L'alimentation des enfants de moins de 3 ans est une période cruciale pour leur croissance et leur développement. Comprendre et satisfaire leurs besoins nutritionnels spécifiques est essentiel pour assurer une santé optimale et prévenir les carences. Cet article détaille les besoins nutritionnels des enfants de moins de 3 ans, en mettant l'accent sur les macronutriments, les micronutriments et les recommandations pratiques pour une alimentation équilibrée.

Besoins énergétiques

Au cours des 12 premiers mois, la dépense énergétique augmente, passant de 270 kJ/kg/jour à la naissance à 380 kJ/kg/jour à 12 mois. Simultanément, l'énergie stockée sous forme de protéines et de lipides diminue en raison du ralentissement de la croissance, passant de 100 kJ/kg/jour au premier mois à 8 kJ/kg/jour à 12 mois. Les besoins énergétiques doivent couvrir la dépense énergétique totale (DET) et les besoins liés à la croissance. Chez un enfant, les besoins énergétiques, exprimés en kilocalories (kcal), sont d’autant plus importants qu’il est en phase de croissance rapide, principalement lors des deux premières années de vie et au moment de la puberté. Les besoins énergétiques liés à la croissance sont estimés à 5 kcal/g de tissu formé. Ainsi, un nourrisson ayant une prise pondérale de 30 g/j utilise, pour sa croissance, 150 kcal/j, ce qui correspond à 20-30 % de sa DET. Après l’âge de 6 mois, la vitesse de croissance diminue, et son coût énergétique devient négligeable vers 3 ans.

D'après l'ANSES, un enfant de 3 ans ne doit pas consommer plus de 100 kcal/kg/jour, soit environ 1100 à 1200 calories par jour, en fonction de son sexe. Un enfant de 3 ans pourra manger quatre repas par jour, incluant une collation l’après-midi et parfois le matin à 10h en fonction de ses besoins.

Besoins en eau

Les besoins en eau du nouveau-né et du nourrisson sont élevés en raison de leur constitution corporelle. L’eau représente 75 % du poids du corps les premières semaines de vie et 60 % à l’âge de 1 an. Les apports en eau doivent donc répondre aux besoins de maintenance (liés aux pertes cutanées, respiratoires, urinaires et fécales) et aux besoins liés à la croissance. Chez le nourrisson de moins de 1 an, les besoins en eau sont assurés par l’alimentation lactée.

Besoins en macronutriments

Glucides

Les glucides ont un rôle énergétique essentiel : 1 g de glucides apporte 4 kcal. Avant 1 an, 40 % des calories liées aux glucides sont apportées par le lait de femme et/ou les préparations infantiles. Par la suite, les glucides doivent représenter 50 à 55 % de l’apport énergétique total. Il est important d'inclure des féculents (complets ou peu raffinés) et des légumineuses à chaque repas, en fonction de l’appétit et de l’activité physique de l’enfant. Les féculents complets ou semi-complets comprennent les produits céréaliers comme le pain, le riz, les pâtes et les céréales non sucrées, sont une source d’énergie qui se libère progressivement.

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Lipides

Les lipides ont également un rôle énergétique crucial : 1 g de lipides apporte 9 kcal. Ils doivent contribuer à 50 % des apports énergétiques totaux jusqu’à 6 mois, pour diminuer progressivement par la suite et atteindre 35 % de l’apport énergétique total à l’âge de 3 ans. Les lipides doivent apporter les acides gras essentiels (AGE), qui ne sont pas synthétisés par l’homme, leur concentration dans le lait maternel dépend donc des apports alimentaires de la mère. Il s’agit de l’acide alphalinolénique de la série oméga 3 et de l’acide linoléique de la série oméga 6, indispensables au développement neurocognitif de l’enfant. Les apports en DHA doivent être de 100 mg/j durant les trois premières années de vie, et de 140 mg durant les six premiers mois de vie pour l’ARA.

Protéines

Les protéines ont un rôle enzymatique, hormonal et de transport. Les besoins en protéines tiennent compte des besoins de maintenance et des besoins pour la croissance. Selon les RNP, les besoins en protéines sont d’environ 10 g/j jusqu’à 3 ans, représentant 10 à 15 % de la ration énergétique. Idéalement, 50 % des protéines apportées devraient être d’origine animale et 50 % d’origine végétale.

Les protéines sont cruciales pour la croissance et le développement musculaire des enfants. Les sources principales sont la viande, le poisson et les œufs. Il est recommandé de choisir des morceaux de viande maigres, comme le poulet sans peau, les filets maigres de veau, de porc ou de bœuf et de limiter les produits panés et ultra-transformés comme les nuggets. Le poisson doit être consommé deux fois par semaine, en alternant entre poisson maigre et poisson gras (comme le saumon, le hareng, le maquereau et la sardine) pour leurs apports en oméga 3 et 6.

Besoins en micronutriments

Calcium

Les apports en calcium sont indispensables à l’âge pédiatrique pour une minéralisation optimale du squelette. Les besoins sont estimés à 280 à 450 mg/j avant 3 ans. Pour une bonne utilisation du calcium alimentaire, un apport en vitamine D est nécessaire. L’organisme des nourrissons ou enfants en bas âge n’en synthétise pas assez (au niveau cutané) pour couvrir leurs besoins. Un apport exogène est donc nécessaire.

Les produits laitiers sont indispensables pour la croissance des enfants, apportant des protéines, du calcium et de la vitamine D, essentiels pour la solidité des os et la constitution des muscles. Il est vivement conseillé d’éviter les desserts lactés, crèmes desserts, flans, entremets et crèmes glacées, riches en sucre, en graisse et pauvres en calcium.

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Vitamine D

La vitamine D joue un rôle essentiel dans la minéralisation osseuse et l’absorption intestinale du calcium. Une supplémentation en vitamine D, idéalement quotidienne, est nécessaire chez tous les enfants de 0 à 18 ans. Les experts estiment qu’une dose minimale de 400 UI/j permet d’éviter la survenue d’un rachitisme carentiel.

Fer

L’absorption intestinale du fer est basse, quel que soit l’âge. Elle n’est que partielle et varie selon le type d’alimentation consommée. Le coefficient d’absorption du fer héminique (viandes, abats et poissons) est de 20 à 30 %, alors que celui du fer non héminique (lait, végétaux et œufs) est de 2 à 5 %. L’absorption du fer est favorisée par l’adjonction de vitamine C. Le fer contenu dans le lait de mère permet de couvrir les besoins jusqu’à 6 mois. Chez l’enfant non allaité, les laits infantiles contenant des ferreux et de la vitamine C améliorent l’absorption du fer.

Vitamine K

Les apports en vitamine K sont importants pour la synthèse des facteurs de coagulation, surtout en période néonatale et pour la synthèse de l’os. Les besoins minimaux du nourrisson en vitamine K sont de 1 µg/kg/j pour éviter un risque hémorragique lié à un déficit. Pour prévenir une maladie hémorragique du nouveau-né, une supplémentation de 2 mg de vitamine K est nécessaire à la naissance et entre le 4e et le 7e jour pour tous les enfants.

Sodium et Chlore

On estime que les besoins en sodium et chlore chez l’enfant en situation normale sont de 1 à 3 mEq/kg/j.

Alimentation spécifique par tranche d'âge

Nourrissons (0-6 mois)

Le lait maternel est le type d’alimentation idéal pour le nouveau-né et le nourrisson. Sa composition varie selon l’âge gestationnel, le stade de la lactation et le régime de la mère. Il est riche en protéines, lipides, glucides, vitamines et oligo-éléments, et possède des propriétés anti-infectieuses. Lorsque la mère ne peut ou ne veut pas allaiter, une préparation pour nourrisson doit être proposée.

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Nourrissons (6-12 mois)

Entre 4 et 6 mois, un certain degré de maturation des fonctions rénales et digestives est nécessaire au nourrisson pour métaboliser une alimentation autre que le lait. L’évolution physiologique permet au nourrisson, vers 4 à 6 mois, de propulser les aliments vers l’arrière de sa cavité buccale pour les avaler. Les recommandations actuelles du comité de nutrition de l’ESPGHAN et de l’Académie européenne d’allergologie sont d’introduire tous les aliments entre 4 et 6 mois, y compris les plus allergisants (œuf, poisson, fruits exotiques, céleri, arachide, fruits à coque), et ceci qu’il existe ou non un terrain atopique personnel ou familial.

Enfants (1-3 ans)

Assurer une alimentation équilibrée et riche en nutriments pour un enfant de 3 ans est essentiel pour le développement et la croissance. Il est maintenant prêt à suivre l’alimentation d’un adulte, mais avec des règles de nutrition adaptées à son âge. Il est recommandé de consommer cinq portions de fruits et légumes par jour. Ces aliments sont de véritables sources de nutriments et de vitamines. Chaque portion équivaut à 80 à 100 g. L’eau est la seule boisson recommandée à volonté pour les enfants. Les sodas et boissons sucrées doivent être évités autant que possible, car ils sont riches en sucre et contribuent à un apport calorique excessif. Les jus de fruits doivent également être consommés avec modération, car trop sucrés.

Recommandations pratiques

  • Allaitement maternel : Privilégier l'allaitement maternel exclusif jusqu'à 6 mois, si possible.
  • Diversification : Introduire les aliments solides entre 4 et 6 mois, en commençant par des purées lisses et en augmentant progressivement les textures.
  • Aliments variés : Offrir une variété d'aliments pour assurer un apport équilibré en nutriments.
  • Portions adaptées : Adapter les portions à l'appétit de l'enfant et à ses besoins énergétiques.
  • Hydratation : S'assurer que l'enfant boit suffisamment d'eau tout au long de la journée.
  • Limiter les sucres : Éviter les boissons sucrées et les aliments transformés riches en sucre.
  • Matières grasses : Ajouter des matières grasses de bonne qualité dans les plats salés.
  • Produits laitiers : Privilégier les produits laitiers pour l'apport en calcium et en vitamine D.
  • Surveillance médicale : Consulter régulièrement un professionnel de santé pour suivre la croissance de l'enfant et adapter son alimentation si nécessaire.

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