Les déchirures périnéales sont une préoccupation fréquente chez de nombreuses femmes enceintes. Certaines les craignent énormément, tandis que d'autres les considèrent comme une conséquence inévitable de l'accouchement. Bien que les déchirures périnéales soient une expérience malheureusement fréquente pour de nombreuses femmes, il existe des moyens efficaces de réduire leur risque. En prenant soin de votre corps, en vous préparant physiquement et mentalement, et en adoptant les bonnes pratiques pendant l’accouchement, vous pouvez aborder cette étape avec plus de confiance. Cet article vise à fournir des informations complètes et des conseils pratiques pour minimiser le risque de déchirures périnéales pendant l'accouchement.
Comprendre les déchirures périnéales
Lors de l’accouchement, le périnée - qui s’étend entre le vagin et l’anus - est fortement sollicité et peut subir des tensions importantes. Les déchirures périnéales surviennent principalement lors de la poussée, lorsque la tête du bébé passe à travers le périnée. À ce moment, les tissus et les muscles du canal vaginal s’étirent pour laisser passer le bébé. La zone la plus vulnérable est le centre tendineux, où convergent les muscles du périnée. La déchirure est une blessure naturelle qui se produit lorsque les tissus du périnée se déchirent sous la pression du bébé qui passe.
Types de déchirures périnéales
Il existe différents types de déchirures, plus ou moins importantes :
- Premier degré : Concerne uniquement la peau et quelques fibres musculaires superficielles. Une déchirure de grade 1 est une déchirure relativement bénigne qui n’affecte que la peau et cicatrise souvent d’elle-même.
- Deuxième degré : C’est le type le plus courant. Une déchirure de grade 2 affecte, outre la peau, également le muscle du périnée et requiert la pause de sutures.
- Troisième degré : Ces classifications permettent de définir les lésions obstétricales du sphincter anal (LOSA), qui regroupent les déchirures graves de 3a à 4. C’est une blessure compliquée qui implique les muscles du périnée et le tissu qui entoure l'anus.
- Quatrième degré : Elle s'étend à travers le rectum.
Facteurs de risque
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de déchirure vaginale lors de l’accouchement :
- Élasticité des tissus : Les femmes ayant des tissus moins élastiques, comme les primipares (qui accouchent pour la première fois), sont plus exposées. La déchirure peut arriver lors du premier accouchement à cause de la rigidité accrue des tissus périnéaux.
- Poids du bébé : Le poids du bébé exerce également une pression accrue sur le périnée. Il faut donc faire attention à son poids pendant la grossesse. Un gros bébé.
- Antécédents de déchirure : Les femmes ayant déjà subi une déchirure lors d'un accouchement précédent sont plus à risque d'en subir une autre. Effectivement, si votre déchirure était importante ou profonde, il y a des risques qu’une nouvelle déchirure survienne mais cela dépend surtout de la qualité des points qui ont été réalisés et de la cicatrisation.
- Position du bébé : La position du bébé joue un rôle important pendant l’accouchement. Si son visage est dirigé vers le sacrum de la mère, le risque de déchirure augmente.
- Durée du travail et poussée : Lors de l’accouchement, un travail prolongé et des efforts de poussée intense fragilisent le périnée et augmentent le risque de déchirure. Une poussée forte, un bébé qui arrive "comme un boulet de canon" et qui ne laisse pas le temps au périnée de s'étirer progressivement.
- Accouchement prématuré: En cas d’accouchement prématuré, les tissus du périnée sont moins matures et plus fragiles chez les bébés prématurés, le risque de déchirure peut être aussi imminent.
- Péridurale : Une péridurale fortement dosée augmente les risques de devoir accoucher en position allongée et de sentir l’envie de pousser. Une péridurale trop fortement dosée empêchant de maîtriser sa poussée, entraînant des poussées trop fortes et mal dirigées peuvent venir endommager le périnée et le déchirer.
- Instruments d'extraction : L'utilisation de spatules ou forceps. L'utilisation de forceps ou de ventouses pour faciliter la sortie du bébé peut augmenter le risque, surtout si le bébé est mal positionné ou si la mère a un périnée rigide.
- Un périnée trop tonique, pas assez élastique
Stratégies de prévention des déchirures périnéales
Préparation pendant la grossesse
Alimentation équilibrée : Une alimentation riche en nutriments, particulièrement durant la grossesse, soutient l’élasticité des tissus, essentielle pour le périnée au moment de l’accouchement.
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Massage périnéal : Dès le début du 8ᵉ mois, le périnée peut être massé pour améliorer sa souplesse et mieux le préparer à l’accouchement. À partir du 7e mois de grossesse, vous pouvez, 3 fois par semaines minimum, tous les jours idéalement, masser votre périnée. En réalité, le périnée est constitué de l'ensemble de la zone entre les jambes. La partie que vous allez pouvoir masser est le vestibule, c'est-à-dire, la zone à l’entrée du vagin, ainsi que la zone entre le vagin et l’anus.
- Comment pratiquer le massage périnéal :
- Installez-vous confortablement dans un endroit calme, avec les genoux légèrement fléchis (vous pouvez les poser sur des coussins).
- Pour le massage, choisissez une crème adaptée, qui puisse s'appliquer sur les muqueuses génitales externes. Pour l'application, je vous recommande vous allonger sur le dos, ou de vous mettre en position debout mais avec un pied surélevé, sur la baignoire ou les toilettes par exemple.
- Introduisez votre pouce à l’intérieur du vagin en dirigeant votre main vers l’anus. Vous allez ainsi pouvoir masser la zone à l’entrée du vagin en faisant des mouvements de va-et-vient de 3h à 9h. Je vous invite aussi à masser la peau du vagin en mettant le pouce à l’intérieur, l’index à l’extérieur, et en réalisant des petits ronds entre vos doigts pour masser la peau.
- Vous pouvez également masser la zone entre le vagin et l’anus, en faisant des petits cercles.
- Témoignage : « J’ai pratiqué le massage du périnée sur conseil de ma sage-femme à partir de la 36e semaine. Pour la position, je mettais un pied sur le rebord de la baignoire. Au départ, je trouvais la sensation désagréable mais au fur et à mesure, j’ai eu l’impression que mon périnée s’était assoupli car la sensation est devenue moins désagréable. J’y allais tout doucement. Le jour de l’accouchement, je me souviens m’être dit « aaah ça tire sur le périnée », je pense que je n’en aurais pas eu conscience sinon ».
- Comment pratiquer le massage périnéal :
Exercices de Kegel : Vous pouvez vous entraîner à contracter votre périnée, comme si vous reteniez une envie de faire pipi (mais pratiquez-le la vessie vide). 5 secondes de contractions puis 5 secondes de relâchement. La pratique régulière d'exercices de Kegel, visant à tonifier les muscles du plancher pelvien, peut améliorer l'élasticité et la force des tissus périnéaux, les rendant moins susceptibles de se déchirer. En complément de ces exercices, mais seulement à partir du 8e mois de grossesse pour éviter la survenue de contractions, le massage du périnée est également fortement recommandé par de nombreuses sages-femmes, notamment lors des cours de préparation à l'accouchement.
Maintenir un poids corporel sain : Une prise de poids excessive pendant la grossesse peut exercer une pression supplémentaire sur le périnée.
Gérer le stress : Le stress peut affecter la tension musculaire et la capacité du corps à se détendre.
Pendant l'accouchement
Poussée réflexe : Au moment de l’accouchement, de nombreuses femmes ressentent une envie irrésistible et naturelle de pousser, appelée la “poussée réflexe”. Lorsque cette sensation instinctive survient, il est plus facile de protéger son périnée car la force de la poussée est induite par le corps lui-même.
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Compresses chaudes : La chaleur va permettre d’accroître le flux sanguin et de fluidifier les tissus afin de les rendre plus souples. Votre partenaire peut s’en charger mais vous pouvez aussi demander à l’équipe médicale cette option dans votre projet de naissance.
- Témoignage : « À un moment, j’ai senti une envie super forte de pousser. Je me souviens qu’une sage-femme me tapotait l’entre-jambe avec une compresse chaude et humide et que cela me soulageait énormément. J’avais l’impression de mieux maîtriser l’ouverture ».
Respiration et contrôle de la poussée : Lorsque le bébé arrive au couronnement et que sa tête est visible, il est fréquent de ressentir une sensation de brûlure intense. Pour que cela passe rapidement, on peut être tentée de pousser de toutes ses forces, ce qui peut être dommageable pour les tissus vaginaux. Au contraire, une respiration douce et régulière permet d’accompagner la pousser et d’offrir un étirement plus progressif.
Positions d’accouchement : Le choix de la position d’accouchement influence la pression exercée sur le périnée. La position gynécologique classique (allongée sur le dos, jambes relevées) accroît la tension sur le périnée, ce qui peut augmenter le risque de déchirure. Certaines positions, comme la position accroupie ou latérale, peuvent réduire la pression sur le périnée. Accoucher sur le côté : cette position, également appelée position latérale, permet une ouverture naturelle du bassin et peut réduire la pression exercée sur le périnée. Elle peut être particulièrement utile si vous avez des douleurs dorsales pendant le travail. Accoucher à quatre pattes : la position à quatre pattes, où la femme est à genoux et se penche en avant, peut favoriser l'ouverture du bassin et permettre au bébé de descendre plus facilement dans le canal pelvien. Cette position peut également réduire la tension sur le périnée.
- Témoignage : « J’étais allongée sur le dos en position gynéco classique pour mes deux premiers accouchements et j’ai eu des déchirures. Pour mon troisième accouchement, la sortie de bébé s’est faite quand j’étais en position « quatre pattes ». J’avais mis ma main pour sentir mon bébé avancer. A posteriori, la sage-femme m’a dit que je l’avais super bien « retenu ».
Communication avec l'équipe médicale : Discutez ouvertement avec votre sage-femme ou votre médecin de vos préoccupations est essentiel. Toutefois, la communication ouverte avec votre professionnel de santé pendant l'accouchement peut vous aider à discuter des options pour réduire le risque de déchirure, comme une épisiotomie contrôlée.
Alternatives à l'épisiotomie
L’épisiotomie est un geste chirurgical souvent redouté par les femmes enceintes. Concrètement, l'épisiotomie est une petite intervention chirurgicale qui consiste à inciser modérément le périnée, lorsque celui-ci résiste, pour qu'il se distende et facilite le passage du bébé. L’épisiotomie n’est plus du tout un geste fait de manière systématique, c’est un acte qu’on évite au maximum de faire désormais. Aujourd’hui, la seule réelle indication de ce geste est si l’on a besoin d’accélérer la sortie du bébé (notamment en cas de ralentissement du cœur du bébé). Concernant la différence entre épisiotomie et déchirure, il faut avoir en tête qu’une petite déchirure est souvent préférable à une épisiotomie, car la déchirure a lieu dans le sens des fibres musculaires.
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Soins post-partum après une déchirure périnéale
Après un accouchement, un examen minutieux du périnée permet d’identifier les éventuelles déchirures. Après un accouchement avec déchirure ou épisiotomie, le corps a besoin de temps pour se remettre. Ces lésions peuvent entraîner une gêne, une sensation de tiraillement ou des douleurs au niveau du périnée, en particulier lors de certains mouvements comme s’asseoir, marcher ou porter son bébé. Au-delà de l’aspect physique, il ne faut pas négliger le bien-être émotionnel. Certaines femmes peuvent ressentir une appréhension à l’idée de bouger, une baisse de moral ou une perte de confiance en leur corps. Heureusement, des solutions existent : repos adapté, soins locaux, positions confortables pour l’allaitement ou le sommeil, et, à moyen terme, rééducation périnéale avec une sage-femme pour retrouver pleinement mobilité et confort.
- Suture : Les déchirures de premier et de deuxième degrés sont généralement recousues en salle d’accouchement, sous péridurale ou anesthésie locale. Les déchirures du deuxième degré et plus sont généralement suturées avec des fils résorbables ou non résorbables. Pour les déchirures de troisième et de quatrième degrés, la prise en charge est généralement faite en salle d’opération car les lésions sont plus conséquentes. Il faut compter entre 2 à 3 semaines de cicatrisation pour ce type de suture.
- Soins locaux : Prenez soin de la zone périnéale : une hygiène douce est essentielle. Après une déchirure ou une épisiotomie, le périnée a besoin d’attention et de douceur pour bien cicatriser. Misez sur une hygiène douce : nettoyez la zone périnéale avec de l’eau tiède et un savon sans parfum, puis séchez délicatement sans frotter.
- Gel cicatrisant : Pour favoriser une cicatrisation rapide et confortable après l’accouchement, nous recommandons l’application du Gel cicatrisant Melicare, formulé avec un complexe breveté de trois miels. Il accélère la régénération des tissus, protège la plaie et limite la prolifération bactérienne. Appliquez une fine couche sur la zone concernée, directement avec le doigt ou à l’aide d’une compresse, puis recouvrez d’une serviette hygiénique. Melicare gel cicatrisant est un dispositif médical destiné au traitement des crevasses d’allaitement, césariennes, épisiotomies et déchirures périnéales fabriqué et mis sur le marché par la société MELIPHARM (France). Bien lire la notice avant utilisation. En cas de doutes, parlez-en à votre Sage-Femme.
- Repos : Après une déchirure ou une épisiotomie, le corps a besoin de temps pour se remettre. Accordez-vous suffisamment de repos pour permettre à votre corps de guérir. Écoutez votre corps : ne forcez pas. Si une position ou un mouvement provoque une douleur, adaptez-vous. Il est important de se reposer et de limiter les activités intenses pendant les premières semaines suivant l'accouchement.
- Positions confortables : Adoptez des positions confortables : pour vous asseoir, privilégiez un coussin en forme de donut ou une chaise ferme avec un dossier.
- Rééducation périnéale : Et surtout, lorsque vous vous sentez prête, entamez une rééducation périnéale encadrée par un professionnel. Proposée quelques semaines après l’accouchement, la rééducation périnéale est une étape essentielle pour retrouver un bon équilibre corporel. Après une grossesse, et encore plus après une déchirure ou une épisiotomie, le périnée peut être fragilisé. Encadrée par une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé, cette rééducation se fait en douceur, à votre rythme. Même si vous ne ressentez pas de gêne immédiate, cette rééducation est fortement recommandée après un accouchement.
- Alimentation : Soignez votre cicatrisation de l’intérieur : privilégiez les aliments riches en vitamines (A, C, E), en zinc et en protéines pour soutenir la régénération des tissus. En associant une hygiène rigoureuse, une alimentation favorable à la régénération tissulaire, un repos suffisant et l’application d’un soin topique à base d’actifs naturels comme le Gel cicatrisant Melicare, il est possible d’optimiser le processus de cicatrisation périnéale.
- Antalgiques : Des médicaments contre la douleur peuvent être prescrits.
- Antibiotiques : Des antibiotiques peuvent être prescrits pour prévenir les infections.
- Conseils d'hygiène : Il est important de garder la zone propre et sèche pour favoriser la cicatrisation.
- Application de glace: L'application de glace peut aider à réduire la douleur et l'enflure.
- Bains de siège tièdes: Les bains de siège tièdes peuvent soulager la douleur et favoriser la cicatrisation.
- Exercices de Kegel: Pratiquer des exercices comme celui de Kegel permet de renforcer les muscles du périnée pour aider à prévenir l'incontinence urinaire et fécale.
- Masser votre cicatrice : Il est conseillé de bien masser votre cicatrice tout au long des premières semaines pour une meilleure récupération. Pour améliorer la cicatrisation, il est possible de masser la cicatrice avec du lubrifiant. Les massages peuvent être débutés autour de 4 à 6 semaines après la naissance. Il est important de ne pas masser de manière trop brutale, les massages ne doivent pas être douloureux. Il est également important de ne pas les faire trop tôt.
Complications et suivi
La cicatrisation complète peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Des consultations de suivi avec un médecin ou une sage-femme sont nécessaires pour surveiller la cicatrisation et identifier d'éventuelles complications.
- Infection : Une rougeur au niveau de la zone concernée, une augmentation de la douleur ou une odeur désagréable peuvent être autant d’indices de début d’infection.
- Douleur pendant les rapports sexuels (dyspareunie) : La dyspareunie qui est une douleur ressentie pendant les rapports sexuels est un problème fréquent en post accouchement. Pour soulager cette douleur, plusieurs actions sont possibles : accompagnement psychologique et médical, utilisation d’un lubrifiant, exercices de dilatation. Les dilatateurs Vagiwell sont des dispositifs médicaux qui vont permettre grâce à des exercices réguliers de regagner de la souplesse, de réhabituer le vagin à la pénétration et ce de manière progressive grâce aux différents diamètres.
- Incontinence urinaire ou anale : Poursuivez vos exercices pour renforcer les muscles de votre plancher pelvien. Cela peut vous aider à ne pas souffrir d’incontinence urinaire.
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