L'allaitement maternel est un sujet central dans la vie des nouvelles mères, entouré de multiples enjeux et temporalités. Cet article explore la durée du congé maternité dans le canton de Vaud, en Suisse, ainsi que les différentes dimensions temporelles qui influencent les pratiques et les expériences d'allaitement. Il aborde également les normes et les recommandations entourant l'allaitement, tout en tenant compte des contraintes structurelles et des facteurs socio-économiques qui peuvent affecter les mères.
L'importance de l'allaitement maternel
L’allaitement est généralement perçu comme un acte « naturel » et inné. Dans le contexte actuel, marqué par un message fort de promotion de l’allaitement, émanant des professionnel(le)s de la naissance et des institutions de santé publique, les mères sont très fortement incitées à allaiter. Ces dernières années, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a édicté différentes initiatives concernant l’allaitement qui ont notamment occasionné l’établissement de repères temporels reconnus comme déterminants pour le succès de l’allaitement et l’optimisation de ces effets bénéfiques sur la santé des enfants.
Cependant, en dépit du caractère « naturel » qui lui est reconnu, l’allaitement est également perçu comme une technique corporelle qui nécessite un certain apprentissage et une période d’adaptation. À ce titre, il est communément admis que l’aide d’un(e) professionnel(le) est conseillée pour effectuer cet apprentissage et/ou pour optimiser la « technique » d’allaitement.
Durée du congé maternité dans le canton de Vaud
Dans le canton de Vaud, comme dans la plupart des cantons suisses, le congé maternité est un droit fondamental pour les nouvelles mères. La règle est de 14 semaines. Le congé maternité standard est de 98 jours soit 14 semaines. Ce congé court à partir du jour de la naissance de l’enfant. Dans tous les cas, le congé maternité obligatoire est de 8 semaines. Entre la 9ème semaine et la 14ème semaine, l’employée a le choix entre la reprise du travail ou le versement de l’allocation et le bénéfice du congé maternité. Entre la 14ème semaine et la 16ème semaine, le congé maternité peut être prolongé de deux semaines à la demande de la femme enceinte mais sans indemnisation.
Il est important de noter que la durée du congé maternité peut différer selon les cantons. Par exemple, dans le canton de Genève, le congé maternité est de 16 semaines. L’employeur peut offrir 2 semaines supplémentaires voire plus.
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En Suisse, l’allaitement est favorisé. Le congé maternité n’est pas assez long à mon goût pour donner envie aux mamans de s’accrocher, mais quand je vois le minuscule congé dont les françaises bénéficient, je me dis que finalement, c’est déjà bien. L’allaitement et le travail sont compatibles, les lois protégeant l’allaitement sont bien en place et vous pouvez en parler à votre employeur pour les faire appliquer.
Protection de l'emploi pendant la grossesse et le congé maternité
Dès que l’employeur apprend votre grossesse, il ne peut vous licencier. Pendant la grossesse, la travailleuse bénéficie de quelques mesures de protection : elle ne doit pas travailler plus de 9 heures par jour. A partir de la 8ème semaine de grossesse, elle ne doit pas exercer de travail de nuit.
Aspects financiers : Salaire et allocations
Votre employeur prendra en charge votre salaire à 100% jusqu’à votre accouchement ou à 80% après un mois de congé maladie, si ce dernier est renouvelé. Au 8ème mois de grossesse, j’étais en arrêt. Mon employeur a pris en charge mon salaire à 100% pendant un mois. Puis, mon salaire à été baissé à 80%. Avant la 13ème semaine de grossesse, les rendez-vous et examens médicaux sont à votre charge. Donc, avant la 13ème semaine, tout est à votre charge sauf si vous avez une franchise assurance maladie basse.
L’allocation de naissance n’est pas versée automatiquement. Elle doit être demandée auprès de la caisse de compensation compétente.
Temporalités et normes entourant l'allaitement
De son initiation jusqu’au moment du sevrage, l’allaitement est ainsi encadré par différentes normes temporelles qui définissent ses modalités et sa durée. Ces normes sont émises par les organismes de santé publique et les expert(e)s en lactation et nutrition infantile, mais il s’agit aussi de normes culturellement construites, qui ne trouvent pas toujours leur justification dans un raisonnement scientifique ou médical : elles circonscrivent également la « fenêtre » dans laquelle il est encouragé socialement d’allaiter.
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Dans le cadre de ma recherche de terrain, j’ai pu observer que la notion de temporalité semble au cœur des préoccupations entourant l’allaitement tant du côté des professionnel(le)s que des mères. Cet article vise à discuter la centralité de la notion de temporalité dans l’initiation à l’allaitement, ce qui se joue dans les premiers jours de retour à la maison et pour certains parents dans le post-partum immédiat à domicile, et la manière dont elle circonscrit les pratiques et expériences d’allaitement des mères.
Allaitement à la demande versus repères temporels
L’allaitement « à la demande » semble particulièrement subversif parce qu’il exclut toute notion de repère temporel. Il s’agit d’allaiter à chaque fois que le bébé en montre l’envie, ce qui peut paraître d’une simplicité sans équivoque, mais entre en contradiction profonde avec l’ordre temporel linéaire qui domine nos sociétés industrielles. Malgré un consensus mondial du milieu médical reconnaissant la supériorité de l’allaitement à la demande, dans leur pratique, à l’instar des mères, les professionnel(le)s accompagnant l’initiation à l’allaitement restent souvent attaché(e)s à des critères temporels et quantitatifs pour évaluer le bon déroulement d’un allaitement - écart temporel entre deux tétées, durée de chaque tétée, prise de poids de l’enfant. Ces normes correspondent à une évaluation quantitative de l’allaitement, au détriment d’une approche qualitative et ont également pour effet de disqualifier le savoir subjectif des mères, issu de leur expérience singulière et de la connaissance spécifique de leur enfant.
La pesée du bébé : un indicateur de "succès" ?
Au cours des visites post-partum à domicile, l’allaitement occupe une place centrale. Une visite dure le plus souvent entre 1h15 et 1h30 et se déroule habituellement en trois temps. Un moment est consacré à la discussion avec la mère, ses préoccupations et son état de santé, ensuite le bébé est pesé, puis il est mis au sein.
La culture biomédicale contemporaine privilégie le « voir » sur le ressenti, particulièrement dans le domaine de la périnatalité : déjà pendant la grossesse et au moment de l’accouchement, les femmes sont habituées à se sentir dépendantes de la « vérification visuelle », qui valide leur expérience incorporée. Dans le cadre de l’allaitement, cette vérification se traduit par une mesure attentive de la croissance du nourrisson (Dykes, 2006 : 84), une manière de contourner le « problème » de l’impossibilité de déterminer précisément la quantité de lait absorbée. La pesée régulière du nourrisson, largement encouragée par les professionnel(le)s (Dykes, 2005 ; Maher, 1992), apparaît alors comme l’unique moyen de pallier cette incertitude : la prise de poids de l’enfant constitue une preuve « objective » et « scientifique » de sa bonne santé et du « succès » de l’allaitement. Dans cette optique, le corps du nourrisson et sa - bonne - croissance deviennent un gage des compétences maternelles, alors qu’une prise de poids moins marquée sera interprétée comme un échec de l’allaitement et un signe d’incompétence (Lupton, 1996, in Dykes, 1999).
L'accompagnement des sages-femmes
Depuis cinq mois (de mai à octobre 2014), j’accompagne des sages-femmes indépendantes au cours de leurs visites à domicile post-partum, dans le canton de Vaud, en Suisse romande. Ces sages-femmes ont en commun de pratiquer des « accompagnements » de la naissance dits « globaux », comprenant l’ensemble du processus de la naissance, de la grossesse au post-partum, y compris l’accouchement. Elles travaillent pour certaines en collaboration étroite, dans le cas du partage d’un cabinet ou d’une relation d’ « assistanat », d’autres se connaissent seulement de vue. Toutes se rejoignent autour de valeurs communes : la défense d’une approche « physiologique » et non-interventionniste de la naissance. Ces sages-femmes interviennent également dans le suivi post-partum des « sorties de l’hôpital », selon leur terminologie. Dans ces situations, elles rencontrent leurs patientes au moment du post-partum seulement. Leur double activité me permet donc à la fois d’observer l’accompagnement des allaitements qui ont été initiés en milieu hospitalier, avec d’autres soignant(e)s, et de ceux qui s’inscrivent dans un accompagnement global, dans le cadre duquel, les sages-femmes étaient présentes dès la première mise au sein.
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Facteurs influençant la durée de l'allaitement
En dépit de ces recommandations, la durée totale de l’allaitement dans la plupart des pays industrialisés dépasse rarement quelques mois, ce qui correspond aussi à la durée du congé maternité. La reprise d’une activité professionnelle marque souvent l’arrêt de l’allaitement, les conditions de travail, articulées aux structures de garde des enfants étant souvent peu favorables à sa continuation.
Des facteurs d’ordre économique et social pèsent ainsi lourdement sur les pratiques d’allaitement des mères. Par ailleurs, au-delà de ces contraintes structurelles, s’il est fortement encouragé d’allaiter un nourrisson, continuer d’allaiter un(e) enfant plus âgé, est globalement perçu comme inapproprié dans les sociétés occidentales. Indépendamment des recommandations médicales, il semble donc qu’il existe un âge culturellement identifié comme adéquat pour l’arrêt de l’allaitement.
Soutien et accompagnement
Après votre accouchement (et même avant pour préparer, par exemple, les cours à la naissance individuel ou l’allaitement), vous avez le droit d’être suivi par une sage-femme. L’assurance maladie prend en charge. Lorsque vous aurez accouché, vous aurez 56 jours à partir de la date d’accouchement pour convenir d’un rdv post partum chez votre gynécologue. Par ailleurs, dans le canton de Vaud, une infirmière petite enfance offre ses prestations aux parents d’enfants entre 0 et 4 ans. C’est une prestation mise en place par le canton.
Congé paternité
Le père a droit à un congé de deux semaines qu’il peut prendre sous la forme de semaines entières (week-end inclus) ou de journées. Le congé doit être pris dans les six mois qui suivent la naissance de l’enfant.
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