L'oubli d'une pilule, la rupture d'un préservatif ou des rapports sexuels non protégés peuvent mener à une grossesse non désirée. Face à cette situation, plusieurs solutions existent pour prévenir ou interrompre une grossesse. Il est crucial d'être informé des différentes options, de leurs risques et de leurs délais. Une grossesse sur quatre dans le monde est non désirée, selon une étude de l'OMS de 2019. Il est donc important de connaître les recours possibles, allant de la contraception d'urgence à l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
Contraception d'urgence : Réagir rapidement après un rapport non protégé
Suite à un rapport sexuel non ou mal protégé, deux types de contraceptions d’urgence permettent de réagir avant la fécondation. Dans les quelques jours qui suivent, il est possible de prendre la pilule du lendemain pour empêcher la fécondation de l’ovule par un spermatozoïde.
La pilule du lendemain : Elle existe sous deux formes. La première contient du lévonorgestrel, à prendre le plus tôt possible et dans les 72 heures (3 jours) suivant le rapport. La seconde contient de l'ulipristal acétate (EllaOne), efficace jusqu'à 5 jours (120 heures) après le rapport. La contraception d’urgence hormonale se présente sous la forme d’un seul comprimé. Elle peut être délivrée gratuitement et anonymement aux mineures dans les pharmacies, les plannings familiaux et les infirmeries scolaires. Depuis le 1er janvier 2023, elle est prise en charge à 100 % sans ordonnance pour toute femme, mineure ou majeure. Bien que généralement sans danger et sans effets secondaires graves, il est important de rester vigilante en cas de risque ou d’antécédents de grossesse extra-utérine.
Le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre : Considéré comme la méthode de contraception d’urgence la plus efficace, l’insertion d’un DIU au cuivre rend l’utérus impropre à l’implantation de l’ovule. Cette méthode doit être mise en œuvre rapidement, car il se passe au moins cinq jours entre le rapport sexuel et l’implantation d’un ovule. Elle nécessite la disponibilité de médecins ou de sages-femmes. Le DIU au cuivre est disponible en pharmacie sur prescription médicale pour environ 30 euros.
Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : Options et Délais Légaux
L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit en France. Elle peut être réalisée de deux manières : médicamenteuse ou chirurgicale.
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IVG médicamenteuse : Elle peut être pratiquée par un médecin ou une sage-femme, à l’hôpital, en centre de santé ou de planification familiale, ou en cabinet de ville. Si elle est réalisée en médecine de ville, elle est autorisée jusqu’à la septième semaine d’aménorrhée (absence de règles), soit la fin de la cinquième semaine de grossesse. Si elle se déroule à l’hôpital, elle peut être utilisée jusqu’à la neuvième semaine d’aménorrhée. En avril 2020, pour limiter les conséquences des mesures prises face à l’épidémie de Covid-19, le délai de recours à l’IVG médicamenteuse en ville est passé à 9 semaines, au lieu de 7 semaines (arrêté paru le 7 novembre 2020 au Journal officiel). La procédure implique deux consultations préalables (et éventuellement un entretien de soutien psychologique) pour réaliser les examens nécessaires et discuter des motivations et des risques de l’intervention. 36 à 48 heures plus tard, la patiente prend un autre médicament, le misoprostol, qui provoque l’expulsion de l’œuf. Une consultation de suivi, 14 à 21 jours après l’intervention, permet de vérifier que la grossesse a bien été interrompue.
IVG chirurgicale (par aspiration) : Elle est pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisée à pratiquer l’avortement). Depuis le 2 mars 2022, en France, l’avortement peut être pratiqué jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles. L’intervention se déroule à l’hôpital sous anesthésie générale ou anesthésie locale. Dans le premier cas, l’hospitalisation dure environ trois heures. L’intervention consiste à aspirer l’embryon au moyen d’une canule introduite dans le col de l’utérus préalablement dilaté. Un suivi vigilant est nécessaire après l’IVG.
Il est important de rappeler que l’IVG n’est pas un moyen de contraception.
Démarches pour une IVG
Pour recourir à un avortement, il faut prendre rendez-vous avec un médecin (généraliste ou gynécologue) ou une sage-femme exerçant dans un établissement de santé, un cabinet de ville, un centre de santé ou un centre de santé sexuelle ayant signé une convention avec un établissement de santé. La demande d’IVG se fait en deux temps :
Consultation d’information : Lors de cette consultation, la femme formule sa demande d’avortement. Le médecin ou la sage-femme l’informe sur les différentes méthodes d’IVG, les lieux de réalisation, les risques et les effets secondaires possibles. Un guide reprenant ces informations est remis à la patiente. Un entretien psycho-social est également proposé (obligatoire pour les mineures). À la fin du rendez-vous, une attestation de consultation médicale est délivrée. Si le professionnel consulté ne pratique pas les IVG, il doit en informer immédiatement la patiente et lui communiquer le nom de professionnels réalisant les avortements.
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Remise du consentement écrit : La femme remet son consentement écrit de demande d’avortement au médecin ou à la sage-femme. Il n’y a plus de délai de réflexion minimal entre les deux temps. La patiente prend le temps de réflexion nécessaire, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l’IVG (14 semaines de grossesse). Lors de ce deuxième temps, elle choisit sa méthode d’IVG et son lieu de réalisation. C’est également le moment de décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG et de réaliser un dépistage des infections sexuellement transmissibles et du cancer du col de l’utérus.
Consultation psycho-sociale : Elle est systématiquement proposée et obligatoire pour les femmes mineures. Elle se déroule entre les deux temps préalables à l’IVG avec un professionnel qualifié en conseil conjugal et familial. Un accompagnement social et psychologique est proposé.
Méthodes d'IVG
Il existe deux méthodes pour interrompre une grossesse : médicamenteuse ou instrumentale. Jusqu’à la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles, la femme a le choix entre les deux méthodes. Au-delà et jusqu’à la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles, la méthode instrumentale est privilégiée. La décision est prise en concertation avec le médecin ou la sage-femme.
Avortements non sécurisés : Une réalité dangereuse, surtout en zones de conflit
Une étude menée dans des zones de conflit a révélé que les avortements non sécurisés entraînent jusqu'à sept fois plus de complications sévères. Ces avortements sont souvent pratiqués par des personnes sans compétences médicales, dans des conditions non conformes aux normes médicales. Les complications peuvent être aggravées par l'insuffisance des soins post-avortement et les difficultés d'accès à ces soins. Les femmes peuvent recourir à des méthodes dangereuses, telles que l'ingestion de médicaments traditionnels ou l'insertion d'objets dans le vagin.
Les difficultés d’accès aux méthodes contraceptives sont également à l’origine de grossesses non-désirées. A Bangui, la peur des effets secondaires était la principale raison rapportée pour ne pas utiliser de contraception. L’étude AMoCo décrit également le parcours long et difficile des femmes pour accéder à des soins post-avortement, aggravant d’autant plus les complications et les risques encourus par celles-ci. Les retards d’accès aux soins sont renforcés par le manque d’informations à propos des structures de santé adéquates pour prendre en charge les femmes qui en ont besoin. Celles-ci doivent également trouver l’argent pour payer le transport et les frais inhérents aux soins, ainsi qu’une personne pour les accompagner.
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L’avortement non-sécurisé reste l'une des principales causes de mortalité maternelle dans le monde, et la seule qui soit presque entièrement évitable.
Risques liés aux méthodes traditionnelles d'avortement
Avant la légalisation de l'avortement, les femmes cherchaient à interrompre leur grossesse par divers moyens, souvent dangereux. Ces méthodes incluaient l'ingestion de plantes abortives (myrrhe, silphium, ergot de seigle, camomille, sabine, gaïac, absinthe, armoise, achillée, safran), l'utilisation de potions à base d'ail, de poivre, de cannelle, de café ou de moutarde, et des procédés mécaniques tels que les lavements vaginaux, les saignées, les traumatismes sur l'abdomen et l'insertion d'objets dans l'utérus (aiguilles à tricoter, baleines de parapluie, épingles à cheveux, bigoudis, scoubidous, branches d'arbres, tiges de persil, fils de fer, morceaux de bois). Ces pratiques pouvaient entraîner des infections graves, des hémorragies et la mort.
Café et risque d'avortement spontané
Une étude a suggéré qu'une consommation modérée de caféine n'augmente probablement pas le risque d'avortement spontané. Cependant, ce risque pourrait exister, en particulier au cours du deuxième trimestre de la grossesse, lorsque les concentrations sériques maternelles de paraxanthine, métabolite principal de la caféine, sont particulièrement élevées (équivalentes à une consommation de plus de 6 tasses de café américain par jour, soit 600 mg de caféine). Il est donc conseillé aux femmes enceintes et à celles qui allaitent de limiter leur consommation de caféine.
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