaine de vie et nécessite deux injections espacées de 4 semaines environ. La quantité de vaccin injectée dépend de l’âge de l’animal. Pour les petits ruminants, la transition alimentaire est aussi importante et la sortie au pâturage n’est pas le seul changement : une modification importante de la part de fourrage sec est déjà un changement important.

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