Une grossesse non désirée peut survenir suite à un oubli de pilule, une rupture de préservatif ou des rapports sexuels non protégés. Heureusement, plusieurs solutions existent pour prévenir ou interrompre ces grossesses. Selon une étude de l'Organisation mondiale de la Santé publiée en juin 2019, une grossesse sur quatre dans le monde est non désirée. Cet article détaille les différentes options disponibles, en mettant l'accent sur l'IVG médicamenteuse.

Contraception d'urgence : agir avant la fécondation

Après un rapport sexuel non ou mal protégé, deux types de contraception d'urgence peuvent être utilisés pour prévenir la fécondation.

Pilule du lendemain

La pilule du lendemain doit être prise dans les quelques jours suivant un rapport sexuel non protégé. Son objectif est d'empêcher la fécondation de l'ovule par un spermatozoïde. Il existe deux types de pilules :

  • Celles contenant du lévonorgestrel, à prendre dans les 72 heures (3 jours) suivant le rapport.
  • Celles contenant de l'ulipristal acétate (EllaOne), à prendre dans les cinq jours (120 heures) suivant le rapport.

La contraception d'urgence hormonale se présente sous la forme d'un seul comprimé. Elle est délivrée gratuitement et anonymement aux mineures dans les pharmacies, les plannings familiaux et les infirmeries scolaires. Depuis le 1er janvier 2023, elle est prise en charge à 100 % sans ordonnance pour toutes les femmes, mineures et majeures.

Bien que généralement sans danger et sans effets secondaires graves, une vigilance accrue est recommandée en cas de risque ou d'antécédents de grossesse extra-utérine.

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Dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre

Le DIU au cuivre est considéré comme la méthode de contraception d'urgence la plus efficace. Son insertion rend l'utérus impropre à l'implantation de l'ovule. Cette méthode est plus complexe à mettre en œuvre, car elle nécessite la disponibilité de médecins ou de sages-femmes. Le DIU au cuivre est disponible en pharmacie sur prescription médicale, pour un coût d'environ 30 euros.

Interruption volontaire de grossesse (IVG) : les méthodes disponibles

Si la contraception d'urgence n'a pas été utilisée ou a échoué, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une option. Il existe deux types d'IVG : médicamenteuse et chirurgicale.

IVG médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée par un médecin ou une sage-femme à l'hôpital, en centre de santé, en centre de planification familiale ou en cabinet de ville. En médecine de ville, elle est autorisée jusqu'à la septième semaine d'aménorrhée (absence de règles), soit la fin de la cinquième semaine de grossesse. À l'hôpital, elle peut être utilisée jusqu'à la neuvième semaine d'aménorrhée.

En avril 2020, le délai de recours à l'IVG médicamenteuse en ville a été temporairement étendu à neuf semaines, au lieu de sept (arrêté paru le 7 novembre 2020 au Journal officiel).

Déroulement de l'IVG médicamenteuse :

  1. Deux consultations préalables : Ces consultations permettent de réaliser les examens nécessaires et de discuter des motivations et des risques de l'intervention. Un entretien de soutien psychologique peut être proposé.
  2. Prise du premier médicament (mifépristone) : Ce médicament interrompt la grossesse. Il peut être pris en présence du médecin ou de la sage-femme, ou à domicile.
  3. 36 à 48 heures plus tard, prise du deuxième médicament (misoprostol) : Ce médicament provoque l'expulsion de l'œuf. Il existe deux marques disponibles : Gymiso et MisoOne. Le Cytotec, longtemps utilisé dans cette indication, a été retiré du marché en mars 2018. La prise du 2nd médicament a lieu entre 24 et 48 heures après la prise du 1er en consultation ou à votre domicile. Des médicaments antalgiques vous seront prescrits.
  4. Consultation de suivi : Une consultation de suivi, 14 à 21 jours après l'intervention, permet de vérifier que la grossesse a bien été interrompue.

Informations importantes :

  • L'hémorragie vaginale survient généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise du deuxième médicament. Il est recommandé de ne pas être seule à ce moment-là.
  • Il existe un petit risque d'échec ; en l'absence de saignement, il faut consulter un médecin.
  • La consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG.
  • Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG instrumentale ou médicamenteuse.
  • Lors de la consultation de contrôle, le médecin ou la sage-femme s'assure que vous disposez d'un moyen contraceptif adapté à votre situation si nécessaire.

IVG chirurgicale

L'IVG chirurgicale (par aspiration) est pratiquée dans un établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé à pratiquer l'avortement). Depuis le 2 mars 2022, en France, l'avortement peut être pratiqué jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles.

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Déroulement de l'IVG chirurgicale :

  1. Consultations préalables : Comme pour l'IVG médicamenteuse, deux consultations préalables sont nécessaires.
  2. Intervention : L'intervention consiste à aspirer l'embryon au moyen d'une canule introduite dans le col de l'utérus préalablement dilaté. Elle se déroule sous anesthésie générale ou locale. Sous anesthésie générale, l'hospitalisation dure environ trois heures.
  3. Suivi : Un suivi vigilant est nécessaire après l'IVG chirurgicale.

Informations importantes :

  • L'IVG instrumentale (chirurgicale) est pratiquée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie).
  • L'ouverture du col utérin peut être facilitée par l'administration d'un médicament.
  • L'hospitalisation dure en général quelques heures, mais l'intervention en elle-même dure une dizaine de minutes.

Aspects légaux et financiers

En France, une femme enceinte, y compris mineure, qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse peut en demander l'interruption. La pratique de l'avortement est réglementée et plusieurs étapes doivent être respectées, avant et après l'intervention.

  • Consentement : La femme enceinte doit être informée sur les méthodes abortives et a le droit d'en choisir une librement en fonction du terme de la grossesse. Elle doit ensuite remettre son consentement écrit.
  • Mineures : Si une mineure souhaite garder le secret, l'IVG est pratiquée à sa seule demande. L'autorisation des parents n'est pas obligatoire.
  • Prise en charge financière : Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible. Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l’IVG) à l'hôpital.

Coûts de l'IVG (remboursés à 100% par l'Assurance maladie) :

  • IVG instrumentale : Entre 579,06 € et 830,06 € en fonction de l'établissement, du type d'anesthésie et de la durée de l'hospitalisation.
  • IVG médicamenteuse en établissement de santé : 353,64 €.
  • IVG médicamenteuse en médecine de ville : Tarifs fixés par arrêté à chaque étape.

Complications possibles et suivi

Bien que l'IVG soit généralement une procédure sûre, il est important d'être conscient des complications possibles et de suivre les recommandations médicales.

Complications de l'IVG médicamenteuse :

  • Douleurs pelviennes, saignements et troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).
  • Infection ou hémorragie (rares).

Complications de l'IVG chirurgicale :

  • Hémorragie (rare).
  • Perforation de l'utérus (exceptionnelle).
  • Fièvre, pertes de sang importantes, fortes douleurs abdominales (peuvent indiquer une complication).

Suivi après l'IVG :

Une consultation de suivi est indispensable pour vérifier que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications. Cette visite doit être effectuée entre le 14e et le 21e jour suivant l'intervention.

Informations complémentaires

  • IVG et contraception : L'IVG n'est pas un moyen de contraception. Il est important de discuter des options contraceptives avec un professionnel de santé après l'IVG.
  • Soutien psychologique : Une consultation psycho-sociale est proposée après l'IVG pour parler de votre situation si vous en ressentez le besoin. Elle vous permet de parler de votre situation si vous en ressentez le besoin.
  • Où s'adresser ? En cas de prise de risque, vous pouvez utiliser la pilule du lendemain, disponible sans ordonnance en pharmacie et gratuite pour les mineures. Pour une IVG, prenez rendez-vous avec un médecin, une sage-femme ou un planning familial.

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