La Russie, avec sa capitale Moscou, est un vaste pays de 17 millions de km² peuplé de 140 millions d'habitants en 2013, dont 80% sont russophiles, s'étendant de la Baltique à la mer du Japon. L'Ukraine, souvent désignée comme la « petite Russie » et ayant Kiev pour capitale, s'étend sur 600 000 km² et abrite 45 millions d'habitants, dont un cinquième sont russophones, principalement à l'est du Dniepr. La Biélorussie, ou « Russie blanche », avec Minsk comme capitale, couvre 200 000 km² et compte 9 millions d'habitants.
Ces trois pays, liés par une histoire commune, ont connu des défis sanitaires et une espérance de vie plus courte que les nations occidentales. Cependant, la fécondité a connu une reprise en Russie et en Biélorussie après avoir atteint un niveau historiquement bas à la fin du XXe siècle.
Peuples Anciens et Migrations
L'histoire de ces régions remonte à l'Antiquité, avec des traces des Scythes et des Sarmates dès le VIIe siècle avant J.-C. Les Scythes, chassés par des nomades mystérieux, s'installèrent entre la mer Caspienne et la mer Noire, en contact avec les colonies grecques de Tauride (Crimée actuelle) et de Colchide (Géorgie actuelle). Simultanément, des populations nomades finno-ougriennes s'installèrent dans les forêts du nord.
À partir du IIe siècle de notre ère, les Goths, nomades germaniques, arrivèrent, suivis par les Huns, nomades turco-mongols, au IVe siècle. Les Goths migrèrent vers l'Occident romain, tandis que les Huns, sous Attila, firent une incursion en Occident.
La Rus' de Kiev : Fondation et Apogée
L'Ukraine est considérée par les Russes comme le berceau de leur civilisation, avec Kiev comme la « mère de toutes les villes ». Le premier État slave, la Rus' de Kiev, se forma autour de Kiev à la fin du IXe siècle sous l'autorité d'Oleg le Sage, s'étendant de part et d'autre du Dniepr. La christianisation sous Vladimir le Grand (980-1015) marqua le début de son développement, mettant fin aux particularismes territoriaux.
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Sous Iaroslav Ier le Sage, la Rus' de Kiev atteignit son apogée. Le nom « Ukraine » apparut pour la première fois en 1187 pour désigner les territoires frontaliers méridionaux. Cependant, les querelles intestines et les invasions mongoles au XIIIe siècle entraînèrent la dislocation de l'État en principautés indépendantes, notamment Kiev, Volhynie et Galicie, marquant une divergence entre les peuples ukrainiens et russes.
En 1199, Roman, prince de Volhynie, fonda un nouvel État intégrant la Galicie et Kiev, connaissant une période prospère sous le règne de Daniel Ier de Galicie. Parallèlement, les Turco-Mongols, menés par les descendants de Gengis Khan, conquirent les steppes proches de la mer Noire, imposant leur domination à la population ukrainienne.
Malgré cette soumission, les historiens locaux considèrent la période du IXe au XIVe siècle comme le fondement de la culture ukrainienne, soutenant les revendications de différenciation ethnique, politique et culturelle de l'Ukraine. L'historiographie soviétique et russe a toujours défendu la théorie de « l'unité des trois Russies », affirmant que les peuples russe, ukrainien et biélorusse sont issus de la Rous' de Kiev.
L'Ukraine Entre Conflits et Domination (XIVe-XVIIe Siècles)
Du début du XIVe siècle au XVIIe siècle, l'Ukraine fut menacée par ses voisins. L'Ukraine occidentale fut conquise par la Pologne, et ses élites furent « polonisées », tandis que les territoires orientaux furent annexés par le grand-duché de Lituanie. La Horde de Crimée, vassale de l'Empire ottoman, devint une menace dans le sud de l'Ukraine.
La Lituanie, affaiblie, conclut un traité avec la Pologne en 1569, rattachant les possessions ukrainiennes au royaume polonais. La politique de conversion au catholicisme entraîna la création de groupes de résistance, les confréries, soutenues par le patriarcat de Constantinople. La confrérie de l'Épiphanie de Kiev fut fondée en 1615.
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De nombreux Ukrainiens fuirent la domination polonaise et s'installèrent dans les steppes inhabitées, formant des unités militaires appelées « cosaques », considérés comme les défenseurs de la foi orthodoxe et du peuple ukrainien. Ils fondèrent des villes comme Kharkov vers 1655. La cosaquerie devint une armée régulière, célèbre pour ses campagnes contre les Tatars et les Turcs.
En 1648, le peuple ukrainien et les cosaques se soulevèrent sous la direction de l'hetman Bogdan Khmelnitsk, débutant une guerre de dix ans. À sa mort, les cosaques dirigèrent un État, mais restèrent soumis à de puissants voisins.
L'Assujettissement à la Russie (XVIIIe Siècle)
L'influence croissante de Moscou entraîna une russification progressive et la subordination de l'Église ukrainienne au patriarcat moscovite. L'assujettissement de l'Ukraine orientale à la Russie se poursuivit au XVIIIe siècle sous Pierre Ier et Catherine II. La tsarine annexa le khanat de Crimée en 1774 et 1783, plaçant tout le littoral nord de la mer Noire sous contrôle russe, ainsi que 80 % des territoires ukrainiens.
La chute du royaume polonais entraîna le partage de l'Ukraine entre l'Empire russe (qui la nomma « Petite-Russie ») et l'Empire autrichien (qui prit le contrôle de la Galicie, de la Bucovine et d'une partie des Carpates). Les révolutions européennes de 1848 et la défaite de la Russie lors de la guerre de Crimée favorisèrent la renaissance du nationalisme ukrainien.
Le XXe Siècle : Indépendance, Soviétisation et Tragédies
Pendant la Première Guerre mondiale, les populations ukrainiennes furent suspectées de sympathies pour l'ennemi. La révolution de 1917 permit à l'Ukraine de proclamer son indépendance, mais les mauvaises relations avec les bolcheviks conduisirent à l'invasion du pays. La République socialiste soviétique d'Ukraine (membre de l'URSS en 1922) subit les effets de la collectivisation forcée.
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La famine provoquée par les politiques soviétiques, connue sous le nom d'Holodomor (« extermination par la faim »), entraîna la mort de millions de personnes. Les Ukrainiens la considèrent comme un génocide. Dans les années 1930, les nationalistes ukrainiens collaborèrent avec les nazis.
En juin 1941, les troupes allemandes attaquèrent l'URSS, conquérant l'Ukraine et la Crimée. Des milliers de volontaires formèrent la 14e division SS ou s'engagèrent dans une milice pronazie. Le bilan de la guerre fut lourd, avec 4,5 millions de morts et 10 millions de sans-abris. L'Ukraine fut réunifiée… mais derrière le Rideau de fer.
En 1954, Khrouchtchev céda la Crimée à l'Ukraine pour commémorer le traité de Pereïaslav (1654) et « ukrainiser » la péninsule. À la dissolution de l'URSS en 1991, la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie créèrent la Communauté des États indépendants (CEI). La Crimée fit l'objet d'accords, et un bail autorisa la présence de la flotte russe à Sébastopol jusqu'en 2042.
La Rus' de Kiev au Coeur des Débats Contemporains
L'histoire de la Rus' de Kiev suscite un débat historiographique entre Ukrainiens et Russes, chacun revendiquant cet empire comme le berceau de sa civilisation. Pour la Russie, cette filiation permet de nier l'identité nationale ukrainienne, réactualisant l'idéologie de la nation trinitaire russe.
Vladimir Poutine a réaffirmé cette vision dans un essai de 2021, omettant le fait que l'Ukraine a longtemps été séparée de la Russie. Depuis le début de la guerre en Ukraine, Poutine a reconstruit l'histoire en fonction de ses intérêts.
L'État ukrainien a connu des frontières fluctuantes, partagé entre diverses influences et empires, tels que la Moscovie, la Pologne, la Lituanie et l'Empire d'Autriche. Au cours des XVIe-XVIIe siècles, les Cosaques zaporogues menèrent des insurrections contre les Polonais, et un collège fut créé pour promouvoir la culture ukrainienne.
Après les partages de la Pologne, l'Ukraine fut divisée entre la Russie et l'Autriche, chacune suivant des logiques distinctes en matière de minorités nationales. La partie autrichienne connut une libéralisation culturelle, tandis que la partie russe fut soumise à la « russification ».
La révolution de 1905 permit un renouveau du mouvement national ukrainien, qui tenta de négocier son indépendance après la révolution russe de 1917. La République populaire ukrainienne fut proclamée en novembre 1917, mais elle dura jusqu'en 1922.
Durant la période soviétique, l'Ukraine alterna entre phases de libéralisation et de « russification ». La famine de 1932-1933 entraîna la mort de millions de personnes et fut suivie de persécutions contre les élites intellectuelles. La Seconde Guerre mondiale fit du sol ukrainien un territoire martyr, avec des massacres et des exactions à grande échelle.
Après la guerre, Staline poursuivit une politique hostile aux Ukrainiens, mais son successeur Nikita Khrouchtchev entama une politique d'apaisement. L'indépendance formelle fut octroyée en 1991 et ratifiée par un référendum populaire.
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