L'objectif de cet article est de fournir une exploration approfondie de la contraction psychique, en s'appuyant sur des définitions cliniques, des exemples de troubles associés et des approches thérapeutiques.
Définition et Manifestations de la Contraction Psychique
La contraction psychique, bien que non explicitement définie comme une entité diagnostique dans les classifications internationales telles que la CIM ou le DSM, peut être conceptualisée comme une réponse à une anxiété intense ou envahissante. Cette réponse se manifeste par des symptômes à la fois psychologiques et physiques. Elle peut être associée à divers troubles anxieux et somatoformes.
Troubles Anxieux et Contraction Psychique
L'anxiété est une émotion universelle, une réponse naturelle à une situation perçue comme dangereuse ou menaçante. Cependant, lorsque l'anxiété devient excessive, persistante et interfère avec le fonctionnement quotidien, elle peut évoluer en un trouble anxieux. Les troubles anxieux incluent :
- Trouble Anxieux Généralisé (TAG): Caractérisé par un état d'anxiété et de soucis excessifs persistant pendant au moins six mois, non lié à une situation spécifique. Les symptômes physiques associés incluent fatigue, tension musculaire, troubles du sommeil et irritabilité.
- Attaque de Panique: Survenue soudaine d'une peur intense accompagnée de symptômes physiques tels que palpitations, transpiration, tremblements et sensations d'étouffement. La répétition des attaques de panique peut conduire à un trouble panique, souvent associé à la peur d'avoir peur.
- Phobies: Peurs irraisonnées et intenses liées à un objet, un animal ou une situation spécifique, conduisant à des comportements d'évitement. Les phobies peuvent être très fréquentes, mais deviennent problématiques lorsqu'elles ont un impact significatif sur la vie quotidienne.
- Trouble Obsessionnel-Compulsif (TOC): Présence d'obsessions (pensées, images ou impulsions intrusives et répétitives) qui causent une forte anxiété, et de compulsions (comportements répétitifs) visant à réduire cette anxiété.
Mouvements Anormaux Psychogènes (MAP)
Les mouvements anormaux psychogènes (MAP) sont des troubles du mouvement qui ne sont pas causés par une maladie neurologique ou organique, mais plutôt par des facteurs psychologiques ou émotionnels. La prévalence exacte des MAP est inconnue, et ils se manifestent généralement à l'adolescence ou à l'âge adulte, bien que des cas aient été décrits chez des enfants et des personnes âgées.
Les symptômes des MAP peuvent inclure un ou plusieurs types de mouvements anormaux observés dans les troubles du mouvement d'origine organique, tels que des tremblements, une dystonie, une chorée, une bradykinésie, une myoclonie, des tics, une athétose, un ballisme et une incoordination cérébelleuse. L'élocution et la démarche peuvent également être affectées.
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En règle générale, les MAP se manifestent par des mouvements complexes combinant différents types affectant plusieurs régions du corps, généralement incompatibles avec un trouble du mouvement d'origine organique. Le tremblement semble être le phénomène le plus couramment observé, suivi par la dystonie, la bradykinésie, les myoclonies et d'autres mouvements anormaux inclassables.
Les symptômes apparaissent souvent de manière abrupte, atteignant rapidement leur paroxysme en sévérité et handicap. Les autres symptômes incluent une lenteur délibérée des mouvements, un caractère distrait, versatile, influençable, des symptômes paroxystiques et la disparition des troubles après administration d'un placebo ou lorsque le patient ne pense pas être observé. Les MAP s'accompagnent souvent d'autres symptômes psychogènes tels qu'une fausse faiblesse, des troubles sensoriels ou une douleur excessive.
Les causes sous-jacentes des MAP se répartissent en trois catégories : le trouble de conversion (également appelé trouble de symptôme neurologique fonctionnel), les troubles somatoformes ou, dans de rares cas, les troubles factices et la simulation.
Myoclonies
Une myoclonie n’est pas une pathologie, mais un signe clinique qui, lorsqu’il est pathologique, constitue l’un des symptômes d’une maladie. Une myoclonie correspond à un mouvement anormal, involontaire, soudain et brusque. Ses origines peuvent être nombreuses : médicamenteuses, neurodégénératives, génétiques, métaboliques, etc. Son diagnostic est clinique et complété par un bilan sanguin ou des examens d’imagerie médicale. C’est une affection nerveuse correspondant à une contraction musculaire involontaire et soudaine. Une myoclonie est à l’origine de petits mouvements (secousses, tremblements ou spasmes) brusques et répétés d’une ou des deux mains ou pieds. L’intensité du trouble peut être modérée ou grave. Par ailleurs, les muscles peuvent se contracter en rythme ou non, et plus ou moins rapidement, selon la cause. Une myoclonie résultant d’une atteinte du tronc cérébral est caractérisée par des contractions survenant à la suite d’une stimulation sonore. Enfin, lorsque la myoclonie est due à une atteinte du cortex cérébral, elle se manifeste plutôt suite à l’étirement du membre touché.
Dystonie
La dystonie est un trouble du mouvement induit par un dysfonctionnement du système nerveux central, c’est-à-dire un trouble du tonus musculaire lié à un mauvais signal envoyé par le cerveau. La dystonie n’est ni un toc ni un tic, ni une maladie de Parkinson, ni une tumeur cérébrale, ni de l’épilepsie, ni une maladie psychiatrique.
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La sévérité de la dystonie est variable. Ces contractions dystoniques peuvent provoquer des luxations d’épaule, doigts, hanche, rotule ou de la mâchoire. La durée de ces manifestations de dystonie est habituellement brève mais elles peuvent se prolonger plusieurs jours, semaines, mois ou, très exceptionnellement, années comme cela a été observé dans quelques cas. La dystonie est volontiers associée à l’accentuation d’autres manifestations du syndrome. Il s’agit de douleurs qui peuvent être très intenses et diffuser au-delà de la partie du corps concerné par la dystonie.
Diagnostic Différentiel et Évaluation
Le diagnostic de contraction psychique et des troubles associés repose sur une évaluation clinique complète, incluant l'anamnèse du patient, l'examen physique et mental, et, si nécessaire, des examens complémentaires. Il est essentiel de distinguer la contraction psychique d'autres conditions médicales ou psychiatriques pouvant présenter des symptômes similaires.
Diagnostic des MAP
Le diagnostic des MAP repose généralement sur l'examen clinique, mais certains tests auxiliaires peuvent s'avérer utiles. L'électromyographie peut permettre de distinguer les tremblements et les myoclonies psychogènes de ceux d'origine physiologique.
Le diagnostic différentiel des MAP repose sur des causes organiques de chaque mouvement anormal spécifique. Dans les cas où le tremblement est le symptôme principal, par exemple, la maladie de Parkinson et le tremblement essentiel seront alors à écarter. Il est important d'éviter les dommages iatrogènes causés par des tests invasifs inutiles ou des médicaments inappropriés, de poser un diagnostic précoce et précis et de faciliter le traitement psychiatrique et de réadaptation physique approprié.
Troubles Somatoformes
Les troubles somatoformes se caractérisent par la présence de symptômes physiques persistants et invalidants qui ne peuvent être entièrement expliqués par une condition médicale générale, l'effet direct d'une substance ou un autre trouble mental. La contraction psychique peut se manifester dans le cadre de troubles somatoformes, où les symptômes physiques sont une expression de détresse psychologique.
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Approches Thérapeutiques
La prise en charge de la contraction psychique et des troubles associés est multidisciplinaire, combinant des approches psychothérapeutiques, pharmacologiques et de soutien.
Psychothérapie
Les psychothérapies, telles que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), la thérapie psychodynamique et la thérapie de groupe, peuvent être efficaces pour aider les patients à comprendre et à gérer leurs symptômes, à identifier les facteurs déclencheurs et à développer des stratégies d'adaptation.
Relaxation
Les techniques de relaxation et de respiration améliorent le contrôle des émotions. Elles aident à se déconnecter de son environnement et à se concentrer sur soi, permettent d’éviter l’accumulation des tensions musculaires et psychologiques. Dans une séance de relaxation, nous nous entraînons à nous concentrer tandis que nous gardons nos muscles détendus. La relaxation peut être associée à une thérapie comportementale.
Médicaments
Dans certains cas, des médicaments peuvent être prescrits pour soulager les symptômes anxieux ou dépressifs associés à la contraction psychique. Les anxiolytiques peuvent être utilisés à court terme pour réduire l'anxiété aiguë, tandis que les antidépresseurs peuvent être prescrits pour traiter la dépression sous-jacente.
Les anxiolytiques, également appelés tranquillisants, sont généralement utilisés pour soulager l’anxiété, les troubles anxieux, mais aussi les troubles du sommeil. Les anxiolytiques sont principalement des benzodiazépines. Certains antidépresseurs, des antihistaminiques, des bêtabloquants et certains neuroleptiques sont aussi utilisés pour soulager des troubles anxieux.
Du bon usage des benzodiazépines Les benzodiazépines sont efficaces sur de courtes durées seulement. Au-delà, leur efficacité diminue et leurs effets indésirables persistent (troubles de la mémoire, chutes, surtout chez les personnes âgées, accidents de la voie publique, risque de démence de type Alzheimer, etc.). Il est recommandé de ne pas dépasser 4 semaines de traitement pour les troubles du sommeil et 3 mois pour les troubles anxieux. Au-delà, on s’expose à un risque de dépendance physique et psychique, qui rend l’arrêt difficile. L’arrêt de ces traitements doit être progressif et de préférence accompagné par un soignant ou une soignante. Un programme national a été mis en place par le Ministère de la santé et la Haute autorité de santé (HAS) pour aider les médecins à réduire les prescriptions au long cours des benzodiazépines, dans l’anxiété ou dans l’insomnie.
Soutien Social et Éducation
Le soutien social, l'éducation des patients et de leurs familles sur la contraction psychique et les troubles associés, et la participation à des groupes de soutien peuvent également être bénéfiques pour améliorer le bien-être et la qualité de vie des personnes concernées.
Traitement des MAP
Les essais cliniques sont rares mais selon la littérature disponible une combinaison de psychothérapie et de psychotropes avec une posologie individualisée (visant à traiter les comorbidités, telles que la dépression ou l'anxiété) peut être bénéfique.
Pronostic
Le pronostic des MAP est variable, mais il est plus favorable que celui des patients souffrant d'autres troubles somatoformes, tels que des symptômes sensoriels, des faiblesses ou des douleurs. La présence d'une comorbidité psychiatrique (dépression ou trouble anxieux) est un facteur pronostique positif. Des symptômes de longue date, une apparition insidieuse des mouvements et un diagnostic psychiatrique primaire d'hypocondrie, de trouble factice ou de simulation sont des facteurs de pronostic négatif.
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