L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un sujet complexe, entouré de divers enjeux éthiques, sociaux et médicaux. Si l'IVG est légale dans de nombreux pays, dont la France depuis la loi Veil de 1975, ses conséquences psychologiques font l'objet de débats et d'études. Cet article vise à explorer ces conséquences, en s'appuyant sur des recherches et des témoignages, afin d'offrir une vue d'ensemble nuancée et informative.

Introduction

Les risques associés à l’IVG sont souvent méconnus et parfois passés sous silence. Ils sont pourtant réels et peuvent changer radicalement la vie d’une femme. L'IVG, bien qu'encadrée légalement et médicalement, n'est pas un acte anodin. Au-delà des aspects physiologiques, il est crucial de considérer les répercussions psychologiques potentielles pour les femmes qui y ont recours. Cette dimension, bien que souvent mise en avant, nécessite un éclairage objectif et scientifique.

Risques Psycho-Comportementaux Post-IVG : Une Augmentation Significative

Les études convergent vers une augmentation significative des risques psycho-comportementaux post-IVG, incluant dépression, stress post-traumatique, anxiété, troubles du sommeil, toxicomanie, comportements suicidaires, troubles alimentaires et instabilité relationnelle. Plusieurs chercheurs, américains notamment, se sont penchés sur le sujet.

Dépression et Anxiété

Une étude américaine (Cougle et al., 2003) montre une augmentation de 65 % du risque de dépression chez les femmes ayant subi une IVG, indépendamment de l’âge, de l’origine ethnique, de l’éducation, du statut matrimonial, du revenu ou des antécédents psychiatriques. Le risque reste élevé même pour les IVG motivées par une grossesse non désirée.

Toxicomanie et Alcoolisme

Le risque de toxicomanie et d’alcoolisme est multiplié par 5 chez les femmes post-IVG, même sans antécédents (Reardon & Ney, 2000).

Lire aussi: Avortement par aspiration : ce qu'il faut savoir sur les risques

Stress Post-Traumatique

L'IVG peut être vécue comme un événement traumatisant, conduisant à des symptômes de stress post-traumatique chez certaines femmes.

Troubles du Sommeil et Alimentaires

Des études ont également mis en évidence une association entre l'IVG et les troubles du sommeil, ainsi que les troubles alimentaires.

Comportements Suicidaires

Certaines recherches suggèrent un lien entre l'IVG et une augmentation du risque de comportements suicidaires, bien que cette question reste controversée.

Facteurs Amplificateurs des Risques

Ces risques sont amplifiés par des facteurs comme la contrainte, le manque d’information et les avortements répétés.

Contrainte et Pression

64 % des femmes rapportent avoir subi des pressions de leur entourage pour avorter (Rue et al., 2004). Deux tiers des IVG impliquent une forme de contrainte. L'IVG peut acter des failles importantes dans la relation du couple.

Lire aussi: Impact sur la Grossesse

Manque d'Information et de Conseils

67 % des femmes américaines déclarent ne pas avoir été informées, 84 % n’ont pas reçu de conseils adéquats, et 79 % n’ont pas été informées des alternatives (Rue et al., 2004).

Avortements Répétés

Les femmes ayant recours à des IVG répétées peuvent être plus vulnérables aux conséquences psychologiques négatives.

La Dynamique Familiale et le Vécu de l'IVG

Analyser le regard de la femme sur sa situation familiale et de couple permet d’être au plus près de son vécu de l’IVG et des conséquences en termes de relations. Notre pratique clinique (2) nous a montré que la famille d’origine jouait un rôle essentiel dans l’expérience de l’IVG : presque toutes les femmes adultes en parlaient à leurs parents, plus particulièrement à leur mère, parfois même avant que le partenaire soit au courant de la grossesse, et c’est souvent cette présence familiale qui est sollicitée en pré et post-IVG. Nous nous situerons donc dans une approche systémique.

Alors qu’une interruption volontaire de grossesse peut acter des failles importantes dans la relation du couple, elle peut aussi venir signifier une évolution des relations. En s’inscrivant dans les rouages des configurations psychiques individuelles et familiales, l’IVG peut réactualiser des éléments non élaborés. Le cas de Sonia montre comment l’IVG l’a amenée à prendre conscience de sa propre dynamique familiale, à la nommer et à s’en distancier. Nous exposerons ici un aspect peu traité du vécu des femmes ayant eu recours à un avortement, à savoir leur perception de la dynamique familiale.

L'Importance de la Prise en Charge et de l'Accompagnement

Les conséquences psychologiques d'une interruption volontaire de grossesse (IVG) apparaissent fortement liées à la qualité de la prise en charge de l'acte tout au long de la démarche de l'intéressée : attitude positive des professionnels vis-à-vis d'une demande légitime, possibilité donnée à la femme de participer aux décisions à prendre (méthode d'interruption de la grossesse, technique d'anesthésie, etc.). À cet égard, conformément aux recommandations émises en 2001 par la Haute Autorité de santé sur l'IVG, la formation des équipes chargées de la mise en oeuvre de cette activité est encouragée.

Lire aussi: Surconsommation de protéines chez le bébé : dangers

Par ailleurs, un accompagnement à caractère psycho-social est proposé aux femmes ayant recours à une interruption volontaire de grossesse. En application de l'article L. 2212-4 du code de la santé publique, toute femme qui souhaite accéder à une aide sur ce plan peut bénéficier d'entretiens avec des professionnels qualifiés, avant et après l'intervention.

La mesure de l'impact psychologique de I'IVG par le biais d'une enquête menée auprès de femmes ayant eu recours à cet acte rencontre des obstacles qui apparaissent difficiles à surmonter. Il apparaît, en effet, indispensable d'éviter un mode d'interrogation des intéressées susceptible de mettre en cause la confidentialité de leur démarche vis-à-vis de leur entourage. M. 4 dangers de la fin du droit à l’avortement.

L'IVG et le Droit des Femmes : Un Équilibre Délicat

Le 28 septembre dernier marquait la Journée mondiale du droit à l’avortement. Une occasion de se rappeler que si l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est autorisée en France depuis la loi Veil du 17 janvier 1975, ce n’est pas le cas partout dans le monde. L’impact négatif d’une grossesse non désirée sur la santé mentale a été observé au cours de l’étude Turnaway, menée pendant plus de 10 ans par des chercheurs universitaires américains et publiée en 2020.

Quand le droit à l’IVG est restreint, ce sont les avortements clandestins (c’est-à-dire toute IVG réalisée en dehors du cadre légal du pays de résidence de la femme) qui augmentent. Bien que peu répandus en France du fait d’un cadre légal qui permet d’interrompre sa grossesse jusqu’à 14 semaines, les avortements clandestins n’ont pas disparus et pourraient se multiplier si ce droit était remis en question. L’impact de l’interdiction du droit à l’avortement n’est pas le même en fonction de la catégorie sociale à laquelle on appartient. Ainsi, limiter l’IVG ne remet pas seulement en cause le droit des femmes à disposer de leur corps mais contribue aussi plus largement à l’augmentation des inégalités au sein des populations.

Difficile d’évoquer le droit à l’IVG sans parler de l’Interruption médicalisée de grossesse (IMG), qu’on appelle aussi avortement thérapeutique. Aux Etats-Unis, à la suite de l’annulation de l’arrêt Roe vs Wade par la Cour suprême, le droit à l’IMG y est également remis en question.

Mythes et Réalités sur les Conséquences Psychologiques de l'IVG

Parmi les idées reçues qui circulent autour de l’IVG, on retrouve fréquemment l’existence d’un syndrome post avortement. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.

Questions Fréquemment Posées Après une IVG

Y a-t-il des examens médicaux à passer après une IVG ?

Après l’IVG les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.

Est-ce qu’avorter peut me rendre stérile ?

Le risque d’infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’interruption volontaire de grossesse. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc). Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France. Le risque de survenue de complications lors de la réalisation d’une IVG n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané ou d’une grossesse menée à terme. D’après les études qui ont évalué le risque d'infertilité après une IVG, il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où la pratique de l’IVG est légale. Ce risque n’est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus.

Y a-t-il beaucoup de saignements après un avortement et combien de temps durent ils ?

Les saignements après une IVG peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines.

Quand disparaissent les symptômes de grossesse après une IVG ?

Les symptômes de grossesse (nausées ou sensibilité des seins) disparaissent généralement quelques jours après l’IVG médicamenteuse ou instrumentale. Bon à savoir : Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l’IVG a fonctionné.

Quand reviennent les règles après une IVG ?

Après une IVG les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception que vous avez choisi d’utiliser et du moment où vous l’avez débutée. Avec une pilule oestro-progestative par exemple, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal les règles peuvent êtres irrégulières ou absentes.

Quand est-il possible d’avoir à nouveau des rapports sexuels après une IVG ?

Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).

Après une IVG quelle contraception choisir ?

Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux. Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.

A quel moment dois-je débuter la contraception après une IVG ?

La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse. Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée : le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale ; le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse. Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.

Ma contraception est-elle remboursée ?

Sont remboursables par l'Assurance maladie : certaines pilules contraceptives ; les implants contraceptifs hormonaux ; les progestatifs injectables ; les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets ; les diaphragmes ; certaines marques de préservatifs externes (masculins). Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret. Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles. Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale. Outil interactif, anonyme et gratuit, le tchat vous met en contact direct avec une personne compétente qui pourra répondre à vos questions, vous informer et vous orienter.

tags: #consequence #psychologique #avortement

Articles populaires: