La grossesse est une période de transformation pour le corps d'une femme, souvent accompagnée de divers maux. Parmi ces désagréments, l'envie fréquente d'uriner et les contractions, qu'elles soient réelles ou fausses, sont des symptômes courants. Cet article explore les causes de ces phénomènes et propose des solutions pour améliorer le confort de la future maman.
L'Envie Fréquente d'Uriner Pendant la Grossesse
L'envie fréquente d'uriner est un symptôme très courant chez les femmes enceintes. Il est tout à fait normal, pendant la grossesse, d’avoir envie de faire pipi plus souvent. Plusieurs facteurs contribuent à cette augmentation de la fréquence urinaire :
Facteurs Métaboliques
Chez les femmes enceintes, on note une accélération du rythme cardiaque, du flux sanguin et du liquide qui circule dans tout l’organisme. Cette augmentation du volume sanguin entraîne une production accrue d'urine, d'où le besoin plus fréquent d'uriner.
Facteurs Anatomiques
Au début de la grossesse, l’utérus est situé dans le bassin. Il grandit de plus en plus, puis vers la 12e semaine, il remonte dans la cavité abdominale. L’utérus exerce alors une pression plus forte sur la vessie, dont la taille est réduite. Au cours du 3e trimestre, le bébé, le placenta et l’utérus vont appuyer sur la vessie, conduisant à une réduction volumique de la vessie. Désormais comprimée, elle se remplit beaucoup plus rapidement.
Facteurs Hormonaux
Les changements hormonaux provoqués par la grossesse produisent une envie fréquente d’uriner. L’hormone HCG et la progestérone, sécrétées en début de grossesse, exercent une action sur le volume sanguin au niveau de la zone pelvienne, notamment en assouplissant les tissus de la cavité utérine. C’est notamment ce que l’on appelle « l’hypotonie des muscles du périnée », qui s’assouplissent dès le début de la grossesse.
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Conseils pour Gérer l'Envie Fréquente d'Uriner
- Ne pas se retenir: Il est crucial de ne pas se retenir d’aller faire pipi. Cela pourrait même être dangereux pour votre santé et celle du bébé.
- Surveiller la couleur de l'urine: Si la couleur de l’urine est jaune foncé ou orange, cela peut être un signe de déshydratation.
- Limiter les boissons diurétiques: Réduire la consommation de caféine et d'alcool peut aider à diminuer la fréquence des mictions.
- Prendre son mal en patience: Bien que ces envies impérieuses peuvent ternir le quotidien, il faut prendre son mal en patience.
- Maintenir une bonne hydratation: Boire suffisamment, mais éviter les excès.
Les Contractions Pendant la Grossesse
Les contractions sont un autre phénomène courant pendant la grossesse. Il est essentiel de distinguer les fausses contractions des vraies contractions, car elles ont des implications différentes.
Les Fausses Contractions (Contractions de Braxton Hicks)
Les fausses contractions, également appelées contractions de Braxton Hicks du nom du médecin anglais qui les a identifiées au XIXe siècle, sont produites par des crispations soudaines et légères, pendant moins d'une minute, de l'utérus. Ce dernier est un muscle, il est donc normal qu'il ne reste pas parfaitement immobile en toutes circonstances.
- Causes: L'utérus est plus susceptible de se contracter en réaction à certains stimuli comme des mouvements de l'enfant, la pression d'une vessie pleine, des efforts physiques de la mère, de la fatigue ou de la déshydratation.
- Moment d'apparition: C'est en général pendant le deuxième trimestre de la grossesse, et plus précisément en fin de journée et pendant la première partie de la nuit, que ce problème se produit.
- Caractères: Il importe de réaliser que ces contractions peuvent être désagréables mais qu'elles ne sont dangereuses ni pour vous ni pour votre bébé.
- Utilité: Elles ont même une certaine utilité. En effet, elles préparent à l'effort de l'accouchement ; et d'autre part, elles activent localement la circulation, ce qui permet au placenta d'être mieux irrigué.
Différencier les Fausses Contractions des Vraies
Il est très important de savoir identifier ces fausses contractions, pour ne pas les confondre avec celles qui annonceront le début du travail.
- Douleur: Lors des fausses contractions, le ventre devient dur (vous le sentez si vous posez la main), mais la souffrance va rarement au-delà de celle qui peut être éprouvée pendant les règles, par exemple.
- Régularité: Surtout, les contractions de Braxton Hicks sont irrégulières : elles ne sont pas de plus en plus rapprochées et apparaissent très rarement plus de trois fois par heure.
- Impact sur le col: Et elles n'ont pas d'impact sur le col. Une dilatation de celui-ci ou l'apparition de pertes (sanguines ou non) doit immédiatement évoquer de vraies contractions.
- Rythme: Le rythme des contractions préalables à l'accouchement s'accélère, et chaque contraction devient de plus en plus longue et douloureuse.
- Irradiation de la douleur: La douleur irradie dans le bas du dos et une pression sur le bassin est ressentie. C'est donc très différent des fausses contractions.
- Test simple: Un test assez simple permet en général de faire repérer ce qu'il en est : les vraies contractions augmentent en fréquence et en intensité avec l'activité physique, tandis que les fausses contractions sont souvent soulagées par la marche.
Que Faire en Cas de Fausses Contractions ?
- Se reposer: Lorsque vous ressentez des contractions alors que vous êtes loin du terme, l'attitude la plus recommandée consiste à s'allonger, ou bien à marcher doucement.
- Prendre un bain chaud: Vous pouvez également prendre un bain chaud (mais pas brûlant, ce serait mauvais pour votre bébé), qui vous aidera à vous détendre.
- Techniques de respiration: Et c'est aussi une très bonne occasion de mettre en pratique les techniques de respiration que vous avez apprises lors de vos cours de préparation à l'accouchement.
- Consulter un professionnel de santé: Si vous vous sentez inquiète, n'hésitez pas à décrocher votre téléphone pour appeler le professionnel de santé qui vous suit habituellement. La sage-femme ou gynécologue saura vous rassurer et vous indiquer la marche à suivre.
Quand Consulter Immédiatement ?
- Dilatation du col ou pertes vaginales: Si vous observez une dilatation de votre col ou bien des pertes vaginales, il s'agit peut-être d'autre chose. Il convient donc d'aller immédiatement aux urgences afin de s'assurer que le travail n'a pas débuté, et de prendre les mesures adéquates si c'était malgré tout le cas.
- Contractions fréquentes: De même, si vous ressentez plus de cinq contractions par heure, depuis plus d'une heure, il vaut mieux organiser une visite de contrôle, qui permettra de s'assurer que tout va bien.
Cystite Interstitielle et Hyperactivité Vésicale : Autres Causes Possibles
Outre les causes liées à la grossesse, d'autres conditions peuvent provoquer des envies fréquentes d'uriner et des douleurs pelviennes.
Cystite Interstitielle
La cystite interstitielle, aussi appelée syndrome de la vessie douloureuse, est une inflammation non infectieuse chronique de la vessie. Elle provoque des douleurs au bas du ventre et des envies fréquentes d’uriner.
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- Symptômes: Les symptômes d’une cystite interstitielle sont très variables d’un patient à un autre. Des envies d’uriner anormales, en termes de fréquence ou d’impériosité, aussi bien le jour que la nuit. Le besoin d’uriner est quasi permanent. En effet, le fait d’uriner soulage à peine le patient, et le besoin d’uriner peut revenir en quelques minutes. Des douleurs dans le bas du ventre.
- Diagnostic: Le médecin prescrit alors une cystoscopie afin d’observer directement la paroi de la vessie par l’introduction d’un cystoscope dans l’urètre. Cet examen est réalisé sous anesthésie générale. La vessie est mise en hydro-distension. Autrement dit, elle est remplie d’eau afin d’obtenir sa dilatation.
- Traitement: Pour l’instant, aucun traitement ne permet de guérir définitivement une cystite interstitielle. Plusieurs traitements ont montré une certaine efficacité, variable d’un patient à un autre. La prise en charge symptomatique va surtout avoir une action sur la douleur et l’inflammation.
Hyperactivité Vésicale
L’hyperactivité vésicale, ou plus précisément le syndrome clinique d’hyperactivité vésicale, touche 15 % de la population, hommes et femmes confondus. Elle est plus fréquente après 50 ans et peut avoir un impact important sur la vie sociale, professionnelle et intime.
- Causes: L’hyperactivité vésicale résulte d’une activité anormale des muscles de la vessie, notamment le détrusor, qui se contracte de manière incontrôlée.
- Facteurs de risque: L’affaiblissement du plancher pelvien, les troubles de la prostate chez l’homme, et des facteurs environnementaux et comportementaux (consommation excessive de caféine, d’alcool ou d’agrumes, hydratation inadaptée) peuvent favoriser l’hyperactivité vésicale.
- Diagnostic: Le diagnostic repose sur un entretien médical détaillé réalisé par un urologue. Pour objectiver ces troubles, c’est-à-dire pour confirmer ou quantifier un trouble, plusieurs outils sont utilisés dont le calendrier mictionnel.
- Traitement: Si ces ajustements ne suffisent pas, des traitements médicamenteux peuvent être proposés. Les anticholinergiques limitent les contractions involontaires de la vessie, tandis que les bêta-3 agonistes favorisent son relâchement en augmentant sa capacité de stockage.
Stress et Troubles Urinaires
Le stress peut également jouer un rôle significatif dans les troubles urinaires.
- Mécanisme: Lorsque nous sommes stressés, tout notre corps se met en alerte. Concrètement, le muscle de la vessie (le détrusor), peut se contracter de façon inappropriée, provoquant une sensation pressante d’uriner, même si la vessie est peu remplie.
- Impact: Plus on est stressé, plus on ressent l’envie d’uriner. Le stress aigu, ponctuel, comme avant un examen ou un entretien important, peut déclencher un besoin urgent d’uriner, parfois plusieurs fois en peu de temps. Le stress chronique a des effets plus insidieux.
- Solutions: Agir à la fois sur les symptômes urinaires et sur l’anxiété, on peut réellement améliorer le quotidien, retrouver de la liberté… Et un peu de sérénité.
Facteurs Psychologiques et Troubles Urinaires
Les facteurs psychologiques peuvent également influencer les troubles urinaires. Les personnes souffrant d’incontinence révèlent souvent un « terrain dépressif ». Elles manquent généralement de confiance en elles et ont une image altérée de leur propre corps. Un stress ou une angoisse chronique peut générer chez certaines personnes des troubles urinaires psychologiques. Elles ressentent la moindre tension de la vessie et dès qu’elle se remplit, celle-ci devient insupportable.
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