La contraception, la contragestion et l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) sont trois concepts distincts mais liés, qui concernent la gestion de la reproduction. Cet article vise à définir clairement chacun de ces termes, à expliquer les différentes méthodes contraceptives disponibles, et à aborder brièvement les aspects de la contragestion et de l'IVG.

Contraception : Empêcher la Grossesse

La contraception englobe l'ensemble des techniques et méthodes utilisées par les femmes et les hommes pour éviter une grossesse lors de rapports sexuels. L'objectif principal est de permettre une planification familiale et de donner aux individus le contrôle sur leur propre fertilité.

Diversité des Méthodes Contraceptives

Il existe une grande variété de méthodes contraceptives, chacune ayant ses propres avantages, inconvénients et modes d'utilisation. On peut les classer en plusieurs catégories :

  • Contraception hormonale : Cette catégorie repose sur l'utilisation d'hormones de synthèse (œstrogènes et/ou progestatifs) pour modifier le cycle hormonal féminin et empêcher l'ovulation ou la nidation.
    • Pilule contraceptive : La pilule est l'une des méthodes contraceptives les plus couramment utilisées. Elle se présente sous forme de comprimés à prendre quotidiennement. Les pilules combinées contiennent des œstrogènes et des progestatifs de synthèse, et sont généralement prises pendant 21 ou 28 jours, suivies d'une pause de quelques jours.
    • Patch contraceptif : Le patch est un dispositif transdermique à coller sur la peau, qui libère des hormones de manière continue. Il est renouvelé chaque semaine pendant trois semaines, suivies d'une semaine sans patch.
    • Anneau vaginal : L'anneau vaginal est un anneau souple inséré dans le vagin, qui libère des hormones. Il est laissé en place pendant trois semaines, puis retiré pendant une semaine.
    • Implant contraceptif : L'implant est un petit bâtonnet en plastique flexible inséré sous la peau du bras. Il libère des progestatifs pendant plusieurs années.
    • Progestatifs injectables : Il s'agit d'injections intramusculaires réalisées tous les trois mois par un professionnel de santé.
  • Dispositifs intra-utérins (DIU) : Les DIU, communément appelés stérilets, sont des dispositifs placés dans l'utérus par un médecin ou une sage-femme. Il en existe deux types principaux :
    • DIU au cuivre : Le DIU au cuivre crée une inflammation de l'endomètre, empêchant ainsi la nidation.
    • DIU hormonal : Le DIU hormonal libère des progestatifs dans l'utérus, ce qui modifie la muqueuse utérine et empêche la nidation.
  • Méthodes barrières : Ces méthodes empêchent physiquement les spermatozoïdes d'atteindre l'ovule.
    • Préservatif masculin (externe) : Le préservatif masculin est une gaine en latex ou en polyuréthane qui se place sur le pénis en érection avant la pénétration.
    • Préservatif féminin (interne) : Le préservatif féminin est une gaine en polyuréthane qui se place à l'intérieur du vagin ou de l'anus avant le rapport sexuel.
    • Diaphragme et cape cervicale : Ce sont des coupelles en silicone qui se placent à l'intérieur du vagin pour recouvrir le col de l'utérus. Ils doivent être utilisés avec un spermicide.
  • Spermicides : Les spermicides sont des substances chimiques qui détruisent les spermatozoïdes. Ils se présentent sous forme de gels, de crèmes ou d'ovules à insérer dans le vagin avant le rapport sexuel.
  • Contraception d'urgence : La contraception d'urgence est utilisée après un rapport sexuel non protégé ou en cas d'échec d'une méthode contraceptive.
    • Pilule du lendemain : Elle contient une forte dose d'hormones (œstrogènes et/ou progestatifs) qui empêche l'ovulation ou la nidation.
  • Contraception définitive : Ces méthodes sont irréversibles et impliquent une intervention chirurgicale.
    • Vasectomie (chez l'homme) : C'est une intervention chirurgicale qui consiste àSectionner les canaux déférents, empêchant ainsi les spermatozoïdes de se retrouver dans le sperme.
    • Ligature des trompes (chez la femme) : C'est une intervention chirurgicale qui consiste à bloquer ouSectionner les trompes de Fallope, empêchant ainsi l'ovule de rencontrer les spermatozoïdes.

Mécanismes d'Action des Contraceptifs Hormonaux

Les contraceptifs hormonaux, tels que la pilule combinée, agissent à plusieurs niveaux pour empêcher la grossesse :

  • Inhibition de l'ovulation : Les hormones de synthèse contenues dans la pilule empêchent l'ovaire de libérer un ovule.
  • Modification de la glaire cervicale : La pilule rend la glaire cervicale plus épaisse, ce qui rend difficile le passage des spermatozoïdes vers l'utérus.
  • Action anti-nidatoire : Les œstro-progestatifs de synthèse ont une action anti-nidatoire au niveau de l'utérus, empêchant l'implantation de l'œuf fécondé.

Prise en Charge par l'Assurance Maladie

La prise en charge des différents dispositifs de contraception par l'Assurance Maladie varie en fonction de l'âge et du dispositif choisi.

Lire aussi: Pourquoi l'avortement n'est pas une contraception

  • Pour les moins de 26 ans :
    • Certains dispositifs, comme les DIU, les implants, certaines pilules, les préservatifs (de certaines marques), les préservatifs internes (de certaines marques) et les progestatifs injectables, sont remboursés à 100 %.
    • La consultation de suivi par un médecin ou une sage-femme la première année d'accès à la contraception, la consultation annuelle de renouvellement, certains examens de biologie médicale liés à la contraception, les actes de pose, de changement ou de retrait d'un contraceptif, et la délivrance des contraceptifs remboursables en pharmacie, sont également pris en charge à 100 % sans avance de frais.
  • Pour les 26 ans et plus :
    • Les DIU, certaines pilules, les implants et les progestatifs injectables sont remboursés à 65 %.
    • Les préservatifs externes et internes (de certaines marques) sont remboursés à 60 % sur prescription médicale.
  • Les mutuelles (complémentaires santé) peuvent éventuellement prendre en charge tout ou partie des frais non remboursés par l'Assurance Maladie, si le contrat souscrit le prévoit.

Certains contraceptifs sont gratuits dans les centres de santé sexuelle pour les filles mineures souhaitant garder le secret et pour les femmes majeures n'ayant pas d'Assurance Maladie.

Contragestion : Agir Après la Fécondation

La contragestion est un terme moins courant que la contraception, mais il désigne l'ensemble des méthodes visant à empêcher la nidation d'un ovule fécondé. La pilule du lendemain peut être considérée comme une méthode de contragestion si elle est prise après la fécondation.

Interruption Volontaire de Grossesse (IVG)

L'IVG, ou avortement, est un acte médical qui consiste à interrompre une grossesse en cours. En France, l'IVG est légale et encadrée par la loi. Elle peut être pratiquée jusqu'à un certain terme de la grossesse, et les modalités varient en fonction du terme et du choix de la femme. L'IVG médicamenteuse peut être réalisée jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée) et consiste en la prise de deux médicaments : le RU 486 (mifépristone), qui bloque l'action de la progestérone, et un analogue des prostaglandines, qui provoque des contractions utérines. L'IVG chirurgicale est pratiquée par aspiration ou curetage.

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