L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour les femmes en France depuis 1975. La loi du 2 mars 2022 a renforcé ce droit. Cependant, la procédure à suivre pour avorter peut sembler complexe. Cet article vise à fournir des informations claires et précises sur les différentes options disponibles, les délais à respecter, et les démarches à effectuer pour avorter en toute sécurité et discrétion en France.

Le droit à l'IVG en France

En France, l’IVG, ou Interruption Volontaire de Grossesse, est un acte médical qui permet à toute femme enceinte d’avorter si elle le souhaite. Cette législation représente une avancée majeure dans le droit des femmes à disposer de leur corps. La loi du 2 mars 2022 a élargi la possibilité d’avorter jusqu’à 16 semaines d’aménorrhée (soit 14 semaines de grossesse).

Les différentes méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes principales d'IVG en France : l'IVG médicamenteuse et l'IVG chirurgicale.

IVG Médicamenteuse

L’IVG médicamenteuse consiste en la prise de deux types de médicaments à différents intervalles. Ces derniers ont pour effet d’interrompre la grossesse et d’expulser l’œuf.

  • Délais : L’IVG médicamenteuse est autorisée jusqu’à 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée (9 SA). Cependant, en avril 2020, pour limiter les conséquences des mesures prises face à l’épidémie de Covid-19, le délai de recours à l’IVG médicamenteuse en ville est passé à 9 semaines, au lieu de 7 semaines (arrêté paru le 7 novembre 2020 au Journal officiel).
  • Où la réaliser : Le traitement médicamenteux peut être effectué dans un cabinet médical, un centre de santé, au planning familial ou à domicile. L’interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse peut être pratiquée par un médecin ou une sage-femme, à l’hôpital, en centre de santé ou de planification familiale ou en cabinet de ville. Si elle est réalisée en médecine de ville, elle est autorisée seulement jusqu’à la septième semaine d’aménorrhée (absence de règles), soit la fin de la cinquième semaine de grossesse. Si elle se déroule à l’hôpital, elle peut être utilisée jusqu’à la neuvième semaine d’aménorrhée.
  • Déroulement :
    • Première consultation : Deux consultations préalables (et éventuellement un entretien de soutien psychologique) permettent de réaliser les examens nécessaires et de faire le point sur les motivations et les risques de cette intervention. La deuxième consultation s’effectue avec le médecin ou la sage-femme en charge de votre IVG. Si vous êtes mineure ou avez effectué un entretien psychosocial, c’est à ce moment que vous confirmez votre choix d’IVG.
    • Prise des médicaments : Dans un premier temps, la patiente prend un comprimé de mifépristone. 36 à 48 heures plus tard, prise d’un autre type de médicaments, le misoprostol (deux disponibles : Gymiso et MisoOne). Le misoprostol est un anti-progestérone qui contient de la prostaglandine synthétisée. Ce médicament permet de provoquer l’expulsion de l’œuf. La prise du misoprostol s’effectue 36h à 48h après la prise du mifépristone.
    • Expulsion de l'œuf : Dès la prise du 1er comprimé et particulièrement après le 2ème comprimé, des saignements surviennent. Dans 60% des cas, ce dernier est expulsé 4h après la prise du 2ème comprimé. Dans 40% des cas, entre 24h et 72h après.
    • Visite de contrôle : Une consultation de suivi, 14 à 21 jours après l’intervention, permet au médecin ou à la sage-femme de vérifier que la grossesse a bien été interrompue. Pour s’assurer de l’arrêt définitif de votre grossesse, vous devez réaliser une visite de contrôle avec votre médecin ou votre sage-femme. Il ou elle pourra s’assurer de l’absence de signes d’échec de d’IVG médicamenteuse.
  • Efficacité : L’IVG médicamenteuse a un taux de réussite de 95%.
  • Effets secondaires : L’un des effets secondaires principaux lors d’un IVG médicamenteux est la douleur ressentie. Dès la prise du 1er comprimé et particulièrement après le 2ème comprimé, des saignements surviennent. D’autres effets secondaires peuvent survenir en fonction des femmes. Certains témoignages de femmes indiquent ressentir une certaine culpabilité, de la tristesse ou de la colère à la suite de leur avortement. Vivre un avortement peut être éprouvant, sans compter les effets secondaires liés à la prise des médicaments. Les complications suite à une IVG médicamenteuse sont rares.

IVG Chirurgicale (par aspiration)

L’interruption volontaire de grossesse chirurgicale (par aspiration) est pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisée à pratiquer l’avortement).

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  • Délais : Depuis le 2 mars 2022, en France, l’avortement peut être pratiqué jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse - soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles. Si toutefois vous avez dépassé le délai légal pour une IVG médicamenteuse, il est toujours possible de réaliser une IVG chirurgicale.
  • Où la réaliser : Elle peut se dérouler dans un cabinet, un centre de santé, à l’hôpital ou au planning familial.
  • Déroulement : Il se déroule à l’hôpital sous anesthésie générale ou anesthésie locale. Dans le premier cas, l’hospitalisation dure près de trois heures. L’intervention consiste à aspirer l’embryon au moyen d’une canule introduite dans le col de l’utérus préalablement dilaté.
  • Suivi : Une fois pratiquée, cette IVG doit faire l’objet d’un suivi vigilant.

Avorter en toute discrétion

Si vous êtes mineure, vos parents doivent en principe donner leur consentement pour l'IVG. Toutefois, si vous souhaitez avorter en toute discrétion, cela est possible. La contraception d’urgence peut être délivrée gratuitement aux mineures, de manière anonyme, dans les pharmacies, les plannings familiaux et les infirmeries scolaires (collèges et lycées).

Dépasser le délai légal : Interruption Médicale de Grossesse (IMG)

La loi autorise les personnes qui le demandent à réaliser un avortement au-delà de 14 semaines d’aménorrhée (12 semaines de grossesse). Si vous vous trouvez dans une situation qui vous permet de réaliser une IMG (Interruption médicale de grossesse) dite aujourd’hui « Interruption pour motif médical », il faut dans ce cas justifier d’une détresse psycho-sociale. Il faut se rapprocher des services de diagnostic anténatal de l’hôpital le plus proche de chez vous et/ou des réseaux de périnatalité.

La détresse psycho-sociale concerne des personnes en situation de danger personnel, de violences, de difficultés psychologiques majeures ou d’extrême précarité, rendant impossible la poursuite de la grossesse alors même que le délai légal de l’IVG de 16 semaines d'aménorrhée est dépassé. C’est une procédure qui peut être longue, dont l’issue est aléatoire et non-certaine.

Alternatives à l'IVG

Vous pouvez également vous informer sur la possibilité de prolonger la grossesse et de faire un accouchement sous le secret. Vous pouvez aussi demander une délégation volontaire de l'autorité parentale. Dans ce cas-ci, l'exercice de l'autorité parentale peut être délégué à un tiers ou à un organisme spécialisé (membre de la famille, service de l'aide sociale à l'enfance…). Elle est prononcée par le juge aux affaires familiales (Jaf) et est provisoire.

L'IVG à l'étranger

Certains hôpitaux ne pratiquent pas les avortements au-delà d’un certain terme. Vous avez le droit de partir à l’étranger pour réaliser un avortement, mais cela a un coût.

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Contraception d'urgence

Oubli de pilule, rupture du préservatif, rapports sexuels non protégés… De nombreuses situations peuvent mener à une grossesse non désirée. Plusieurs solutions permettent de prévenir ou d’interrompre ces grossesses. Suite à un rapport sexuel non ou mal protégé, deux contraceptions d’urgence, permettent de réagir avant la fécondation.

La pilule du lendemain

Dans les quelques jours qui suivent après un rapport sexuel non protégé ou mal protégé, il est possible de prendre une pilule du lendemain. Objectif : empêcher la fécondation de l’ovule par un spermatozoïde. La contraception d’urgence hormonale se présente sous la forme d’un seul comprimé.

Il existe deux types de pilule du lendemain :

  • Le premier contient du lévonorgestrel, à prendre le plus tôt possible, dans les trois jours (72 heures) suivant le rapport sexuel.
  • Le second contient le principe actif ulipristal acétate (EllaOne), à prendre au maximum dans les cinq jours (120 heures) suivant le rapport sexuel.

Depuis le 1er janvier 2023, la pilule du lendemain est prise en charge à 100 % sans ordonnance, pour toute femme mineure ou majeure. Elle est sans danger et sans effets secondaires graves. Toutefois, il convient de rester vigilante en cas de risque ou d’antécédents de grossesse extra-utérine.

Le DIU au cuivre

Le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre est considéré comme la méthode de contraception d’urgence la plus efficace. L’insertion d’un DIU au cuivre rend en effet l’utérus impropre à l’implantation de l’ovule. Entre le moment du rapport sexuel et l’implantation d’un ovule, il se passe au moins cinq jours. Cette méthode est plus difficile à mettre en œuvre, car elle nécessite la disponibilité des praticiens (médecins, sages-femmes). Le DIU au cuivre est disponible en pharmacie sur prescription médicale pour un coût d’environ 30 euros.

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