La maladie d'Alzheimer, une pathologie neurodégénérative progressive, affecte des millions de personnes à travers le monde. Caractérisée par une lente dégénérescence des neurones, elle entraîne une perte graduelle des facultés cognitives et de l'autonomie. Si la maladie d'Alzheimer est souvent associée à la perte de mémoire, elle engendre également des troubles du langage, du raisonnement, de l'orientation et d'autres fonctions essentielles.
Les Marques Biologiques de la Maladie d'Alzheimer
Les recherches ont mis en évidence deux anomalies protéiques majeures associées à la maladie d'Alzheimer : les plaques amyloïdes et la dégénérescence neurofibrillaire.
Les Plaques Amyloïdes
La bêta-amyloïde (ß-amyloïde) est une protéine naturellement présente dans le cerveau. Dans la maladie d'Alzheimer, ces protéines s'agrègent pour former des plaques dans l'environnement immédiat des neurones. Ces agrégats perturbent le fonctionnement des cellules nerveuses et entraînent d'autres anomalies biologiques locales, comme le stress oxydatif et l'inflammation. Des facteurs de risques comme l'âge, les gènes, l'environnement, l'hygiène de vie causeraient ces agrégats à s'amasser en plus grande quantité.
La Dégénérescence Neurofibrillaire et la Protéine Tau
Les microtubules, des éléments du squelette cellulaire, assurent le transport de l'information le long des axones des neurones. La protéine Tau stabilise ces microtubules. Dans la maladie d'Alzheimer, une modification chimique (phosphorylation) altère la protéine Tau, l'empêchant d'adopter sa conformation normale et d'assurer ses fonctions. Cette protéine Tau anormale conduit les protéines Tau normales adjacentes à adopter la même conformation anormale, créant un effet domino. Petit à petit, les microtubules sont déstabilisés et se désagrègent, provoquant la mort des cellules nerveuses.
Une étude américaine de 2016 révèle cependant que l’accumulation de la protéine Tau anormale dans le cerveau est inéluctablement associée à l’apparition des premiers symptômes. Ce serait donc la protéine la plus mise en cause.
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Facteurs de Risque et Prédispositions Génétiques
Bien que l'âge soit le principal facteur de risque, la maladie d'Alzheimer est d'origine multifactorielle, liée à une combinaison de facteurs de risque génétiques, comportementaux et environnementaux.
Facteurs Génétiques
Dans 1 à 2 % des cas, la maladie d'Alzheimer est héréditaire et se déclare précocement, avant 65 ans. Ces formes rares sont liées à des anomalies génétiques touchant le gène de l'APP (Amyloid Protein Precursor) ou ceux des protéines préséniline 1 ou préséniline 2, qui interviennent dans le métabolisme de l'APP. Hériter d'une mutation affectant l'un de ces trois gènes entraîne systématiquement l'apparition de la maladie (transmission autosomique dominante).
Il existe également des susceptibilités génétiques individuelles qui augmentent le risque de développer la maladie d'Alzheimer. Des études ont mis en évidence différents types de gènes associés à un risque de survenue de la maladie, notamment le gène de l'apolipoprotéine E (APOE). Être porteur de la variante epsilon 4 (APOE Ɛ4) multiplie le risque de développer la maladie.
Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à cause d’un facteur génétique représentent moins de 1% des patients. Mais la rareté de cette situation ne la rend pas moins réelle. Les patients atteints d’une forme héréditaire d’Alzheimer ont dans la quasi totalité des cas une mutation de l’un de ces trois gènes : mutation du chromosome 21 (25% des cas), du chromosome 14 (70%), du chromosome 1 (2,5%). Les formes de la maladie d’Alzheimer causée par une mutation de l’un de ces chromosomes se développent bien plus tôt. L’Apoe, Apolipoprotéine E, est un groupe de protéines qui sont à l’origine des lipoprotéines. Ces dernières participent au transport des lipides vers les cellules cérébrales. Il existe 3 types d’ApoE, et c’est l’APOE 4 qui va nous intéresser. Seul 14% de la population possèdent cette allèle de la protéine APOE. C’est la forme la plus fréquente, elle concerne 99% des cas de la maladie d’Alzheimer.
Facteurs Liés au Mode De Vie
Certaines habitudes alimentaires peuvent affecter directement nos mécanismes biologiques, comme le stress oxydatif et l'inflammation, qui peuvent être à la base de la maladie d'Alzheimer. Une alimentation qui augmente les risques de diabètes et de problèmes cardiaques, ou autres conditions de santé, pourrait indirectement favoriser l'apparition d'Alzheimer.
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Il est conseillé d'éviter les aliments raffinés, les aliments transformés, les glucides complexes et le sucre. Parmis les aliments pouvant favoriser la perte de mémoire, nous pouvons retrouver le pain blanc, les pâtes, la viande et le fromage transformé. Les pâtes, le sucre blanc, les gâteaux, le riz blanc et le pain blanc, quant à eux, créent un pic d’insuline qui envoie lui aussi des toxines au cerveau. Le diacétyle est présent dans les pop-corn micro-ondables, la bière, les beurres et margarines industrielles. Une carence en vitamine a déjà, sans parler d’Alzheimer, des effets remarquablement mauvais sur la santé. Et ce encore plus chez la personne âgée. Les carences en B12 et B9 se caractérisent par une fatigue inhabituelle, des symptômes de dépression, une perte de mémoire, des picotements, des difficultés à marcher.
Autres Facteurs de Risque
Les experts reconnaissent aujourd'hui l'existence de plusieurs facteurs de risque de développer la maladie d'Alzheimer, notamment un faible niveau d'instruction, la sédentarité, le tabagisme, la consommation excessive d'alcool, l'hypertension, l'hypercholestérolémie, l'obésité, le diabète, la perte d'audition ou de vision, la dépression, le manque de contacts sociaux, la pollution de l'air et les traumatismes crâniens.
À l'inverse, une activité professionnelle stimulante et une vie sociale active semblent retarder l'apparition des premiers symptômes et leur sévérité.
Diagnostic et Prise en Charge de la Maladie d'Alzheimer
Le diagnostic de la maladie d'Alzheimer repose sur une évaluation clinique, des tests des fonctions cognitives et l'imagerie cérébrale. Des analyses biologiques menées à partir de liquide cérébrospinal (LCS) peuvent également être réalisées pour identifier les marqueurs biologiques de la maladie.
Dépistage
Le trouble de la mémoire est le plus constant et le plus précoce des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Les symptômes de déficit mnésique apparaissent en général dès le début de la maladie et peuvent être identifiés par l’entourage du patient, même si une confusion avec d’autres troubles est toujours possible. Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est porté par le clinicien avec une forte probabilité à partir de tests standardisés permettant de caractériser les déficits mnésiques chez le patient, et il est renforcé par l’imagerie cérébrale et l’évolution du patient au fil des consultations. Le diagnostic de certitude repose sur l’analyse histologique des lésions cérébrales après le décès du patient : les plaques séniles et les dégénérescences neurofibrillaires. Les premières sont formées par l’accumulation extracellulaire de peptide bêta-amyloïde Aß, qui est issu de la protéine APP (protéine précurseur de l’amyloïde). Les dégénérescences neurofibrillaires, quant à elles, sont des accumulations intracellulaires de protéine tau. Elles ont la forme de filaments entourés en hélice, logés dans les corps cellulaires et les prolongements des neurones. Des ponctions lombaires sont de plus en plus fréquemment réalisées afin de doser dans le liquide céphalorachidien (dans lequel baigne le cerveau) la quantité de ces marqueurs biologiques (i.e.
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Prise en Charge
Bien qu'il n'existe pas de traitement curatif contre la maladie d'Alzheimer, une prise en charge adaptée peut ralentir sa progression et améliorer la qualité de vie du patient et de son entourage. Cette prise en charge combine hygiène de vie, activités, traitement médicamenteux et dispositions médico-sociales. Il est essentiel que le patient atteint de maladie d'Alzheimer continue ses activités habituelles et maintienne autant que possible une vie sociale.
Perspectives Thérapeutiques et Recherches Actuelles
La recherche de traitements efficaces contre la maladie d'Alzheimer est un domaine en constante évolution. De nouvelles pistes thérapeutiques sont explorées, ciblant notamment la protéine Tau.
Cibler la Protéine Tau
Plusieurs molécules sont en développement contre la protéine Tau. Située à l’intérieur même des neurones, cette protéine s’avère par définition plus difficile d’accès aux principes actifs dont on essaye de la bombarder, et il y a déjà eu, sur ce front, des échecs. Mais les chercheurs persistent dans cette voie car sa présence en quantités anormales paraît davantage corrélée aux symptômes des malades - plus en tout cas que la protéine amyloïde ciblée notamment par le Leqembi. "Contre Tau, des essais de phase 2 ont récemment montré des signaux d’efficacité, mais il faut encore qu’ils soient confirmés par des études à plus large échelle", souligne le Dr Thibaud Lebouvier, neurologue au CHU de Lille et expert pour la Fondation pour la Recherche médicale.
Nouvelles Approches
Devant l’impasse de ces faibles résultats, certaines recherches prennent d’autres directions. Il apparaît en effet certain maintenant que les premiers symptômes d’Alzheimer résultent d’une longue évolution silencieuse préalable ; un « continuum » qui se manifeste, aux premiers stades, par une déficience cognitive légère, mais pas suffisamment prononcée ou flagrante pour affecter de manière significatives les activités quotidiennes. Toute la difficulté réside dans cette détection précoce, sachant que les chances de ralentir l’évolution de la maladie sont maximales quand on intervient aux stades les plus précoces .
Une équipe de recherche de l’Inserm a décidé d’investiguer plus en amont, le stress dit « oxydatif » qui, lorsqu’il n’est plus correctement jugulé par l’organisme, conduit au vieillissement accéléré.
L'espoir de la prévention
Faute à ce jour de traitements réellement efficaces, beaucoup misent pour le moment avant tout sur la prévention. Plusieurs études très récentes ont montré que la vaccination contre le zona pouvait réduire le risque de contracter la maladie de 20 % à 30 %.
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