Cet article explore le fonctionnement de la Protection Maternelle et Infantile (PMI) en Maine-et-Loire, particulièrement dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Il met en lumière les initiatives mises en place, les adaptations nécessaires et les défis rencontrés par les services départementaux pour assurer la continuité des services et la protection des populations vulnérables.

Contexte : La PMI au cœur de la santé environnementale et familiale

Dans le cadre du Projet régional de santé 2018-2022, un contrat a été signé en 2019 entre le département de Maine-et-Loire et l’Agence Régionale de Santé (ARS). Ce contrat met l'accent sur différents axes de prévention, dont la santé environnementale. Une journée de sensibilisation a été organisée la même année par le département, l’ARS et la Mutualité Française. Elle a rassemblé de nombreux acteurs de la petite enfance autour de l’impact de l’environnement sur la santé de l’enfant et de la femme enceinte. Une centaine d’acteurs ont participé à cet événement.

Depuis cette journée, le Conseil départemental 49 s’est engagé à changer les produits d’entretien utilisés en consultation. Des ateliers Nesting, conçus par l’association WECF France, ont pour objectif de sensibiliser les futurs et jeunes parents aux sources de pollution du quotidien et à adopter des alternatives simples pour préserver la santé des nouveau-nés et de leur famille. Des formations permettant une certification d’animateur Nesting sont organisées par l’ARS, la Mutualité française chaque année depuis 2019 en Pays de la Loire. Deux puéricultrices ont également pu se former aux ateliers Nesting en 2022 et ont réalisé 7 ateliers à destination des Maisons de santé ou de ses usagers. La même année, 5 ateliers Nesting ont été organisés, et 48 agents des Maisons des Solidarités, toutes professions confondues (médecins, sage femmes, puéricultrices, assistances sociales, conseillères budget…) ont été sensibilisés. Par ailleurs, les médecins référents santé environnementale de la PMI 49 ont organisé 2 ateliers Nesting lors des rencontres du Développement Durable et ont tenu un stand de sensibilisation lors du congrès annuel des puéricultrices en 2022. En mai 2023, une soirée de sensibilisation a été organisée par la Mutualité Française Pays de la Loire, en partenariat avec l’hôpital de Cholet, la PMI49, le CHU, ainsi qu’une sage-femme libérale.

La PMI intervient également sur la vie de l’enfant dans la crèche (gestion des repas, du sommeil, de la colère…), mais également sur la qualité de l’air intérieur et les nouvelles lois à respecter. Depuis janvier, la PMI49 travaille avec l’ARS sur le Schéma départemental de service aux familles, qui a pour objectif l’interconnaissance et le partage des informations, outils et événements existants pour les familles. Dans le cadre de la Stratégie Nationale Prévention Protection de l’Enfance, et suite aux besoins exprimés par les professionnels lors des ateliers et temps d’échanges, la PMI49 élabore des flyers thématiques à destination des familles allophones.

La PMI face à la crise sanitaire : Continuité des services et adaptation

Face à la crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19, les Départements, et en particulier celui de Maine-et-Loire, se sont retrouvés en première ligne sur le front sanitaire et social. La PMI a dû s'adapter rapidement pour assurer la continuité de ses missions essentielles, tout en protégeant ses agents et les usagers.

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Maintien des activités essentielles

Malgré les contraintes du confinement et les restrictions sanitaires, la PMI s'est efforcée de maintenir ses activités essentielles, notamment :

  • Le versement des prestations aux allocataires (RSA, APA, PCH), avec un renouvellement automatique pour les personnes en fin de droit.
  • La continuité des services en lien avec les services de l’Etat, les acteurs et les structures mobilisés grâce au télétravail. Cela a permis de poursuivre une mise à l’abri en cas de besoin.
  • La protection de l'enfance, avec la possibilité pour les magistrats de rendre des ordonnances de placement provisoire en cas d'urgence pour les enfants exposés à une situation de danger. L’accueil de ces enfants a été assuré par la collectivité départementale en charge de la protection de l’enfance.
  • La lutte contre les violences faites aux femmes, avec la possibilité de réserver des chambres d’hôtel ou des places d’hébergement pour éloigner le conjoint violent si le confinement venait à durer.

Adaptation des modalités d'accueil et d'accompagnement

La PMI a dû adapter ses modalités d'accueil et d'accompagnement pour respecter les consignes sanitaires et limiter les risques de contamination. Cela s'est traduit par :

  • Le renforcement de l'accueil téléphonique et l'incitation à privilégier le dépôt en ligne des dossiers.
  • Une nouvelle organisation des téléservices et l'adoption de circuits courts de traitement dans les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH).
  • La priorité donnée aux premières demandes et à la prorogation des droits déjà ouverts.

Rôle des Directions des Systèmes d’Informations départementaux (DSI)

Les Directions des Systèmes d’Informations départementaux (DSI) ont permis une continuité du travail des services grâce au déploiement du télétravail en masse, la distribution d’ordinateurs portables supplémentaires, la redirection des numéros de téléphones bureaux vers les téléphones privés à distance, la mise en place de solutions de visio-conférence en remplacement des réunions physiques, la mise en place de réseaux sociaux pour les agents en complément des extranets, et l'adaptation d’outils métiers aux ordinateurs personnels.

Soutien aux populations vulnérables

La PMI a renforcé son soutien aux populations les plus vulnérables, notamment :

  • Les personnes handicapées, avec la mobilisation du pôle de compétences et de prestations externalisées (PCPE) pour prévenir les ruptures de parcours et organiser un accompagnement adapté à leurs besoins. Une ordonnance du 25 mars a prolongé de six mois les droits à l’allocation aux adultes handicapés, à l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé, à la carte mobilité inclusion et à la PCH, expirant entre le 12 mars et le 31 juillet, ou ayant expiré avant le 12 mars mais n’ayant pas encore été renouvelés.
  • Les personnes en difficulté financière, avec une augmentation du nombre de bénéficiaires du RSA (Revenu de Solidarité Active) en Maine-et-Loire. Le département comptait 18 957 bénéficiaires du RSA à fin avril, en hausse de 6,1 % entre avril 2019 et avril 2020. Les assistants sociaux du Département peuvent intervenir autour des questions liées au budget du foyer, en cas de problème de logement, pour aider aux démarches administratives, en cas de problème relationnel dans le couple, dans le cadre d’une séparation, ou en cas de violence conjugale.
  • Les personnes ayant besoin d’aide pour réaliser une démarche administrative (formulation de la demande, difficulté avec la langue française) peuvent également obtenir le soutien d’un assistant social. Des points accueil numérique sont également à la disposition des personnes n’ayant pas accès facilement à un ordinateur.

Organisation des soins primaires et gestion de la crise COVID-19

Coordination territoriale et filières de soins

La gestion de la crise en soins primaires a été mise en œuvre dans des configurations régionales différentes et déployée selon des approches départementales spécifiques, dépendant des jeux d’acteurs en présence, et des déclinaisons territoriales particulières. En France, la gestion épidémique repose sur le dispositif ORSAN REB (Organisation de la Réponse du système de santé en situations Sanitaires exceptionnelles risque épidémiologique ou biologique), mis en œuvre par les ARS.

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L'ARS des Pays de la Loire a privilégié une approche où les patients suspects d’infection Covid-19 étaient dirigés vers des lieux dédiés, séparés des lieux de soins habituels, pour assurer des consultations médicales et, dans un 2ème temps, des tests diagnostiques. Le choix régional de l’ARS Pays de la Loire visait à mutualiser les ressources, en termes d’équipements de protection individuelle, à sécuriser les patients en tentant de séparer les flux de patients suspects de Covid-19 de ceux considérés non suspects, et, dans certains secteurs, à assurer l’accès aux soins pour les patients suspects de Covid-19 sans médecin traitant.

Dans le département des MSP 4 et 5 (Maine et Loire), 28 centres dédiés Covid-19 ont émergé dès le 19 mars, sous l’impulsion du CHU et de médecins généralistes volontaires. Chaque médecin coordonnateur de centre pouvait s’organiser de façon autonome pour les plannings, la répartition des tâches entre professionnels, le système d’informations et surtout le lien avec les partenaires locaux. Les médecins généralistes étaient incités à adresser aux centres dédiés tout patient suspect de Covid-19, les tutelles leur rappelant le risque sanitaire majeur à prendre en charge des patients suspects d’infection au sein de leurs propres cabinets.

Rôle des Maisons de Santé Pluri-professionnelles (MSP)

Une étude a analysé la gestion de la pandémie de Covid-19 par cinq équipes de soins primaires organisées en maisons de santé pluri-professionnelles (MSP) dans les Pays de la Loire et la Bretagne. La crise a chamboulé la concertation habituellement protéiforme pour devenir quasi monothématique : la Covid-19. L'étude a permis de comprendre les enjeux sociaux et spatiaux des réponses apportées à la pandémie, en étudiant l’ancrage de ces équipes à leur territoire, qu’il s’agisse des contacts avec les acteurs locaux, de leur répertoire d’activité ou de l’implication de la population.

Les cinq équipes considérées évoluent dans différents types de territoires (2 régions, 4 départements). Elles présentent une variabilité en termes d’inscription territoriale, qui traduit une combinaison de facteurs territoriaux plus ou moins favorables au projet d’exercice coordonné (démographie médicale, mobilisation d’acteurs locaux sur les questions de santé ou les liens existant ou non avec les autorités sanitaires) et la logique spatio-organisationnelle adoptée par chaque équipe.

Typologie des territoires et logiques spatio-organisationnelles des MSP

Une typologie sommaire a été élaborée à partir des données collectées pour l’ensemble des MSP du programme. Cette typologie distingue les MSP selon des éléments de similarité ou de différenciation des territoires dans lesquels elles sont implantées. Les indicateurs choisis sont classés en trois catégories (offre de soins, population, structure spatiale) en référence à la typologie publiée par Chevillard et Mousquès (2018).

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Trois types de territoires ont été identifiés :

  • Type 1 (T1) : les territoires à tendance rurale des MSP 1, 2 et 3 se distinguent par une part moyenne de la population bénéficiant de l’ALD, une faible capacité d’accueil en EHPA/EHPAD, une faible part de logements sociaux dans le parc résidentiel et une part importante de propriétaires.
  • Type 2 (T2) : le territoire rural intermédiaire de la MSP 5 se distingue par une densité moyenne de médecins, une importante population bénéficiaire de l’ALD, une forte part de la population propriétaire, peu de familles monoparentales et un fort taux de participation aux élections municipales.
  • Type 3 (T3) : le territoire à tendance urbaine de la MSP 4 se distingue par une forte densité de médecins, une forte part de logements sociaux dans le parc résidentiel, une forte part de familles monoparentales et un fort taux de chômage.

Trois logiques spatio-organisationnelles ont été identifiées :

  • Logique spatio-organisationnelle S0 1 « logique du maintien local » : l’équipe de la MSP 5 est de petite taille, dans un secteur rural et moyennement dense en offre de soins. Le regroupement des professionnels vise en premier lieu à maintenir une offre de soins en proximité immédiate, plutôt qu’à déployer des projets à large échelle en s’associant avec les professionnels des territoires adjacents.
  • Logique spatio-organisationnelle SO 2 « logique de fonctionnement centrée sur les professionnels » : les équipes des MSP 2 et 3 se sont développées autour de liens locaux affinitaires. Dans ces équipes, les professionnels se sont au cours du temps, positionnés collectivement pour proposer des réponses aux différentes problématiques auxquelles ils avaient à faire face.
  • Logique spatio-organisationnelle SO 3 « logique populationnelle » : les équipes des MSP 1 et 4 ont en commun de rassembler un grand nombre d’acteurs issus de différents secteurs, dans une perspective d’offre de santé intégrée et de dimension populationnelle.

Défis et perspectives

La crise sanitaire a mis en évidence la nécessité d'une coordination renforcée entre les différents acteurs de la santé et du social, ainsi que d'une adaptation constante des services aux besoins des populations. La PMI en Maine-et-Loire a su relever ces défis en faisant preuve de réactivité, d'innovation et de solidarité.

Cependant, des défis persistent, notamment en matière de :

  • Lutte contre les inégalités sociales et territoriales en matière de santé.
  • Accès aux soins pour les populations les plus vulnérables.
  • Prévention des violences faites aux femmes et aux enfants.
  • Soutien aux familles confrontées à des difficultés économiques et sociales.

Pour l'avenir, il est essentiel de capitaliser sur les enseignements de la crise pour renforcer la résilience du système de santé et améliorer la qualité de vie des habitants du Maine-et-Loire.

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