En France, la procréation médicalement assistée (PMA) est une solution de plus en plus courante pour les couples et les femmes seules confrontés à des problèmes d'infertilité. On estime qu'un enfant sur 30 est conçu grâce à un parcours de PMA, ce qui représente environ 3,4 % des naissances. Parmi les techniques de PMA, la fécondation in vitro (FIV) est privilégiée dans 70 % des cas d'insémination. Cet article vise à informer sur le nombre de tentatives de FIV recommandées, les conditions de prise en charge, les taux de réussite et les solutions en cas d'échec.
Comment fonctionne une fécondation in vitro ?
La fécondation in vitro (FIV) est une technique d'assistance médicale à la procréation qui se déroule en laboratoire. Elle consiste à mettre en contact les spermatozoïdes et les ovocytes en dehors du corps de la femme, avant de transférer l'embryon obtenu dans l'utérus de la patiente. La FIV est utilisée lorsqu'un couple rencontre des problèmes d'infertilité et éprouve des difficultés à concevoir naturellement un enfant.
Dans quels cas avoir recours à la fécondation in vitro ?
Après 12 à 24 mois d'essais réguliers sans contraception et sans grossesse, un diagnostic d'infertilité peut être posé. La PMA est alors proposée au couple. Dans ce cadre, la FIV est la solution la plus souvent envisagée, notamment dans les cas suivants :
- Infertilités tubaires par altération ou obstruction des trompes de Fallope
- Mauvaise qualité du sperme ou manque de mobilité des spermatozoïdes
- Endométriose sévère
- Échec de 6 inséminations artificielles ou de 6 cycles de stimulation ovarienne
- Infertilité de cause inconnue, notamment pour les femmes en bonne santé de 37 ans et plus
Il est à noter que la fécondation in vitro permet de traiter avec la même efficacité les troubles de l'infertilité féminins et masculins.
Les conditions préalables à respecter pour entamer un parcours PMA
En France, la procréation médicalement assistée et la fécondation in vitro (FIV ou FIV ICSI) s'adressent aux :
Lire aussi: Retraite : Année 1970
- Couples hétérosexuels en âge de procréer
- Femmes lesbiennes en couple ou célibataires
De plus, pour profiter d'une prise en charge complète de sa FIV par la Sécurité sociale, la patiente doit avoir moins de 43 ans au moment du transfert d'embryon. La loi relative à la bioéthique de juillet 2011, révisée en août 2021, précise ce cadre légal.
Combien de FIV une femme peut-elle faire ?
Avant 43 ans, 4 tentatives de FIV sont 100 % remboursées par l'Assurance Maladie. Il est important de noter qu'un cycle de FIV interrompu avant le transfert d'embryon (en cas d'échec de fécondation) n'est pas comptabilisé comme une tentative. Si une FIV mène à une grossesse et à la naissance d'un bébé, il est à nouveau possible de bénéficier de 4 essais pris en charge pour concevoir un autre enfant.
Au-delà de 4 transferts ou après 43 ans, l'ensemble des démarches liées à une fécondation in vitro est à la charge de la patiente ou du couple. Certaines mutuelles peuvent proposer une prise en charge, même après 43 ans.
Quel taux de réussite pour une FIV ?
En France, en 2018, selon l'Agence française de la biomédecine, le taux d'accouchement moyen suite à une FIV est de 20 %. Pour chaque cycle de FIV, une femme âgée de moins de 37 ans a 25,6 % de chances de tomber enceinte, toujours selon l’Agence de Biomédecine.
Les critères de réussite du traitement
L'âge de la patiente est le principal facteur de réussite d'une fécondation in vitro, avec un âge-pivot fixé à 38 ans. Jusqu'à 37 ans, une femme en parcours de FIV a plus de 25 % de chances d'obtenir une grossesse. Ses chances diminuent ensuite :
Lire aussi: Grossesse : Le 7ème mois expliqué
- 12 % dès 38 ans
- 9 % à l'âge de 40 ans
- Environ 6 % après 42 ans
La cause de l’infertilité n’a quant à elle pas d’impact sur le taux de réussite d'une FIV ou d’une FIV ICSI.
Influence du mode de vie
La consommation de tabac dans le couple diminue le taux de réussite des traitements d’AMP, entraîne des échecs d’implantation et majore le risque de fausse couche. Il est donc important d’arrêter de fumer dès que possible.
Il est recommandé d’avoir une hygiène de vie la plus saine possible. Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière sont conseillées. Le surpoids ou l’obésité diminuent les chances de réponse aux traitements et les chances de grossesse, et augmentent le risque de fausses couches et d’autres complications durant la grossesse.
Les solutions en cas d'échec
Il arrive que la fécondation in vitro ne fonctionne pas et ne donne suite à aucune grossesse. Dans ce cas, il est important de ne pas perdre espoir. Un échec n’est pas synonyme d’incapacité complète à réussir une PMA.
Bilan d'échec d'implantation
Si malgré toutes les tentatives, le test de grossesse continue d’afficher un résultat négatif, il est conseillé de demander une nouvelle consultation médicale afin de faire un bilan d’échec d’implantation. De nouveaux examens plus complets pourront être prescrits par le médecin, ainsi qu’un test génétique avec un caryotype sanguin.
Lire aussi: Prise en charge après une fausse couche
Soutien psychologique
Les techniques de PMA, et surtout la fécondation in vitro, demandent beaucoup de patience. Un stress supplémentaire peut se créer suite à plusieurs échecs et avoir un impact négatif sur la fertilité du couple. Pour aider à traverser cette longue épreuve, il est conseillé de se faire accompagner par un psychologue. Pour un couple, le parcours PMA peut être une véritable épreuve dans laquelle il est souvent important d’être accompagné.
Autres options
En cas d'échec répété de la FIV avec les gamètes du couple, il est possible d'envisager le recours à un don de gamètes (ovocytes ou spermatozoïdes) ou à un don d'embryon (accueil d'embryon). Cette option est prise en charge à 100% sur la base des tarifs conventionnels, au même titre qu’une FIV avec gamètes propres.
La prise en charge financière
L’Assurance Maladie prend en charge 4 tentatives de fécondation in vitro quand elles sont indiquées par le centre d’AMP. La prise en charge est fixée à 100% par l’Assurance Maladie. Les traitements de stimulation d’AMP sont possibles jusqu’aux 43 ans de la femme (jour anniversaire).
Le remboursement de la PMA se base sur le tarif conventionnel de la Sécurité sociale et ne correspond souvent pas à la totalité des frais réels engagés. La prise en charge dépendra du niveau de contrat mutuelle santé souscrit. Certaines mutuelles donnent la possibilité aux femmes désireuses d’avoir recours à la PMA d’être prises en charge, et ce, même après 43 ans.
Si les critères pour une prise en charge par l’Assurance Maladie ne sont pas remplis, il faudra passer par une clinique privée et prendre en charge la totalité des traitements.
tags: #combien #de #tentatives #de #FIV #sont
