L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est une procédure médicale visant à mettre fin à une grossesse. Cette pratique, bien que légale dans de nombreux pays, soulève des questions éthiques et morales complexes. Cet article vise à examiner les méthodes d'avortement utilisées, ainsi que le contexte historique et les considérations de santé publique qui entourent cette pratique.

Cadre légal et réglementaire en France

En France, une femme enceinte, y compris une mineure, qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse peut demander une IVG. La pratique est réglementée et soumise à plusieurs étapes obligatoires, avant et après l'intervention. La femme enceinte est informée des différentes méthodes abortives et a le droit d'en choisir une librement, en fonction du terme de sa grossesse.

Il existe deux méthodes principales d'IVG :

  • IVG instrumentale (chirurgicale) : Pratiquée obligatoirement dans un établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie-obstétrique ou chirurgie). Sous certaines conditions, elle peut avoir lieu dans un centre de santé autorisé ayant établi une convention avec un établissement de santé autorisé.

  • IVG médicamenteuse : Pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé.

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Le choix de la technique d'avortement dépend du choix de la femme et du terme de sa grossesse. Ce choix peut être effectué avec l'aide du médecin ou de la sage-femme. Il n'y a pas de condition d'âge à respecter, et si une mineure souhaite garder le secret, l'IVG est pratiquée à sa seule demande.

Les méthodes d'avortement

IVG instrumentale (chirurgicale)

La technique instrumentale consiste en une aspiration de l'œuf, précédée d'une dilatation du col de l'utérus. L'ouverture du col utérin peut être facilitée par l'administration d'un médicament. L'intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la patiente et l'avis du professionnel de santé. L'hospitalisation dure généralement quelques heures, mais l'intervention elle-même dure une dizaine de minutes.

IVG médicamenteuse

La technique médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments : le premier servant à interrompre la grossesse (mifépristone) et le second à provoquer l'expulsion de l'œuf (misoprostol). Le premier médicament peut être pris en présence du médecin ou de la sage-femme, ou seule à domicile. La prise du second médicament a lieu entre 24 et 48 heures après la prise du premier, en consultation ou à domicile. Cette méthode ne nécessite ni anesthésie, ni intervention chirurgicale. Des médicaments antalgiques sont prescrits pour gérer la douleur.

Aspects financiers et prise en charge

Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie, sans avance de frais ni dépassement d’honoraires possible. Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital.

Le coût d'une IVG instrumentale est remboursé par l'Assurance maladie à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire, compris entre 579,06 € et 830,06 €, en fonction de l'établissement de santé, du type d'anesthésie et de la durée de l'hospitalisation. Le coût d'une IVG médicamenteuse en établissement de santé est remboursé à 100 % sur la base d'un tarif forfaitaire fixé à 353,64 €. Pour une IVG médicamenteuse en médecine de ville, les tarifs sont fixés par arrêté à chaque étape.

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Suivi post-IVG

Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG, pour permettre à la femme de parler de sa situation si elle en ressent le besoin. Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG instrumentale ou médicamenteuse, pour s'assurer qu'il n'existe pas de complication et que la grossesse a bien été interrompue. Lors de cette consultation, le médecin ou la sage-femme s'assure que la femme dispose d'un moyen contraceptif adapté à sa situation si nécessaire.

L'avortement à travers l'histoire

L’interruption volontaire de grossesse a une longue histoire, marquée par des périodes de tolérance et de répression. Dans l'Antiquité, les femmes se transmettaient des recettes plus ou moins périlleuses pour contrôler leur fécondité. Le regard porté sur l’avortement a varié selon les époques, mais l’essor du catholicisme a entraîné la criminalisation de cette pratique.

Antiquité

Dans l’Antiquité, l’avortement était parfois toléré, notamment en Grèce et à Rome, où le père avait le droit de vie et de mort sur ses enfants. Cependant, la femme n'avait pas le droit de disposer de son propre corps.

Moyen Âge

Au XIIe siècle, le droit canonique formalise le crime d’avortement, le considérant comme un homicide, car il met fin à une vie humaine voulue par Dieu. Cependant, au Moyen Âge, on supposait que l’âme n’était pas pleinement présente dans le fœtus dès la conception.

Renaissance

Le débat sur le statut du fœtus s'intensifie à la Renaissance. Une première bulle pontificale de Sixte Quint affirme que contraception et avortement doivent toujours être considérés comme des homicides, tandis qu'une bulle de Grégoire XIV nuance cette position, considérant que seul le fœtus de quarante jours est concerné.

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Époque moderne

En France, l’édit d’Henri II de 1556 punit le « recel de grossesse » et la « suppression de part », criminalisant l’avortement dans un contexte de sécularisation du droit de la famille et de Réforme catholique. Les femmes non mariées et veuves doivent déclarer leurs grossesses sous peine de bannissement ou de mort. Les procès concernent principalement des infanticides.

Au XVIIe siècle, deux grands scandales, l'affaire Marguerite de Guerchy et l'affaire des poisons, contribuent à faire de l’avortement clandestin un thème de société. Avec le Code civil de 1804, l’avortement est défini comme un crime, puni de réclusion.

XIXe et XXe siècles

Au XIXe siècle, les moyens mécaniques pour interrompre une grossesse se développent, rendant l'avortement plus facile et plus massif. Après la Première Guerre mondiale, l’État cherche à relancer la natalité et criminalise davantage l’avortement. La loi du 31 juillet 1920 condamne à la fois l’avortée et celui ou celle qui provoque l’avortement.

La criminalisation de l’avortement culmine sous le régime de Vichy, avec la loi du 15 février 1942 érigeant l’avortement en crime contre l’État. Marie-Louise Giraud est guillotinée en 1943 pour avoir pratiqué des avortements.

La légalisation de l'avortement

Après la Seconde Guerre mondiale, l’avortement reste réprimé en France. Cependant, les femmes continuent à avorter dans la clandestinité au péril de leur vie. La loi Veil de 1975 dépénalise l'avortement en France, marquant une étape importante dans la reconnaissance des droits des femmes.

Les conséquences de l'IVG pour la santé des femmes

Les conséquences de l’IVG pour la santé des mères peuvent être de trois ordres : physiques, psychosomatiques et psychiques ou psychiatriques.

Conséquences physiques

Les risques infectieux, tels que les infections à chlamydiae et les endométrites post-abortum, sont les plus fréquents. Des études montrent que 1 à 5 % des femmes sont concernées. Il existe également un risque de mortalité maternelle, bien que les statistiques montrent que les pays ayant le plus faible taux de mortalité maternelle sont ceux qui limitent le plus l’avortement.

Conséquences psychosomatiques

De nombreuses femmes témoignent de troubles psychosomatiques à long terme après un avortement, tels que des migraines, des troubles fonctionnels abdominaux, des douleurs abdominales, des troubles du sommeil et des troubles de la sexualité.

Conséquences psychiques et psychiatriques

L’avortement peut entraîner un deuil difficile, rendu plus complexe lorsque la réalité de la perte est niée. Les femmes ayant avorté présentent un risque plus élevé d’être hospitalisées en psychiatrie, de souffrir de dépression et de se suicider. Elles peuvent également éprouver des sentiments de honte, de remords, de culpabilité et des idées noires.

Contraception d'urgence

La contraception d’urgence est un moyen de prévenir une grossesse après un rapport sexuel non protégé. Elle est réalisée le plus tôt possible après le rapport sexuel, habituellement dans les 72 heures qui suivent. Son but est d’éviter une éventuelle fécondation, voire d’empêcher l’implantation d’un ovule fécondé. Les méthodes de contraception d’urgence employées de nos jours sont efficaces jusqu’à 72 heures après un rapport sexuel non protégé.

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