La colique néphrétique, bien que n'étant pas une maladie en soi, est un symptôme douloureux souvent lié à la présence de calculs urinaires. Le kétoprofène, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), est fréquemment utilisé pour soulager la douleur associée à cette condition. Cet article détaille la posologie du kétoprofène dans le contexte de la colique néphrétique, ses indications, ses contre-indications, ainsi que les précautions à prendre lors de son utilisation.

Qu'est-ce que la colique néphrétique ?

La colique néphrétique se manifeste par une douleur lombaire intense, souvent décrite comme brutale et insupportable. Cette douleur irradie vers le bas-ventre et les organes génitaux externes. Elle est généralement causée par une obstruction des voies urinaires, le plus souvent par un calcul.

Le Kétoprofène : un AINS pour soulager la douleur

Le kétoprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) dérivé de l'acide aryl carboxylique, appartenant au groupe des propioniques. Son mécanisme d'action repose sur l'inhibition de la synthèse des prostaglandines, des substances impliquées dans les processus inflammatoires et douloureux.

Indications du Kétoprofène dans la colique néphrétique

Le kétoprofène est indiqué en première intention pour soulager rapidement la douleur intense associée à la colique néphrétique. Il est considéré comme efficace et mieux toléré que la morphine pour cette indication. D'ailleurs, en cas de colique néphrétique, ce sont seulement la kétoprofène et diclofénac qui sont autorisées sur le marché pour apaiser les douleurs. Toutefois, c'est le kétoprofène qui est proposé pour une éventuelle administration par intraveineuse ; une alternative pour une action rapide et efficace.

Il est également utilisé dans :

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  • Le traitement symptomatique des rhumatismes inflammatoires chroniques (notamment de la polyarthrite rhumatoïde et de la spondylarthrite ankylosante) et de certaines arthroses invalidantes.
  • Le traitement de courte durée des douleurs aiguës d'arthrose, des arthrites (dont la goutte), des tendinites, des bursites, des lombalgies, des sciatiques, des cruralgies, des douleurs faisant suite à un traumatisme de l'appareil locomoteur.

Posologie du Kétoprofène pour la colique néphrétique

Pour atténuer les symptômes, la dose efficace la plus faible devra être utilisée pendant la durée la plus courte possible. En cas de crise de colique néphrétique, le kétoprofène peut être administré par voie intraveineuse pour une action rapide. La posologie usuelle par voie orale est de 1 à 2 comprimés par jour, à avaler tels quels avec un grand verre d'eau, de préférence au cours des repas pour limiter les troubles digestifs.

Contre-indications du Kétoprofène

Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants :

  • Antécédent d'allergie ou d'asthme provoqué par la prise d'AINS, y compris l'aspirine.
  • Antécédent d'hémorragie digestive au cours d'un précédent traitement par AINS.
  • Ulcère de l'estomac ou du duodénum en cours, antécédent d'ulcère ou d'hémorragie digestive répétée.
  • Saignement du tube digestif, hémorragie cérébrale ou autre.
  • Insuffisance cardiaque grave.
  • Insuffisance hépatique grave.
  • Insuffisance rénale grave.
  • Grossesse (à partir du 6e mois).

À partir du début du 6ème mois de grossesse (24 semaines d'aménorrhée) : toute prise de KETOPROFENE PHARMY II 100 mg/2 ml, solution injectable intramusculaire (I.M.), même ponctuelle, est contre-indiquée.

Précautions d'emploi du Kétoprofène

  • Grossesse et allaitement : La prise d'AINS pendant la grossesse expose l'enfant à naître à des effets néfastes (malformations cardiaques et pulmonaires, mauvais fonctionnement des reins…) qui peuvent avoir des conséquences graves, voire fatales. Les risques varient en fonction du stade de la grossesse : au cours des 5 premiers mois de la grossesse, ce médicament ne doit être utilisé qu'en cas de nécessité absolue, exclusivement sur prescription médicale ; au cours des 4 derniers mois, le risque existe même avec une seule prise et même en fin de grossesse. L'usage de ce médicament est donc formellement contre-indiqué pendant cette période. Les AINS passent dans le lait maternel. Leur utilisation chez la femme qui allaite est déconseillée sans avis médical.
  • Fertilité : L'utilisation d'AINS peut altérer la fertilité féminine et n'est pas recommandée chez les patientes souhaitant concevoir un enfant.
  • Insuffisance rénale : Les AINS, en inhibant l'action vasodilatatrice des prostaglandines rénales, sont susceptibles de provoquer une insuffisance rénale fonctionnelle par diminution de la filtration glomérulaire. Une surveillance de la diurèse et de la fonction rénale est recommandée chez les patients présentant des facteurs de risque tels que l'âge avancé, la prise de médicaments associés (IEC, sartans, diurétiques), l'hypovolémie, l'insuffisance cardiaque, l'insuffisance rénale chronique, le syndrome néphrotique, la néphropathie lupique et la cirrhose hépatique.
  • Effets cardiovasculaires : Une surveillance adéquate est nécessaire chez les patients présentant des antécédents d'hypertension et/ou d'insuffisance cardiaque légère à modérée. Des études cliniques suggèrent que l'utilisation de certains AINS, notamment lors de traitements prolongés à forte dose, peut s'accompagner d'une faible augmentation du risque d'accident cardiovasculaire (tel qu'un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral).
  • Effets gastro-intestinaux : Des hémorragies, ulcérations ou perforations gastro-intestinales parfois fatales ont été rapportées avec tous les AINS. Le risque augmente avec la dose utilisée chez les patients présentant des antécédents d'ulcère, en particulier en cas de complication à type d'hémorragie ou de perforation, ainsi que chez le sujet âgé et chez le sujet de faible poids corporel. Un traitement protecteur de la muqueuse (par exemple misoprostol ou inhibiteur de la pompe à protons) doit être envisagé pour ces patients.
  • Infections : KETOPROFENE PHARMY II 100 mg/2 ml, solution injectable intramusculaire (I.M.) peut masquer les symptômes d’une infection, ce qui peut retarder la mise en place d’un traitement adéquat et ainsi aggraver l’évolution de l’infection. Lorsque KETOPROFENE PHARMY II 100 mg/2 ml, solution injectable intramusculaire (I.M.) est administré pour soulager la fièvre ou la douleur liée à l’infection, il est conseillé de surveiller l’infection.
  • Excipients à effet notoire : Ce médicament contient de l'alcool benzylique, qui peut provoquer des réactions allergiques. L'administration intraveineuse d'alcool benzylique a été associée à des effets indésirables graves et à la mort chez les nouveau-nés (« syndrome de suffocation »).

Interactions médicamenteuses

Ce médicament peut interagir avec les médicaments suivants :

  • L'aspirine (lorsqu'elle est utilisée à des doses supérieures à 500 mg par prise) et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : augmentation du risque d'ulcère et d'hémorragie digestive.
  • Les anticoagulants oraux et injectables : augmentation du risque hémorragique.
  • Le lithium (TÉRALITHE) : augmentation du taux de lithium dans le sang.
  • Le méthotrexate (pour des doses supérieures à 20 mg par semaine) : risque d'augmentation de la toxicité du méthotrexate.

Il est important d'informer votre médecin ou votre pharmacien si vous prenez un diurétique, un inhibiteur de l'enzyme de conversion, un inhibiteur de l'angiotensine II, un antiagrégant plaquettaire, un corticoïde, un antidépresseur inhibiteur de la recapture de la sérotonine, un bêtabloquant ou un médicament contenant de la ciclosporine ou du tacrolimus. L'association de ces médicaments majore le risque d'hyperkaliémie.

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Effets indésirables possibles

Les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs : nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhées, ballonnements, constipation, gastrite, aggravation d'une maladie de Crohn ou d'une rectocolite hémorragique. Plus rarement : ulcère de l'estomac ou du duodénum, notamment en cas de traitement prolongé à dose élevée et chez la personne âgée. Exceptionnellement : hémorragie du tube digestif (vomissements sanglants, selles noires ou plus souvent pertes de sang imperceptibles, responsables de l'apparition d'une anémie).

D'autres effets indésirables possibles incluent :

  • Réaction allergique : crise d'asthme, œdème de Quincke, choc anaphylactique.
  • Éruption cutanée, démangeaisons ; exceptionnellement, urticaire, photosensibilisation, allergie cutanée gravissime (éruptions bulleuses).
  • Maux de tête, vertiges, somnolence. Plus rarement : fourmillement des extrémités, troubles du goût, convulsions.
  • Rétention hydrosodée, hyperkaliémie.

Prévenir les patients de l'apparition possible de vertiges et somnolence, de convulsions ou de troubles visuels.

La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament.

Surdosage

Des cas de surdosage ont été rapportés pour des doses allant jusqu'à 2,5 g de kétoprofène. Chez l’adulte, les principaux signes de surdosage sont des céphalées, des vertiges, une somnolence, une léthargie, des nausées, des vomissements, une diarrhée et des douleurs abdominales ou épigastriques.

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Conseils supplémentaires

  • Les anti-inflammatoires ne sont pas des médicaments anodins. Du fait de la possibilité d'effets indésirables graves, ils ne doivent être utilisés que lorsqu'ils sont nécessaires.
  • Ce médicament vous a été prescrit dans une situation précise : ne le conseillez pas à un proche et ne le réutilisez pas sans avis médical.
  • Ne dépassez pas la posologie ni la durée de traitement prescrites par votre médecin.
  • En dehors des crises, la prévention la plus efficace pour la colique néphrétique consiste à boire régulièrement et de manière abondante (1,5 à 2 litres d’eau par jour).

Alternatives naturelles et compléments

Bien que le kétoprofène soit un traitement efficace pour soulager la douleur de la colique néphrétique, certaines alternatives naturelles et compléments peuvent aider à prévenir les récidives et à soutenir le traitement médical :

  • Hydratation : Boire abondamment (1,5 à 2 litres d’eau par jour) est essentiel pour prévenir la formation de calculs rénaux.
  • Citron : Ajouter des citrons fraîchement pressés dans de l’eau peut aider à prévenir la formation des calculs calcaires grâce à la présence de citrate.
  • Basilic : Le basilic contient des acides acétiques qui peuvent désagréger les calculs rénaux et réduire la douleur. Une tisane à base de feuilles de basilic peut être consommée plusieurs fois par jour.
  • Céleri : Le jus de céleri est utilisé traditionnellement pour éliminer les toxines et améliorer le transit, facilitant ainsi l’évacuation des calculs.
  • Vinaigre de cidre : Consommer une demi-cuillère à café de vinaigre de cidre mélangée dans un litre d’eau peut aider à prévenir la formation de calculs rénaux.
  • Aubier de tilleul : Une décoction d’aubier de tilleul sauvage du Roussillon peut être utilisée en cure pour prévenir les rechutes.

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