La douleur pelvienne chez l'homme, bien que moins fréquente que chez la femme, peut être particulièrement gênante et difficile à interpréter. Elle peut provenir de diverses sources, notamment la prostate, la vessie, le plancher pelvien, les testicules ou les voies urinaires basses. Cet article explore en profondeur les causes potentielles de la contraction pubis chez l'homme, les méthodes de diagnostic et les options de traitement disponibles.

Anatomie et Douleur Pelvienne

La région pelvienne, ou pelvis, correspond à la partie inférieure de l’abdomen, située en dessous de l'ombilic. Elle contient de nombreux organes essentiels : vessie, uretères distaux, organes génitaux internes, rectum, ainsi qu’un ensemble de muscles, ligaments et nerfs qui assurent le soutien du bassin. Le pelvis, ou bassin, correspond à la partie inférieure du tronc. Sur le plan osseux, il forme un anneau pelvien constitué de deux os iliaques, du sacrum et du coccyx. Ces structures s’articulent notamment au niveau des articulations sacro-iliaques, pivots essentiels de la stabilité du bassin et sources fréquentes de douleurs en cas d’inflammation ou de blocage.

La confusion entre douleur pelvienne et douleur rénale est fréquente pour des raisons neuro-anatomiques. Les reins sont innervés par des fibres issues des segments T10 à L1 de la moelle épinière, les mêmes zones qui reçoivent les informations douloureuses provenant du bassin. De plus, certaines structures pelviennes sont situées à proximité immédiate des zones lombaires ou des flancs.

Il est essentiel de noter que les douleurs rénales peuvent irradier vers le bas-ventre ou les flancs, donnant l’impression d’une douleur pelvienne.

Causes des Douleurs Pelviennes chez l'Homme

Les douleurs pelviennes chez l’homme sont moins fréquentes que chez la femme, mais lorsqu’elles apparaissent, elles peuvent être particulièrement gênantes et difficiles à interpréter. Elles peuvent provenir de la prostate, de la vessie, du plancher pelvien, des testicules ou encore des voies urinaires basses.

Lire aussi: Grossesse : contractions au 5ème mois

Dysfonction du Plancher Pelvien

Une autre cause fréquente est la dysfonction du plancher pelvien. Un plancher pelvien hypertonique (trop contracté) - lié au stress, à la sédentarité ou au sport intense - peut causer des douleurs profondes du périnée, une gêne en position assise, des brûlures urinaires et une sensation de tension dans le bassin.

Le périnée (ou plancher pelvien) est un élément central et fondamental de l’anatomie masculine. Les muscles périnéaux participent au bon fonctionnement des sphincters et permettent de fermer urètre et anus. Le bassin de l'homme, moins large que celui des femmes, ne subit pas les mêmes pressions abdominales au quotidien ce qui, en général, affecte moins les muscles périnéaux. Comme tous les autres muscles du corps humains, les muscles pelviens perdent en tonicité et en force avec l’âge, ce qui donne lieu à leur affaiblissement et occasionne les premiers troubles.

Problèmes de Prostate et de Vessie

Le cancer de la prostate provoque rarement une douleur pelvienne au début. Le cancer de la vessie peut également provoquer douleur pelvienne basse, brûlures urinaires et sang dans les urines. Cette irradiation peut créer une confusion entre douleur pelvienne, douleur génitale et douleur rénale.

Névralgie Pudendale

La névralgie pudendale se caractérise par des douleurs chroniques au niveau du périnée, aggravées par la position assise. Ces douleurs sont liées à la compression du nerf pudendal (anciennement appelé nerf honteux), l’un des principaux nerfs qui innerve le périnée.

La névralgie pudendale (également appelée syndrome du canal d’Alcock) est une pathologie très douloureuse causée par la compression du nerf pudendal. Situé dans la région du bassin, ce nerf chemine à travers le passage étroit qui va de la verge (pour les hommes) ou du clitoris (pour les femmes) jusqu’à l’anus. Son rôle n’est pas anodin puisqu’il commande les muscles du petit bassin et du sphincter. Deux endroits en particulier peuvent constituer le siège de la compression nerveuse : entre le ligament sacro-épineux et le ligament sacro-tubéral d’une part, ou dans le canal d’Alcock d’autre part. Les causes de la maladie ne sont pas clairement identifiées. Les douleurs (souvent intenses) qu’elle engendre peuvent arriver spontanément, tout comme elles peuvent être déclenchées par une activité physique, voire même par un choc affectif.

Lire aussi: Contractions : comment les identifier ?

Pubalgie

La pubalgie est une douleur de la région pubienne qui peut survenir dans tous les sports chez l’homme comme chez la femme. Avant tout, le travail du médecin consiste à confirmer que la douleur ressentie au niveau du pubis (douleur médiane qui peut remonter vers la paroi abdominale ou descendre vers l’intérieur des cuisses) est bien due à des tendinites d’insertion ou à des lésions mécaniques au niveau de la symphyse pubienne. Il faut écarter d’autres causes possibles comme une ostéite pubienne (inflammation ou infection de l’os), une pathologie de la hanche, ou encore un problème d’un organe voisin, qui peuvent parfois provoquer des douleurs similaires, mais avec d’autres symptômes spécifiques.

Les douleurs au pubis, fréquentes chez les sportifs (surtout footballeurs), sont souvent dues à un surmenage musculaire ou à une inflammation. Les douleurs au niveau du pubis, aussi appelées pubalgies, sont relativement courantes. En général, ce sont les sportifs qui sont concernés par ces douleurs, en particulier les footballeurs. D’apparition progressive, la pubalgie est souvent liée à un surmenage sportif.

Douleurs Myofasciales Pelviennes

Les douleurs myofasciales pelviennes, parfois appellé syndrome de douleurs myofasciales pelviennes, sont un trouble complexe caractérisé par une douleur chronique dans la région pelvienne (du bassin), souvent associé à des points gâchettes myofasciaux dans les muscles du plancher pelvien. Ces points gâchettes, ou « trigger points », sont des zones hypersensibles dans les muscles qui, lorsqu’elles sont stimulées, provoquent des douleurs ressenties dans d’autres régions du corps.

Le plancher pelvien est constitué d’un ensemble de muscles, de ligaments, et de tissus conjonctifs qui s’étendent du pubis au coccyx, soutenant ainsi les organes pelviens tels que la vessie, l’utérus et les intestins. Ces muscles jouent un rôle clé dans la fonction urinaire, la défécation et les relations sexuelles. Lorsque ces muscles sont hyperactifs ou présentent une tension excessive, des points gâchettes peuvent se former, provoquant des douleurs myofasciales intenses et persistantes.

Diagnostic des Douleurs Pelviennes

Le diagnostic d’une douleur pelvienne repose sur une démarche rigoureuse combinant interrogatoire, examen clinique, analyses biologiques et imagerie. L’objectif est de déterminer l’origine exacte de la douleur, éliminer les urgences et orienter vers la prise en charge adéquate.

Lire aussi: Comprendre les mouvements de bébé

Interrogatoire et Examen Clinique

Lors de la consultation, le médecin procède à un examen physique pour évaluer la douleur et les symptômes du patient, ainsi qu'à une évaluation de ses antécédents médicaux. Le médecin va d’abord vous interroger sur votre douleur, la manière dont elle se manifeste, et le contexte dans lequel elle est apparue.

L’examen clinique est systématique en cas de douleur pubienne. Il comporte une palpation des muscles et des tendons, une évaluation de la posture, la recherche d’une hernie inguinale, ainsi qu’une évaluation de la force et de la souplesse des muscles (testing musculaire). Ce testing est effectué pour les ischio-jambiers, les adducteurs, mais aussi le psoas, le grand droit et les rotateurs de la hanche. L’examen recherche également ce que l’on appelle le signe de Malgaigne, une voussure au niveau de l’aine qui apparaît lorsque le patient cambre le dos.

Examens Complémentaires

En outre, des tests électrophysiologiques peuvent également être effectués pour évaluer la fonction du nerf pudendal et confirmer le diagnostic. La réalisation d’une infiltration anesthésique du nerf pudendal doit faire disparaître la douleur de façon significative, le temps de l’anesthésie locale. Bien qu’ils ne soient pas indispensables, d’autres examens peuvent être envisagés, notamment dans le cas d’une névralgie pudendale par lésion d’un nerf.

En général, pour une pubalgie, l’examen pratiqué est une radiographie du bassin, de face et debout. L’IRM est l’examen de référence car elle permet de visualiser précisément les lésions des tissus mous.

L’électromyographie (EMG) est utilisée pour évaluer l’activité électrique des muscles du plancher pelvien. Cette technique permet de détecter des anomalies telles que des contractions involontaires ou une activité musculaire anormale.

Téléconsultation

Lorsqu’il n’est pas possible de consulter immédiatement en cabinet, une téléconsultation via Medadom, peut permettre au médecin de prescrire les premiers examens nécessaires (ECBU, échographie, prise de sang). La plupart de ces examens peuvent être prescrits lors d’une téléconsultation, sauf cas d’urgence immédiate. En cas d’impossibilité de consulter un médecin en présentiel, une téléconsultation médicale avec MEDADOM peut fournir un premier avis, prescrire les examens nécessaires et orienter vers la prise en charge la plus adaptée.

Traitements des Douleurs Pelviennes

Le traitement dépend directement du diagnostic établi. Certaines causes nécessitent des médicaments, d’autres une prise en charge physique, psychocorporelle ou parfois chirurgicale.

Rééducation Périnéale

Le plus souvent, la rééducation périnéale se commence chez un kinésithérapeute spécialisé en urologie qui vous apprend à bien situer les muscles de votre périnée et à pratiquer des exercices appropriés.

La physiothérapie est proposée dès la prise en charge initiale à l’aide de techniques manuelles (relâchement musculaire, étirements manuels, massages fonctionnels, libération tissulaire, reprogrammation neuromusculaire). Dans les douleurs pelvi-périnéales, il y a généralement plusieurs muscles à traiter, groupés en chaînes myofasciales, relevant plus d’un traitement manuel que de techniques invasives (dry needling). Des auto-exercices sont à réaliser à la maison. La thérapie manuelle ostéopathique est indiquée pour traiter, par exemple, les dysfonctions thoraco-lombaires et retrouver un équilibre lombo-pelvi-fémoral.

La kinésithérapie a des objectifs ciblés : travail en relâchement musculaire global et périnéal, apprentissage d’auto-étirements et reconditionnement à l’effort, dosé et progressif en vue de poursuivre avec une activité physique adaptée.

Biofeedback

Le biofeedback électromyographique (EMG) ou manométrique (pression à air) : l'appareil enregistre la force des contractions périnéales effectuées par l'utilisateur et les retransmet sur l'appareil ou sur un écran de smartphone ou de tablette, en temps réel. Les dispositifs proposant uniquement du biofeedback sont rares. Un dispositif innovant de biofeedback connecté et interactif est arrivé sur le marché. Son principe est très simple : l'utilisateur s'assoit sur un coussinet à air qui détecte les contractions périnéales effectuées durant les exercices sous forme de jeux vidéo proposés par l'application dédiée.

Traitements Médicamenteux

Les traitements médicamenteux : les médicaments les plus souvent utilisés pour venir à bout des douleurs sont des médicaments antiépileptiques ou antidépresseurs, qui influent sur les cellules du système nerveux. Certains antalgiques peuvent aussi être proposés, mais avec une efficacité relative.

Infiltrations

Des infiltrations peuvent être également envisagées pour soulager le patient. Le médecin injecte des anesthésiques locaux et des corticoïdes, sous contrôle scannographique ou échographique. Ces infiltrations ont toutefois un résultat limité dans le temps.

Neuromodulation

La neuromodulation est une option qui offre un résultat souvent positif. Il s’agit d’implanter une électrode sur le nerf pudendal reliée à un petit boîtier. Cette technique a pour but de diminuer l’excitabilité de certaines cellules nerveuses. La neuromodulation par neurostimulation sacrée ou par stimulation du nerf pudendal peut être utilisée en dernier recours pour moduler l'activité du nerf et soulager la douleur.

Chirurgie

La chirurgie : dans les cas graves ou qui résistent aux traitement précédents, le médecin peut recourir à la chirurgie. L’intervention a pour but de redonner de la mobilité au nerf pudendal, en coupant le ligament sacro-tubéral et le ligament sacro-épineux, situés autour.

Exercices pour Douleurs Myofasciales Pelviennes

Ce programme d’exercice est basé sur 3 principes :

  • Des mobilisations pour améliorer la mobilité du dos.
  • Des étirements pour « assouplir » les muscles du bassin et agir sur les points qui peuvent contribuer au maintien des douleurs myofasciales.
  • Des exercices pour détendre les muscles du périnée afin de les détendre pour limiter leur tension sur le bassin.

Avant de débuter, pratiquez-les quotidiennement sur une durée de 1 à 3 mois selon votre douleur. Pour adapter le protocole ou pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter votre praticien de santé. Ecoutez-vous, ne forcez pas et en cas de douleurs stoppez les exercices pour demander conseil à votre ostéopathe.

Étirement des Psoas

Adoptez une position de fente avec environ 70 cm d’écart entre vos pieds. Déposez le genou arrière au sol et inclinez légèrement le buste vers l’avant jusqu’à ressentir un étirement au niveau du pli de l’aine. Pour accentuer l’étirement, exercez une légère traction sur le genou avant avec vos mains. Maintenez cette posture pendant 5 respirations complètes (inspiration + expiration), en veillant à conserver le dos bien droit.

Flexion du Dos

Assis sur les talons, se pencher vers l’avant avec les bras tendus en écartant les genoux au maximum. A l’expiration, chercher à aller plus loin avec les bras pour gagner en flexion. Si cela est possible, poser le front sur le sol et se relâcher complètement.

Amélioration de l'Extension

Allongez-vous sur le ventre, le front posé au sol (ou sur un lit), en gardant la tête alignée avec la colonne vertébrale. Placez vos mains à plat sur le sol, à hauteur de votre tête. Poussez doucement sur vos mains pour redresser votre buste, en gardant les bras semi-fléchis ou totalement tendus selon votre confort. Sentez l’extension de votre région lombaire, tout en veillant à maintenir votre bassin en contact avec le sol. Revenez lentement à la position initiale et répétez le mouvement.

Soulagement du Fessier

Allongez-vous sur le dos et pliez un genou en posant le pied au sol. Placez la cheville de l’autre jambe sur le genou de la jambe fléchie. Attrapez votre cuisse avec les deux mains et rapprochez-la doucement vers vous. Gardez la tête au sol et maintenez l’angle droit entre vos deux jambes. Dès que vous ressentez un étirement au niveau de la fesse, maintenez la position.

Détente du Périnée

Allongez-vous sur le dos et adoptez une position « en grenouille » : Placez vos pieds face à face, en contact l’un avec l’autre. Fléchissez et écartez vos genoux autant que possible. Inspirez profondément par le nez. À l’expiration, retenez votre souffle (apnée respiratoire) et, durant cette pause, tendez progressivement les jambes tout en gardant les pieds joints. Inspirez en revenant lentement à la position initiale. Répétez le mouvement.

Travail du Pubis

Allongez-vous sur le côté, en position stable. Placez un ballon entre vos genoux. Décollez légèrement la jambe du sol pour maintenir le ballon en place. Serrez progressivement le ballon entre vos genoux, en appliquant une pression contrôlée. Maintenez cette tension pendant 30 secondes, puis relâchez doucement.

Relâchement des Tensions

Allongez-vous sur le dos, bras écartés avec les mains à plat sur le sol, paumes tournées vers le plafond. Pliez légèrement les genoux, pieds à plat sur le sol. Inspirez profondément en gonflant le ventre. À l’expiration, laissez doucement tomber les jambes d’un côté, en contrôlant le mouvement comme une feuille qui tombe de l’arbre. En même temps, tournez lentement la tête du côté opposé pour amplifier la torsion. Revenez à la position initiale en inspirant et recommencez de l’autre côté.

Étirement de l'Obturateur Interne

Asseyez-vous sur le sol avec la cuisse gauche face à vous et l’autre jambe perpendiculaire sur le côté, les genoux fléchis à 90°. La jambe à étirer est celle placée sur le côté droit. Gardez le dos droit et tendez les bras devant vous. Tournez lentement le dos et les épaules pour les orienter dans l’axe de la cuisse droite, en contrôlant le mouvement. Maintenez cette position pendant 15 secondes, en respirant profondément. Revenez à la position initiale en inspirant, puis répétez de l’autre côté.

Contrôle de la Respiration

Allongez-vous sur le dos avec un coussin sous la tête pour un meilleur confort. Pliez les genoux, pieds bien à plat sur le sol. Inspirez profondément par le nez, en gonflant le ventre au maximum. Retenez votre respiration pendant 3 secondes. Expirez lentement et complètement par la bouche, en rentrant le ventre pour bien engager la respiration diaphragmatique. Répétez ce cycle de respiration 15 fois, en gardant un rythme fluide et naturel.

Prévention

La prévention des douleurs pelviennes repose sur plusieurs mesures simples mais efficaces. L’activité physique régulière contribue à maintenir une bonne mobilité du bassin, améliore la circulation veineuse et diminue les tensions musculaires. Enfin, la correction de la posture et du basculement pelvien (positions prolongées, sédentarité, travail assis) réduit les tensions chroniques des muscles du bassin.

tags: #contraction #pubis #homme #causes

Articles populaires: