Il arrive parfois qu'une grossesse survienne à un moment inopportun. Les raisons qui poussent une femme à envisager une interruption volontaire de grossesse (IVG) sont multiples et personnelles. Il est crucial de comprendre que l'IVG ne doit pas être considérée comme une méthode de contraception à part entière. Cet article a pour but de clarifier la distinction entre l'IVG et les moyens de contraception, de déconstruire certaines idées reçues et d'orienter les femmes vers les ressources appropriées.
IVG et contraception : des mécanismes d'action distincts
La contraception englobe l'ensemble des méthodes hormonales, mécaniques et naturelles mises à la disposition des femmes, des hommes et des couples pour prévenir une grossesse non désirée. Ces dispositifs agissent en amont de la grossesse, en empêchant la fécondation ou l'implantation de l'œuf fécondé. Les moyens de contraception sont variés et peuvent être adaptés aux différentes étapes de la vie d'une femme, en fonction de son rapport à son corps, de sa vie scolaire ou professionnelle, de sa vie affective et sexuelle, et de sa personnalité.
L'IVG, contrairement à la contraception, intervient une fois que la grossesse a débuté. Elle consiste à interrompre cette grossesse par une intervention médicamenteuse ou chirurgicale. Bien que ces interventions se déroulent généralement sans complications, l'IVG n'est pas une méthode de contraception et doit rester une solution exceptionnelle.
Déconstruire les idées reçues pour éviter les grossesses non désirées
Il est essentiel de déconstruire certaines idées fausses concernant la contraception et la grossesse :
- "On ne peut pas tomber enceinte lors du premier rapport sexuel" : FAUX. Une grossesse est possible dès le premier rapport sexuel. La virginité n'est pas une contraception.
- "On ne peut pas tomber enceinte juste avant, juste après ou pendant les règles" : FAUX. L'ovulation peut survenir à n'importe quel moment du cycle, indépendamment de la date des règles.
- "La méthode du retrait est aussi efficace qu'une contraception hormonale ou le préservatif" : FAUX. Le liquide pré-séminal peut contenir des spermatozoïdes, rendant la méthode du retrait peu fiable.
- "L'IVG rend stérile" : FAUX. Bien que le risque zéro n'existe pas avec toute intervention chirurgicale, les complications entraînant la stérilité sont très rares.
- "La pilule du lendemain rend stérile" : FAUX. La pilule du lendemain n'affecte pas la fertilité, mais son utilisation fréquente peut réduire son efficacité et augmenter le risque de grossesse non désirée.
- "L'IVG médicamenteuse est une pilule contraceptive" : FAUX. L'IVG médicamenteuse stoppe le développement d'une grossesse déjà en cours, tandis que la pilule contraceptive empêche une grossesse de débuter.
Les différentes méthodes d'IVG
Il existe deux principales méthodes d'IVG : l'IVG médicamenteuse et l'IVG chirurgicale. Le choix de la méthode dépend du stade de la grossesse et des préférences de la femme. En France, l’avortement peut être pratiqué jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles.
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L'IVG médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse, également appelée "pilule abortive", peut être réalisée jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée). Elle consiste en la prise de deux médicaments : la mifépristone (RU-486), qui interrompt la grossesse, et le misoprostol, qui provoque des contractions utérines pour expulser l'embryon. L'IVG médicamenteuse peut être réalisée à domicile ou dans un établissement de santé, selon le choix de la femme et les protocoles en vigueur. Elle est possible en cabinet de ville (avec un médecin ou une sage-femme ayant signé une convention avec un établissement de santé), en centre de santé ou en établissement de santé (hôpital, clinique). Si cela est proposé, il est possible de réaliser l'ensemble ou une partie des différentes étapes de la procédure d'IVG en téléconsultation avec un médecin ou une sage-femme.
Les avantages de cette méthode sont qu'elle évite l'intervention chirurgicale, et qu'elle peut être réalisée à domicile si la femme le souhaite. Les inconvénients sont des douleurs liées aux contractions de l'utérus et des saignements qui peuvent durer plusieurs jours.
L'IVG chirurgicale
L'IVG chirurgicale, également appelée "aspiration intra-utérine", peut être réalisée jusqu'à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée). Elle consiste à aspirer le contenu de l'utérus à l'aide d'un petit tube introduit par le col de l'utérus. L'IVG chirurgicale est réalisée dans un établissement de santé (hôpital ou clinique) et dans certains centres de santé. L'hospitalisation est généralement ambulatoire, c'est-à-dire qu'elle a lieu sur une seule journée. Une anesthésie locale ou générale peut être pratiquée, selon le choix de la femme et l'avis du médecin.
Les avantages de cette méthode sont qu'elle est rapide et réalisée sous anesthésie. L'inconvénient est qu'elle nécessite une brève hospitalisation.
Les étapes préalables à l'IVG
Avant de procéder à une IVG, deux étapes sont nécessaires avec un médecin (généraliste ou gynécologue) ou une sage-femme : un temps d'information et un temps de recueil du consentement. Il n’y a pas de délai minimal de réflexion entre le premier et le second temps (ils peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation si vous le souhaitez). Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant en compte du délai légal pour la réalisation de l'IVG (14 semaines de grossesse). Il n’y a pas non plus de délai minimal de réflexion ces deux temps et la réalisation de l'IVG. Si vous le souhaitez, vous pouvez bénéficier d’un entretien psychosocial. Cet entretien est obligatoire pour les mineures et doit être réalisé avant le recueil du consentement.
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Lors du premier temps, vous faites votre demande d’IVG au médecin ou à la sage-femme. C’est le bon moment pour poser toutes vos questions. Le professionnel de santé vous donnera les informations sur :
- les deux types d’IVG : médicamenteuse et instrumentale (ou chirurgicale) ;
- les risques et les effets indésirables possibles ;
- la liste des lieux qui pratiquent l’IVG ;
- les coûts.
La seconde étape est l’occasion de confirmer votre demande d’IVG par la signature d'un consentement écrit et de choisir la méthode d'intervention en fonction de votre situation.
Après l'IVG, une consultation de contrôle est indispensable pour vérifier que la grossesse est bien interrompue et que la femme ne présente aucune complication. Cette visite doit être effectuée entre le 14e et le 21e jour suivant l’intervention (qu’elle ait été médicamenteuse ou instrumentale).
L'IVG pour les mineures
En France, les mineures ont le droit de réaliser une IVG de manière anonyme et sans l'autorisation de leurs parents. Elles doivent obligatoirement être accompagnées par une personne majeure de leur choix et bénéficier d'un entretien psychosocial. L'IVG est gratuite pour les mineures, qu'elles aient ou non le consentement de leurs parents.
L'importance de la contraception après une IVG
Après une IVG, la fertilité revient immédiatement. Il est donc essentiel de choisir une méthode de contraception adaptée à sa situation et à son mode de vie afin d'éviter une nouvelle grossesse non désirée. La plupart des méthodes contraceptives peuvent être commencées le jour même de l'IVG. Il est recommandé de discuter avec un professionnel de santé pour choisir la méthode la plus appropriée.
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Où trouver de l'aide et des informations ?
De nombreuses ressources sont disponibles pour les femmes qui souhaitent obtenir des informations sur la contraception ou l'IVG :
- Le conjoint ou partenaire : La contraception et le risque de grossesse concernent le couple, il est donc important de partager ses questions et ses craintes avec son partenaire.
- L'infirmière scolaire : Elle peut fournir des informations et une orientation en matière de contraception et de sexualité, tout en étant tenue au secret professionnel.
- Les centres de planification : Ils offrent des informations, une contraception et un suivi en échangeant avec des conseillères conjugales et familiales.
- Le médecin traitant ou le gynécologue : Ils peuvent répondre aux questions et fournir des conseils personnalisés.
- Le site du gouvernement www.ivg.gouv.fr : Il contient des informations complètes et fiables sur l'IVG.
- Le numéro de téléphone 0800 235 236 : Il permet d'obtenir des informations et un soutien téléphonique.
- Les cliniques Bloemenhove Haarlem & Abortuskliniek Amsterdam : Elles proposent différentes méthodes d’avortement.
Contraception d'urgence
La contraception d'urgence est une option à envisager après un rapport sexuel non protégé. Elle vise à prévenir une grossesse en bloquant l'ovulation ou en empêchant l'implantation de l'œuf fécondé. La contraception d'urgence doit être prise le plus tôt possible après le rapport sexuel, idéalement dans les 72 heures. Il existe différentes options de contraception d'urgence, notamment la pilule du lendemain (à base de lévonorgestrel) et le dispositif intra-utérin (stérilet) en cuivre.
Mécanismes d'action des contraceptifs d'urgence
Les contraceptifs d'urgence agissent principalement en bloquant ou en retardant l'ovulation. Le lévonorgestrel, par exemple, est un progestatif qui peut inhiber le pic de LH (hormone lutéinisante) nécessaire à l'ovulation. Il peut également modifier le mucus cervical, rendant difficile le passage des spermatozoïdes. Le RU-486 (mifépristone), quant à lui, est un antagoniste de la progestérone qui peut interférer avec la maturation de l'endomètre et empêcher l'implantation de l'œuf fécondé.
Efficacité et limites de la contraception d'urgence
La contraception d'urgence n'est pas efficace à 100 %. Son efficacité diminue avec le temps et dépend du moment du cycle menstruel où elle est prise. Il est donc important de consulter un médecin ou une sage-femme pour obtenir des conseils personnalisés et choisir la méthode de contraception la plus adaptée à sa situation.
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