L'allaitement maternel est une expérience unique et enrichissante, mais il soulève également des questions importantes, notamment en ce qui concerne la fertilité et la possibilité d'une nouvelle grossesse. Bien que l'allaitement puisse entraîner une aménorrhée de lactation, il ne constitue pas une méthode de contraception infaillible. Il est donc essentiel de connaître les signes et les précautions à prendre si vous suspectez une grossesse pendant que vous allaitez.

Allaitement et aménorrhée de lactation : ce qu'il faut savoir

L'allaitement maternel a un impact sur le cycle menstruel de la femme. La succion du bébé stimule la production de prolactine, une hormone qui favorise la lactation mais qui inhibe également l'ovulation. Cela peut entraîner une aménorrhée de lactation, c'est-à-dire une absence de règles. Cependant, cette aménorrhée n'est pas permanente et sa durée varie d'une femme à l'autre. Elle dépend fortement du rythme des tétées de votre enfant.

Il est important de noter que l'aménorrhée de lactation n'est pas une méthode de contraception fiable à 100 %. Dès que bébé commence à espacer les tétées, notamment la nuit, ou lorsqu'il entame la diversification alimentaire, la production de prolactine diminue et la fertilité peut revenir, même sans retour de règles visible. Certaines femmes ovulent avant leur première menstruation post-partum.

Les changements hormonaux et leurs manifestations

Dès le début de la grossesse, le corps de la femme subit des fluctuations hormonales importantes. Ces variations sont essentielles pour favoriser l'implantation de l'embryon, soutenir la croissance du fœtus, préparer le corps à l'accouchement, déclencher le travail et faciliter l'allaitement. L'hormone chorionique gonadotrope humaine (HCG), communément appelée hormone de grossesse, est produite dès la fécondation.

Même si le premier mois de grossesse est souvent asymptomatique, certaines femmes peuvent ressentir des manifestations physiques très tôt et avoir l'intuition d'être enceintes avant même de faire un test de grossesse. En plus du retard de règles, certains signaux peuvent mettre sur la piste. Ces symptômes vont s'accentuer au cours des semaines et durer en général les 3 premiers mois de gestation.

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Les premiers signes de grossesse

  • Nausées matinales : Symptôme courant mais désagréable, parfois accompagnées de vomissements. Elles surviennent généralement environ un mois après la conception.
  • Fatigue intense : Dès l'implantation de l'embryon dans l'utérus, le corps produit une quantité importante de progestérone, entraînant une forte envie de dormir et une fatigue intense.
  • Sensibilité et gonflement des seins : Les seins évoluent pour se préparer à l'allaitement.
  • Petits saignements (ou spotting) : Saignements vaginaux légers, généralement entre la 5e et la 8e semaine de grossesse.
  • Besoin fréquent d'uriner : Symptôme normal et courant de la grossesse.
  • Sensibilité accrue aux odeurs : Environ deux tiers des femmes enceintes sont concernées par ce phénomène.
  • Douleurs pelviennes : Sensations de tiraillements dans le bas-ventre, similaires à des douleurs de règles.
  • Constipation : L'augmentation du taux de progestérone ralentit le transit intestinal.
  • Brûlures d'estomac : Dues aux changements hormonaux, elles peuvent s'aggraver au fur et à mesure que la grossesse avance.
  • Maux de tête : Causés par divers facteurs, notamment l'augmentation de la sécrétion d'hormones.

Allaitement et grossesse : compatibilité et précautions

Si la grossesse se déroule normalement, le fait d'allaiter l'aîné(e) ne présente pas de risques pour le futur bébé, ni pour l'enfant allaité, ni pour la mère. Les recommandations des autorités sanitaires sont claires à ce sujet. Cependant, il est important de prendre certaines précautions et d'être attentif aux changements qui peuvent survenir.

Effets de l'allaitement pendant la grossesse

  • Baisse de la lactation : La production de lait peut diminuer au fur et à mesure que la grossesse avance.
  • Changement du goût du lait : Le lait mature peut changer de composition pour redevenir du colostrum, ce qui peut modifier son goût et entraîner un sevrage naturel de l'enfant allaité.
  • Sensibilité accrue des mamelons : Les hormones de grossesse peuvent rendre les mamelons plus sensibles et douloureux lors de l'allaitement.
  • Contractions utérines : L'allaitement peut provoquer de légères contractions utérines, mais elles ne sont généralement pas suffisantes pour déclencher le travail.

Précautions à prendre

  • Hydratation et alimentation : Assurez-vous de bien vous hydrater et de bien vous nourrir pour soutenir la croissance de votre bébé et maintenir votre production de lait. L'ajout de calories supplémentaires et de suppléments vitaminiques peut être utile.
  • Repos : La grossesse et l'allaitement peuvent entraîner de la fatigue. Essayez de dormir autant que possible et de vous reposer lorsque vous le pouvez.
  • Positions d'allaitement : Évitez les positions d'allaitement qui peuvent mettre une pression sur votre abdomen.
  • Soutien : Entourez-vous de personnes bienveillantes et compréhensives pour vous soutenir pendant cette période. N'hésitez pas à demander de l'aide à votre entourage pour les tâches ménagères ou la garde de votre enfant.

Allaitement en tandem

Il est tout à fait possible d'allaiter deux enfants d'âges différents en même temps. Cette pratique s'appelle l'allaitement en tandem. C'est une solution pratique si vous avez deux enfants d'âges différents et que votre premier enfant ne veut pas arrêter de téter ou a encore besoin de la nutrition fournie par le lait maternel.

Allaiter sans avoir été enceinte : la lactation induite

Il est également possible d'allaiter sans avoir été enceinte. On parle alors de lactation induite. Ce processus est complexe mais possible, à condition d'être motivée et patiente. Il nécessite une préparation minutieuse et un suivi médical.

Comment induire la lactation ?

  • Stimulation des seins : L'utilisation d'un tire-lait permet de stimuler le développement de la glande mammaire et la production de lait.
  • Protocole médicamenteux : Un protocole médicamenteux, mis en place par le Dr Jack Newman, consiste à mimer ce qui se produit durant et après la grossesse. Il comprend la prise d'une contraception orale et d'un médicament appelé dompéridone (Motilium®), qui a pour effet secondaire d'augmenter les niveaux de prolactine et de favoriser la production de lait maternel.
  • Dispositif d'aide à la lactation (DAL) : Ce procédé permet de donner le sein, ainsi qu'un supplément de lait maternel ou artificiel, grâce à une fine paille scotchée au niveau du mamelon.

Contraception pendant l'allaitement

Si vous ne souhaitez pas tomber enceinte pendant que vous allaitez, il est important d'utiliser une méthode de contraception adaptée. L'allaitement n'est pas une méthode de contraception sûre à 100 %.

Méthodes de contraception compatibles avec l'allaitement

  • Contraception progestative : Pilule, implant sous-cutané, injection intramusculaire. Les progestatifs peuvent être utilisés à partir de 21 jours après l'accouchement, en l'absence de contre-indications.
  • Diaphragme, cape cervicale, ou spermicides : Utilisables 6 semaines (42 jours) après l'accouchement. Il convient de vérifier au préalable la compatibilité des gels spermicides avec l'allaitement.

Méthodes de contraception à éviter

  • Contraception oestroprogestative : Pilule, anneau vaginal, patch transdermique. Les oestroprogestatifs ne sont pas recommandés chez les femmes qui allaitent dans les 6 mois suivant l'accouchement.

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