Cet article explore en profondeur la contraction cervicale, souvent associée au syndrome de Gougerot-Sjögren, en détaillant les causes, les symptômes et les traitements disponibles.

Introduction

La contraction cervicale, ou torticolis, est une condition fréquente caractérisée par une douleur et une raideur des muscles du cou. Bien que souvent bénigne, elle peut être invalidante et affecter la qualité de vie. Par ailleurs, le syndrome de Gougerot-Sjögren (SGS) est une maladie auto-immune complexe qui peut se manifester par divers symptômes, notamment des douleurs articulaires et musculaires. Comprendre les liens entre ces deux conditions est essentiel pour une prise en charge efficace.

Contraction Cervicale : Un Aperçu

Causes Fréquentes

La contracture douloureuse des muscles du cou, en particulier du muscle sterno-cléido-mastoïdien situé entre l'oreille et la clavicule, est très fréquente. Un mouvement brusque ou une mauvaise position pendant le sommeil peut entraîner cette condition.

Le Dr Laurent Grange, rhumatologue au CHU de Grenoble Alpes, souligne que « toutes les malpositions peuvent potentiellement entraîner un torticolis ».

Symptômes

Le symptôme principal est une douleur vive et une limitation des mouvements du cou, souvent avec la tête penchée d'un côté.

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Traitement

En l'absence d'autres symptômes, le paracétamol ou un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) comme l'ibuprofène peuvent être efficaces. Il est conseillé de ne pas trop solliciter les muscles du cou pendant la phase aiguë.

Syndrome de Gougerot-Sjögren (SGS) : Comprendre la Maladie

Nature de la Maladie

Le syndrome de Gougerot-Sjögren (SGS) est une maladie auto-immune chronique où le système immunitaire attaque les glandes exocrines, notamment les glandes salivaires et lacrymales.

Symptômes Principaux

Les symptômes incluent la sécheresse buccale (xérostomie) et la sécheresse oculaire (xérophtalmie), mais aussi des douleurs articulaires, une fatigue intense et diverses autres manifestations systémiques.

  • Sécheresse buccale et oculaire : Sensation de bouche sèche, difficulté à avaler des aliments secs, sensation de sable dans les yeux, vision trouble.
  • Douleurs articulaires : Douleurs et raideurs dans les articulations, pouvant ressembler à la polyarthrite rhumatoïde.
  • Fatigue : Une fatigue persistante et invalidante, souvent disproportionnée par rapport à l'activité.

Manifestations Systémiques

Le SGS peut affecter d'autres organes et systèmes, entraînant divers symptômes :

  • Atteintes musculaires : Douleurs musculaires (myalgies), faiblesse musculaire.
  • Atteintes neurologiques : Neuropathies périphériques (douleurs, engourdissements, picotements dans les extrémités), troubles cognitifs.
  • Atteintes pulmonaires : Toux sèche, essoufflement.
  • Atteintes rénales : Acidose tubulaire rénale, glomérulonéphrite.
  • Atteintes vasculaires : Vasculite, phénomène de Raynaud.

Diagnostic

Le diagnostic du SGS repose sur une combinaison de critères cliniques, biologiques et histologiques :

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  • Examen clinique : Évaluation de la sécheresse buccale et oculaire, examen des articulations et recherche d'autres signes systémiques.
  • Tests biologiques : Recherche d'anticorps spécifiques (anti-SSA/Ro et anti-SSB/La), dosage des immunoglobulines, recherche de facteurs rhumatoïdes.
  • Tests ophtalmologiques : Test de Schirmer (mesure de la production de larmes), test de Rose Bengal (évaluation des lésions de la cornée).
  • Biopsie des glandes salivaires labiales : Analyse histologique pour rechercher un infiltrat lymphocytaire caractéristique.

Lien Entre Contraction Cervicale et Syndrome de Gougerot-Sjögren

Manifestations Musculaires dans le SGS

Les patients atteints de SGS peuvent souffrir de douleurs musculaires, de fatigabilité musculaire à l’effort voire d’une diminution de la force musculaire. La sévérité des symptômes, pour une même maladie, est variable d’un individu à un autre. Certains patients ne souffrent de presqu’aucune gêne, alors que d’autres auront des difficultés pour marcher voire ne pourront plus marcher du tout. L’atteinte des muscles est le plus souvent à la racine des membres, bilatérale et symétrique. En revanche, la force des mains ou des poignets est le plus souvent préservée hormis au cours de la myosite à inclusions. Les muscles axiaux du cou ou du dos peuvent aussi être affaiblis par la myosite provoquant alors des difficultés pour passer de la position couchée à la position assise. Enfin, la déglutition peut être rendue difficile par une atteinte des muscles de la gorge.

Myosites et SGS

Les myosites sont des maladies inflammatoires des muscles qui peuvent être associées au SGS. Les patients atteints de myosites peuvent présenter des douleurs musculaires, une fatigabilité musculaire à l'effort et une diminution de la force musculaire. Les myosites sont la conséquence d’une attaque du système de défense de l’organisme (système immunitaire) contre lui-même : ici les muscles. Le système immunitaire peut être comparé à une véritable armée ayant pour mission de défendre son territoire (l'organisme) contre un agresseur (un agent infectieux comme par exemple les virus ou les bactéries). La raison d’un tel dérèglement reste à ce jour inconnu, pour les myosites comme pour les autres maladies auto-immunes. Si les mécanismes impliqués dans l’agression musculaire sont de mieux en mieux compris, l’élément déclenchant n’est à ce jour pas identifié. Il faut souligner ici que les myosites ne sont ni héréditaires, ni contagieuses. Les myosites sont des myopathies mais absolument pas héréditaire ou génétique (comme celles que l’on voit au téléthon). A côté, de ces symptômes musculaires, les myosites peuvent être accompagnées par des signes extra-musculaires. C’est en particulier ces autres symptômes qui peuvent orienter le médecin vers un diagnostic plutôt qu’un autre. Au cours des myosites, certains patients peuvent présenter des signes respiratoires. Il peut s’agir d’une toux, ou d’un essoufflement inhabituel. Ces symptômes peuvent témoigner d’une faiblesse des muscles respiratoires, ou d’une atteinte du poumon en lui-même. Il faut distinguer ici l'évolution de la myosite à inclusions, de celles des autres myosites (polymyosites, dermatomyosites et myopathies nécrosantes). Les traitements immunosuppresseurs n'ont aucun effet sur la myosite à inclusions, voire aggraveraient cette maladie et ne sont donc pas conseillés. Il n'y a pas à ce jour de traitement spécifique et recommandé pour la myosite à inclusions, néanmoins de nouveaux médicaments sont en cours d’étude. Cependant, la myosite à inclusions est très lentement évolutive (sur des années) et ne compromet pas le pronostic vital. Pour les autres myosites (polymyosites, dermatomyosites et myopathies nécrosantes), sans traitement immunosuppresseur, il ne peut pas y avoir d’amélioration spontanément favorable. Un traitement est donc nécessaire pour permettre la régression des signes.

Diagnostic Différentiel

Il est important de distinguer la contraction cervicale isolée des manifestations musculaires du SGS ou des myosites associées. Un examen clinique approfondi et des tests spécifiques sont nécessaires pour établir un diagnostic précis.

Traitements du Syndrome de Gougerot-Sjögren

Traitements Symptomatiques

Les traitements visent principalement à soulager les symptômes :

  • Sécheresse buccale : Salive artificielle, stimulation de la salivation (pilocarpine, céviméline), hydratation régulière.
  • Sécheresse oculaire : Larmes artificielles, pommades ophtalmiques, occlusion des points lacrymaux.
  • Douleurs articulaires : Antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), corticostéroïdes.

Traitements de Fond

Dans les formes sévères ou avec atteintes systémiques, des traitements immunosuppresseurs peuvent être nécessaires :

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  • Hydroxychloroquine (Plaquenil) : Un antipaludéen qui peut réduire les douleurs articulaires et la fatigue.
  • Méthotrexate : Un immunosuppresseur utilisé pour contrôler l'inflammation.
  • Rituximab : Un anticorps monoclonal ciblant les lymphocytes B, utilisé dans les formes sévères avec atteintes vasculaires ou hématologiques.
  • Corticoïdes : Prescrits à faibles doses pour contrôler l'inflammation, mais avec une utilisation limitée en raison des effets secondaires.
  • Immunoglobulines : Administrées par voie veineuse, à l’hôpital, tous les mois. On réalise en général 3 à 6 cures. Ce traitement est constitué par des millions d’anticorps différents issus de milliers de donneurs sains différents. Il s’agit d’un produit dérivé du sang, exempt de tout risque de contamination infectieuse. On administre 1g/kg/j pendant 2 jours, ce qui représente plusieurs flacons de médicaments délivrés par l’infirmière à un débit régulé selon le poids du patient afin que le produit soit parfaitement toléré.

Le choix du traitement dépend de la sévérité des symptômes et des atteintes spécifiques de chaque patient.

Autres traitements

Pour les autres myosites (polymyosites, dermatomyosites et myopathies nécrosantes), sans traitement immunosuppresseur, il ne peut pas y avoir d’amélioration spontanément favorable. Un traitement est donc nécessaire pour permettre la régression des signes. Le traitement fait disparaître les symptômes, mais pas la maladie en elle-même. Il doit donc être prolongé jusqu’à ce que la maladie s’arrête d’elle-même, le plus souvent dans les 2 - 3 ans suivant son instauration. Il peut arriver que les symptômes musculaires réapparaissent après l’arrêt du traitement voire pendant sa décroissance. On parle alors de rechute de la maladie. Cet évènement survient chez une minorité de patients et justifie l’intensification du traitement ou sa reprise. Ces risques de rechutes ainsi que la surveillance de la bonne tolérance du traitement justifient un suivi hospitalier régulier par un médecin spécialiste. Cette surveillance est mensuelle au début de la maladie puis plus espacée.

Examens Complémentaires

Pour affirmer l’existence d’une maladie musculaire, votre médecin, après vous avoir fait décrire vos symptômes, vous examinera. Au cours de cet examen, il réalisera dans le cabinet de consultation un test de votre force musculaire. Il vous demandera de maintenir aussi longtemps que possible certaines positions et testera votre force, muscle par muscle. Il vous demandera de faire pratiquer une prise de sang où un dosage des enzymes musculaires (Créatine Kinase : CK, anciennement CPK) sera réalisé. Un examen morphologique radiologique des muscles pourra vous être demandé pour rechercher des signes radiologiques de maladie musculaire. Il s'agira le plus souvent d'une imagerie par résonance magnétique (IRM). Il vous sera aussi demandé de réaliser un électromyogramme. Si ces éléments permettent d’affirmer une maladie musculaire, en aucun cas ils ne permettent d’en déterminer la cause, ils ne peuvent pas amener au diagnostic précis de la maladie musculaire. Elle se déroule dans un bloc opératoire et est réalisée par un médecin spécialisé avec l’aide d’une équipe paramédicale entraînée au prélèvement musculaire. Elle se pratique chez un patient réveillé, sous une anesthésie locale, comparable à celle réalisée par les dentistes. L’examen est indolore. Le site de prélèvement (épaule, avant-bras, cuisse, jambe) est déterminé par le médecin en fonction des symptômes présentés par le patient. Après ce repérage et l’anesthésie locale, une courte incision de la peau (2-3 cm) permet d’accéder au muscle qui sera prélevé en superficie. Les petits fragments musculaires ainsi recueillis sont immédiatement pris en charge pour permettre l’analyse au moyen d’un microscope. La peau est fermée par quelques points de suture. La procédure dure une vingtaine de minute. Les Créatines Kinases (CK) sont des enzymes contenues dans les muscles servant au bon fonctionnement de ces derniers. A l’état normal, une faible quantité est libérée dans le sang par le muscle. En cas de destruction musculaire, les muscles malades libèrent des quantités importantes de CK qui se retrouvent à des taux anormalement élevés dans le sang. Cependant, il faut souligner qu’un taux élevé de CK n’est pas synonyme de maladie musculaire. En effet, un simple effort musculaire peut suffire à augmenter le taux sanguin de CK en l’absence de toute maladie musculaire. Un enregistrement de l’activité électrique des nerfs et des muscles. Cet examen se déroule dans un cabinet spécialisé, et est pratiqué par un médecin. L’examen dure environ 30 minutes et est indolore. Le médecin colle à surface de la peau à des endroits différents des patchs autocollants (électrodes) permettant de recueillir un signal électrique. C’est l’analyse de l’enregistrement électrique qui permet de déterminer s’il existe des anomalies de fonctionnement des nerfs ou des muscles. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est un examen de radiologie performant permettant d'observer les organes internes. L'IRM est examen qui à la différence du scanner n'irradie pas l'organisme. Il permet l'analyse des muscles et de renseigner sur leur taille, mais aussi de détecter la présence d'une maladie musculaire. On peut réaliser des IRM des épaules et des bras ou bien du bassin et des jambes. Pour réaliser une IRM, le patient est allongé sur une table d'examen, elle-même placée dans un grand tube ouvert à la tête et aux pieds. Le patient reste ainsi installé pendant plusieurs dizaines de minutes selon les régions analysées. L'examen est indolore mais bruyant car la machine émet de brefs bruits intenses de manières répétées. Pour vous éviter ce désagrément un casque antibruit vous sera remis. En cas de suspicion de myosites, il existe une série d’éléments qui amèneront ou non au diagnostic de la maladie musculaire. En particulier, la recherche d’une atteinte pulmonaire est fréquemment réalisée. Celle-ci repose sur la réalisation d’un scanner du poumon et d’épreuves fonctionnelles respiratoires. Le scanner du poumon est un examen radiologique indolore permettant de représenter en imagerie, l’aspect des poumons d’un individu et donc détecter des atteintes même débutantes et asymptomatiques. Les épreuves fonctionnelles respiratoires sont, elles, réalisées dans centre de pneumologie (spécialisé dans les maladies pulmonaires). Cet examen indolore consiste à mesurer les volumes de la capacité respiratoire. En pratique, le patient est assis, un tuyau en bouche, et souffle à plusieurs reprises aussi fort qu’il le peut. Une machine reliée au tuyau mesure les volumes inspiratoires et expiratoires (la force du souffle).

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