Le papillomavirus humain (HPV) est une infection virale sexuellement transmissible (IST) très courante. Bien que souvent associé aux femmes, le HPV affecte également les hommes. Cet article explore comment les garçons contractent le HPV, les symptômes, les risques associés et, surtout, les mesures de prévention disponibles.

Qu'est-ce que le Papillomavirus Humain (HPV)?

Les papillomavirus humains (HPV) constituent une famille de virus très répandus, avec environ 120 types différents capables d’infecter les hommes et les femmes. Près de 200 types de papillomavirus existent, dont environ 40 peuvent infecter les organes génitaux. Parmi ces types, certains (14 à 18, dont 7 principaux) sont dits "oncogènes", c’est-à-dire qu’ils peuvent être à l’origine de cancers.

Comment les Garçons Contractent-ils le HPV?

Le HPV est hautement contagieux et se transmet principalement par contact direct avec la peau ou les muqueuses infectées, le plus souvent lors de rapports sexuels, y compris le sexe vaginal, anal et oral. Il peut également se propager par un simple contact peau à peau avec une personne infectée. Même les personnes ne présentant aucun symptôme peuvent transmettre le virus. Près de 80 % des personnes seront infectées par le virus HPV au cours de leur vie. La plupart des infections ont lieu lors des premiers rapports sexuels.

Chacun peut être exposé à une infection à HPV, quelle que soit son orientation sexuelle: hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle ou transgenre (LGBT).

Symptômes du HPV chez l'Homme

Dans de nombreux cas, les hommes infectés par le HPV ne présentent aucun symptôme visible. Cependant, certains peuvent développer des verrues génitales (ou condylomes) qui apparaissent sous forme de petites excroissances sur le pénis, le scrotum, l'anus ou l'aine. Ces verrues peuvent varier en taille et en forme et sont généralement indolores. Ces verrues génitales sont très contagieuses et surviennent le plus souvent chez les jeunes de moins de 30 ans. Elles peuvent mettre jusqu'à un an après l'infection initiale pour apparaître. Même si une régression spontanée est possible, elles ont plutôt tendance à grandir en taille et en nombre.

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Risques et Complications Possibles

Bien que la plupart des infections à HPV chez les hommes soient bénignes et disparaissent d'elles-mêmes, certaines peuvent entraîner des complications à long terme. Le HPV peut augmenter le risque de développer certains types de cancers, tels que le cancer de l'anus, du pénis et de l'oropharynx (bouche et gorge). Il est donc essentiel de prendre des mesures préventives pour réduire ces risques.

Certaines lésions dues à des HPV non oncogènes sont bénignes, comme les verrues banales. D'autres sont plus gênantes, bien que non cancéreuses, comme les verrues génitales ou condylomes, qui sont de petites tumeurs localisées sur la muqueuse génitale ou anale.

Un certain nombre de sujets des deux sexes vont garder une infection chronique avec les types "oncogènes". C'est dans ce cas que peuvent survenir, en particulier au niveau du col de l'utérus chez la femme, des lésions précancéreuses. Suivant le grade des lésions, 1 à 18 % de celles-ci pourront se transformer en cancer des années après (10-30 ans). Ces lésions et cancers atteignent principalement, outre le col de l’utérus, la bouche et la gorge, l’anus et le pénis.

Il est important de noter que les cancers de la gorge existent chez l’homme comme chez la femme et deviennent de plus en plus fréquents. Les condylomes ou verrues génitales ne sont pas à risque de cancer, mais ces verrues peuvent impacter la vie génitale, affective et sexuelle très longtemps.

Diagnostic et Dépistage

Le diagnostic du HPV chez les hommes est généralement basé sur l'examen visuel des verrues génitales. Dans certains cas, des examens complémentaires tels que des biopsies peuvent être effectués pour déterminer les types de HPV présents. Pour les lésions de l’anus ou de la gorge (présentes dans les deux sexes) comme pour celles du pénis, il n’existe cependant pas de dépistage systématique actuellement.

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Traitement du HPV chez l'Homme

Il n'existe pas de traitement spécifique pour éliminer complètement le HPV chez les hommes. Cependant, les verrues génitales peuvent être traitées pour prévenir leur propagation et améliorer l’aspect esthétique. Les options de traitement comprennent l'application de médicaments topiques, la cryothérapie (utilisation du froid pour détruire les verrues) et l'ablation chirurgicale. Les traitements peuvent être douloureux et doivent le plus souvent être répétés pour parvenir à enrayer définitivement la maladie.

Prévention du HPV chez les Garçons

La prévention est essentielle pour réduire le risque d'infection par le HPV chez les hommes. Voici quelques mesures préventives importantes:

  • Préservatifs: L'utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels peut réduire le risque de transmission, mais ils ne protègent que partiellement car ils ne couvrent pas l’intégralité des parties génitales.
  • Éviter les rapports sexuels non protégés: Évitez d'avoir des relations sexuelles non protégées avec une personne porteuse de condylomes.
  • Partage de jouets sexuels: Évitez le partage de jouets sexuels pour réduire le risque de transmission.
  • Vaccination: La vaccination est un moyen crucial de prévention du HPV chez les hommes. La vaccination est recommandée chez les jeunes garçons entre 11 et 14 ans, avant le début de leur vie sexuelle, pour garantir une protection maximale. Elle peut également être proposée en rattrapage jusqu'à l'âge de 19 ans, et même jusqu'à 26 ans pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), qui présentent des risques spécifiques (lésions précancéreuses et cancéreuses de l'anus, condylomes) et ne bénéficient pas de la protection indirecte apportée par la vaccination des filles.

Aujourd’hui, la vaccination contre les HPV prévient jusqu’à 90 % des infections HPV à l’origine de cancers. Faire vacciner son enfant contre les HPV, c’est le protéger contre les risques de développer plus tard des maladies, dont des cancers. C’est aussi protéger les autres.

La vaccination, prévention primaire, est recommandée entre 11 et 14 ans, pour les jeunes filles comme pour les jeunes garçons. Un rattrapage est possible jusqu’à 19 ans, et 26 ans pour les hommes homosexuels (HSH). Entre 11 et 14 ans révolus, la vaccination se fait en deux injections du vaccin à 9 types (Gardasil 9®), à 6 mois d’intervalle. Si, idéalement, cette vaccination se fera donc avant 15 ans et les premières relations sexuelles, elle reste cependant très efficace plus tard et même après le démarrage de la vie sexuelle.

Le dernier vaccin disponible couvre les 7 types oncogènes principaux et les deux responsables des verrues génitales. Il protège potentiellement contre 90% des cancers du col de l’utérus et une très grande partie des autres. Sa tolérance est excellente et prouvée par d’immenses études mondiales. Des pays comme l’Australie et les USA vaccinent depuis 2007 toutes leurs adolescentes et, depuis 2011-2013, leurs garçons. La tolérance est remarquable, les effets indésirables exceptionnels et bénins. Dans ces pays, la circulation des virus concernés a quasi disparu. Les verrues génitales, les lésions précancéreuses disparaissent elles aussi.

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Importance de la Vaccination

Il est important que la vaccination contre les HPV soit réalisée avant l'exposition à l'infection. Faire vacciner les enfants et les adolescents avant le début de leur vie sexuelle permet de garantir une protection maximale. La volonté d’étendre cette vaccination aux garçons est récente en France. L’objectif est de freiner la diffusion du HPV au sein de la population générale, pour mieux la prémunir, quels que soient l’âge et le sexe, et même de protéger indirectement celles et ceux qui n’ont pas pu être vaccinés. Cette vaccination a donc un intérêt individuel pour les deux sexes, mais aussi un intérêt collectif.

Bien que le vaccin ait été disponible dès 2007, fortement recommandé par la concertation citoyenne en 2016, par la Ligue contre le cancer en 2017, les Académies de Médecine et de Pharmacie et les sociétés médicales concernées, la France est en retard sur beaucoup de pays développés. Elle garde une couverture vaccinale faible (30%). Les virus HPV sont donc encore très présents sur notre territoire.

Que Faire en Cas d'Inquiétude?

Si un homme est inquiet, il demandera l’avis de son médecin traitant qui l’orientera éventuellement vers un urologue ou un dermatologue. Ceux-ci pourront procéder à l’examen du pénis et de l’anus afin de détecter des verrues génitales (condylomes), des lésions précancéreuses ou cancéreuses, puis les traiter.

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