La contraction musculaire, un phénomène physiologique essentiel, peut devenir problématique lorsqu'elle affecte les muscles du plancher pelvien. Souvent méconnue, cette zone musculaire joue un rôle crucial dans le maintien de la continence et le soutien des organes pelviens. Cet article explore en profondeur les causes, les symptômes et les solutions liés à la contraction musculaire pelvienne, offrant une vue d'ensemble pour une meilleure compréhension et une prise en charge efficace.
Le Plancher Pelvien : Un Réseau Musculaire Essentiel
La plupart des individus ignorent l’existence et le fonctionnement de ce réseau musculaire dont la commande est physiologiquement involontaire. Le plancher pelvien est un ensemble de muscles, de ligaments et de tissus conjonctifs qui soutiennent les organes situés dans le bassin, notamment la vessie, l'utérus (chez la femme) et le rectum. Il contribue également à la continence urinaire et fécale, ainsi qu'à la fonction sexuelle.
Comment se développe la contracture du plancher pelvien ?
La contracture des muscles du plancher pelvien comprime les veines, les artères et les nerfs, provoquant ainsi une souffrance et fragilité des tissus pelviens. Lorsque ces muscles se contractent de manière excessive et involontaire, cela peut entraîner divers problèmes de santé.
Causes de la Contraction Musculaire Pelvienne
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la contraction musculaire pelvienne :
- Traumatismes indirects : Une constipation chronique, du fait des poussées répétées sur le périnée, peut provoquer une lésion ou un étirement des nerfs du petit bassin et du périnée, dont le nerf pudendal.
- Maladies digestives : Certaines maladies digestives, comme le syndrome de l’intestin irritable avec diarrhée, une rectocolite hémorragique, un prolapsus rectal ou une rectite radique, peuvent être associées à une contraction musculaire pelvienne.
- Troubles de la statique rectale : Les troubles de la statique rectale (« descente d’organe ») peuvent également induire une incontinence anale.
- Pathologies extra-digestives : Des maladies générales (diabète, sclérose en plaques, accident vasculaire cérébral, myopathies, etc.) peuvent également être en cause.
- Facteurs liés à l'accouchement : Un accouchement traumatique peut entraîner un étirement ou une lésion des muscles et des nerfs du plancher pelvien.
- Névralgie pudendale : La névralgie pudendale encore appelée syndrome du canal d’Alcock est une maladie neurologique causée par une compression ou une irritation du nerf pudendal durant son trajet dans différents tunnels qu’il traverse (syndrome canalaire).
Symptômes de la Contraction Musculaire Pelvienne
Les symptômes de la contraction musculaire pelvienne peuvent varier d'une personne à l'autre, mais ils incluent souvent :
Lire aussi: Grossesse : contractions au 5ème mois
- Douleur pelvienne chronique : Une douleur persistante dans le bassin, le bas du dos, les organes génitaux ou l'anus.
- Dyspareunie : Douleur pendant les rapports sexuels.
- Vaginisme : Contraction involontaire des muscles vaginaux rendant la pénétration difficile voire impossible.
- Incontinence urinaire ou fécale : Difficulté à contrôler la vessie ou les intestins.
- Constipation : Difficulté à évacuer les selles.
- Proctalgie fugace : Une douleur anale brève mais intense, qui apparaît sans prévenir, comme une décharge ou un coup de poignard dans le rectum.
- Névralgie pudendale : Douleurs chroniques au niveau du périnée, aggravées par la position assise.
Diagnostic de la Contraction Musculaire Pelvienne
Le diagnostic de la contraction musculaire pelvienne repose sur un examen clinique approfondi et des tests complémentaires si nécessaire.
- Interrogatoire minutieux et complet : Le médecin posera des questions sur les antécédents médicaux, les symptômes et les habitudes de vie du patient.
- Examen physique : Un toucher rectal et vaginal peut être effectué pour évaluer la tension musculaire et la présence d'anomalies.
- Manométrie anorectale : Ce test permet d’évaluer le tonus du muscle sphinctérien, sa contraction et le volume rectal. Les personnes incontinentes ont une insuffisance de pression dans le canal anal.
- Déféco-IRM ou défécographie : Si un prolapsus rectal est suspecté, cet examen peut objectiver les anomalies anatomiques.
- IRM ou échographie pelvienne : Ces examens peuvent être utiles pour rechercher des causes de compression du nerf, telles que des tumeurs ou des malformations.
- Tests neurologiques : Des tests spécifiques peuvent être réalisés pour évaluer la fonction du nerf pudendal.
- Infiltration test : Dans le cas de la névralgie pudendale, une infiltration anesthésique du nerf pudendal doit faire disparaître la douleur de façon significative, le temps de l’anesthésie locale.
Traitements et Solutions
Plusieurs options de traitement sont disponibles pour soulager les symptômes de la contraction musculaire pelvienne :
- Rééducation anorectale : Réalisée par un kinésithérapeute (ou une sage femme en cas d’incontinence anale post-obstétricale), cette rééducation musculaire mais aussi en sensibilité et coordination est indiquée s’il existe une faiblesse du sphincter externe. Elle peut être conduite par biofeedback.
- Médicaments : Des médicaments antidouleur, des anti-inflammatoires, des antidépresseurs ou des anticonvulsivants peuvent être prescrits pour soulager la douleur et les symptômes nerveux.
- Injections : Des injections de corticoïdes ou d'anesthésiques locaux peuvent être effectuées au niveau du nerf pudendal pour soulager la douleur à court terme.
- Neuromodulation : La neuromodulation par neurostimulation sacrée ou par stimulation du nerf pudendal peut être utilisée en dernier recours pour moduler l'activité du nerf et soulager la douleur.
- Chirurgie : La chirurgie est rarement envisagée car les risques sont importants. Elle peut être indiquée en cas de compression du nerf par une tumeur ou un autre élément identifiable.
- Modifications du mode de vie : Éviter la position assise prolongée, pratiquer une activité physique régulière, perdre du poids si nécessaire.
- Techniques de gestion de la douleur : La thérapie cognitivo-comportementale et le biofeedback peuvent être envisagés.
- Respiration abdominale ou diaphragmatique : Inspirer profondément en gonflant le ventre, expirer lentement… et recommencer.
- Yoga doux ou étirements ciblés du bassin : Bouger régulièrement est essentiel.
- Prise de laxatifs : Dans un premier temps, et particulièrement chez les patientes atteintes de constipation, la prise de laxatifs qui ramollissent les selles permet parfois de faire disparaître les symptômes.
- Thérapie de biofeedback : Une thérapie de biofeedback peut également être proposée surtout si un anisme a été diagnostiqué.
- Irrigations coliques antérogrades par caecostomie : Dans certains centres de soins, des irrigations coliques antérogrades par caecostomie sont réalisées, réservées aux incontinences réfractaires.
- Colostomie : Dans les incontinences sévères, une colostomie, solution de dernier recours, peut améliorer une qualité de vie très altérée.
- Soutien psychologique : Prendre soin de son mental est aussi important que soulager son corps.
Focus sur des Problématiques Spécifiques
Vaginisme et Dyspareunie
Le vaginisme et la dyspareunie sont caractérisées par une forte contracture de la musculature péri-vaginale rendant la pénétration difficile voire impossible.
Incontinence Anale
L’incontinence anale est l’impossibilité de retarder volontairement le passage du contenu intestinal à travers l’anus. Celle-ci doit être ressentie pendant une durée minimale de trois mois. Elle peut concerner les gaz et/ou les selles.
Types d'incontinence anale :
- Incontinence anale active : Par impériosités (un « besoin pressant »), traduit plutôt une insuffisance des sphincters anaux.
- Incontinence anale passive : N’est pas précédée d’un besoin d’exonérer (« aller à la selle »). Elle est plus souvent la conséquence d’un défaut de vidange du rectum (stase rectale) suite à une constipation, par exemple.
Rectocèle
La rectocèle correspond au déplacement du rectum (partie du tube digestif avant le canal anal et l’anus) dans le vagin. Il s’agit d’un trouble de la statique pelvienne. Chez la femme, la cloison entre le rectum et le vagin est fragile car soumise à des pressions parfois importantes.
Lire aussi: Contractions : comment les identifier ?
Types de rectocèles :
- Rectocèles basses : Elles sont proches de l’entrée du vagin.
- Rectocèles hautes.
- Rectocèle de pulsion.
- Rectocèle par affaissement.
Névralgie Pudendale
La névralgie pudendale se caractérise par des douleurs chroniques au niveau du périnée, aggravées par la position assise. Ces douleurs sont liées à la compression du nerf pudendal (anciennement appelé nerf honteux), l’un des principaux nerfs qui innerve le périnée.
Causes de la névralgie pudendale :
- Compression nerveuse : La compression du nerf pudendal peut être causée par des structures anatomiques adjacentes telles que les muscles, les ligaments ou les vaisseaux sanguins, en cas de position assise prolongée par exemple.
- Traumatismes : Les traumatismes pelviens, y compris les fractures ou les chutes, peuvent endommager le nerf pudendal.
- Activités répétitives : Certaines activités, comme le cyclisme prolongé ou l’équitation, peuvent exercer une pression excessive sur le nerf pudendal.
- Chirurgies : Les interventions chirurgicales dans la région pelvienne peuvent, dans certains cas, endommager le nerf pudendal.
- Accouchement : Le stress et l'étirement des tissus pendant l'accouchement peuvent parfois entraîner une lésion du nerf pudendal.
- Inflammation du nerf pudendal : Une infection, une maladie auto-immune ou une endométriose peuvent enflammer le nerf pudendal.
- Facteurs hormonaux : Les facteurs hormonaux liés à la grossesse ou à la ménopause peuvent fragiliser le nerf pudendal et le rendre plus susceptible à la compression.
Symptômes de la névralgie pudendale :
- Douleur : La douleur est souvent intense, brûlante et lancinante. Elle peut s'étendre aux organes génitaux, à la région périnéale, aux fesses, aux cuisses et au bas du dos.
- Engourdissements et picotements : Des sensations d'engourdissement, de picotements, de fourmillements ou de « décharges électriques » peuvent se manifester dans la région génitale, périnéale et anale.
- Difficultés urinaires : La névralgie pudendale peut entraîner des problèmes urinaires tels que des envies fréquentes d'uriner, une incontinence urinaire, une sensation de vidange incomplète de la vessie ou une difficulté à démarrer la miction.
- Difficultés sexuelles : Les femmes peuvent souffrir de douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie), tandis que les hommes peuvent avoir des troubles de l'érection ou une éjaculation prématurée.
- Autres symptômes : Des sensations de brûlure à l'anus, une constipation, une diarrhée ou une sensation de « corps étranger » dans le vagin peuvent également être présents.
Lire aussi: Comprendre les mouvements de bébé
tags: #contraction #musculaire #anud #explication
