Les frissons sont une expérience courante, souvent associée à une sensation de froid. Cependant, ils peuvent également être liés à la fièvre et à d'autres conditions médicales. Cet article explore en profondeur les causes des frissons, leur lien avec les contractions musculaires et les implications pour la santé.

Qu'est-ce qu'un frisson ?

Un frisson est une contraction musculaire incontrôlable et passagère, semblable à un spasme, mais au niveau cutané. Il s’agit d’un mécanisme de défense qui permet de protéger l’organisme d’une baisse de la température corporelle (hypothermie) ou d’aider l’organisme à se défendre contre une infection (comme la fièvre, par exemple). La contraction exercée par les muscles lors d'un frisson permet de réchauffer rapidement le corps, avec environ 10 contractions par seconde.

Les frissons peuvent affecter l’ensemble du corps. Qu'ils soient accompagnés de fièvre ou non, il s'agit d'un mécanisme de protection. Il est tout à fait normal de frissonner, surtout si les températures sont basses. Votre corps essaie simplement de se réchauffer.

Les frissons peuvent s'accompagner de divers symptômes, notamment :

  • Fièvre
  • Fatigue
  • Maux de tête
  • Douleurs musculaires, articulaires et abdominales
  • Refroidissement des extrémités
  • Éruptions cutanées
  • Réactions de stress
  • Anxiété

Les Causes des Frissons

Ces tremblements peuvent avoir de nombreuses causes, et même être révélateurs de certaines maladies.

Lire aussi: Grossesse : contractions au 5ème mois

Le Froid

La cause la plus évidente des frissons est le froid. Ils permettent à notre corps de se réchauffer grâce à des contractions musculaires. Les frissons sont donc un mécanisme de thermogenèse (production de chaleur par l’organisme) et peuvent s’accompagner d’autres mécanismes de protection contre le froid, comme l’adaptation de notre fonctionnement biologique, la limitation de la production de sueur et la réduction du diamètre de nos vaisseaux sanguins (vasoconstriction).

La Fièvre

La fièvre est souvent due à une maladie infectieuse comme la grippe ou la gastro-entérite, les infections des voies urinaires, ou encore des maladies plus rares comme le paludisme. Quand on parle de fièvre, la température corporelle augmente (plus de 38°C) et c’est en partie dû aux frissons.

La fièvre est un signal d’alerte qui impose au corps du repos, et un mécanisme nécessaire pour activer notre système immunitaire et combattre efficacement la plupart des infections. Cependant, une fièvre doit absolument rester modérée et bien tolérée, car elle peut être dangereuse si elle est très élevée, en cas d’infection bactérienne ou chez les personnes immunodéprimées.

Si votre état fébrile persiste pendant plusieurs jours, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant pour déterminer l’origine de cette fièvre et bénéficier d’un traitement adapté.

La Covid-19

La Covid-19 est une maladie infectieuse qui doit également être suspectée lorsque nous avons de la fièvre et des frissons. Si vous êtes positif à la Covid-19, isolez-vous au maximum de votre entourage. N’oubliez pas que cette maladie est très contagieuse et nécessite un isolement.

Lire aussi: Contractions : comment les identifier ?

Frissons Sans Fièvre

Les frissons liés à des dérèglements métaboliques sont pour la plupart sans fièvre et peuvent survenir :

  • Si le taux de sucre dans le sang est trop bas (hypoglycémie)
  • Après une activité physique intense
  • En cas de mauvaise réaction à la suite de la prise de certains médicaments

Après une Anesthésie

Frissonner après une opération chirurgicale sous anesthésie est un phénomène fréquent. L’administration d'anesthésiques peut avoir pour effet de refroidir le corps du patient pendant l’opération. Bien que dans la plupart des cas, cette sensation s’avère être sans gravité, cela peut causer des problèmes cardiaques potentiellement dangereux chez certains individus à risques. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’observer une période de surveillance après une opération, afin de contrôler l’élimination de ces médicaments.

Une Brûlure

Dans le cadre d’une brûlure sévère et étendue, le phénomène de frissonnement est très courant, lié au passage de bactéries dans la circulation sanguine, ce qui augmente la température corporelle. Ces brûlures nécessitent de consulter un professionnel de santé en urgence.

Les Émotions

Vous connaissez sûrement l’expression « avoir la chair de poule », c’est un phénomène assez similaire à celui des frissons, mais localisé au niveau des muscles de la racine des poils, tandis que les frissons parcourent l’ensemble de la peau de notre corps. C’est aussi vrai lorsqu’il existe un manque de Fer, qui peut entraîner un trouble de l'oxygénation et une baisse de globules rouges circulant dans le sang (anémie).

La Fatigue ou l’Anxiété

Quand nous sommes fatigués, le corps fonctionne plus lentement et le bon maintien de sa température est altéré. En cas de frissons persistants, ils peuvent même être révélateurs de certaines maladies cancéreuses comme la leucémie ou certains cancers digestifs, surtout s’ils sont accompagnés d’autres symptômes, tels que des douleurs abdominales, la fièvre et la fatigue. Ces symptômes nécessitent une prise en charge médicale rapide.

Lire aussi: Comprendre les mouvements de bébé

Conséquences des Frissons

Le corps ne frissonne pas sans raison. Les frissons sont un mécanisme de défense permettant à l’organisme de lutter contre une agression extérieure (le froid par exemple) ou de réagir face à une infection (grippe, Covid-19, gastro-entérite…).

Si d’apparence les frissons ne sont que de légers spasmes dont la durée n’est seulement que de quelques secondes, ils demandent aux muscles une grosse consommation d’énergie. Ressentir des frissons fréquemment peut donc entraîner une sensation de fatigue plus ou moins intense.

Si les frissons apparaissent à la suite d’une opération, ils peuvent altérer l’état de santé général du patient, augmentant ainsi sa consommation d’oxygène et son débit cardiaque.

Que Faire en Cas de Frissons ?

Les frissons sont un symptôme, pas une maladie. Leur traitement dépendra donc de leur cause. Dans le cas où votre corps frissonne suite à :

  • Une chute des températures : Essayez de vous réchauffer dans un endroit sec, abrité et chauffé le plus rapidement possible.
  • Une opération chirurgicale : La période post-opératoire peut engendrer des tremblements occasionnés par de la fièvre. L’équipe médicale présente dans l’établissement de santé où s’est déroulée l’opération pourra vous administrer des médicaments pour améliorer votre état.
  • Une pathologie : Si vos frissons sont liés à une pathologie telle que le diabète, l'anémie, un cancer, ou un dérèglement hormonal, consultez votre médecin traitant dans les meilleurs délais. Ce dernier sera en mesure de vous prescrire des examens pour écarter tout risque d’aggravation de votre état de santé.

Que Faire en Cas de Frissons Persistants ?

Si les frissons que vous ressentez ne s’améliorent pas après 48 heures, ou si vous présentez des symptômes tels que de la toux, un essoufflement, des douleurs abdominales, des douleurs lors de la miction, des vomissements, ou si vous ressentez des frissons de manière chronique et que cela vous inquiète, n’attendez pas pour consulter un professionnel de santé ou votre médecin traitant. Frissonner de manière régulière sans raison apparente peut être l’un des symptômes d’une pathologie grave nécessitant de procéder à des examens médicaux complémentaires.

Myosite pyogène (PM)

Bien que moins fréquente, il est important de mentionner la myosite pyogène (PM), une infection bactérienne des muscles squelettiques. La prévalence de la maladie est inconnue. La PM est retrouvée fréquemment dans les tropiques et est endémique de l'Ouganda orientale où 400 à 900 cas sont rapportés annuellement. La PM survient à tous les âges et touche surtout les hommes. Dans les régions tropicales, elle se manifeste généralement chez des individus sains et athlétiques et affecte surtout les enfants (âgés de 2 à 5 ans) et les jeunes adultes, tandis que dans les régions tempérées, la plupart des patients sont immunodéprimés (à cause d'une malnutrition, d'une chimiothérapie, d'un diabète sucré ou d'une infection au VIH) ou souffrent d'une insuffisance rénale chronique ou d'une arthrite rhumatoïde.

Les muscles les plus fréquemment atteints incluent le muscle dentelé antérieur, le grand pectoral, le biceps, les muscles abdominaux et épineux, les fessiers, l'ilio-psoas, le quadriceps et le gastrocnémien. La PM évolue en trois phases. Le stade d'invasion dure entre 1 et 10 jours et se manifeste par une douleur musculaire localisée et un gonflement (sans augmentation de température ni érythème), associés à une fièvre peu élevée. L'atteinte du muscle ilio-psoas peut rappeler la présentation d'une appendicite. Le stade purulent ou suppuré survient 2 à 3 semaines après l'apparition des premiers symptômes, avec une maladie fébrile progressive et une masse des tissus mous, sensible et douloureuse au toucher.

L'étiologie exacte de la maladie est inconnue, mais un traumatisme musculaire et un effort vigoureux peuvent faciliter l'accès hématogène des bactéries dans les muscles squelettiques (généralement résistants à ces types d'infection). Il a été suggéré que les récepteurs de la fibronectine des cellules musculaires pourraient être une porte d'entrée des bactéries. Dans la plupart des cas, l'organisme en cause est le Staphylococcus aureus (SA) (jusqu'à 90% des cas tropicaux, 70% des cas tempérés), mais des infections par d'autres espèces ont été rapportées (par ex. Streptococci).

La PM est souvent difficile à diagnostiquer. L'aspiration du pus du muscle est généralement possible au stade purulent et permet le diagnostic. En cas d'absence d'abcès, une biopsie musculaire avec une coloration spécifique et une culture permettent d'identifier la bactérie responsable et d'exclure des diagnostics différentiels. Un diagnostic précoce et un traitement rapide par antibiotiques sont essentiels. Du fait de l'augmentation de l'occurrence du SARM, la vancomycine, la téicoplanine, la tigécycline, la daptomycine, le linézolide ou la daptomycine sont des antibiotiques de choix. Le traitement par la tétracycline ou la triméthoprine-sulfaméthoxazole sont efficaces dans certains cas. Les antibiotiques sont prescrits pour 3 à 4 semaines ou plus, en cas d'atteinte de plusieurs muscles, d'infections mal drainées, de retard dans l'initiation du traitement ou si l'infection est due à des mycobactéries ou à Bartonella. En cas d'abcès, le traitement implique l'incision, le débridement et le drainage du muscle, ou dans certains cas, une aspiration guidée suivie d'une antibiothérapie. Le drainage musculaire est nécessaire dans 40 à 70% des cas, et un drainage répété dans 10% des cas. Le pronostic est bon lorsque la maladie est diagnostiquée et traitée de manière adaptée, et s'il elles sont présentes, les déformations musculaires résiduelles sont minimes.

La Fièvre chez les Animaux

Chez les espèces domestiques, la fièvre est essentiellement consécutive à une infection. Elle survient à la suite d’un arrêt de l’inhibition de la thermogenèse en réponse à des signaux endogènes plasmatiques et nerveux. La réponse fébrile commence après la production de cytokines pro-inflammatoires et de la prostaglandine PGE2. Des neurones situés dans une région spécialisée de l’hypothalamus intègrent ces signaux et induisent une réponse nerveuse qui provoque la vasoconstriction et des contractions musculaires à l’origine de la production de chaleur. L’augmentation de la température corporelle réduit la capacité proliférative des agents infectieux et augmente l’activité des cellules immunitaires.

L'État Grippal

L'état grippal s'accompagne d'une fièvre modérée qui peut engendrer des frissons et la "chair de poule".

Quels sont les responsables ? Différents virus : virus parainfluenza, VRS (virus respiratoire syncytial), adénovirus, rhinovirus

Quels sont leurs symptômes ?

  • Vous avez un peu de fièvre, autour de 38°C.
  • Vous frissonnez sans avoir vraiment froid et éprouvez une sensation de mal-être.
  • Vous avez de légères courbatures et des douleurs musculaires alors que vous n'avez pas fait d'effort physique.
  • Vous avez des maux de tête

Les symptômes de l’état grippal peuvent varier d’une personne à l’autre, car chaque organisme réagit différemment.

Lorsqu’on est malade, l’agent infectieux provoque une réaction de défense de l’organisme entraînant la fièvre.

D’une part, il limite la perte de chaleur du corps en réduisant la circulation sanguine à la surface de la peau. Ce phénomène de vasoconstriction permet de minimiser la quantité de chaleur transportée par le sang des organes profonds vers la surface cutanée. La peau se refroidit alors.

Et d’autre part, il augmente la production de chaleur en créant des frissons. Le tonus musculaire augmente, les muscles se contractent involontairement libérant de l’énergie musculaire qui contribue à augmenter la température corporelle. Les frissons s’accompagnent souvent de chair de poule, aussi appelée « horripilation ». Elle est due à la présence de petits muscles situés à la base des poils.

Douleurs Musculaires (Myalgies)

Les douleurs musculaires peuvent toucher tout le monde, quel que soit leur âge. On les reconnaît aux douleurs présentes dans les muscles qui peuvent être plus ou moins intenses. Les douleurs musculaires, également appelées myalgies, peuvent être liées à des lésions ou à une accumulation d’une substance précise dans les tissus musculaires. Elles apparaissent souvent après un effort physique ou des étirements trop intenses, bien que certains médicaments puissent également provoquer des myalgies. Les symptômes les plus courants sont des élancements, un engourdissement, une raideur du muscle ou encore des fourmillements.

  1. Parmi les douleurs musculaires les plus courantes, on retrouve les courbatures. Il s’agit d’une inflammation du muscle due à l’élimination de déchets amassés lors d’un effort. L’élimination des déchets et la reconstruction des éléments endommagés dans les cellules musculaires sont ce qui cause la douleur. Bien que les courbatures se guérissent d’elles-mêmes en quelques jours, vous pouvez tout de même prendre du paracétamol afin de soulager la douleur. Afin d’aider la blessure à guérir, vous pouvez appliquer un patch chauffant sur la zone courbaturée.
  2. En cas de manque de sommeil ou d’une sollicitation trop forte d’un muscle, une fatigue musculaire peut se faire ressentir. Afin de soulager la fatigue musculaire, il est nécessaire en premier lieu se reposer.
  3. Un autre type de douleur, plus bref et douloureux, sont les crampes. Il s’agit de la contraction soudaine d’un muscle. Bien que généralement très douloureuses, les crampes sont brèves. Lorsque vous sentez la crampe arriver, il est recommandé d’étirer le muscle afin de limiter son apparition. Si la crampe s’installe, il faut alors étirer le muscle quelques minutes jusqu’à ce que la contraction cesse. La douleur disparaîtra ensuite avec le temps en quelques heures.
  4. Une douleur musculaire récurrente si vous êtes sportif, est la contracture. Il s’agit d’une contraction musculaire, généralement longue et douloureuse pouvant durer entre 5 et 10 jours. Elles sont souvent associées à un surentraînement sportif ou un surmenage du muscle concerné.
  5. Si le muscle est trop sollicité ou qu’il n’a pas eu le temps de récupérer après un effort, il peut subir une déchirure musculaire.
  6. Si la déchirure est plus importante, on parle alors de claquage ou de rupture partielle. Cette blessure est très douloureuse et oblige à arrêter immédiatement toute activité ou effort. Le claquage peut toucher une partie du muscle ou tout le muscle, il s’agit alors d’une rupture complète. Afin de soulager la contracture, la déchirure ou le claquage, il est d’abord impératif d’arrêter toute activité physique et tout effort du muscle et de le mettre au repos. Vous pouvez ensuite appliquer un patch chaud en cas de contracture. Pour la déchirure ou la rupture, attendez d’abord que l’inflammation soit passée avant d’appliquer un patch chauffant. Le mieux reste toujours d’éviter l’apparition de douleurs musculaires. Avec quelques gestes du quotidien, il est possible de limiter l’apparition des douleurs. Par exemple, lorsque vous êtes au téléphone, pensez à garder le dos et la nuque droits. Si vous travaillez souvent devant un bureau, pensez à garder le dos droit contre le dossier. Faire une activité sportive permettant de tonifier votre corps est également recommandé comme la gymnastique, le yoga ou la natation. Le traitement d’une douleur musculaire dépend de sa cause.

Certaines carences nutritionnelles peuvent provoquer des douleurs musculaires, des crampes, de la fatigue ou de la faiblesse. Très fréquentes, les différentes formes de douleurs musculaires ont des origines très variées, y compris de nombreuses maladies neuromusculaires.

tags: #contraction #musculaire #causes #fièvre

Articles populaires: