L'archipel japonais, souvent perçu comme un modèle d'efficacité et d'organisation, a pourtant révélé des facettes surprenantes face à la crise de la Covid-19. Cet article explore les causes et les conséquences de cette contraction, en s'appuyant sur les données disponibles et les analyses des experts.

Introduction

La pandémie de Covid-19 a mis en lumière les forces et les faiblesses du Japon. Alors que le pays a réussi à contrôler l'épidémie sans recourir à des mesures aussi strictes que celles observées en Chine ou en Corée du Sud, des interrogations demeurent quant à la gestion de la crise et ses répercussions à long terme.

Contexte Initial : Une Réaction Prudente Face à la Crise Sanitaire

Proche de la Chine et lié à elle par une forte interdépendance économique, le Japon a été aux premières loges pour constater la gravité de la crise sanitaire. Dès janvier, des cas de Covid-19 ont été détectés, notamment chez des personnes revenant de Wuhan ou ayant été en contact avec des touristes chinois.

Malgré cette alerte précoce, les autorités japonaises n'ont pas opté pour une stratégie de tests massifs et de mesures contraignantes, contrairement à la Corée du Sud. Cette approche prudente a suscité des débats, mais le Japon a tout de même réussi à maîtriser l'épidémie. Le 25 mai 2020, moins de deux mois après l'instauration de l'état d'urgence, les contraintes internes étaient levées par le Premier ministre.

Un Système de Santé Performant Mais Fragile

Le Japon dispose d'un système de santé et d'assurance sociale très performant, avec une espérance de vie parmi les plus élevées au monde. Cependant, il est étonnamment peu équipé en lits de soins intensifs et de réanimation. Le nombre total de lits d'hôpital est important, mais la majorité est consacrée aux soins non spécifiques ou à la psychiatrie.

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À l'instar de la France, le Japon a connu une réduction du nombre de lits et de postes de médecins hospitaliers en raison des débats sur les coûts de la santé publique. Cette situation a mis en évidence la fragilité du système de santé face à une crise sanitaire majeure.

La Stratégie des "Trois C" : Une Alternative au Confinement

Face à la pandémie, le Japon a mis en place une stratégie originale de contrôle des "clusters", basée sur les "trois C" : "Closed space" (espace confiné), "Crowded space" (regroupement de foule) et "Close contact" (contacts étroits). Cette approche visait à éviter le croisement de ces situations, jugées les plus dangereuses.

Plus que le confinement obligatoire, cette stratégie est jugée efficace, notamment en l’absence de progression massive de l’épidémie. Cette stratégie est différente de la stratégie sud-coréenne des « trois T » - « Test, Treat, Track ».

Contraintes Constitutionnelles et Décentralisation

La gestion de la crise de la Covid-19 a également mis en évidence les contraintes constitutionnelles qui pèsent sur le Japon depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La protection des libertés individuelles et le droit de la propriété limitent les pouvoirs des autorités centrales.

La décentralisation donne un poids important aux autorités locales, au premier rang desquelles les gouverneurs, qui dirigent les provinces et les principales villes de l’archipel. Un jeu de rivalité, par exemple dans le cas de Tokyo ou celui d’Osaka, se met en place. Les gouverneurs peuvent accuser les autorités centrales de ne pas agir suffisamment rapidement ou au contraire d’aller trop loin, au risque de porter atteinte aux équilibres économiques et aux intérêts locaux.

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Les Débats Autour de la Révision Constitutionnelle

La crise sanitaire a relancé les débats sur la révision de la Constitution, notamment en ce qui concerne la possibilité de déclarer l'état d'urgence. Des groupes de pression favorables à la révision ont souligné qu'en France, le pouvoir exécutif pouvait imposer un confinement obligatoire assorti d'amendes, ce qui n'est pas le cas au Japon.

Toutefois, l'opinion publique japonaise est divisée sur la nécessité de "constitutionaliser" la possibilité pour l'Exécutif de déclarer un état d'urgence, craignant d'accorder trop de pouvoir au cabinet du Premier ministre. Des constitutionalistes et la majorité des partis d’opposition considèrent que, comme dans le cas des lois de défense, il n’est pas nécessaire d’amender la Constitution pour imposer des règles qui puissent aller au-delà de simples « recommandations ».

Les Leçons de la Crise et les Perspectives d'Avenir

La crise de la Covid-19 a révélé la complexité de la gestion des crises au Japon, entre culture du consensus, poids des autorités locales et contraintes constitutionnelles. Elle a également mis en évidence la nécessité de renforcer le système de santé et d'améliorer la préparation aux catastrophes naturelles.

Politique Monétaire et Déflation

La gestion de la déflation au Japon a été un défi majeur pour les autorités monétaires. Après l'éclatement des bulles spéculatives, les politiques budgétaires et monétaires n'ont pas réussi à atteindre les résultats escomptés. La Banque du Japon a été critiquée pour des erreurs successives dans la conduite de la politique monétaire, notamment en ne procédant pas à des injections de liquidité plus massives.

Paul Krugman a souligné que les anticipations de déflation étaient à l'origine de l'inefficacité de la politique monétaire. Selon lui, il faudrait obtenir par la politique monétaire une augmentation des anticipations inflationnistes, impliquant des taux d'intérêt réels négatifs ex post. Il propose une cible d'inflation positive (de l'ordre de 4%) sur une durée relativement longue (de 10 à 15 ans).

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Défis et Stratégies Économiques

La dépréciation du yen vis-à-vis du dollar pourrait être une source de relance de la croissance japonaise, en relançant l'inflation. Cependant, le Ministère des Finances s'est opposé à toute dépréciation du taux de change nominal du yen par rapport au dollar, ce qui a limité l'efficacité de la politique monétaire.

La Banque du Japon a rapidement épuisé les voies orthodoxes d'assouplissement monétaire, en baissant le taux d'escompte et en injectant des liquidités dans l'économie par des achats massifs de titres du Trésor. Cependant, une fois la spirale de déflation enclenchée, la Banque du Japon n'avait plus toutes les cartes en main.

Secteurs Clés et Tendances Actuelles

  • Inflation : L’inflation a légèrement décéléré, mais reste au-dessus de la cible de la Banque centrale.
  • Commerce : Les exportations japonaises ont enregistré une nouvelle contraction, pénalisées par la forte baisse des ventes vers les Etats-Unis.
  • Politique monétaire : La Banque du Japon a maintenu inchangé son taux directeur.
  • Indices boursiers : Le Nikkei 225 a passé pour la première fois la barre des 45 000 pts.
  • Taux de change USD/JPY : Le US Department of Treasury et le ministère des Finances japonais ont publié un communiqué conjoint réaffirmant leur conviction partagée de voir le taux de change USD/JPY déterminé uniquement par le marché.
  • Intelligence artificielle : Le gouvernement espère finaliser d’ici à la fin de l’année une stratégie nationale de l’IA.
  • Énergie : Mitsubishi Corporation s’est retirée des projets éolien en mer remportés en 2021.

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