Les douleurs pelviennes, une affection courante mais souvent mal comprise, se manifestent par une douleur chronique ressentie dans la région inférieure de l'abdomen, entre les hanches. Bien que plus fréquentes chez les femmes, les hommes peuvent également en souffrir. Ces douleurs sont qualifiées de chroniques lorsqu’elles persistent pendant plus de 3 à 6 mois. Cet article vise à explorer en profondeur les causes, les symptômes et les traitements de la contraction pelvienne chez la femme, en s'appuyant sur des informations médicales et des avis d'experts.
Définition et Généralités sur les Douleurs Pelviennes
Les douleurs pelviennes englobent un large éventail de sensations désagréables ressenties dans la région du pelvis ou du bassin, notamment dans le bas-ventre. Elles peuvent être aiguës ou chroniques, et varier en intensité et en durée. Les douleurs pelviennes concernent aussi bien les hommes que les femmes, mais sont beaucoup plus fréquentes chez les femmes en âge de procréer et sont très souvent liées à des causes gynécologiques ou urinaires. Elles peuvent être bénignes ou cacher un problème de santé plus grave nécessitant une consultation rapide.
Causes des Douleurs Pelviennes chez la Femme
Chez la femme, les douleurs pelviennes peuvent être dues à plusieurs facteurs, notamment :
Troubles gynécologiques et menstruels : Crampes menstruelles (dysménorrhée), endométriose, kystes ovariens, maladie inflammatoire pelvienne (MIP), syndrome prémenstruel (SPM), fibromes utérins. Les règles très douloureuses, qu’on appelle dysménorrhées, sont le symptôme le plus courant de l’endométriose et du SOPK.
Grossesse et ses complications : Les douleurs pelviennes sont fréquentes pendant la grossesse, et peuvent être dues à l'étirement de l'utérus, aux contractions de Braxton-Hicks ou à des complications telles qu'une fausse couche ou une grossesse extra-utérine.
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Accouchement : Les douleurs pelviennes intenses pendant et après l'accouchement sont normales et dues aux contractions utérines et à l'étirement du canal génital.
Syndrome des Ovars Polykystiques (SOPK) : Le SOPK est un trouble complexe qui provoque des taux d’hormones androgènes plus élevés que la moyenne. Il s’agit de la première cause d’infertilité chez la femme. Les ovaires polykystiques contiennent de nombreux kystes remplis de liquide, appelés « follicules », dans lesquels se développent les ovocytes. La croissance des follicules est diminuée par rapport à la normale et cela se répercute sur le développement des ovules. Le cycle menstruel est affecté avec des règles irrégulières ainsi que des troubles de l’ovulation. À long terme, le SOPK peut provoquer un risque plus élevé de développer du diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires et un cancer du col de l’utérus.
Endométriose : L’endométriose est une maladie définie par la présence de tissu semblable à celui de l’utérus en dehors de celui-ci. La maladie se manifeste principalement par des douleurs intenses au moment des règles altérant ainsi la qualité de vie. L'endométriose peut également conduire à l'infertilité.
Ménopause: La ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles chez la femme suite à la cessation de l’activité des ovaires. Si certaines femmes n’éprouvent aucune difficulté face à ce changement, pour d’autres il peut s’agir d’une période difficile à cause de nombreux symptômes qui se manifestent (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, constipation, prise de poids, troubles de l’humeur, etc.). Il arrive parfois qu’au moment de la préménopause, le syndrome pré-menstruel se fasse davantage ressentir.
Troubles de la statique pelvienne: 45% des femmes âgées entre 40 et 80 ans ont un risque de souffrir d’une descente d’organe. Le terme de prolapsus définit la descente d’un organe. Le prolapsus utérin correspond ainsi à la descente de l’utérus dans le petit bassin. Un prolapsus survient lorsque les moyens de fixation de l’utérus font défaut : muscles releveurs du périnée, ligaments. Cet événement est favorisé par des grossesses répétées, un accouchement trop rapide ou s’étant accompagné de déchirures du périnée, la naissance d’un gros enfant, en particulier après un forceps. La baisse des estrogènes liée à la ménopause facilite également l’apparition d’un prolapsus génital en raison de la perte d’élasticité des tissus qu’elle induit.
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Causes Communes aux Deux Sexes
Les causes communes aux deux sexes incluent :
Troubles gastro-intestinaux : Gastro-entérite, constipation, diverticule, syndrome de l’intestin irritable, maladie inflammatoire chronique de l’intestin, cancer du côlon, appendicite.
Troubles urinaires : Infections des voies urinaires, calculs rénaux, infections sexuellement transmissibles.
Troubles musculosquelettiques : Fibromyalgie, tensions musculaires, douleurs lombaires, une arthrite de la hanche ou une pubalgie (douleur au niveau du pubis).
Troubles neurologiques : Neuropathies pelviennes, sciatiques, névralgie pudendale.
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Troubles rhumatologiques : Arthrose.
Facteurs psychologiques : Certains facteurs psychologiques tels que le stress et la dépression peuvent contribuer aux douleurs pelviennes, même s’ils sont rarement évoqués comme unique cause de ces dernières. Les personnes victimes de traumatismes sexuels peuvent développer des douleurs pelviennes chroniques.
Symptômes Associés aux Douleurs Pelviennes
Les symptômes pouvant accompagner les douleurs pelviennes sont variés :
- Douleur localisée ou diffuse dans la région pelvienne.
- Douleur pouvant irradier vers le bas du dos, les cuisses ou les fesses.
- Sensation de pression ou de lourdeur dans le bassin.
- Douleur pendant les rapports sexuels (dyspareunie).
- Troubles urinaires : mictions fréquentes, douloureuses, ou urgence mictionnelle.
- Troubles intestinaux : constipation, diarrhée, ballonnements.
- Les rapports sexuels peuvent parfois être sources de douleurs qu’on appelle “dyspareunie”. Celles-ci peuvent apparaître avant, pendant ou après l’acte sexuel. D’autres symptômes peuvent accompagner ces douleurs comme des démangeaisons, des sensations d’inconfort, des saignements anormaux, des signes d’affections cutanées, etc.
Chez la femme, certains signes avant-coureurs sont à prendre au sérieux :
- Vertiges ou pertes de conscience soudaines.
- Tension artérielle basse.
- Douleur sévère et soudaine, accompagnée de nausées, vomissements, transpiration excessive ou agitation.
- Fièvre ou frissons.
- Saignements vaginaux après la ménopause.
- Les femmes concernées ont une sensation de pesanteur, comme une « boule » qui descend au niveau du périnée, du pelvis, voire du rectum. La personne a régulièrement des démangeaisons au niveau de la vulve, associées éventuellement à des pertes vaginales.
Quand Consulter un Médecin ?
Il est recommandé de consulter un médecin lorsque les douleurs pelviennes deviennent invalidantes et empêchent de se rendre au travail ou à l’école. Les femmes qui présentent la plupart des signes avant-coureurs doivent également consulter un médecin. Généralement, les douleurs pelviennes ne constituent pas une urgence. Si ces douleurs ne sont pas constantes et ne s’aggravent pas, une visite médicale doit être programmée. Cependant, il arrive qu’une intervention chirurgicale en urgence soit faite. Les troubles qui nécessitent généralement une consultation en urgence, voire une intervention chirurgicale peuvent être :
- L’appendicite.
- La rupture d’une grossesse extra-utérine.
- La torsion d’un ovaire.
- Les crampes menstruelles.
- Une salpingite (infection des trompes de Fallope).
- L’endométriose.
- Une fausse couche.
- La rupture d’un abcès dans le bassin.
- Le syndrome des ovaires polykystiques.
- Une déchirure dans les intestins.
- Un anévrisme de l’aorte abdominale.
Diagnostic des Douleurs Pelviennes
Le diagnostic des douleurs pelviennes repose sur une consultation médicale complète, qui comprend :
Interrogatoire médical : Le médecin questionnera la personne sur ses antécédents médicaux, ses symptômes, leur localisation, leur intensité, leur fréquence et les éventuels facteurs déclenchants.
Examen physique : L'examen physique gynécologique peut inclure un examen pelvien (le médecin examinera les organes génitaux externes et internes à la recherche de signes d'infection, de douleur ou de masses) et une palpation abdominale (le médecin palpera l'abdomen pour rechercher des anomalies au niveau des organes pelviens et abdominaux).
En fonction des résultats de l'examen clinique, des examens complémentaires pourront être demandés en fonction des troubles envisagés :
Analyses de sang : Numération formule sanguine à la recherche d'une infection, dosages hormonaux.
Analyses d'urine : Pour rechercher une infection urinaire.
Prélèvement urétraux et vaginaux.
Échographie pelvienne : Elle permet de visualiser l'utérus, les ovaires, les trompes de Fallope et d'autres structures pelviennes pour identifier d'éventuelles anomalies telles que l’appendicite. D’autres examens d’imagerie peuvent être réalisés (tomodensitométrie, IRM).
Hystéroscopie : Examen qui permet de visualiser l'intérieur de l'utérus à l'aide d'une sonde optique introduite par le vagin et le col de l'utérus.
Laparoscopie : Intervention chirurgicale peu invasive qui permet de visualiser les organes pelviens par une petite incision abdominale et d'effectuer des biopsies si nécessaire.
Cystoscopie : Examen de la vessie et de l’urètre pour détecter des anomalies urinaires.
Coloscopie : Examen de l’intestin pour détecter des troubles gastro-intestinaux.
Traitements des Douleurs Pelviennes
Le traitement des douleurs pelviennes dépend de la cause identifiée. Par exemple, en cas de grossesse extra-utérine, une intervention sera faite pour mettre fin à la grossesse, afin de sauver la vie de la femme. En cas d’appendicite, une intervention médicale (appendicectomie) sera faite.
Parallèlement au traitement spécifique, la prise en charge des douleurs pelviennes inclut généralement des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), tels que l’ibuprofène. En cas d’inefficacité de ceux-ci, d’autres antalgiques peuvent être envisagés. Dans le cas où la douleur concerne des muscles, le repos, la chaleur et de la kinésithérapie peuvent aider. Si les spécialistes suspectent une origine psychosomatique, un suivi en psychothérapie peut être proposé.
Lorsque la douleur persiste malgré le traitement, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Il peut s’agir :
- D’une laparoscopie : pour traiter l’endométriose ou un kyste ovarien.
- D’une hystérectomie : ablation de l’utérus.
Des thérapies complémentaires telles que la physiothérapie, les thérapies cognitivo-comportementales, voire l’acupuncture, peuvent être envisagées.
Douleurs périnéales, dyspareunies et vulvodynies : reconnaître et traiter l’origine neuromyofasciale
Les douleurs périnéales chroniques sont fréquentes, invalidantes et insuffisamment identifiées sur le plan diagnostique et thérapeutique. Il s'agit d'un syndrome douloureux complexe locorégional, déterminé par une boucle nociceptive où s'articulent des éléments cutanéomuqueux, musculo-aponévrotiques, radiculaires et neurovégétatifs, entretenus par une intégration centrale psycho-émotionnelle. Cette complexité étiopathologique et la diversité d'expression clinique expliquent l'errance médicale lorsque le syndrome neuromyofascial pelvien n'est pas identifié. Le diagnostic repose sur la recherche de points musculaires “gâchettes” (trigger points), correspondant à des zones de contracture musculaire localisées et de “dérangements douloureux intervertébraux mineurs”, à l'origine de douleurs de type radiculaire de topographie vulvo-inguinale. La prise en charge thérapeutique repose sur la médecine manuelle, suivant un protocole cadré, l'application régulière de désensibilisants locaux et l'accompagnement psycho-émotionnel. Les infiltrations locales de Botox et la vestibulectomie ne doivent trouver leur place qu'en cas d'échec des précédentes mesures thérapeutiques.
Trois mécanismes fondamentaux peuvent s'associer dans ces douleurs neuromyofasciales : un syndrome myofascial pelvien et périnéal, un “dérangement douloureux intervertébral mineur”, à l'origine de douleurs de type radiculaire, et enfin des phénomènes neurovégétatifs. L’examen comprend deux axes d'orientation diagnostique: Recherche de “points gâchettes” musculaires par le toucher vaginal (TV) et par la palpation externe du périnée sur une patiente en position gynécologique. La recherche d'un dérangement intervertébral mineur (DIM) se fait par “palper rouler” de la peau, à la recherche d'une cellulalgie paravertébrale d'une part, et sur la paroi abdominale antérieure d'autre part, en particulier dans la zone pubienne et inguinale (territoire T12/L1).
Les trois axes du traitement sont orientés par la physiopathologie du syndrome myofascial pelvien : obtenir le relâchement musculaire, désensibiliser les capteurs cutanéo-muqueux, désactiver les phénomènes neurovégétatifs et l'intégration “centrale” psycho-émotionnelle. Prise en charge en médecine manuelle, techniques d'étirement post-isométrique, infiltrations des trigger points à la bupivacaïne à 0,5 % ou Infiltration de toxine botulique. Automassage à la lidocaïne topique à 5 % en gel et prise en charge psycho-émotionnelle.
Exercices pour le syndrome de congestion pelvienne
Le syndrome de congestion pelvienne est un trouble rare et encore incompris touchant la femme pré-ménopausée. Très mal diagnostiqué et souvent confondu avec l’endométriose, ce syndrome entraîne des douleurs pelviennes chroniques aggravées, entre autres, lors des rapports sexuels, des menstruations, de la grossesse et par la position assise prolongée.
Pour limiter les symptômes et gênes liées au syndrome de congestion pelvienne, il existe des conseils simples faciles à mettre en place: Adaptez votre alimentation, limitez les positions statiques prolongées ainsi que le port de vêtements trop serrés qui ont tendance à accentuer les douleurs et symptômes, portez des bas de contentions si les varices touchent les membres inférieurs afin de limiter leur évolution, pratiquez une activité sportive, consultez un ostéopathe, acupuncteur, sophrologue… en complément du parcours médical et réalisez les exercices adaptés au syndrome de congestion pelvienne et à ses conséquences.
Les exercices suivants peuvent aider: on dénoue son ventre, on étire ses psoas, on facilite son retour veineux, on soulage son bassin, on détend ses cuisses, on tourne les hanches et on relâche ses tensions.
Prévention des Douleurs Pelviennes
Certaines mesures peuvent aider à prévenir l'apparition des douleurs pelviennes :
- Hygiène personnelle : Pratiquer une bonne hygiène pour éviter les infections urinaires et génitales.
- Sexualité protégée : Utiliser des préservatifs pour prévenir les infections sexuellement transmissibles (IST).
- Gestion du stress : Adopter des techniques de relaxation, de méditation et d'exercice pour réduire le stress, car celui-ci peut exacerber les douleurs pelviennes.
- Alimentation équilibrée : Pour éviter les troubles gastro-intestinaux, adopter un régime riche en fibres et pauvre en aliments irritants.
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