Dès la naissance, la communication avec un nourrisson est un élément fondamental pour son développement langagier et socio-affectif. Au Québec, de nombreuses ressources et approches sont disponibles pour aider les parents à établir une communication efficace avec leur enfant, en tenant compte de son rythme et de ses besoins spécifiques. Cet article explore les différentes facettes de la communication avec un nourrisson, en mettant l'accent sur les conseils pratiques et les ressources disponibles pour les parents québécois.

L'importance de la communication précoce

L’apprentissage du langage commence dès le début de la vie d’un enfant et se développe progressivement. De ses premiers babillements jusqu’aux phrases complexes, le petit-enfant passe par plusieurs étapes essentielles. La communication est essentielle pour que les personnes puissent s’exprimer, bien sûr, mais aussi pour comprendre le monde qui les entoure. Elle est tout aussi importante - sinon plus - lorsque cette personne a un handicap et n’est pas en mesure d’interpréter son environnement aussi facilement que les autres. « Ce n’est pas parce qu’une personne ne peut pas parler qu’elle n’a rien à dire. »

La communication est un besoin humain fondamental, permettant aux personnes de se connecter entre elles, de prendre des décisions qui affectent leur vie, d’exprimer leurs sentiments et de se sentir membres de la communauté dans laquelle elles vivent. C’est un processus à double sens et s’il y a une difficulté, il y a une responsabilité partagée pour comprendre et résoudre le problème.

Le rythme de l'enfant et l'intervention précoce

Chaque enfant a son propre rythme, qu’il est important de respecter et qui dépend de son âge, de son environnement, mais également des difficultés qu’il peut rencontrer notamment s’il est porteur d’un handicap. Par exemple, les troubles du spectre autistique sont des troubles neurologiques qui peuvent affecter, entre autres, le langage de l’enfant. Dans le cas d’un enfant porteur de handicap, l’intervention précoce peut jouer un grand rôle dans le développement de ces capacités. L’alphabétisation précoce est étroitement liée au développement du langage au cours des années préscolaires, dans les crèches et autres lieux d’accueil du jeune enfant.

Afin d’enrayer ces inégalités sociales face au langage, l’intervention précoce des parents, des réseaux d’accueil des jeunes enfants notamment des crèches, doit être un levier pour favoriser l’égalité des chances.

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Stratégies pour stimuler les capacités langagières

Pour apprendre à parler et à former des mots, le bébé a besoin de les entendre. Il est donc important de l’impliquer dans la communication et de lui parler, même s’il n’est pas encore capable de répondre. Alors, quelles stratégies mettre en place pour stimuler ses capacités langagières au quotidien ?

Impliquer l'enfant dans la communication

Pour apprendre à parler et à former des mots, le bébé a besoin de les entendre. Il est donc important de l’impliquer dans la communication et de lui parler, même s’il n’est pas encore capable de répondre.

L'approche ludique de Placote

Placote est une marque de jeux éducatifs spécialisée dans les apprentissages langagiers et socioaffectifs. Placoter est une expression québécoise signifiant bavarder. L’entreprise place l’interaction entre les parents et les enfants au centre de son approche. L’objectif de ces jeux est de développer des compétences langagières tout en favorisant les échanges avec l’enfant. Ce sont des jeux éducatifs, mais surtout ludiques. La marque propose des jeux éducatifs adaptés au développement de l’enfant : chaque jeu offre plusieurs parcours, avec des niveaux de difficulté croissante. Ainsi, il sera facile pour les parents d’adapter le jeu au rythme et aux besoins de son enfant.

Le rôle des pictogrammes et du langage adapté

L’utilisation des pictogrammes est d’un grand intérêt pour apprendre à communiquer. Chez certains enfants porteurs de troubles de la communication, ces symboles visuels vont être d’une très grande aide pour se faire comprendre. Que cela soit pour la communication alternative ou pour une communication augmentative, on peut utiliser des pictogrammes. Saviez-vous qu’il existait un langage adapté pour les personnes atteintes de Troubles du spectre de l’autisme (TSA) ? Équivalent de la langue signée pour les malentendants, le LSC (Langage Saccade Conceptuel) est un système essentiellement graphique permettant une compréhension commune de signes et de significations par les personnes atteintes de TSA et les neurotypiques.

Conseils pratiques pour améliorer le langage oral de l'enfant

Des personnes de votre entourage vous disent qu’ils ne comprennent pas votre enfant lorsqu’il parle ? Vous avez l’impression qu’il présente des lacunes ou un retard pour son âge ? La question du langage oral est essentielle pour communiquer et se socialiser. Dès lors, comment aider votre enfant à bien parler ? Voici 14 conseils concrets pour parvenir à améliorer le langage oral de votre enfant. Ces recommandations correspondent à celles qui sont transmises habituellement aux parents et aux enfants qui viennent consulter en cabinet d’orthophonie.

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Vérifier l'audition de l'enfant

Les premières choses qui sont demandées aux parents lors de l’entretien d’introduction concernent l’audition de leur enfant :

  • Est-ce que votre enfant vous entend bien ?
  • A-t-il eu des otites ? Si oui, à quelle fréquence ?
  • Est-il souvent enrhumé ?
  • L’audition a-t-elle été vérifiée lors de la visite médicale à l’école ?

L’otite est une infection courante chez le jeune enfant puisqu’elle représente entre 2 et 3 millions de consultations en France chaque année. Si nous avons le moindre doute de ce côté, il est conseillé aux parents d’aller voir un médecin ORL (oto-rhino-laryngologiste). En France, il n’est pas nécessaire de passer par le médecin traitant pour prendre rendez-vous chez un ORL pour les enfants de moins de 16 ans. En Belgique, une part du prix de la consultation reste à la charge des parents.

L’ORL, spécialiste du nez, de la gorge et des oreilles, examine l’aspect du conduit auditif externe et du tympan. Vous trouverez sur ce site un annuaire des professionnels de l’ORL en France.

L'audiogramme

Le médecin ORL effectue un examen qui porte le nom audiogramme. Lors de ce test de l’audition, l’enfant doit dire lorsqu’il entend un bruit dans le casque positionné sur ses oreilles et montrer de quel côté ce son provient. Pour les tout petits, cette procédure n’est pas toujours possible. De ce fait, certains services ORL pédiatriques utilisent des jeux afin de rendre le test interprétable. Par exemple, l’enfant pousse sur un bouton qui anime un train quand il entend un bruit.

La tympanométrie

L’ORL utilise également un appareil pour vérifier si les tympans sont bien mobiles. Pour ce faire, il place des bouchons dans les oreilles de l’enfant et fait « vibrer » ses tympans. Même si la description parait impressionnante, cet examen est indolore. Si les tympans ne sont pas suffisamment mobiles, c’est le signe qu’il y a du liquide derrière le tympan, il s’agit peut-être d’une otite séreuse ou séromuqueuse (otite de l’oreille moyenne). Certaines de ces otites sont chroniques et reviennent à chaque fois que l’enfant est enrhumé. Bien évidemment, lorsque l’enfant a ce type d’otite, il entend moins bien. La perte d’audition peut être significative.

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Dans ces cas-là, l’enfant peut avoir du mal à entendre ses parents qui lui parlent, mais également son maître ou sa maîtresse lorsqu’il est en classe. Pour comprendre cette situation, imaginez ce que vous entendez quand vous avez de l’eau dans les oreilles.

Traitements

Le premier traitement peut être un antibiotique, des gouttes auriculaires ou une paracentèse qui correspond à une petite ouverture du tympan avec une lame très fine. Dès lors que les otites ne disparaissent pas avec un de ces traitements ou qu’elles reviennent trop souvent, il est parfois nécessaire de poser des « yoyos » ou implants trans tympaniques, appelés aussi aérateurs. Ils permettent au liquide logé derrière le tympan de s’écouler dans le conduit externe de l’oreille. Après quelques mois, les yoyos tombent et le tympan se referme naturellement. La contrainte de ces implants est qu’ils imposent de ne pas avoir d’eau dans les oreilles pendant plusieurs mois. Dans la piscine, il faut par exemple mettre des bouchons dans les oreilles.

Ces détails sur le plan ORL sont extrêmement importants pour le langage oral. De nombreux parents se rendent compte tardivement que leur enfant entend mal et des mois, voire des années, peuvent être perdus. La baisse de l’audition, conséquence des otites, est la première cause de retard de langage oral chez l’enfant. Dès que l’on a un doute pour un enfant qui a un retard de langage, on demande un bilan ORL, cela devrait même être systématique. Je dis souvent aux parents : « mieux vaut consulter pour rien que de passer à côté de ce type de problème ».

Comment repérer les signes d’une otite chez votre enfant ?

Les otites aiguës sont faciles à repérer puisque votre enfant a mal à une oreille ou aux deux. S’il est suffisamment grand pour s’exprimer, il vous dira qu’il souffre. Chez les bébés, un signe qui peut vous alerter est lorsqu’il touche souvent ses oreilles et pleure. Cependant, certaines otites passent inaperçues, car l’enfant n’éprouve pas de douleur ou n’en montre aucun signe.

De manière générale, les enfants ont souvent des rhumes. Lorsqu’ils ne savent pas se moucher et qu’ils reniflent, les trompes d’eustache se bouchent et l’otite n’est pas loin. Par conséquent, il est très important d’apprendre aux enfants à se moucher et de leur faire des lavages de nez. Tous les parents connaissent ces pipettes de liquide physiologique à injecter dans les narines des enfants. Sachez que le lavage régulier du nez avec du liquide physiologique est le meilleur remède pour soigner le rhume, pour tous les enfants, petits et grands.

Cette pratique est d’ailleurs très fréquente chez les Japonais de tous âges, ce qui évite bien des infections de la sphère ORL. Cette recommandation est tout aussi utile pour les personnes qui souffrent d’allergies. Pour les enfants plus grands, il est indispensable de leur apprendre le mouchage. Lors de mes consultations, je vois tant d’enfants de 4, 5 ans ou plus qui ne savent pas se moucher. Pourtant, cette compétence est très importante !

Comment reconnaît-on un enfant qui entend mal ?

Pour reconnaître un enfant entend mal, vous pouvez vous appuyer sur certains signes parlants :

  • Votre enfant prononce mal les mots et fait de nombreux assourdissements, c’est-à-dire que les consonnes v-j-z se transforment en f-s-ch ou g-d-b en c-t-p. Par exemple, le mot « voiture » est prononcé « foitur » et « jardin » est prononcé « chartin ».
  • Quand vous appelez votre enfant, il ne se retourne pas.
  • Vous remarquez qu’il parle fort, qu’il crie même.
  • Il vous fait souvent répéter.
  • Vous avez l’impression qu’il ne fait pas attention.
  • Il augmente toujours le volume de la télévision.
  • Vous notez qu’il fixe votre bouche intensément quand vous lui parlez.

Limiter les écrans

Combien d’heures votre enfant passe-t-il devant les écrans ? Voici une question qui est posée systématiquement aux parents qui la redoutent certainement. Apprendre à bien parler requiert de nombreux contacts avec d’autres êtres humains. Cette interaction ne peut être remplacée par des paroles virtuelles. Un enfant n’apprendra pas à bien parler s’il passe de longues heures devant un écran, même si vous mettez un programme où une personne lui parle.

Idéalement, il ne faudrait pas d’écran avant 3 ans. Dans la réalité, je sais que c’est très difficile. Il est recommandé de ne pas dépasser 30 minutes d’exposition par jour avant 3 ans, de prohiber l’utilisation de la tablette pour les bébés et d’éviter d’installer une télévision dans la chambre. Entre 3 et 6 ans, essayez de limiter vos enfants à une heure d’écran par jour maximum (dans l’idéal bien sûr). Pensez aussi à ne pas laisser la télé allumée quand vous ne la regardez pas.

Une règle à adopter : pas d’écran le matin avant d’aller à l’école ! Une étude française récente a prouvé que les enfants qui regardent la télé le matin avant l’école ont 3 fois plus de retard de langage que les autres et de moins bons résultats scolaires. Lorsqu’un enfant regarde la télé le matin, cela épuise son « stock attentionnel », sa réserve d’attention. Ensuite, une fois à l’école, il n’est plus capable d’écouter la maîtresse ou le maître. Cette habitude est une des raisons pour laquelle de si nombreux enfants présentent désormais des difficultés d’attention. Évidemment, il y a bien d’autres raisons, néanmoins ce facteur est déterminant.

Réduire l’utilisation de la tutut ou tétine

De nombreux enfants qui viennent consulter ont encore une tétine à l’âge de 3, 4, 5 ans, voire plus ! Il est important d'arrêter la tétine pour plusieurs raisons. La tétine est un objet qui gêne l’articulation puisqu’elle empêche la langue de monter au palais, ce qui est pourtant la position normale de la langue au repos. Comment bien parler avec un gros objet dans la bouche ? Les enfants parlent avec la tétine dans la bouche et l’air passe alors sur les côtés en gonflant les joues. Cela provoque un trouble articulatoire appelé chlintement ou chuintement. Il s’agit d’un trouble articulatoire difficile à rééduquer en orthophonie. L’air s’échappe sur les côtés lorsque l’enfant prononce les « ch-j » et parfois « s-z ». Certains peuvent garder ce trouble articulatoire à vie.

De plus, la tétine provoque des béances (trous) dentaires. Il se forme alors un espace important entre les incisives supérieures et les incisives inférieures. Plus tard, ces enfants devront probablement porter un appareil orthodontique. Le coût de ces appareils est important, ainsi que ses contraintes pour l’enfant. Il est possible d’éviter le port de ces appareils grâce à l’application de bonnes habitudes dans la petite enfance. Bien évidemment, pour certains enfants, le port d’un appareil orthodontique sera nécessaire pour d’autres raisons comme la prognatie ou la rétrognatie. Cependant, supprimer la tutut, respirer par le nez, bien positionner la langue dans la bouche, rééduquer les troubles articulatoires peuvent grandement diminuer le recours à l’orthodontie.

De plus, la tutut entraîne ce que nous appelons une « langue basse », c’est-à-dire que la langue reste toujours en bas dans la bouche. De ce fait, le palais haut ne se développe pas normalement. La langue, quand tout va bien, a pour effet d’écarter les dents et le palais haut. Si la langue reste toujours en bas, le palais haut reste étroit. Par conséquent, un traitement orthodontique est nécessaire afin d’agrandir le palais et repositionner les dents. La tétine maintient donc une déglutition primaire. Enfin, lorsque l’enfant a une langue basse, il respire par la bouche. Cette langue basse entraîne des malpositions lors de l’articulation de certains sons (s/z en particulier).

La respiration nasale

La respiration nasale (par le nez) doit être une priorité chez l’enfant. Une bonne respiration nasale permet une bonne ventilation, moins de risques d’attraper des microbes puisque le nez filtre l’air et une bonne position de la langue. Dans la sphère ORL, tout est lié : le nez, la bouche, la gorge et les oreilles. Si l’enfant est enrhumé, il garde la bouche ouverte, sa langue reste en bas et c’est le cercle vicieux. À l’inverse, si l’on fait des lavages de nez fréquents, que le nez de l’enfant est dégagé, on peut lui rappeler de garder la bouche fermée et de respirer par le nez. Vous pouvez garder à l’esprit : quand on ne parle pas, la bouche reste fermée.

Pourquoi respirer par le nez ? Les poils du nez filtrent l’air, le nez réchauffe l’air en hiver (véridique) et, lorsque la bouche est fermée, la langue se met au bon endroit. Au repos, la pointe de la langue se place sur la papille palatine, petit relief derrière les dents.

La déglutition

Lorsqu’il grandit, l’enfant passe ensuite à une déglutition « adulte » : la pointe de la langue se pose sur la papille derrière les dents du haut et la langue monte pour projeter le liquide ou le bol alimentaire vers l’arrière. Si l’enfant garde une déglutition primaire, la langue reste en bas, se déplace vers l’avant et pousse sur les dents. Quand on sait qu’un humain déglutit environ 2 à 3 000 fois toutes les 24 h, on comprend pourquoi les dents suivent le mouvement. Cela entraîne des malpositions dentaires. Par conséquent, il faut alors entreprendre une rééducation orthophonique pour apprendre à l’enfant à bien « déglutir/avaler » et porter un appareil orthodontique. Les deux sont indissociables, poser un appareil si on ne rééduque pas la déglutition ne servirait à rien. Une fois l’appareil enlevé, la langue pousserait à nouveau les dents vers l’avant.

Le pouce

Comme pour la tutut, le pouce a des conséquences sur la position de la langue, l’articulation et les dents. Il a même un impact plus important sur les dents que la tutut qui « limite » la pression sur les dents.

Ne pas faire répéter l'enfant trop tôt

Avant l’âge de 4 à 5 ans, il est conseillé aux parents de ne pas faire répéter leur enfant, car cela peut déclencher un bégaiement, surtout si l’enfant présente un retard de langage important. L’enfant se met à réfléchir à la façon de parler, la parole perd son caractère spontané et les blocages apparaissent.

Si votre enfant est en âge de répéter, mettez-vous à sa hauteur, montrez lui votre bouche, la langue qui monte, faites-lui ressentir les vibrations des cordes vocales en mettant sa main sur votre gorge et en faisant ressentir les vibrations sur sa propre gorge. L’enfant a besoin de voir notre bouche pour apprendre à articuler, cela s’appelle l’apprentissage par mimétisme ou imitation. C’est de cette manière que les enfants apprennent à parler.

Au lieu de faire répéter l’enfant, il est conseillé aux parents la reformulation ou le feedback correctif. Il suffit de répéter correctement ce que votre enfant v…

Ressources et soutien pour les parents au Québec

Le guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans - Édition 2025 est une ressource incontournable pour les parents, offrant des informations scientifiquement validées sur la grossesse, l’accouchement et les deux premières années de vie de l’enfant. Le guide est offert gratuitement aux parents québécois lors du suivi de grossesse. Pour ceux qui préfèrent la version numérique, il est disponible en téléchargement sur le site de l’INSPQ .

De plus, des services de consultation téléphonique sont disponibles pour les parents québécois, offrant un soutien en matière d'éducation et de relations parent-enfant. Contactez-nous les lundi et mardi jusqu'à 21h pour tout ce qui concerne l'éducation et les relations parent-enfant. Notre service est offert depuis plus de 40 ans pour les familles de tout le Québec.

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